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samedi 25 mai 2024

Le présent

Lorsque l'on franchit les portes du monde "spirituel", on découvre assez vite ces expressions : Ici et maintenant, et  Vivre le présent.
Le présent c'est maintenant. Un point c'est tout!
Si on se penche sur le sens exact, on se rend compte que c'est indéfinissable. C'est un espace entre le passé et le futur. Le passé c'est ce qui n'existe plus, hormis dans la mémoire, le futur c'est ce qui n'existe pas encore, hormis dans l'imagination. Et il semble bien plus facile de repenser au passé, quitte à le refaire, ou d'imaginer le futur, plutôt que de se satisfaire de ce qui est déjà là. On devient présent quand on constate qu'on ne l'était pas. Mais, si ce moment arrive, ou lorsqu'il arrive, ne tombons pas dans le piège de croire que l'on va y rester, car c'est déjà le quitter et se projeter dans le futur.
Le présent est insaisissable, à la limite il n'existe pas. On ne peut pas le rechercher sans cesse puisqu'il s'enfuit tout le temps. Il ne fait que passer, il est l'éternel changeant, il est la vie qui s'écoule.
Tant que nous pensons notre vie, nous passons à côté. Vivre au lieu de penser. Facile à dire...
Vous vous souvenez à l'école? On se présente, bonjour je m'appelle untel, puis on répond "Présent" quand on nous appelle... Mais cela n'a rien à voir avec le présent. D'ailleurs quand on se présente, on se passéise en fait. Une fois, il y a bien longtemps, en Italie, on m'a demandé ce que je faisais. On était en train de déjeuner, et j'ai répondu : "je mange". J'ai du me reprendre car la réponse n'était pas acceptée.
Le présent coupe toute question, tout commentaire. Il est.

mercredi 22 mai 2024

Etre là, enfin.


Être là, enfin.

Au présent.
Quand reflue ma conscience, ne laissant que l’instant jaillir comme une source. Être comme un brun d’herbe parmi d’autres brins d’herbe, malmené par l’hiver, bruni par la neige, secoué par le vent. Être là, sans plus de quand ni de pourquoi.
M’échapper à moi-même.
Et mystérieusement, me rejoindre.

dimanche 5 mai 2024

C'est quoi la pratique?

 

   

A - C'est quoi alors la pratique?

D - Mais pratiquer quoi? La pratique n'a de sens que pour obtenir quelque chose. Pour être ce que l'on est? On l'est déjà!

A - On pratique pour être quelqu'un d'autre.

D - Absolument. Mais vouloir être quelqu'un d'autre à la place de celui que nous sommes déjà sous-entend qu'il y a quelque chose qui ne va pas dans la Totalité. C'est comme si on disait : Dieu, refais ta copie! De toute façon, on sera obligatoirement autre, de par la loi du changement. Certains iront beaucoup mieux, d'autres auront un accident, d'autres auront un cancer, etc..

A - Il n'y a rien à changer, alors?

D - Il n'y a pas besoin de notre faux pouvoir pour changer, les choses vont changer d'elles-mêmes. Qu'as-tu à faire, là, pour que les choses se fassent?

A - Rien.

D - Quand les gens n'adhèrent plus à l'idée du libre arbitre, il y a souvent un malentendu qui leur fait dire : alors, je n'ai plus rien à faire? Les choses continuent de se faire à travers nous. Nous sommes conducteurs du changement, nous l'accompagnons, mais nous n'en avons pas le contrôle.
Pour répondre à ta question de tout à l'heure, la pratique est un moment de non pratique parfaite. C'est la vie qui pratique en moi. Je ne veux rien, je ne demande rien, je m'offre totalement, dans le sens du mot sacrifice. Comme le dit cette phrase chrétienne : C'est Dieu qui vit en moi.

