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lundi 26 juin 2023

Quand le coeur parle avec les dieux

 Cela fait de nombreuses années que j'écoutais et lisais Poonjaji sans savoir qu'il avait créé une seconde famille. Cela n'est pas un sujet en soi, et il fut discret à ce propos pour des raisons de contexte.

Puis j'ai découvert Ganga Mira (ha, Internet!!!), et la merveilleuse histoire de leur rencontre. Elle me touche particulièrement.

Ganga Mira, de son vrai nom Geneviève De Coux, naquit en 1947 et vécut son enfance au Congo Belge, un véritable paradis pour elle. Suite à l'indépendance, en 1960, sa famille partit vivre en Belgique. Elle passait ses vacances dans un moulin à vent que sa mère avait acheté au Potugal. A la veille de ses examens de 3ème année d'Histoire de l'Art et Archéologie, elle tomba sur une phrase de Socrate qui la pénétra droit au coeur : "Connais-toi toi même". C'est en fait ce qu'elle recherchait et elle avait besoin de la guidance d'un Maître. Du jour au lendemain elle abandonna ses études et partit en Inde, en quête d'un Bouddha vivant.

Arrivée aux pieds des Himalaya, elle mena une vie ascétique de méditation au bord du Gange, à Rishikesh, en attendant de rencontrer son maître. Les gens commencèrent à l’appeler Mira comme cette princesse qui avait tout quitté par amour pour Krishna. 

Le temps passa et le sage qui allait l’aider dans sa quête n’apparaissait pas. Laissant tomber tout espoir, elle déménagea dans une grotte où elle vécut quelques mois comme une sadhu. Son visa était expiré et elle n’avait plus d’argent. Elle décida de dépenser ses dernières roupies au tchai shop pour boire un dernier bon thé. Elle s’était assise et lisait des poèmes de Kabir quand un Indien, grand, impressionnant, aux yeux noirs perçants s’approcha d’elle en regardant le livre qu’elle avait dans les mains. Il lui dit qu’il pouvait l’aider et qu’elle pourrait le trouver tous les matins au bord du Gange, à la plage  de Ram Joola. Elle refusa respectueusement et retourna dans sa grotte. Cependant, deux nuits plus tard, le visage de cet homme lui apparut soudain dans un rêve. Etait-ce lui le maître tant attendu ? A cinq heures du matin, elle alla à sa recherche. Il était au lieu du rendez-vous et se mit à rire en la voyant. Elle s’assit en face de lui et eut une expérience d’éveil bouleversante. 

Le lendemain, il disparut sans laisser de trace. Il venait à peine de tourner le dos à ses responsabilités familiales pour mener une vie d’ascète. Ganga Mira était à la fois exaltée et désespérée. Elle avait trouvé et perdu son maître. Elle ne connaissait ni son nom, ni son adresse. Elle décida donc de l’attendre sous l’arbre où ils s’étaient rencontrés. Elle y passa les huit mois suivants à méditer. Les gens commençaient à la considérer comme une sainte. 

Finalement, de manière miraculeuse, il revint à elle. Ils ne se quittèrent plus, vivant en tant que maître et disciple au bord du Gange. Ils se promenaient et riaient beaucoup. L’enseignement était vivant, tout événement du quotidien était prétexte à une réflexion profonde, ce qui rendait leur vie empreinte de sacré, de magie et de joie. 

Deux mois plus tard, à Vrindavan, la ville de Krishna et de Radha, ils devinrent amants. Poonjaji décida qu’ils devaient se marier et quand ils retournèrent au Gange, ils se promirent l’un à l’autre dans la rivière sacrée.

Il l’amena ensuite à Lucknow pour la présenter à ses parents, Parmanand et Yamuna Devi, communément appelés Pitaji et Mataji. Ils adorèrent Ganga Mira, ce qui était assez inhabituel pour une famille brahman de pure souche, descendante du rishi Shandilia lui-même, originaire de la mythique rivière Saraswati ! Parmanand ne voulait être servi que par elle. Sur son lit de mort, il déclara même à son fils : 
- Garde toujours Mira dans ton cœur ! 

Mataji avait révélé à Ganga Mira que dans le thème astrologique de son fils, il était prédit qu’il épouserait une jeune yogini de l’ouest. Elle l’avait donc accueillie comme sa fille. 

Mukti De Coux: Préface du livre de David Godman: Nothing Ever Happened, Volume III






mercredi 21 juin 2023

Du changement au bouleversement

 Avant, il y a quelques dizaines d'années, voire 50 ans, je trouvais que les choses (le monde) ne changeaient pas très vite, que les gens n'étaient pas conscients des problèmes en devenir. Depuis une génération environ on a découvert les pétroliers qui s'échouent et leurs terribles marées noires, Tchernobyl et les risques du nucléaire, avec ses mensonges d'état, le terrorisme, l'attaque (présumée) des tours jumelles à Manhattan, les guerres qui se rapprochent de l'Europe, la pollution généralisée, les tsunamis, les ouragans d'une ampleur rare, la fonte des glaciers... 
Depuis quelques années tout s'accélère, les grands incendies qui durent des semaines, les inondations brutales et régulières, les tempêtes, les tornades là où il n'y en avait pas, les glissements de terrain et les pans de montagnes qui s'écroulent, les récoltes détruites par la grêle, les records de chaleur, le manque de pluie aux saisons normales et donc la sécheresse grandissante, mais aussi la violence généralisée à travers les guerres officielles, les répressions de toutes sortes, ou individuelles, et bien sûr l'inflation, les soi disant économies d'énergie (pas pour tous), les pandémies (sujet complexe), l'immigration, la guerre de l'eau qui commence, la pollution plastique à une échelle inimaginable, etc... 

