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vendredi 30 avril 2010

Au hasard ce matin

Quelques phrases de Durkheim, où il fait allusion à :


"Une connaissance née du mourir pour devenir."


"La vie ne tolère aucune fixation."

jeudi 29 avril 2010

Faire des efforts

"Il faut faire des efforts pour arriver à l'état sans effort" dit Ma Anandamayi.

Phrase dérangeante, car d'une manière générale, on n'aime pas faire des efforts.
En fait il faut aimer faire des efforts.

J'ai entendu Arnaud Desjardins dire que celui qui veut devenir champion d'haltérophilie ou de musculation s'entraine et s'entraine chaque jour pour arriver à son but. Il souffre physiquement, mais en même temps il aime sa discipline, et il vise un but. C'est un ensemble.
Donc ce sont des efforts qui ne sont pas forcés de l'extérieur à 100 %.
Effort ne veut pas dire difficile. Il faut faire à sa mesure, commencer petit, puis augmenter la dose, mais s'y tenir. Et regarder ce que ça donne.
Il est évident que si on fait de la musculation une demi heure par jour, ou des abdominaux, ou de la course, au bout de 15 jours, 3 semaines, on découvre que c'est plus aisé, que l'on a plus de résistance, et que l'on peut faire plus.
Donc il y a eu un changement dans le corps, dans la résistance cardiaque, etc, qui fait que l'on est plus le même au niveau physique. Soit cela nous apporte rien, et on arrête, soit on y prend gout, cela nous apporte quelque chose, et on continue.
Les efforts ne sont plus les mêmes qu'au début. Et on peut comprendre qu'au bout d'un an, de cinq ans,... il y a des résultats plus que tangibles.
Les efforts que l'on fait sont de l'ordre de la volonté (apparemment), mais la transformation qui se passe est d'un autre ordre.
Si je fais le parallèle avec ce que dit Durkheim, il y a le travail que l'on fait, et le travail qui se fait.
Ce que l'on fait de l'extérieur, qui se voit, et ce qui se fait de l'intérieur, qui ne se voit pas.
A la longue, ce qui ne se voit pas va transparaître. C'est le mystère de la vie, l'extraordinaire, le merveilleux.
Pour se lancer dans l'aventure il faut que l'attirance soit plus forte que les efforts apparents que ça demande, et cette attirance n'est pas de notre volonté. Mais la volonté attise l'attirance. Il me semble que l'on est tout petit dans des lois qui nous dépassent. Mais si on s'y intéresse, cela s'éclaircit. Et d'observation en éclaircie, on remercie.

mercredi 28 avril 2010

La loi du loisir

"- Il faut créer les conditions grâce auxquelles la conscience de la profondeur peut s'éveiller. Et cela exige deux choses : le travail et le laisser faire de l'endedans. C'est ainsi que la méditation, l'assise en silence, pour celui qui n'y comprend encore rien, semble représenter une perte de temps. Au point de l'entendre dire qu'il serait mieux de lire un bon livre pendant ces cinquantes minutes! Mais comprenez qu'il s'agit de prolonger l'attitude intérieure à laquelle on peut s'ouvrir dans la méditation, c'est à dire d'essayer de développer l'oreille intérieure pendant toute la journée. Vous retrouvez là la différence d'attitude qui sépare celui qui écoute la musique pour l'entendre et celui qui écoute la musique pour reconnaître le nom du compositeur ou du chef d'orchestre.

- Vous voulez dire que pour le moment il est mieux que je ne fasse rien, plutôt que de faire quoi que ce soit dans cette attitude intérieure différente? (c'est J. Castermane qui parle).

