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samedi 24 septembre 2016

Voilà la solution

A toi qui es trop beau, miroir pour seul ami,
Ou ne peut supporter, ce visage ennemi.
Toi qui n'as que tes muscles à montrer, tu le sais,
Tu haïras l'hiver quand les bras sont couverts.
Tu es intelligent, chercheras à briller,
Mais si ne l'étant pas, c'est l'ombre qu'il te faudrait.
Peut-être parles-tu toutes les langues du monde,
Mais sais-tu reconnaître un vrai coeur qui s'effondre?
Tu gagnes plein d'argent, n'es jamais satisfait,
Sans cesse comparer, besoin de dominer, 
Ou bien tu as trop peu, s'en suit la frustration,
Voici ton idéal, faire la révolution.
Où ton regard se pose, il n'y a qu'injustice,
La vie n'est pas un jeu, elle peut sembler supplice.
En un mot tout va mal, il faut changer tout çà,
Pas assez ou bien trop, l'équilibre ne va pas.
Il faut un responsable, un bureau où se plaindre,
Ton visage se durcit, c'est à force de geindre.
Regarde bien en fait, si bonheur est ton but,
Comment bien ajuster qui convient à ta vue.
Crois-tu que soit possible, que chacun ait son compte,
Sa demande entendue, son histoire devienne conte?
Un enfant qui croirait qu'il n'y a que cadeau,
Gautama qui a cru que le monde était beau.
Peu importe l'apparence, tout ce que tu possèdes,
Toujours plus est un frein, une chaîne pour le faible.
Ferme les yeux et ressens ce qui vit, qui tu es,
Accepte l'inévitable, c'est la réalité,
Si tu cherches le calme, lâche la volonté,
C'est simple, ne rien faire, tout mouvement arrêter.
Laisse agir le monde, ces pantins s'agiter,
Chacun pris dans sa ronde, prêts à se chamailler.
S'arrêter est facile, freiner un peu plus long,
Débrancher tous les fils, voilà la solution.
 Découvrir cette présence, cette absence de bruit,
Vivre enfin le silence, dans la paix, réuni.

jeudi 22 septembre 2016

amants

Gnanarathe Gamage
artiste du Sri Lanka

mercredi 14 septembre 2016

Quitter son pays


Sujet délicat et sensible. Comment le sectarisme peut-il provoquer autant de drames? Etre obligé de fuir  vers les pays riches mais souvent égoistes... Ce film évoque quelques témoignages.

lundi 12 septembre 2016

Méditer

 Ceux qui méditent beaucoup développent souvent une forme subtile d'ego. Ils deviennent heureux avec l'idée qu'ils font des progrès; ils deviennent heureux avec les états de paix et de bonheur dont ils jouissent; ils deviennent heureux qu'ils aient appris à exercer un certain contrôle sur leur esprit capricieux; ou ils peuvent tirer une certaine satisfaction du fait qu'ils ont trouvé un bon gourou ou une bonne méthode de méditation.
Tous ces sentiments sont des sentiments de l’ego. Quand ces sentiments de l’ego sont présents, la conscience du Soi est absente. La pensée «je médite» est une pensée de l’ego. Si il y a réelle méditation en cours, cette pensée ne peut surgir.
Ne vous inquiétez pas de si vous faites des progrès ou non.
Il suffit de garder votre attention sur le Soi vingt-quatre heures par jour.
La méditation n'est pas quelque chose qui devrait être faite dans une position particulière à un moment particulier. Elle est une prise de conscience et une attitude qui doit persister tout au long de la journée. Pour être efficace, la méditation doit être continue.
Si vous voulez arroser un champ, vous creusez un canal sur le terrain et envoyez de l'eau continuellement pour une longue période de temps.
Si vous envoyez de l'eau pour seulement dix secondes, puis arrêtez, l'eau coule dans le sol avant même qu'il atteigne le champ. Vous ne serez pas en mesure d'atteindre le Soi et y rester sans un effort continu prolongé. Chaque fois que vous cessez d’essayer, ou êtes distrait, une partie de vos efforts précédents va se gaspiller.
L'inhalation continue et l'exhalation sont nécessaires pour la continuation de la vie. La méditation continue est nécessaire pour tous ceux qui veulent rester dans le Soi.
(je n'ai pas l'auteur)