On peut dire aujourd'hui que tout s'accélère de partout, à l'extérieur comme à l'intérieur, je veux dire dans la tête des gens, dans leur comportement. Les chiffres des prévisions s'accélèrent, tout devient alarmiste et donc provoque du stress, de l'angoisse, pour le futur proche. Les jeunes fuient le réel le nez dans leur écran. On ne va pas arrêter la croissance pour ça! Il y a toujours autant de politiques qui se précipitent aux affaires pour gérer l'ingérable. Quel cirque! 

J'avais déjà écrit sur le sujet, et je disais que le pire est inéluctable, qu'il est même déjà arrivé ponctuellement. Comment ne pas le voir? Pourquoi ne pas l'admettre? Par peur, tout simplement, par manque de courage. La "collapsologie", cette théorie de l'effondrement, est le discours, bien sûr nié par les encravatés de bureau qui nous ont conduits là où on en est, qui se réalise de plus en plus dans les faits concrets. Cela semble très pessimiste, mais prouvez-moi que je me trompe! C'est bien réel, et je ne parle même pas du permafrost, des coraux, des 70 % d'insectes disparus, de la terre devenue morte, tout ça sous nos yeux...

Bien sûr il y a de plus en plus de mouvements autarciques, communautaires, respectant le vivant d'une manière ou d'une autre, de gens s'ouvrant à la spiritualité, à l'entraide, à l'empathie, et heureusement. Cela fait partie d'un cycle qui nous dépasse. Faisons du mieux que l'on peut ce que l'on sait faire, c'est déjà pas mal. Il y a tant de belles choses qui se passent chaque jour. Sachons regarder avec le coeur. Le monde est à l'image de l'homme, et l'homme a malheureusement abusé, peut être pour mieux apprendre de ses erreurs, qui sait?

Hier j'ai découvert une micro plante qui sortait d'une fissure entre ciment et carrelage, et je me suis dit que la vie était incroyable.


dimanche 11 juin 2023

Qui suis-je vraiment?

 "Qui suis-je" est une question naturelle; elle est comme une flèche. 

Ceci ne requiert aucune préparation. 

Ce qui peut prendre du temps, c'est décider de vraiment se poser la question.

Ganga Mira



mardi 6 juin 2023

Libre arbitre

 Si le libre arbitre disparait, qu'est-ce qui reste?

Didier Weiss


(Je vous renvois aux interviews de Didier Weiss (4) sur le site d'Olam)

https://www.youtube.com/watch?v=RRSAfn3h3Zo


jeudi 1 juin 2023

L'appel

1968 : Année révolutionnaire dans plusieurs pays, en particulier en France. 
Cette année là, Yvan Amar, âgé de 19 ans, qui avait déjà lu Les Grands Initiés d'Edouard Schuré, et qui y avait découvert cette relation entre un maître et son disciple, rencontre à Nice celui qui le premier l'a mis sur la voie. Il revenait de l'Inde, avait l'apparence d'un sadhu indien, version occidentale. Cette rencontre fut décisive. Cet ami, en une journée, lui parle d'enseignants spirituels en Inde, lui fait découvrir la nourriture végétarienne, lui apprend à chanter les mantras et l'initie à la pratique de la méditation! Il lui conseille aussi d'acheter L'Enseignement de Ramakrishna. Une journée décisive dans la vie d'Yvan.

A l'automne 1969, il part vers l'Inde en stop, direction Rishikesh au bord du Gange, aux pieds de l'Himalaya. Il était persuadé de trouver l'homme qui allait répondre à son questionnement.
Il va rencontrer d'abord des Canadiens; l'un d'eux avait entendu parler d'un sage qui vivait sur une île forestière, au milieu du Gange. Puis une Américaine ayant passé de nombreuses années en Inde, lui confie qu'un seul homme pouvait à ses yeux être qualifié de maître, de guru authentique : il vivait sur une petite île forestière, au milieu du Gange. Le lendemain, une européenne, lui dit qu'elle avait rencontré un sage qui vivait sur une île forestière, au milieu du Gange, et que depuis elle voulait suivre son enseignement. Elle lui montra le livre de cet homme, qui était Chandra Swami. Dès qu'il le vit en photo, il se sentit appelé. Il emprunta le livre, qu'il lut d'une traite, en recopia les trois quart pendant la nuit, car il était difficile de s'en procurer. Le lendemain, il rend le livre à cette femme qui lui explique comment se rendre auprès de Chandra Swami. Il partit aussitôt. Cela faisait à peine quinze jours qu'il était en Inde.

Tiré du livre d'Yvan Amar : L'Effort et la Grâce



Ayant entendu récemment une histoire de ce genre, j'ai relu les premières pages du livre d'Yvan Amar. C'est toujours fascinant de découvrir comment la vie répond à l'appel, quand celui-ci est intense.