- Sachez que j'éprouve chaque jour encore le même sentiment que celui que vous éprouvez. Il y a toujours des lettres auxquelles il me faut répondre, il me faut reprendre les notes qui concernent le livre que j'écris, etc, etc. Chacun de nous est ainsi, chaque jour, dans cette tension entre deux exigences, notre devoir vis à vis du monde et notre devoir vis à vis de l'Etre. Mais de plus en plus je reconnais que c'est dans la mesure où je suis capable de ne pas lâcher le fil d'or qui me relie à l'Etre que j'ai la permission de travailler sur le plan existenciel. Mais, dès que ce travail efface l'image de l'intériorité, c'est faux. Parce que la formation des vapeurs, des ombres, de l'agitation, de l'impatience est favorisée par le manque de contact avec la profondeur. Or, tout le travail que vous faites maintenant sur vous même a pour but de favoriser le contact avec votre profondeur essentielle. Ce qui nécessite au départ un ensemble de conditions qui favorise cette perméabilité. La transparence à l'Etre, présent dans notre Etre essentiel, dépend par exemple d'un certain rythme. Vous le savez de l'exercice du dessin. Lorsque vous répétez 500 fois le tracé d'une ligne dans l'expiration, il semble que comparé à la lecture de quelques pages d'un livre de C.C. Jung c'est vraiment perdre son temps! Cependant l'exercice terminé, vous pouvez vous sentir dans un système d'ondes intérieures différent, de sorte que vous pouvez voir le monde entier de façon différente." (Durkheim)

mardi 27 avril 2010

Remplir le temps

Je crois bien que l'un de nos mécanismes fondamentaux est de remplir le temps, c'est à dire faire absolument quelque chose, par peur de s'ennuyer en fait.
Même si on va faire une retraite, on veut qu'il y ait un emploi du temps, un programme, qui nous convienne de préférence, éventuellement une possibilité de rencontres, d'échanges, des livres, ah les livres!
Et comment meubler les moments où il n'y a rien? Je ne parle pas de ceux qui en profitent pour dormir.
Moins il y a de choses à faire, plus il y a de silence, de solitude, plus cela nous sera difficile, au début en tout cas. Pourtant, un jour ou l'autre cette rencontre avec soi même deviendra inévitable, pour peu qu'elle nous intéresse. Tous les témoignages de ceux qui s'adonnent véritablement à la connaissance de soi en parlent.

Dans son livre : "Les leçons de Durckheim", Jacques Castermane parle de ce problème qu'il a rencontré. Il fait part du temps perdu, et du temps qu'il passe à attendre :
"Quand je pense au nombre de pages de vos livres que je pourrais lire pendant ce temps perdu..."
Et Durkheim de lui répondre :
"Ah, voilà qui est très intéressant! Voilà donc la source de cette manière explosive qui vous remplit! Je peux comprendre que vous êtes habité par ce souci de profiter du temps où vous êtes à Rütte. Et de profiter de ce temps pour travailler sur vous même. mais en même temps il me faut dire que vous n'avez encore rien compris au travail que nous faisons ici. mettez mes livres dans une armoire qui ferme à clé et... perdez cette clé. parce que la toute première chose dont vous avez besoin sur le chemin est la loi du loisir."

jeudi 22 avril 2010

Des astres...

Ca me fait penser à quelque chose ce genre de protection!

En fait c'est la deuxième fois en un mois que ce fameux (fumeux) volcan islandais donne de la voix. Il parait que la première fois c'était bien plus fort, mais les vents étaient absents ou allaient dans un sens qui dérangeait pas, ou il y avait plus de feu que de fumée. Toujours est-il que cela a fait fondre une partie d'un glacier (photo). On n'est plus à ça près au rythme où ça va!
Ce sont les Islandais qui trinquent (ils fournissent la glace aux Ecossais pour leur whisky).

Et on ne peut rien faire, rien. Qui peut arrêter un volcan, une inondation, un cyclone...?

Si ça se trouve il y aura une affluence de touristes cet été pour voir les dégats! Depuis quelques années, on exploite le tourisme glaciaire : aller voir les Icebergs confortablement installé sur le pont d'un paquebot ou dans la cabine chauffée. Bien sur on vous fait un discours sur la préservation de la planète, histoire de se donner bonne conscience. Entre temps ça fond...

Avant les riches mettaient des trophées de lion ou d'éléphant sur les murs, maintenant ce sont d'autres conquêtes, des quêtes de cons, oui...On dit qu'il faut que jeunesse se passe, quand c'est la bétise avec, le défilé est long c'est certain!

Un désastre, ça veut bien dire ce que ça veut dire, en dehors du cours naturel des choses, à moins que les planètes s'emballent... En attendant on emballe les réacteurs!

