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jeudi 31 décembre 2009

Je mens

Plus la neige tombait, plus le silence devenait profond. Seul le crépitement de l'âtre le troublait, mais en faisait partie en réalité, car le feu éteint les pensées quand on l'observe.
"- Il y a beaucoup de gens à venir ici? demanda Marie.
- A vrai dire non, car il n'y a rien à voir, et je suis souvent dans les collines avec mes moutons.
Quelquefois, des promeneurs...
- Pourtant on nous a dit au bar céleste que vous pouviez héberger le passant.
- Oui, cela arrive, ce n'est pas écrit, c'est le bouche à oreille, au moment opportun les choses se font, comme pour vous.
- Il y a eu une première fois, comment cela a t-il commencé?
- La première fois c'est moi qui suis venu là. Je voulais voir l'horizon, et je suis monté ici. Cette maison était en ruine. Une femme chamane avait installé un tipi provisoirement pour être près de la nature et des étoiles. Elle vivait de presque rien, de ceuillette, et parfois de soins qu'elle donnait à des personnes qui avaient entendu parler d'elle. Elle m'a proposé au bout d'un moment de passer quelques jours. Elle m'a transmis un peu de ses connaissances. Très vite j'ai senti que cette vie me convenait. Un jour elle me dit que je deviendrais berger, que je vivrais ici, et que si je restais dans un état d'accueil, je ne manquerais de rien.
C'est ce qui s'est passé. Cela n'a pas été facile parce qu'il faut faire confiance, et cela veut dire perdre ses anciens repères. Au début j'étais attiré mais je vivais aussi dans la peur. Un beau jour quelque chose s'est passé, et la peur a disparu définitivement.
- Comment ça?
- Dans la société citadine, les gens accumulent et ont quand même peur de manquer. Quand on simplifie sa vie, la seule peur qui reste, c'est de ne pas avoir assez à manger. C'était une période où je n'avais plus de réserves, les brebis allaient agneler et il n'y avait pas de lait, plus de fromage, rien. Je jeunais depuis 5 jours, et des idées noires m'envahissaient parce que j'avais en fait perdu confiance. Un matin je n'avais plus que ce mot à la bouche, c'est le cas de le dire, mange. Et j'ai réalisé que si on inverse les syllabes, cela donne : je mens. J'ai accepté au fond de moi l'idée que je me mentais, que je n'étais pas assez fort pour vivre ainsi, et que la peur était encore en moi, alors que je croyais l'avoir dépassée. Je n'avais pas été au bout de moi même, et c'est bien ce que me proposait la vie à ce moment : une mise à l'épreuve. Jusqu'où va ma confiance? J'ai alors admis que je m'étais trompé, et qu'il fallait aller demander à l'être rangé...
Je me suis agenouillé comme pour demander pardon de mon arrogance.
C'est alors qu'un couple est apparu, avec un panier plein de victuailles. Il me cherchait depuis la veille, sans me trouver. J'ai vraiment compris alors que tout arrive au moment juste, la veille il eut été trop tôt. Depuis je ne me préoccupe de rien.
- Alors la vie nous teste dans nos croyances?
- Indéniablement..."
Il remit une bûche dans le feu.