Dialogue entre Alexandre Jollien et Daniel Morin dans "Maintenant ou jamais".

jeudi 25 avril 2024

L'EVEIL dans le Yogavasistha

 


Le Yogavāsiṣṭha est un très long poème écrit en sanskrit aussi volumineux que la Bible en format équivalent. Sa date de composition reste très incertaine (entre -300 avant notre ère et 600 après ?), même si les personnages qu'elle met en scène, à savoir le prince Rāma et le sage Vasiṣṭha, sont beaucoup plus anciens (environ -2 000 av. J.-C.). Son auteur supposé serait Vālmīki, le poète qui aurait rédigé le Rāmāyaṇa.

Ce livre est un des plus beaux textes de la littérature spirituelle de l'Inde ; il présente sous forme d'histoires les plus profondes vérités de la philosophie et de la non-dualité indienne. Le Yogavāsiṣṭha indique le chemin qui mène à la vraie vie, c'est-à-dire à la connaissance de soi ; il nous conduit de ce monde d'apparences, d'illusions et de souffrances à la vie éveillée.
Ce grand texte est divisé en six livres et l'extrait traduit ici appartient à la toute fin du sixième et dernier livre traitant de la libération et de l'éveil. Il s'agit d'un dialogue entre le sage Vasiṣṭha et le prince Rāma, qui précède l'éveil du prince, puis qui décrit l'éveil final.

On trouvera donc dans ce livre une description de l'éveil et l'exposé de la pratique pour l'atteindre. Cette pratique est fondée sur un choix délibéré et conscient de détourner notre attention des objets physiques et mentaux (objets matériels et pensées diverses) pour l'orienter vers le seul fait d'être conscient. C'est le point commun à toutes les formes de méditation, prêter attention à la conscience qui est en nous et qui ne demande qu'à se révéler.
Ce texte admirable n'a qu'un seul but : éveiller son lecteur.

Yves Rémond est né en 1956 et a exercé le métier d'ingénieur agronome en France et à l'étranger. Passionné par la spiritualité, il a principalement été l'élève (depuis l'âge de 20 ans), puis le collaborateur, pendant quinze ans, d'Arnaud Desjardins dans son centre en Ardèche. Il a étudié le sanskrit et s'est passionné pour le Yogavasishta, que Swami Prajñânpad, le maître d'Arnaud Desjardins, recommandait fortement de lire.

Le livre sortira le 7 mai (Editions Almora)

dimanche 21 avril 2024

Tout peut arriver

 

Vous avez peut être vu les images, il y a quelques jours, de ces pluies torrentielles tombées à Dubaï durant 24 H représentant l'équivalent de deux années de pluie. On voit des centaines de voitures bloquées sur les routes à 4 voies, flottantes, emportées, l'aéroport noyé... Des images d'inondation comme on est habitué à en voir régulièrement maintenant, sauf que ça se passe à Dubaï en plein désert au bord du golfe Persique.

Je suis allé deux fois à Dubaï (invité pour un travail) il y a près de quinze ans, je connais donc un peu les lieux, et n'aurai jamais imaginé un tel spectacle. Cette ville est entourée des sables du désert où vont pique niquer les habitants, ou jouer dans les dunes avec leur 4 x 4. Cette ville qui est devenue comme Manhattan en une génération, mais en plus grandiose. Les grattes ciel les plus hauts, les plus nombreux, les plus étonnants, vraie débauche du luxe pour millionnaires en mal de paraître. Sa piste de ski couverte, le plus grand centre commercial au monde, la plus grande marina, ses îles artificielles en forme de palmier ou des continents... Un monde réservé aux riches où tout est importé, le symbole même du gaspillage et de ce qu'il ne faut surtout pas faire. Pétrole et écologie ne vont pas ensemble, les hommes en blanc ne se salissent pas les mains non plus, ils utilisent des indiens, pakistanais, chinois pour leurs constructions démesurées dont le sable vient d'Australie (vous imaginez!). L'argent permet tout, ou presque, sauf que l'homme qui se croit plus fort que tout ne sera jamais à l'abri d'un grain de sable pour enrayer la machine ou d'une goutte d'eau qui fait déborder le vase. Il y a déjà eu une dizaine d'incendies dans ces fameuses tours, semant la panique.
Maintenant c'est la pluie, le déluge! L'eau monte parce qu'ils n'ont pas prévu d'évacuations, vu qu'il pleut rarement. Pour qu'il y ait un mètre d'eau ou plus, cela veut dire qu'il y a des zones en cuvette qui forcément retiennent l'eau. Les bureaux d'inginierie occidentaux y avaient-ils réfléchi, avaient-ils reçus des ordres de faire des économies? Cela coûte plus cher d'agir après coup.
Qu'en est-il exactement des procédés d'ensemencement des nuages, pour les transformer en pluie, et de leurs conséquences?
Les inondations c'est une chose, mais il faut manger, boire. Les gens bloqués jusqu'à trois jours dans le plus grand aéroport du monde, car plus d'avitaillement, plus d'accès. On ne rentre pas dans les détails, mais on peut imaginer le pire. Encore une fois la vie nous montre que tout peut arriver!
Bien sûr, tous ces phénomènes font partie du dérèglement climatique.