L'improbable est possible


Discutant avec une amie de tous ces évènements naturels qui se cumulent depuis quelques mois (tsunami, tremblements de terre (Haïti, Chine, sous marin), inondations et glissements de terrains, tempêtes, volcan islandais...), je disais : l'improbable est possible!
C'était suite au fait que l'on parlait de l'imprévu, qui lui par contre est évident.
On ne sait rien de ce qui peut arriver. Mais tout est possible.
La preuve ces derniers temps où plusieurs facteurs se cumulent pour devenir un phénomème grave, en tout cas enrayant la "belle" assurance de nos sociétés modernes.

Pour ma part je pense depuis longtemps que ce n'est qu'un début... Je l'ai déjà dit!
Et dire qu'il faut ce genre d'incident pour voir la dépendance à l'avion.
Les premiers contents étaient ceux qui habitent près des aéroports...
Quel sera le prochain grain de sable? Faites vos jeux!

mercredi 21 avril 2010

Swami Vijayananda

Il est certainement signifiant de relever le fait qu'au moment où Swamiji quittait son corps à Kankhal, notre groupe de français redescendait juste du pélerinage de Surkandadevi à 3000 m dans l'Himalaya. parmi les 52 pélerinages à la déesse qui représentent 52 parties du corps de la Mahadevi disséminées sur la terre de "Mère l'Inde", celui-ci correspond au plus élevé, "au bulbe, kanda, de la tête, sur". Cela évoque donc cette zone où l'âme quitte le corps.

Swamijie disait souvent que le rôle d'un gourou, ce n'est pas de donner un enseignement intellectuel, mais de transmettre une énergie. C'est ce qu'il faisait à sa manière par de multiples canaux parfois très directs, mais le plus souvent subtils. Ceux qui ont passé quelques temps à Kankhal en particulier depuis un an peuvent en témoigner de façon personnelle. Lui même ne manquait pas d'énergie, depuis plusieurs mois il dormait très peu. Malgré cela il était présent très régulièrement aux satsangs, et n'hésitait pas à donner de son temps. Quand il voyait qu'il y avait des questions importantes pour les gens et une demande intense pour être davantage avec lui, il pouvait même dépasser les deux heures habituelles, malgré son grand âge et l'ablation de sa prostate qui faisait qu'il devait aller souvent uriner. Il ne se plaignait pas de sa santé. C'est pour cela que nous avons certainement sous estimé l'imminence de son départ. Quand on lui demandait comment il allait, il ne pouvait pas mentir en disant qu'il allait bien, alors il répondait : "comme d'habitude!" Il ne prenait pratiquement pas de médicaments. Il avait souvent dit que vivre très vieux n'était pas forcément une bénédiction, mais pouvait être une malédiction. Il entendait sans doute par là que le handicap était un poids pour soi même et pour les autres. Narayan, le neveu de Pushpara, qui a été élevé à l'ashram d'Almora, s'est occupé de Swamiji quotidiennement pendant les deux ou trois dernières années

mardi 20 avril 2010

Swami Vijayananda

Pour en revenir à Vijayananda, nous pouvons déjà écrire ce qui s'était passé depuis quelques mois. A Noël, il avait eu une forte grippe qui l'avait handicapé, et il avait manqué le satsang pendant quelques jours. Cependant, il l'avait repris comme d'habitude jusqu'au dimanche 4 avril au soir, qui aura été son dernier rendez-vous avec les fidèles. Mâ lui avait demandé de s'occuper des occidentaux, et il le faisait comme un seva, un service désintéressé. On peut mentionner en passant que cela me touche car c'était la date de mon anniversaire. Nous avions 51 ans de différence. Grâce à la Kumbha-Mela, où j'étais présent depuis début février, j'ai pu avoir pratiquement les deux derniers mois de satsangs de Swamiji continument, à part quelques jours dont les quatre derniers. Le dimanche soir, nous étions à Rishikesh avec le dernier groupe à avoir passé cinq jours avec Vijayananda à Kankhal. Nous avons participé à l'arati des bords du Gange à Paramarth Niketan en présence du Dalai Lama. Pour beaucoup des membres du groupe, c'était la première fois qu'ils rencontraient le Dalai Lama en personne, et ils ont été impressionnés.