mercredi 30 décembre 2009

Mon esprit est pauvre


Ils mangèrent en silence. La neige tombait drue maintenant et couvrait de son manteau vierge toute trace d'un passé qui les avait amené là.
"- Je ne crois pas que vous pourrez partir demain, dit Barnabé, la neige va persister toute la nuit et la circulation sera impossible.
- Comment savez-vous cela?
- Vous savez, à force de rester immobile, dans l'observation de ce qui va, de ce qui vient, on ressent les choses au delà des apparences. Rien n'arrive brutalement, tout se prépare. Le temps est facile à prévoir car il obéit à des lois, il suffit de regarder les nuages, le vent, sentir l'air humide ou sec, si l'on voit loin ou pas, tout ça sont des indicateurs.
- Et vous savez aussi pour les hommes?
Barnabé plissa les yeux comme s'il se demandait s'il allait dévoiler un secret ou non.
- Oui, pour les hommes c'est pareil. Une mère qui vit en osmose avec son bébé, sait à l'avance ce qu'il lui faut, car elle pressent tout de lui. Mon métier de berger m'a fait apprendre le silence et l'écoute à travers la solitude. Mon esprit est pauvre, il n'est pas chargé d'informations de toutes sortes. Ainsi il capte d'autres informations plus subtiles, mais plus essentielles. Lorsque je vois apparaître quelqu'un, sa manière de se tenir, de marcher, de s'asseoir, me dit déjà beaucoup de lui. Lorsqu'il parle, je sais si c'est son coeur qui parle ou sa tête, s'il est dans la paix ou dans la précipitation. Ainsi je sens s'il est en évolution ou non, ce qu'il attend de la vie et ce qui risque de lui arriver ou pas..."
Un silence s'ensuivit. Marie et Joseph se regardèrent sans mot dire, mais tout semblait évident pour eux. Il y avait une unité de compréhension. Marie sentait toujours les choses à l'avance, en parlait à Joseph, qui avait une confiance totale en elle, et aidait à la réalisation de ses prémonitions en ne discutant pas. En quelque sorte il donnait à Marie la force de mettre en oeuvre ce qu'elle pressentait.
"- Le plus grand chemin n'est pas d'aller loin, reprit Barnabé, mais de se rapprocher de soi même. Quoiqu'il arrive, c'est la façon dont on prend les choses qui peut nous rapprocher de nous même ou non. La volonté fait aller vers l'extérieur, l'abandon fait revenir à l'intérieur.
- J'ai l'impression que nous sommes venus au bon endroit, dit Joseph.
- Vous n'êtes pas venus de vous mêmes, vous avez été guidés, car ce matin vous ne connaissiez rien de là où vous êtes ce soir.
- Alors c'est bien mon intuition qui se dévoile en ce moment, dit Marie.
- Oui, sauf que l'intuition n'est pas à vous, elle fait partie de la vie. C'est en s'ouvrant à la vie que celle ci nous traverse et nous conduit vers l'aide que l'on cherche pour grandir.
- Merci, dit Joseph en mettant sa main sur son coeur."
Une larme perlait sur la joue de Marie, tandis que son coeur vibrait.
Barnabé mit une main sur l'agneau, dans un geste de paix indicible.

mardi 29 décembre 2009

Ecouter son intuition


"- Où allez-vous? demanda Barnabé d'un oeil malicieux.
- J'ai senti au fond de moi, que nous devions quitter la maison pour quelques jours parce qu'un évènement allait arriver, je ne sais pas quoi exactement, mais qui ne pouvait se passer dans notre lieu de vie habituel, répondit Marie. Quelque chose me poussait dehors. Je l'ai dit à Joseph, qui a bien compris, et me fait totalement confiance pour mes intuitions.
- Donc vous ne savez pas encore où vous allez?
- Non!
- Ni de quel évènement il s'agit?
- Je sens que c'est une chose importante, mais neuve, comme je n'en ai jamais vécu.
- Avez-vous eu des signes? Vous avez du en avoir, sinon vous ne seriez pas parti sans savoir.
- Oui. Une nuit je rêvais de quelque chose avec de la lumière. Je me suis soudain réveillée, et en ouvrant les yeux j'ai constaté qu'il y avait une bougie d'allumée à côté du lit.
- Pourtant on s'était endormi après avoir soufflé la bougie, je m'en souviens très bien, dit Joseph.
Et soudain il se rappela qu'au bar céleste, il y avait des bougies sur la table, ce qui est assez inhabituel, comme ici d'ailleurs...
- Vous pensez aux bougies que vous avez rencontrées, dit Barnabé, lisant dans les pensées de Joseph.
- Tout à l'heure, vous avez parlé du bar céleste, comment saviez-vous que nous nous y sommes arrêtés? demanda Joseph.
- Oh, vue l'heure, cela ne pouvait venir que de là!
- Mais ce n'est pas le patron qui nous a renseigné, c'est une personne seule à une table. Heureusement qu'elle était là d'ailleurs.
- Lorsque l'on écoute son intuition, la vie met en place des relais, seuls ceux qui font confiance peuvent le vérifier. La soupe est chaude, mangeons."
Il mit sur la table 3 vieilles assiettes creuses et des couverts, prit un gros pain dans un sac en toile rêche, des fromages qu'il faisait, et servit. Il passa la main sur la bougie au centre de la table qui se mit à éclairer plus fort.