Un petit clin d'oeil pour terminer : Dubaï est la plus grande ville des Emirats Arabes Unis, ou l'EAU!
Le mot Dubaï me fait penser à la baille qui signifie l'eau, la mer...

Vue satellite montrant les poches d'eau en bleu (plusieurs km).
(Les 2 photos viennent du site de BFMTV)


mercredi 10 avril 2024

Sourire

D’où viennent les sourires ? Qui apprend à sourire ? La maman comblée qui vient d’enfanter et découvre cette partie d’elle-même qui sort de son vagin pour rejoindre son sein ? Il y a des bébés, qui les yeux fermés, ressemblent à des petits bouddhas, au sourire béat, parfois les yeux ouverts aussi. Ils ont l'air si paisibles, si au delà de tout.
Et si c’était les anges, avec qui ils vivaient jusqu’à leur naissance, qui leur avait transmis leur propre sourire ? En témoignent l’ange au sourire et l’ange de l’annonciation en la cathédrale de Reims.


Quel bonheur d’accueillir un sourire, quelle joie d’en offrir. Quel mystère aussi...


Peut-on imaginer ce que vivait l'artiste en élaborant de telles sculptures?

dimanche 31 mars 2024

Que l'éveil touche nos coeurs!

 Oui, bien sûr c'est Pâques, alors on se dit "Joyeuses Pâques"... Mais qui ça? Les chrétiens, il y en a de moins en moins, les croyants non affiliés, les juifs? Ou ceux qui sortent du magasin avec des tonnes de chocolat? Le chocolat se porte bien, c'est déjà ça! 
A Rome le vieux pape François commence à fatiguer, mais il peut encore semer un message de paix. A Jérusalem il n'y a plus de touristes sur les lieux saints, guerre oblige, et les professionnels commencent à s'inquiéter, quoiqu'ils risquent quand même bien moins que les civils dans la bande de Gaza. 
Une précision au passage, shalom veut dire paix et on traduit souvent Jérusalem par ville de la paix, mais quand on regarde l'hébreu, la traduction "état de paix", état de paix intérieure, semble plus juste.


N'est-ce pas le sens de Pâques aussi, ou plutôt de la résurrection, terme qui signifie revenir à la vie, se réveiller. De quelle vie s'agit-il? Celle dont parle Jésus quand il dit : "Je suis la vie". L'éveil de la conscience par rapport à la réalité de l'homme inconscient, esclave de ses mécanismes. C'est bien plus difficile de s'éveiller que de porter la croix (pour ceux qui jouent encore à çà)!
Le grand but de la vie, comme le disent tous les sages, c'est de s'éveiller. Encore faut-il le porter suffisamment fort en soi-même. Mais pratiquer à sa mesure et avec constance apaisera le mental, assurément. Nous ne pouvons influencer la marche du monde, d'autant plus qu'il semble y avoir des pics de violence. Il est plus facile de s'entraîner à la désidentification, au détachement, même si ça prend des années, des dizaines d'années, des vies...

Que l'éveil touche nos coeurs.