Le lundi matin, Isou qui était proche de lui depuis plus de 20 ans, est montée dans sa chambre car il n'était pas bien. Il se tournait et retournait sur son lit en cherchant une position qui ne soit pas trop douloureuse, mais ne la trouvait pas. Il avait une forte douleur dans la nuque, à l'arrière de la tête, dans la poitrine aussi. Il a vomi plusieurs fois. On a appelé un médecin indien du village, qui a parlé de gastro-entérite, et a proposé des médicaments. Vijayananda ne les a pas pris, car il a bien vu que le diagnostic était erroné. En fait, il s'agissait très probablement des signes d'une hypertension intracrânienne avec un début d'engagement de la base du cerveau dans le canal rachidien : cela induit une compression des centres respiratoires qui rend la respiration de plus en plus faible, et mène à une issue fatale. Cela était probablement du chez Swamiji à sa déformation majeure de la nuque par l'arthrose et aux tassements vertébraux comprimant la moelle épinière, ceci ayant déjà entrainé une paralysie des membres inférieurs quand il s'agissait de faire plus que quelques pas. En fait, depuis plusieurs mois, on sentait son souffle de plus en plus court, ce qui fait qu'il parlait faiblement aux satsangs, et comme nous l'avons dit, depuis peut être deux ou trois semaines, il avait vraiment du mal à finir des phrases un peu longues. Auparavant on pouvait comprendre ce qu'il disait en s'approchant très près de sa bouche, mais depuis peu de temps, il y avait certaines fois, ou même dans ces conditions, on devait avouer qu'on n'entendait pas ce qu'il disait. Ceci m'avait amené à dire vers fin mars à mon voisin ermite à Dhaulchina, Swami Nirgunananda, et à un autre ami au téléphone, que Swamiji semblait ne plus en avoir pour longtemps à rester dans sa dépouille mortelle.

Vers midi le lundi, sa respiration est devenue encore plus difficile, cependant il pouvait communiquer avec l'entourage, et même se lever pour aller aux toilettes. A cinq heures, la respiration est devenue encore plus laborieuse, Gonzague était près de lui et Izou était en train d'appeler l'avion ambulance qu'ils avaient préparé pour le ramener d'urgence à Delhi, car il devenait évident que le diagnostic vital était en jeu. Izou est montée dans sa chambre, l'a veillé et au bout de 10 minutes il a rendu l'âme. Ce qu'il y a d'étonnant, c'est qu'il lui avait prédit qu'elle serait présente au moment où il partirait, alors que normalement la régle interdit strictement aux femmes de monter dans le sadhou kutir réservé aux ascètes hommes. Il a quitté son corps dans sa position habituelle de méditation, adossé à des coussins avec les mains jointes et les jambes plutôt étendues devant lui, car il avait depuis plusieurs années du mal à les croiser. Il était toujours plein d'encouragement pour son entourage. Quand Narayan est revenu des examens de fin d'année qu'il passait ce jour là, Vijayananda a été très heureux de le revoir. Il s'est exclamé : "Voilà Narayan!" et lui a demandé avec beaucoup d'intérêt comment s'était déroulé les épreuves. Narayan ne se rendait pas compte qu'il était à l'agonie, en fait, et qu'il n'avait plus qu'une heure à vivre. Izou, ainsi que Sonia à distance à partir de Delhi, s'étaient démenés pour affréter un avion ambulance afin de transférer Swamiji dans la capitale. Il a exprimé son appréciation pour leurs efforts en s'exclamant : "C'est formidable!" Cela a été pratiquement sa dernière parole, il s'est éteint peu après, Izou a pu ainsi prévenir l'avion qui était déjà sur la piste pour décoller et annuler sa venue. C'était mieux ainsi, Vijayananda vivait depuis 34 ans dans cette chambre où Mâ l'avait installé en lui disant "yahan baito!" "Assieds toi là!", et effectivement, il y est mort assis après des décennies de sadhana intense.

lundi 19 avril 2010

Swami Vijayananda : Les derniers jours.