Barnabé


La chemin s'élevait en serpentant parmi les arbres. Doucement la neige se mit à tomber. La voiture arriva à une clairière. Il y avait effectivement une maison avec une lueur visible par une fenêtre. Joseph et Marie descendirent et frappèrent à la porte. Pas de réponse. Ayant de nouveau frappé, ils finirent par rentrer, poussés par le froid et le désir de se reposer pour de bon.
A l'intérieur un feu brûlait dans la cheminée. Il y avait aussi des bougies sur la table. Cela ressemblait un peu à l'ambiance du bar céleste, mais le mystère en plus, car il n'y avait personne.
"- Il y a quelqu'un ? dit Joseph en haussant la voix? Pas de réponse.
- Que fait-on? demanda Marie.
- C'est étrange, personne ne répond, pourtant c'est habité puisqu'il y a du feu. Et puis on se sent bien. Attendons un peu."
C'est alors qu'un bruit se fit entendre par derrière. Un homme entra par une porte cachée par la pénombre. Il semblait un peu âgé, avec une barbe grisonnante, une cape sur ses épaules, et un mouton dans les bras.
"- Bonsoir, dit-il, je vous attendais!
- Comment ça? demanda Joseph.
- C'est le vent qui me l'a soufflé. Quand il vient de la ville, il me transmet les nouvelles. Je capte celles qui me correspondent.
- Peut-on passer la nuit ici?
- Bien sur, je suis berger, mon rôle est d'héberger celui qui passe. Je m'étais absenté un moment car une brebis s'était égarée, et je devais absolument la retrouver car cette nuit la neige va recouvrir toute la contrée."
Disant cela il vérifiait les pattes de la brebis, ainsi que sa toison, pour s'assurer qu'elle n'était pas blessée. Puis il la laissa par terre. Il enleva sa cape, et son visage apparut vraiment. Il avait un regard clair, si clair, qu'on pouvait s'y perdre.
"- Je réchauffe de la soupe, vous devez avoir faim.
- Nous ne nous sommes pas présentés, voici Marie, mon épouse, et je me nomme Joseph.
- Et moi Barnabé, mais on a du vous le dire au bar céleste. Il signifie : Fils de l'encouragement, de la consolation..."
(La photo vient du livre "Moines du désert d'Egypte" d'Alain et Evelyne Chevillat)

lundi 28 décembre 2009

Le bar céleste

Au bout d'un moment, Joseph, traversant un village, se dit que cette fois il fallait vraiment s'arrêter. Il vit une lumière dans un bar et se gara. Poussant la porte, une odeur d'encens lui monta à la tête. L'ambiance était chaleureuse bien qu'il n'y ait que très peu de monde. Sur chaque table il y avait une bougie. Au dessus du comptoir était écrit : "Au bar céleste". Il se dit qu'il allait certainement trouver une possibilité d'hébergement.
"Bonsoir, nous sommes fatigués par la route avec mon épouse, et nous cherchons un endroit pour dormir, connaîtriez-vous un lieu qui pourrait nous accueillir?"
Les quelques personnes attablées, qui parlaient bas, levèrent la tête pour regarder qui posait cette question une veille de fête. Le patron leva les yeux, et répondit :
"Il est bien tard pour trouver quelque chose d'ouvert, je ne fais pas auberge malheureusement, peut être qu'à la prochaine ville..."
L'une des personnes au fond de la salle dit alors : "Et s'ils allaient demander à Barnabé, le vieux berger en haut de la colline? Il a toujours quelque place au fond de sa grange!"
Joseph se fit expliquer le chemin, remercia tout le monde, et remonta en voiture.
Marie s'était réveillée. Il lui expliqua le drôle de lieu où il venait de s'arrêter.
"- Ecoute, l'endroit s'appellait "Au bar céleste", et maintenant on va chez Barnabé, c'est curieux, non?
- Oui, j'aime bien ce mot : céleste, puis abbé, tu vois on est guidé!"
Ils étaient sur un chemin caillouteux qui montait à travers un bois. On leur avait dit qu'à la fin du bois, ils verraient une lumière, et que c'était là...

