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jeudi 31 décembre 2015

L'année fut-elle bonne ?

Cette année qui se termine, on me l’a souhaitée bonne et heureuse, mais le fut-elle ?
Ai-je su vivre moi-même ce que j’ai souhaité aux autres ?
Ce soir, serais-je suffisamment ouvert aux autres, ou replié sur moi-même ?
Saurais-je ouvrir mes bras, ouvrir mon cœur, juste pour la joie d’être ?
Et si je n’y arrive pas, saurais-je m’aimer encore ?
Saurais-je prendre du recul pour voir venir la vie sans me l’approprier ?
Et si je suis seul, saurais-je être d’accord, et ne rien reprocher à la vie ?
Saurais-je être humble, dans ma juste vérité ?

Allez, on s’embrasse, que la fête soit joyeuse…

mercredi 30 décembre 2015

Le maître et l'élève

Au début, dans ma chambre d'hôpital, le mental allait bon train. Je me racontais l'accident et je constatais que je ne discutais rien. Un jour, sans le chercher, je me suis raconté une histoire que j'inventais au fur et à mesure.

Cela se passe dans un hôpital. Un jeune élève sur la voie de l'éveil a eu un accident grave et se retrouve hospitalisé dans une chambre. Un jour il est convenu que son maître vienne le voir. Le maître arrive dans le couloir, demande où est la chambre de son élève, et en profite pour avoir des nouvelles auprès de l'infirmière. Celle-ci lui répond que tout va bien pour lui. Rassuré il la remercie et se dit : "Si tout va bien, il n'a pas besoin de ma visite!" Il fait demi-tour et s'en va.
Pendant ce temps, l'élève attend en se demandant ce qui se passe. Sa patience est mise à rude épreuve.
Au bout d'un long moment, il comprend que son maître ne viendra pas.
Quelques jours plus tard, le maître décide de venir voir son élève. Il arrive dans le couloir et se dirige vers la chambre. Il frappe à la porte...
Exactement à ce moment de l'histoire, j'entend frapper à la porte!
Un moment, je ne sais plus ce qu'il en est. Je dis : "Entrez", mais personne ne répond. Je reste perplexe devant cette coïncidence "frappante".
Il n'y avait personne, sinon une réponse à mon histoire...

jeudi 24 décembre 2015

jeudi 17 décembre 2015

Intouchables...

Une fois le fauteuil roulant livré, je pus l'utiliser pour aller en salle de kiné et d'ergothérapie. J'avais une minerve rigide pour maintenir le cou, qui me faisait mal au bout d'un moment. Rester sur le fauteuil était fatigant aussi. On ne passe pas de l'état couché à celui d'assis si facilement avec des lésions médullaires, c'est à dire lorsque la moelle épinière est touchée.

Ce n'est qu'en septembre, une fois rentré sur Bordeaux, que j'ai pu récupérer l'ordinateur, et que j'ai pu me renseigner sur ce genre de lésions.
Lorsque ce sont les vertèbres cervicales qui sont touchées, il y en a sept, c'est là que c'est le plus grave. Plus c'est haut, plus c'est grave. Pour ma part, ce sont C2 et C3 qui furent cassées, donc les premières! Cela va impacter les quatre membres, d'où le terme de tétraplégie. 
Mais c'est la partie visible de l'iceberg! Lorsque je voyais des personnes en fauteuil roulant, je ne voyais que leur handicap de jambes ou de bras, sans imaginer plus... Au niveau interne, le système respiratoire est touché, et tout ce qui concerne le transit aussi, les sphincters ne marchent plus...  Cela peut être plus ou moins grave, et durer toute la vie.
La gravité dépend de l'impact sur la moelle épinière, selon qu'elle est  coincée, mâchée, tordue, etc... et de la hauteur de la vertèbre dans la colonne.

Ensuite il y les dorsales, au nombre de douze. Une lésion à ce niveau provoque une paraplégie, c'est à dire la paralysie des deux jambes. Il n'y a que des cas particuliers; moins on a de sensibilité moins on a de chance que la vie revienne, et le sexe n'est pas épargné! Certains jeunes ne connaîtront plus de vie sexuelle normale. Je vous laisse imaginer...
Enfin l'hémiplégie concerne une paralysie sur un côté seulement.