par Jacques Vigne


Beaucoup d'entre vous ont sans doute déjà appris que Swami Vijayananda avait quitté son corps dans la sérénité le lundi de Pâques, 5 avril, à 17 H 10.
Il avait fait tous les satsangs très normalement jusqu'à la veille, soit dimanche soir inclus, malgré le fait que son souffle devenait de plus en plus courts et sa voix de plus en plus difficile à percevoir. Avant, en s'approchant de son oreille, on pouvait l'entendre, mais depuis une semaine ou deux, cela devenait de plus en plus difficile car sa respiration était de plus en plus courte.
Le jeu de Mâ est vraiment étonnant : au moment même où je commençais les premières lignes de ce message pour donner les détails de la manière dont Vijayananda s'est "fondu dans le Brahman" (Brama-lin dit-on en sanskrit et hindi pour le départ d'un sage), je reçois un coup de téléphone d'un jeune swami d'origine israélienne relié à Bhaskarananda et qui m'annonce qu'il a quitté son corps ce matin, mercredi 7, à 4 H 45, à l'ashram de Bhimpura, sur les bords de la Narmada au Goujarat. Il avait 94 ans et 3 mois selon le compte indien, c'est à dire 93 ans et 3 mois selon le compte occidental, donc 2 ans et 2 mois de moins que Swami Vijananda. Ils étaient arrivés à la même époque auprès de Mâ Anandamayi, et en étaient tous les deux très proches. Mâ avait confié à Bhaskarananda la charge de donner l'initiation en son nom. Quand ils s'asseyaient ensemble, ce qui arrivait de temps en temps dans la cour de l'ashram de Kankhal lors des célébrations, ils ne manifestaient pas de grandes émotions, mais on sentait qu'ils avaient un lien profond et communiaient dans une joie paisible et spontanée. Le fait que Swami Bhaskarananda se soit "fondu dans le Brahman" simplement deux jours et demi après Swami Vijayananda, alors qu'ils se connaissaient depuis 60 ans auprès de Mâ, est une bonne preuve de leur lien. On peut supposer qu'il a entendu, en émergeant partiellement de son coma, que Swami Vijayananda avait quitté son corps, et que cela l'a décidé à se détacher du sien aussi : en effet, l'état de coma n'est pas stable, il y a des périodes où le patient entend et comprend même s'il ne peut rien exprimer et reste les yeux fermés. Bhaskarananda avait eu un accident vasculaire cérébral et était plus ou moins dans le coma depuis le 24 janvier. Le 17 février, il avait été ramené de l'hôpital pour pouvoir quitter son corps à l'ashram de Bhimpura. Il n'avait jamais regagné une claire conscience depuis le 24 janvier, mais avait quand même émergé de temps en temps. On l'avait entendu faiblement prononcer des mots comme hare hari. De plus, il a fait pendant une période un geste automatique de bénédiction pour les gens qui venaient le visiter. Cela est touchant du point de vue symbolique, on pouvait interpréter cela comme le symbole de ce qu'il avait fait toute sa vie, c'est à dire donner de son énergie au service de Mâ, et donner, au nom de Mâ. Nous parlerons davantage de Swami Bhaskarananda dans le prochain numéro du "Jay Mâ".

vendredi 16 avril 2010

Swami Vijayananda

Martine vient de me signaler, par le biais d'une amie étant restée auprès de Swami Vijayananda jusqu'à la fin, que ce dernier sera inhumé à Paris au cimetière du Père Lachaise lundi 19 avril à 11H15.
La sépulture sera située : division 41, ligne 14/40, numéro 12/42, près de l'angle de l'avenue transversale n°2 et de l'avenue Greffulhe.

Pour ceux que ça intéresse et qui sont sur Paris.

Prendre dans notre coeur

"Nous ne pouvons aimer personne sans vouloir automatiquement le prendre dans notre coeur, alors que l'être est de donner du coeur à ceux que l'on aime sans les ramener jamais à soi, et comment donner du coeur pendant l'éternité?"
Antonin Artaud
Citation trouvée dans un livre de Christian Bobin : "La plus que vive".
Livre trouvé par hasard sur un stand au marché...

jeudi 15 avril 2010

Semences bio

Femmes indiennes faisant du compost pour enrichir la terre.
Je vous conseille le site et le blog de Kokopelli pour la libération des semences et de l'humus.
Sinon le site de la Ferme de sainte Marthe créée par Philippe Desbrosses.
Pierre Rabhi, vous connaissez. Quant à Claude Bourguignon, il faudra en reparler...

Solutions locales pour un désordre global


Solutions locales pour un désordre global - Bande-annonce
envoyé par mouvementcolibris. - Court métrage, documentaire et bande annonce.