dimanche 27 décembre 2009

Départ dans la nuit

Joseph ouvrit son portable pour chercher un hôtel. Cela faisait longtemps qu'il souhaitait prendre quelques vacances bien méritées. Mais jusqu'à la dernière minute il lui fallut honorer une commande. Enfin, c'était fini. Bien sur il y aurait des embouteillages à la sortie de la ville, mais il voulait partir, même de nuit.
- Alors chéri, tu nous as trouvé quelque chose? lui cria sa femme en finissant de préparer leur valise.
- Rien pour l'instant, tout a l'air complet, j'ai peur que l'on roule toute la nuit...
- Cherche encore, je me sens fatiguée et je ne voudrais pas passer la nuit dehors!
Il refit le trajet sur l'ordi et cliqua sur tous les hôtels qui s'affichaient, mais tous étaient déjà complets. Incroyable. Il commençait à s'inquièter et se demandait que faire. Il ne voulait pas alerter Marie qui avait besoin de repos.
- Ecoute, partons, nous trouverons bien quelque chose en route. J'ai fait le plein de sens, et je suis sur que si on fait confiance, notre bonne étoile nous guidera.
- Tu sais Jo, depuis mon rêve prémonitoire, je ne m'inquiète pas. Quoiqu'il arrive, ou n'arrive pas, c'est absolument ce qu'il nous convient. Sur le moment on ne comprend pas toujours, mais après, nous en rirons, car le sens nous sera plus clair.
- Oui, tu as raison. et puisque nous ne savons pas où dormir, laissons notre porte ouverte, au cas ou quelqu'un serait dans le même cas.
La nuit était noire, il y avait du monde sur la route, mais partir en vacances, même fatigués, leur donnait une nouvelle énergie qui les aidait à vaincre ces dernières difficultés.
Joseph conduisait prudemment. Il était plus à l'aise avec une herminette qu'avec un volant. Petit à petit les autres voitures se firent rares. Marie dormait et la solitude du silence l'envahit...

jeudi 24 décembre 2009

En passant


A tous ceux qui passent ici

Que votre coeur soit naissant

Aujourd'hui, demain, chaque instant

Gardons l'étincelle allumée

Nuit et jour, sans fléchir

Qu'elle brille au dedans

Afin qu'elle résiste au vent

Nul besoin d'allumette

Seulement perdre la tête

Afin que ce soit fête.

Ottché Nach : Notre Père

mercredi 23 décembre 2009

C'est demain la veille...


Demain soir c'est la veillée de Noêl.
Nous sommes donc la veille de la veillée!
La veillée c'est la période entre le repas du soir et le coucher.
La veille c'est ne pas dormir, c'est en fait retarder le fait d'aller dormir, faire des efforts envers notre besoin de se reposer.
Veiller c'est s'abstenir de dormir. C'est donc de l'ordre de l'exception ou difficile.

Veille vient d'une racine indo-européenne weg qui signifie : vigueur.
En latin vegere veut dire : être vif, ardent, qui a donné vegetus : vif, dispos; vegetare : animer, vivifier; velox : agile à la course; vigere : être bien vivant; vigor : force vitale; vigil : dispos, bien éveillé; vigilare : être éveillé, attentif; vigilia : veille...
En allemand wachen signifie guetter.

Donc veiller ce n'est pas faire la fête, c'est être vigoureux, ardent, vivant, attentif, vigilant.
C'est quand même extraordinaire de voir que derrière ce simple mot il y a tout un sens caché, qui nous parle bien de quelque chose de vivant et de fort.
D'où ce leit motiv dans l'évangile de la veille, de garder la lampe allumée, car on ne sait pas à quelle heure le Maître viendra.
Ce n'est pas non plus le fait d'être simplement réveillé, bien sur, mais un état de présence à soi même. Dormir, se réveiller, c'est la nature des choses, mais veiller, c'est au delà de l'état naturel de base. D'où une force particulière, une vigueur, une agilité.

La veille, c'est le jour d'avant. D'avant quoi?
Il n'y a que veille qui vaille...

mardi 22 décembre 2009

Momix



Encore un petit cadeau pour Noël.
J'ADORE...

lundi 21 décembre 2009

samedi 19 décembre 2009

Silence


C'étaient mes premières vacances à la neige, avec des amis. J'étais étudiant, autonome, mais sans le sou. Je découvrais tout : les pistes, le monde, les bosses, la frime, et la joie des descentes...

Un jour lors d'une promenade dans la neige, en dehors de tout, je suis arrivé dans un ancien abri de berger, en pierres. Me glissant à l'intérieur, je m'asseyais dans la pénombre.
Au bout d'un moment, le silence m'envahit, assourdissant.
Ce lieu, habité par les pierres, le froid, la neige, et la solitude, était porteur de silence.