Sans rentrer dans le détail j'ai une tétraplégie de forme incomplète (il y a plusieurs niveaux). Pour une tétraplégie complète on ne bouge rien, juste un peu la tête. C'est le cas dans le film "Intouchables".
La chance que j'ai, c'est que mon corps est sensible partout. Il y a donc un potentiel.

samedi 12 décembre 2015

Rejoindre l'inconnu

Rejoindre l’inconnu
Cette partie de nous-même 
Qui n’a pas de porte
Et pourtant toujours ouverte
Cet absolu silencieux
Où toute suffisance a disparu
Où plus rien n’a d’importance
Ce lieu sans nom
Où absence et présence
Ne font qu’un
S’y laisser surprendre
Ne rien en attendre
Lâcher absolument tout
Se taire à tout autre
Laisser le silence faire sa part
Sans vouloir aucun
Etre là
Dans la grande solitude
Dans cette non distance
D’avec soi même 

jeudi 10 décembre 2015

Je bougeais juste le bout des pieds...

Au début on m'a juste dit que j'avais deux vertèbres cassées : la troisième et la quatrième cervicales. Rien de plus! N'ayant pas d'ordinateur, je ne pouvais aller à la pêche aux renseignements. De toute façon c'eut été impossible, je ne bougeais pas les bras
Au début je bougeais juste le bout des pieds. Mais il y avait des progrès visibles tous les deux, trois jours. Je me souviens avoir essayé de bouger les bras pour que mes mains se touchent. Il y avait cette grosse pendule sur le mur qui égrenait les heures, les minutes. J'ai mis plus de vingt minutes à rapprocher mes deux mains...

Quand j'ai commencé à travailler en kiné et en ergothérapie, les progrès se sont vraiment fait sentir. Tout d'abord on m'a donné un fauteuil roulant à ma taille. Mais il fallait que je rejoigne le siège depuis mon lit. Pour cela on utilise un levex, c'est comme une petite grue, qui sert à soulever les patients dans un filet. La première fois il y avait quatre personnes dans la chambre. Le risque étant, après trois semaines au lit, que je fasse une chute de tension, et que je tombe dans les pommes. On est surveillé de près dans ces cas là. On me leva doucement, ponctué de "Ca va ?" toutes les dix secondes. Et je me suis retrouvé assis, sans aucun problème. Ce fut une première étape. Ensuite on me mit sur le fauteuil roulant. Il n'y avait plus qu'à se laisser pousser!
La seule chose désagréable : je devais porter une minerve rigide pour me tenir le cou.


Une chute de tension est liée au fait qu'en se levant, le sang va descendre et le cerveau ne sera plus irrigué suffisamment. On le sent par exemple dans les bras. Pour les jambes on porte des bas de contention.
Parmi les exercices que l'on est amené à faire, il y a la verticalisation. On nous met sur un plateau, auquel on nous attache avec des sangles, et qui va être levé progressivement. Pas plus de 30° la première fois. Je voulais plus, bien sûr, mais on ne prend pas de risques dans un hôpital! Il suffit qu'une personne mente sur son état, la réaction est rapide : chute de tension et évanouissement! Les blouses blanches paniquent un peu en général. Alors on y va tranquille...



samedi 5 décembre 2015

Demain c'est maintenant...





DEMAIN est sorti mercredi et nous avons la chance qu’il soit diffusé dans 154 salles de cinéma, grâce à notre distributeur. C’est une occasion formidable de sortir des réseaux purement militants et de faire passer notre message au grand public. Mais si nous ne sommes pas assez nombreux à aller le voir cette semaine, il disparaitra progressivement, dès la semaine prochaine.

J’ai travaillé à créer cet outil pour nous tous. Pour qu’il soit le plus utile possible à tous les colibris. Alors, si vous en avez l’élan, allez le voir ce week-end avec votre famille et vos amis. Faisons mentir tous ceux qui croient que la plupart des gens se fichent de ces sujets et qu’ils ne s’intéressent qu’à Star Wars et James Bond. Nous sommes plus nombreux que ce que nous croyons. Nous n’avons pas pu marcher pour le climat, alors faisons de ce film le succès inattendu de ce mois de décembre.
Un immense merci à tous,