mardi 6 septembre 2016

dimanche 4 septembre 2016

Prière et attente

Après avoir lu ce passage dans le livre d'Ingrid Bétancourt, relatant ses six années de captivité dans la jungle, des souvenirs remontaient à la surface. Des moments où je priais assez longtemps, et où des expériences s'étaient passées...
Je refermai le livre et me préparai à partir faire quelques courses au supermarché du village. Je me suis dit que j'allais réciter des "Je vous salue Marie" jusqu'au bout de la rue pour commencer. Bien sûr il y a un certain automatisme au début, mais ce n'est pas si simple de se concentrer sur une prière. Il est si facile de se laisser emporter par le flot des pensées. Arrivé au bout de la rue, je me dis que j'allais continuer jusqu'au bar un peu plus loin, puis finalement jusqu'au magasin.
Je marche avec une canne, et mon pas n'est pas très sûr, autant dire que je marche lentement. Ce petit périple prend environ un quart d'heure. Je me disais que je priais sans demande, juste pour calmer le mental.
Je fais les courses, pas trop à la fois pour pouvoir les porter. Arrivé à la caisse, il y a du monde partout. Je fais la queue derrière une dame qui déballe son caddie. La caissière semble bloquée avec une autre personne, je sens que ça va être long, regarde la file à côté, il y a deux personnes mais avec moins de choses, et la caissière a l'air de s'activer. Je change de file. La dame devant moi, qui venait d'arriver, et n'avait qu'une bouteille d'eau, me propose de passer. Puis le monsieur devant, qui avait tous ses articles posés sur le tapis, me propose aussi de passer en s'écartant. Je remercie, et demande en plus de soulever mon sac pour le poser. C'est déjà trop lourd pour mon bras valide. L'homme met le sac, puis sort chaque chose jusqu'à la dernière. Je remercie encore. Il garde le sac en main et me dit : "Je vais remettre les courses dedans après la caisse". Je n'avais plus qu'à laisser faire, à part payer. Une fois le sac plein, je demande comme d'habitude, qu'on me mette les sangles autour du cou. Il le fait aussi. Je cherche son regard et le remercie une dernière fois. Les gens à côté observent la scène. Je prend ma canne et me dirige vers la sortie. C'est la première fois que des personnes me laissent passer devant elles. Pour moi c'est un signe d'humanité. Parfois je demande de l'aide, mais pas pour gagner du temps devant une caisse. Je fais le lien avec les prières, même s'il n'y en a pas forcément,, c'est une coïncidence comme dit Ingrid.
On peut ressentir la vierge Marie comme une présence, un soutien, de même des photos de sages sur un mur peuvent être un rappel, une aide. Le but ne peut être un échange, un chantage. Prier est avant tout une attitude intérieure, le but ne peut être que favoriser l'être, pas l'avoir. Qu'il se passe quelque chose en retour est un clin d'oeil. Espérer ou se plaindre sont autant de moyens d'une certaine démission.

samedi 3 septembre 2016

Présence de Marie?


Je m'étais tournée vers Marie, car j'imaginais que Dieu serait bien difficile à atteindre. Je priai longtemps, avec la force du désespoir. "Ma  Marie, je t'en supplie, toi aussi tu es mère, tu connais le vide qui me brûle les entrailles. Il faut que j'aille voir mes enfants. Aujourd'hui, c'est encore possible, demain, ce sera  fini. Je sais que tu m'écoutes. Je voudrais te demander quelque chose de plus spirituel, que tu m'aides à devenir meilleure, plus patiente, plus humble. Tout cela, je te le demande aussi. Mais là, je t'en prie, viens me chercher."
Maman me racontait qu'un samedi, folle de douleur, elle s'était révoltée contre Marie : on lui annonça le jour même que la guérilla lui avait remis ma seconde preuve de survie.
Je ne croyais plus aux coïncidences. Depuis mon enlèvement, dans cet espace de vie hors du temps, j'avais eu la possibilité de réviser les événements de ma vie avec la distance et la sérénité propres à ceux qui ont des jours en trop. J'en avais conclu que la coïncidence n'était que l'aveu de l'ignorance du futur. Il fallait être patient, attendre, pour que la raison d'être des choses devienne visible. Avec le temps les événements prenaient place dans une certaine logique et sortaient du chaos. Alors la coïncidence cessait d'exister.
J'avais parlé avec elle, comme une folle, pendant des heures, utilisant le chantage affectif le plus bas pour venir à bout de son indifférence, la boudant, me mettant en colère, et me jetant à ses pieds à nouveau. Marie, celle à qui je m'adressais, n'était pas une image d'Epinal. Ce n'était pas non plus un être surnaturel. C'était une femme qui avait vécu deux mille ans avant moi, mais qui, par une grâce exceptionnelle, pouvait m'aider. Frustrée et exténuée par ma plaidoierie, je m'étais effondrée dans un sommeil sans rêves. Mon esprit planait; convaincu qu'il continuait à veiller. Je croyais que j'étais assise, toujours aux aguets. Je sentis alors qu'on me touchait l'épaule, puis, devant mon absence de réponse, on me secoua. C'est alors que je compris que je dormais  profondément, car le retour à la surface fut lourd et douloureux, et je me retrouvai d'un bond, décalée dans mon temps, assise, les yeux grands ouverts, le coeur battant la chamade. "Merci", dis-je par politesse. Rien de divin, juste cette sensation d'une présence.

Même le silence a une fin.  
Ingrid Betancourt