Depuis l'adolescence, je fréquentais la solitude et les lieux sauvages, mais je n'avais jamais senti ce silence si total qu'il se transforme en présence.
J'ai eu l'occasion de retrouver cette ambiance si particulière que peuvent transmettre certains lieux qui ont accumulé solitude et silence ou prière, et froid peut être. Je crois que le froid ajoute quelque chose. Le sombre aussi. Indéniablement, la nuit apaise. Lorsque les gens dorment, le bruit de fond, mais aussi les tensions inhérentes, le stress invisible mais palpable dans l'air, tout cela s'évapore, et nourrit peu à peu le silence qui revient, comme de l'eau boueuse qui peu à peu s'éclaircit.

Ces lieux sont sacrés.
D'où les ermites dans les grottes, les monastères dans les lieux à l'écart, cachés dans les montagnes.

L'architecte que je suis, sait que selon les matériaux et les formes, on peut faciliter cette qualité du silence dans une maison. Ensuite, c'est ce qu'on y met...

jeudi 17 décembre 2009

Mourir

Mourir...
Ai-je peur de mourir?
Certains disent : "J'ai bien vécu, je peux mourir!"
Si je regarde vraiment, la seule vraie peur que j'ai c'est de ne pas avoir bien vécu.
Qui m'empêche alors de prendre la décision : "A partir de maintenant je décide de bien vivre!"
Vivre...
Qu'est-ce qui m'empêche de vivre?
Mes peurs, mes doutes, mes faiblesses.
OK. Je m'en occupe, ou je m'en préoccupe.
Je ne rêve plus à ce que j'aimerais être ou vivre.
Je fais juste en sorte de reconnaître et réparer les maillons faibles qui empêchent à la chaîne toute entière de faire ce que certains maillons aimeraient.
J'apprend à soigner ma dignité, qui commence par le respect de ma petitesse.
Et si je meurs en chemin, je sais que j'aurais tenté une part du difficile.

mardi 15 décembre 2009

Le Toumelin


Il y a quelques semaines, je pensais à Jacques Yves Le Toumelin. J'étais passé au pied de sa maison cet été, au bord de l'eau, juste en face du Croizic, dans un endroit complètement sauvage.
Je me disais qu'il devait être bien vieux, et même qu'il pouvait mourir d'ici peu.
Je viens d'apprendre sa mort, le 10 novembre dernier. Il avait 90 ans.
Il y a 60 ans il avait fait un tour du monde de 3 ans avec son bateau en bois, Kurun, sans moteur, avec les instruments de l'époque : un sextant, une montre, un loch, un compas. Plus personne ne navigue comme ça aujourd'hui, et souvent les instruments modernes sont en double...
C'était une autre époque, et c'était un homme peu ordinaire.
Le Toumelin était le frère de Yahne, la mère de Matthieu Ricard, en photo ci dessus.
"Il vécut ce voyage comme une retraite intérieure, dit sa soeur, un dissident de la société de consommation inspiré par la mer."
"C'est un homme profond et intègre, témoigne Matthieu Ricard, mon oncle fut pour moi comme un deuxième père. Lorsque j'étais jeune, je l'admirais pour ses qualités de grand marin, et pour l'exigence du travail bien fait qu'il appliquait à toutes ses activités, même la plus simple.
Il manifeste quelque effarement devant le culte de la vitesse et l'ambition de faire le tour du monde le plus vite possible. Les records sont pour lui une incongruité, presque une provocation à la mer..."
Un ami à lui disait qu'il vivait comme un sage immobile dans la frénésie du monde.
Comme sa soeur et son neveu, il pratiquait la méditation, dans l'esprit du bouddhisme.
Le dernier des très grands marins de l'époque puriste de la circumnavigation s'est éteint.
En toute discrétion.
Merci pour l'exemple.
Il existe un blog pour perpétuer sa mémoire :
kurun-kurun.blogspot.com/

lundi 14 décembre 2009

Cheminer

Au début c'est riant, coloré, accueillant, superbe.
Les quelques marches nous invitent au départ.
Le panneau qui nous indique que le but est atteint.

De là où nous sommes,
on peut contempler de là où l'on vient

D'en bas, c'est ce que l'on voit.
Entre temps il y a eu tout ce chemin.
Qui pourra se retourner d'assez haut?