Je suis allé voir ce film cette semaine. C'est à la fois terrible et extraordinaire. C'est un constat et un bilan. On peut lire que c'est un film engagé, comme l'est Coline Serreau. Engagé pourrait se traduire par quelqu'un qui a encore une conscience vivante, humaine, et qui dit les choses telles qu'elles sont. Autant dire que les politiques et les médias sont désengagés. C'est pas nouveau.

Le discours est toujours le même : choisir l'avoir ou l'être, la quantité ou la qualité, la croissance, le toujours plus, qui fait tourner la machine qui nous tue lentement, ou le durable respectueux.

En quelques minutes des spécialistes qui ont consacré leur vie à l'observation de la terre et de comment elle fonctionne, comment elle produit de quoi nourrir les hommes, nous dressent un portrait au vitriol de ce qu'il ne fallait pas faire, mais qui a été fait dans le seul but du profit, et de qu'il faut faire et que certains réussissent avec succés et partagent gratuitement.

Plus de pétrole demain et c'est l'arrêt de l'agriculture, et donc la faim en quelques jours pour le monde riche (les autres connaissent déjà)! En deux jours les super marchés seraient dévalisés, et après... Vous imaginez? Les paysans seraient dévalisés! Et après? Scénario catastrophe...

La solution c'est de viser une certaine autonomie. J'ajouterais : d'être végétarien, de savoir se contenter de peu, voire de très peu.

Ce scénario catastrophe peut arriver très vite. D'autant plus qu'il y a de moins en moins de paysans, de plus en plus de citadins aux capacités manuelles ou inventives réduites, de plus en plus de monoculture, de moins en moins de diversité, etc...

Et ce film ne passera pas en grandes salles, c'est logique. Nous sommes dans une logique de mort, de fin grandiose d'une civilisation inconsciente. Vu ce que dit le couple Bourguignon, c'est étonnnant qu'il soit encore en vie...

Naissance et mort, cela fait partie de la vie, c'est la loi, du plus petit au plus grand. Faute de pouvoir cultiver son jardin, on peut toujours cultiver son âme...

L'autre d'abord

Ecouter l'autre, c'est le faire exister.
Charles Juliet

mercredi 14 avril 2010

Swami Vijayananda

Swami Vijayananda



Je viens de découvrir sur le blog "L'espace du dedans" et "just'attitude" que Swami Vijayananda est mort le 5 avril dernier. Il avait 96 ans, a renconté Ma à 36 ans et ne l'a plus quittée. Je l'avais rencontré en 81 auprès de Ma Anandamayi.
Discrétion et humilité.

Brancusi




Brancusi et la recherche de la pureté.

mardi 13 avril 2010

le beau


Lorsque j'étais étudiant, je me posais la question de la beauté dans l'architecture, notamment religieuse. Puis cela se transporta sur l'étude des abbayes cisterciennes.

Mais il restait en filigrane cette interrogation : "Qu'est-ce que le beau?"
C'est une question sans réponse, ou aux mille réponses, selon chacun.

Le beau c'est ce qui m'élève, ce qui me touche au plus profond et me rend silencieux, remerciant.
Oui, c'est ce qui tait en moi tout autre, fait naître sans doute une petitesse devant le mystère du créé pour glorifier le vivant.

Ainsi cette sculpture de Brancusi me touche par ce qu'elle traduit et que je reconnais. De même une oeuvre musicale, une peinture, une architecture, un jardin.... Le summum est sans doute dans l'effacement total de l'artiste au service de l'intention qui jaillit de lui même, du plus profond de son être.
Le beau honore l'indicible dans lequel on se fond. C'est un instant suspendu que l'artiste a su capter pour l'offrir au regard.
Il y a la beauté de l'éphémère, comme un spectacle de danse, une musique jouée, dont le coeur se nourrit encore un moment avant que toute vibration s'en aille.

