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dimanche 22 octobre 2017

Km 0 Le chemin du bonheur


 

Hier, je suis tombé sur ce livre, avec un petit commentaire du libraire très encourageant.
Après avoir lu quelques lignes à droite, à gauche, j'ai senti qu'il valait le coup.
Il y a un site et cette video de présentation.
http://maud-ankaoua.com/


samedi 21 octobre 2017

Où mettre les livres?


J'ai tout lu, il n'y a plus de place....

mercredi 18 octobre 2017

Ce cher Christian Bobin

Ce cher Christian Bobin, il nous parle comme si l'on était un ami de longue date... 
Il nous délecte de ses mots images, et restitue très vite les odeurs de la terre, les pissenlits, ces fleurs qu'aucun fleuriste ne proposera jamais, le bruit du vent dans les feuilles du tremble, le rouge gorge et son poitrail de tablier de forgeron, l'éclat du flocon de neige... 
On approche le simple, le très bas, le silence que seule la solitude permet de découvrir, le regard de celui qui vous ouvre son âme, le monde devient petit, il tiendrait dans une main, non, disons deux mains offertes, on touche l'indicible, et en même temps montrable, la vie quand l'homme s'efface, la sainteté en quelque sorte... 
Des mots reviennent, comme infirmités, gratitude, ouverture, présent, maîtres...
Il est complètement humain, au sens d'imparfait, et ça le rend si tendre.



Les questions étaient des remerciements, des appréciations, des élans du coeur. Il était touché. Tout était si fin, subtil, bien au delà du mouvement et des bruits de fond du monde qu'il voit dépérir. Tout en modestie, la beauté chatoyante en filigrane...
Cette nuit, je l'entendais encore.
Un homme rare, comme le moine poète Ryokan  (18 ème siècle) qui l'a inspiré...

Le voleur parti
n'a oublié qu'une chose
la lune à la fenêtre


lundi 16 octobre 2017

Christian Bobin à Bordeaux


Christian Bobin présentera son dernier livre mardi 17 octobre 
à la librairie Mollat à Bordeaux à 18 H.


vendredi 13 octobre 2017

Un vieux rêve

Il y a plusieurs points qui caractérisent les voiliers classiques en bois, en particulier leur esthétique due à la finesse des lignes; la proue ou l'étrave semble capable de couper l'eau comme un couteau, tandis que la poupe ou l'arrière, ou le "cul" du bateau, de forme arrondie, flotte au dessus de l'eau comme suspendue. Ces deux extrémités sont nommés élancements, le terme est évocateur. Un autre point est leur hauteur, ou plutôt leur bassesse, sur l'eau; ces bateaux étaient essentiellement faits pour la régate, pas pour y séjourner pendant des jours, de plus leurs coques s'enfoncent profondément dans l'eau, donc il y a peu de roof dépassant du pont. Restent leurs voilures multiples sur un mât à rallonge, grand voile à l'aspect rectangulaire avec la corne, voile triangulaire de flèche au dessus, et souvent deux focs et trinquette à l'avant; autant de voiles à manipuler, au vrai sens du terme, sans winch pour certains, juste des palans et de l'huile de coude, d'où le nombre de marins à bord, entre dix et vingt selon la taille du bateau. Certains des bateaux datent de la fin du dix neuvième siècle, l'âge d'or de la plaisance comme il est dit, où les constructeurs sortaient un bateau de quinze - vingt mètres de long en moins de six mois, tout en bois, à l'unité, chose impossible aujourd'hui...


Le bois, les lattes, les vernis, cette sensualité extraordinaire qui se dégage des coques, des ponts, ponctués de pièces en bronze ou en laiton, de poulies entourées de cuir, et les enchevêtrements de  cordages lovés majestueusement lorsque le bateau paresse au bord du quai. Nombre d'équipiers sont pieds nus, pour toucher le bois, ou par respect envers ce que l'on peut considérer comme une oeuvre d'art. Au port, après la régate, on sort chiffon et lubrifiant pour astiquer ce qui doit briller. Le soleil fait le reste.


Les bateaux sont féminisés, ce sont des vieilles dames, et tous ces hommes qui s'en occupent, y mettent certainement plus d'ardeur que dans leur propre rapport avec le sexe féminin. Ce fut longtemps un sport de machos, comme partout d'ailleurs, et on assiste aujourd'hui de plus en plus à des équipages mixtes, voire exclusivement féminin.
Chaque sortie ou entrée de port est une parade, ce qui fait partie du jeu, prolonger l'élégance jusqu'au bout.