Le mont Fuji est sacré pour les Japonais.
Forme parfaite et symbolique,
pointant vers le ciel.

dimanche 13 décembre 2009

Petit bonjour en passant




- Salut!
- Salut!

samedi 12 décembre 2009

GupaJuhe


Je viens de découvrir une de ses oeuvres sur le blog "Eveil Impersonnel". Je vous conseille le site de cet artiste qui expose prochainement à Sèvres.

vendredi 11 décembre 2009

Kundun


Kundun est un film de Martin Scorcese retraçant la vie du XIV° Dalai Lama jusqu'à ce qu'il quitte le Tibet.
Le mot Kundun est attribué au Dalai Lama et signifie : Présence.

jeudi 10 décembre 2009

Pourquoi pas?


C'est quand même une phrase extraordinaire : "Pourquoi pas?"
Ca appelle des possibles, ca repousse des limites, ça excite les envies...
Le dire vite en passant, c'est en oublier le sens profond.

"Le Pourquoi Pas" était le nom du bateau du commandant Charcot, célèbre explorateur du début du vingtième siècle, faisant naufrage lors d'une tempête alors qu'il quittait l'Islande pour Copenhague (tiens, tiens!).

Pourquoi pas? c'est aussi une phrase que vient de mettre Soisic en commentaires!

mercredi 9 décembre 2009

Crise d'identité

Il parait que ça débat sur l'identité nationale... Alors que le monde est de plus en plus international, mélangé, interdépendant.
On veut bien faire fabriquer là où la main d'oeuvre n'est pas chère, profiter de conditions de travail plus que difficiles, mais ne pas voir trop d'étrangers chez nous.
On veut bien continuer de piquer les richesses des pays pauvres, mais pas qu'ils viennent chercher un semblant de travail ici.
Bref les riches veulent le beurre et l'argent du beurre, comme toujours, et les très riches continuent de planquer leur fric en toute impunité... Tandis que les apeurés continuent d'élever des murs!
De toute façon, débat ou pas débat, les hommes les plus ouverts commencent à se dire citoyens du monde. Et puis cette recherche d'identité nationale, c'est pour quoi au juste? On peut se sentir tellement plus proches de gens qui vivent les mêmes choses que nous, quelle que soit leur couleur de peau ou leur appartenance ethnique.
Bien sur, on a des racines, on est né quelque part, ça laisse des traces.
Mais le but, le grand but, n'est-il pas la désidentification à quoique ce soit?
Si on n'est plus attaché à quelque idée que ce soit, il n'y a plus débat!
Bon c'est pas demain la veille...

mardi 8 décembre 2009

lundi 7 décembre 2009

Copenhague

Aujourd'hui démarre le sommet mondial de l'environnement à Copenhague...
A quand le sommet mondial de l'intérieurement?
En fait de sommet c'est plutôt un point de départ, car tout reste à faire. D'abord se mettre d'accord, puis passer aux actes, faire comprendre la démarche aux habitants des pays concernés, et se retrousser les manches. Parce qu'il faut faire face à l'inertie des habitudes, des comportements, des désirs exagérés, du tout pour moi d'abord.
Quelque part il faut se serrer la ceinture pour viser un meilleur plus tard, dont on n'est même pas sur. Est-ce que cela pourra résister à la facilité de l'égoisme?

On commence à changer quand ça fait trop mal de continuer dans l'inconscience.
A titre individuel, comme à titre sociétal ou mondial.
Je n'entends pas parler de remise en cause du fonctionnement humain basé sur la puissance de l'avoir. Alors que peut-on en attendre?
Changer intérieurement est difficile.
D'abord une prise de conscience, comprendre, puis agir. Pas agir de temps en temps, mais de plus en plus souvent. En un mot persévérer, même quand une partie de nous n'en a pas envie.
Ne pas s'attendre à un miracle un jour, ne pas croire que ça va se faire tout seul. Non, juste y revenir sans cesse, tout en acceptant de chuter parfois.
Je lisais hier soir un passage de Durkheim où il disait que tirer à l'arc 1000 fois, ou tout autre exercice de vigilance, ce n'était rien, c'est le faire 100 000 fois qui apporte un effet!
Sans commentaires...

dimanche 6 décembre 2009

Ressentir

Sur un blog ami est écrit cette phrase d'Eric Barret :
"Quand il y a ressenti, il n'y a pas pensée. La sensibilité brûle la pensée."
C'est important de le reconnaître car c'est un moyen de revenir le plus souvent possible au ressenti. Le ressenti physique, mais aussi le ressenti de ce qui se passe en nous.