Le beau me semble indispensable, quelqu'il soit. Parfois venant simplement du coeur.

lundi 12 avril 2010

Faire un

Le baiser de Brancusi

dimanche 11 avril 2010

Vivre

"Je voulais indiquer aux jeunes gens d'aujourd'hui qu'on les trompe, que la vie n'est pas un dilemne et qu'entre les deux idéologies contraires entre lesquels on les somme d'opter, il y a la vie, la vie, avec ses contradictions bouleversantes et miraculeuses, la vie et ses possibilités illimitées, ses absurdités beaucoup plus réjouissantes que les idoties et les platitudes de la "politique", et que c'est pour la vie qu'ils doivent opter, malgré l'attirance du suicide, individuel ou collectif, et de sa foudroyante logique scientifique. Il n'y a pas d'autres choix possibles. Vivre!"
Blaise Cendrars (tableau de Modigliani).

samedi 10 avril 2010

Apparence quand tu nous tiens

Hier soir, faisant la queue à la caisse, il y avait deux femmes qui parlaient. L'une venait manifestement de tondre sa pelouse car il y avait de l'herbe sur ses bottes et le bas de son pantalon. Elle avait une chemise bleue, très paysanne, et un fichu sur la tête. Cela lui donnait un air à la fois masculin et bohème, qui lui allait très bien.
L'autre était une poupée. Elle avait la peau rouge, comme si elle rougissait en permanence, du rouge aux lèvres, un manteau rouge assez voyant, une robe blanche un peu froufroutante avec des bas blancs, un sac rouge avec des boutons partout en métal chrome. Des cheveux délavés avec une mèche sur le côté et un noeud fantaisiste. Et un téléphone aspect métal blanc.
Elle se voyait de loin et ne parlait pas discrètement.
Toutes deux devaient avoir plus ou moins la soixantaine. Les opposées.
Une vraie caricature, j'aurais aimé la (les) photographier.

Cela m'a rappelé un stage d'une dizaine de jours fait il y a une vingtaine d'années avec Richard Moss.
Il y avait une femme qui avait largement dépassé la cinquantaine et qui s'habillait en minette, je veux dire à la façon d'une très jeune fille qui cherche à se faire remarquer.
Et Richard Moss, au bout de quelques jours l'a mise sur la sellette, en lui parlant de ce que représentait pour elle une manière de s'habiller et de se coiffer qui ne correspondait pas à son âge, et qui attirerait un genre d'homme en conséquence. Le fond était bien sur d'accepter son âge, et de ne plus miser encore et toujours sur l'apparence. Bien sur pour une femme ce n'est pas toujours évident. Toujours est-il que deux jours après elle avait complètement changé d'habit.
C'était magnifique, elle approchait son authenticité, et devenait sympathique.

Ce ne doit pas être si facile d'être une femme, quand la jeunesse s'en va, surtout si on a une certaine allure.
Quant à la dame rouge, elle n'avait aucune allure du tout, elle frôlait le vulgaire.
Ah la diversité du monde!

vendredi 9 avril 2010

Où veux-tu que j'aille?

Où veux-tu que j'aille?
Ne me le dis pas, je vais te suivre.
Rogne ma résistance
Si c'est ça qui empêche.
Use mes dernières peurs
Et prends ce qui reste.
Conduis moi au bord de l'insécure
Aide moi à sauter
Je t'en prie
Je ne veux plus lutter
Ne me lâche pas
Ne me donne pas d'appui
Mène moi vers l'inconnu
Jusqu'à disparition
De toute notion de moi...

L'homme araignée



Alain Robert est un passionné de la grimpe. Quand ça se limite aux parois rocheuses, c'est déjà quelque chose, mais quand il s'attaque aux plus hautes tours du monde, c'est fou. Cet homme épris de liberté grimpe depuis son enfance. Ayant fait une chute de 15 m dans les années 80, il est considéré comme invalide à 66 % par la sécu, et sujet au vertige suite à un déréglement de l'oreille interne. Les médecins avaient dit de lui qu'il ne regrimperait jamais. Depuis il a escaladé des dizaines de tours, y compris les plus hautes du monde. Le 7 avril dernier c'était la tour GDF SUEZ à la Défense.

"L'homme se crée ses propres limites, mais nous avons tous en nous la force de les dépasser pour atteindre nos objectifs. Il suffit de savoir trouver cette force et de la développer."
Alain Robert

jeudi 8 avril 2010

Je viens juste de voir une émission littéraire où une femme disait :

"Dans une vie de 80 ans, que l'on peut logiquement espérer de vivre aujourd'hui, il y a seulement 4 ou 5 moments déterminants qui ne vont durer en fait que quelques secondes et dont le reste va découler."