La beauté appelle un silence, une retenue, et donc une tenue. Quelqu'un a dessiné le plus beau possible, d'autres ont construit du mieux qu'ils ont pu, enfin des gens passionnés, souvent riches mais pas toujours, ont restauré, entretenu amoureusement l'objet de leur passion, pour transmettre un message, celui de l'homme petit sur la mer, mais grand parce qu'il ose l'affronter...


jeudi 12 octobre 2017

Un vieux désir

Le bus part aux alentours de 21 H. Dans la matinée je sentis une petite appréhension, l'inconnu qui me sortait du confort habituel. C'est si rassurant d'avoir un chez soi et de ne pas avoir de questions à se poser sur les choses essentielles de la vie comme manger, dormir, quoi faire, avec qui... Dès que l'inconnu, l'inattendu, pointe son nez, comment est-ce que j'accueille la chose en question?
Dans l'absolu, tout était réglé d'avance : le bus jusqu'à Toulon, la correspondance vers Saint Tropez, mon hôte qui vient me chercher à l'arrêt du bus, le logement, il n'y avait pas de raison de s'inquiéter.
Le manque de confiance dans mon corps handicapé, partir quelques jours tout seul pour la première fois, suffisaient à créer un petit pincement au coeur. En même temps j'allais vers une passion, les bateaux, que craindre? C'est retombé une fois que le sac fût prêt, bien avant l'heure. De même je me mis en route avec une marge d'avance pour atténuer tout risque. C'est intéressant de voir comment on peut préférer rester dans sa zone de confort, le connu du quotidien, même si on la trouve inconfortable, plutôt que d'oser en sortir pour vivre vraiment ses élans intérieurs.

Je réussis à dormir une moitié de la nuit dans le bus. A l'arrivée je ne me sentais pas fatigué, le corps me laissait tranquille. Je pris la correspondance jusqu'à l'arrêt où mon hôtesse me prit en voiture vers le logement. Le contact se créa rapidement, et après avoir posé mon peu d'affaires sur place, elle me proposa de m'emmener jusqu'au port de Saint Tropez situé à une dizaine de kilomètres. Elle était avec sa dernière née, d'un an et demi, qu'elle allaitait encore. En quelques minutes nous nous trouvâmes des points de discussion en commun à propos de la naissance sans violence, de l'allaitement, de l'école Montessori... Encore une fois pourquoi s'inquiéter quand la vie s'occupe de tout?


Me voici sur place, il est onze heures, les bateaux sont sortis du port et naviguent toutes voiles dehors dans le golfe direction le large. Il fait grand soleil, chaud comme en été presque, alors que nous sommes début octobre. Ce sont des vacances, je me sens tellement vivant, j'ai tout le temps pour moi, je peux aller où je veux, traîner, comme c'est bon de ressentir tout cela après ce que j'ai vécu. C'est une renaissance, et les efforts que je vais fournir durant ces trois jours sont dus à cette nouvelle énergie que cet élan va me donner. On se donne la permission, et la vie fait le reste.


lundi 9 octobre 2017

Un vieux désir

J'ai déjà parlé dans ce blog de ma passion pour la mer et les bateaux. J'ai vu un certain nombre de départs de courses, suis allé voir les grands voiliers à Brest, mais il me restait ce désir depuis une vingtaine d'années : aller voir les Voiles classiques de Saint Tropez. Cette rencontre se situe la dernière semaine de septembre, hors vacances, et quand on travaille, même en libéral , prévoir quatre ou cinq jours d'absence n'est pas simple. Entre l'atlantique et la méditerranée proche de la frontière italienne, il y a une trotte. Ceci explique cela. Encore une chose qui serait envisageable lors de la retraite...
Mais il y a eu cet accident, l'hôpital, le retour à la maison, la kiné qui ne donne plus de résultats, les progrès qui deviennent moins évidents... Que faire? Continuer, ne surtout pas s'arrêter, y croire, comprendre qu'il faudra du temps, ne plus compter en jours ou en semaines, mais en mois, voire en années. Il y a un an je faisais un sentier de montagnes sur quelques centaines de mètres, cet été j'ai marché sur le sable et des dunes sur au moins trois kilomètres, suis allé plusieurs fois sur une partie plus basse de la dune du Pyla. J'ai même repris la conduite pour l'indispensable. Tout cela m'a réouvert des horizons nouveaux... Mon dos est plus solide, j'ai plus d'énergie, j'arrive à m'habiller, j'ai de plus en plus d'autonomie, je marche régulièrement sans canne...
Alors je me dis que j'irai bien à Saint Tropez voir ces régates entre les plus beaux et les plus vieux voiliers classiques du monde. Je me renseigne et découvre une compagnie de bus pas cher, un voyage de nuit vers Toulon, puis un bus local vers Saint Tropez. Je trouve un studio à une dizaine de km par rb&b. En vingt quatre heures je me décide, prends les billets, je me sens suffisamment solide pour tenter le coup tout seul, puisque personne ne peut m'accompagner. L'enthousiasme me porte.
Qu'est-ce que je risque?