Et de demander à Boris Cyrulnik, présent sur le plateau, ce qu'il en pense. Il est d'accord.
Cela mérite réflexion, je veux dire prendre le temps de faire un petit retour sur sa vie pour voir si cela semble vrai ou non.
Quels ont été les vrais grands moments de notre vie, qui nous ont fait prendre un virage ou un vrai départ vers quelque chose de neuf?
Regardons. Bien sur ceux qui n'ont que 20 ou 30 ans manquent peut être de recul...
Quoique certains faits doivent certainement remonter à l'enfance.
Cyrulnik ajoutait qu'il y avait en fait une connexion, une connivence, entre un désir fort intérieur et un moment précis, favorable, dans le monde, et que tout se jouait alors.
C'est évident qu'il y a des moments où l'invisible fort que l'on porte coincide avec un phénomène déclenchant extérieur, et qu'une histoire nouvelle commence.

Interpelant, intéressant, vraiment!

mercredi 7 avril 2010

Peut-on dire?


Peut-on dire l'indicible avec des mots? Non.

Peut-on transmettre une expèrience? Non.

Peut-on parler du silence? Non.

Peut-on expliquer ce qu'est l'amour véritable? Non.

Le sage transmet avec son être tout entier.

Son sourire parle, son silence est éloquent.

Et celui qui désire ce qu'il vit boira à la source.

La paix ne s'explique pas, elle se donne.

Chandra Swami a dit qu'il n'avait pas trouvé meilleur moyen de transmettre que le silence.

mardi 6 avril 2010

Et si on parlait d'amour

Certains mots n'ont de sens véritable que par l'expèrience qu'on en a. L'expèrience étant liée à la conscience, on peut facilement imaginer que certains vécus différent du tout au tout selon les personnes.
Par exemple l'amour.

Je vais parler cru : C'était dans un super marché, et j'ai surpris la conversation entre deux femmes plus toutes jeunes. L'une était seule et cherchait un homme. Apparemment, elle avait des propositions, mais elle disait à son amie : "Les hommes, ce qui les intéresse, c'est la baise! Pour la tendresse, c'est trop en demander."
Je n'avais pas besoin d'écouter la suite, tout était dit.

C'est d'ailleurs reconnu que beaucoup d'hommes s'arrêtent à l'aspect physique alors que les femmes attendent du sentiment. J'imagine que c'est le reflet des sexes. Celui de l'homme à l'extérieur s'excite plutôt rapidement alors que celui de la femme, intérieur, reçoit et a besoin de temps.

Il est évident que l'amour ne peut être réduit à la sexualité, mais je suis persuadé que pour beaucoup de gens, qui fonctionnent à un niveau primaire, instinctif, où l'attirance dépasse de loin le sentiment, l'amour en tant que partage est quelque chose qui ne doit pas vraiment faire partie de leur quotidien.

L'amour représente des valeurs très féminines, de patience, d'écoute, de respect, de partage, de don. C'est amusant de noter que l'on parle plutôt du prince charmant, c'est à dire vu du point de vue de la femme, que l'inverse.
Je ne sais pas si les femmes sont plus faites pour l'amour que les hommes, mais je crois que les hommes qui n'ont pas développé leur partie féminine auront du mal à vivre une relation qui mérite ce nom.

Etre patient, à l'écoute, respectueux, c'est déjà avoir résolu une partie de ses demandes pour être disponible vis à vis de l'autre. C'est ne pas l'agresser de "moi d'abord".
L'amour est le résultat d'une démarche de grandir en conscience, inévitablement.
Autant il est demande naturelle de tout être, autant il ne peut être que don dans son devenir potentiel. Ainsi selon le niveau d'être, le vécu de l'amour est inimaginable pour quelqu'un qui n'est que demande, quelqu'un qui n'a jamais vécu le partage, ou quelqu'un qui va de déception en déception.

Et si l'amour est lié à la conscience, et au final à une certaine disparition de l'ego, alors le potentiel est infini. En cela le sens donné à ce mot dépend bien de l'expèrience de la vie et surtout de la conscience.
Mot si galvaudé pour une réalité si différente selon les uns et les autres , ne serait-ce qu'en regardant sa propre évolution.