Hier je coupais les branches d'un arbre, d'abord sur un tabouret, puis pour finir, perché sur l'arbre. Cela demande beaucoup d'attention : bien scier, se tenir en équilibre, retenir la branche, etc... autant d'actions qui suscitent le corps et qui évitent de penser. Le travail manuel est un bon moyen, il me semble, de penser moins et d'être plus dans le présent. On peut ressentir la tension des muscles, l'agilité de ses mains, de son corps, ou la fatigue, l'acuité du regard,... autant d'aspects qu'un métier, où la tête fonctionne seule, n'offre pas.
Et c'est libérateur.

Hier soir : soirée tango. Je suis devenu accro!
Petit à petit les pas sont enregistrés dans le corps. Parfois je peux sentir qu'il n'y a plus que la musique qui guide le rythme au corps, dans lequel il se laisse aller. Cela devient un mouvement de vie où penser n'a jamais existé. Et si la partenaire est dans la même dynamique, il n'y a plus deux danseurs, mais un couple évoluant au son du bandonéon. Plusieurs fois j'ai fait l'expèrience que si l'un se met à parler, quelque chose est rompu, ou l'erreur de pas arrive. Etre présent et apprendre à se taire n'est pas si simple. C'est pourtant le seul moyen de ressentir.

Cela me fait penser au roller, ou à ces sports de glisse. A un moment il y a une évidence à la vie qui s'écoule en nous dans une fluidité au delà de tous les mots.
Juste le goût du ressenti dans une absence d'effort quelconque...
Demandez aux surfeurs...

samedi 5 décembre 2009

Solitaire sur le chemin (fin)

Nous vivons dans un Univers qui est en même temps assez gigantesque pour nous envelopper et assez petit pour tenir dans notre coeur. Dans l'âme de l'homme se trouve l'âme du monde, le silence de la sagesse. Pendant que nous pédalons vers notre but, il est toujours important de nous demander : "Qu'y a-t-il de beau dans cette journée?" Le soleil peut briller, mais si la pluie tombe, rappelons-nous que cela signifie aussi que les nuages noirs se seront bientôt dissipés. Les nuages se dissipent, mais le soleil demeure, et il ne passe jamais - dans les moments de solitude, il importe de nous en souvenir.
Enfin, quand les choses deviendront très dures, n'oublions pas que tout le monde est déjà passé par là, indépendamment de sa race, de sa couleur, de sa situation sociale, de ses croyances, ou de sa culture.

Paolo Coelho "Comme le fleuve qui coule"

vendredi 4 décembre 2009

Solitaire sur le chemin (suite)

Eh bien oui; il suffit de ne pas renoncer. Le père Alan Jones dit que pour que notre âme puisse surmonter ces obstacles, nous avons besoin de Quatre Forces Invisibles : l'amour, la mort, le pouvoir et le temps.
Il est nécessaire d'aimer, parce que nous sommes aimés par Dieu.
La conscience de la mort est nécessaire, pour bien comprendre la vie.
Il est nécessaire de lutter pour nous développer, mais sans nous laisser illusionner par le pouvoir qui vient avec le développement, car nous savons qu'il ne vaut rien.
Enfin il faut accepter que notre âme, bien qu'elle soit éternelle, est en ce moment prisonnière dans la toile du temps, avec ses opportunités et ses limites; ainsi, dans notre course cycliste solitaire, nous devons agir comme si nous avions le temps, faire notre possible pour valoriser chaque seconde, nous reposer quand c'est nécessaire, mais toujours continuer vers la Lumière divine, sans nous laisser incommoder par les moments d'angoisse.
Ces Quatre Forces ne peuvent être traitées comme des problèmes à résoudre, car elles sont au delà de tout contrôle. Nous devons les accepter, et les laisser nous enseigner ce qu'il nous faut apprendre.
(à suivre)

Paulo Coehlo (Comme le fleuve qui coule)

jeudi 3 décembre 2009

Rencontre au sommet


Solitaire sur le chemin

La vie est comme une grande course cycliste, dont le but est d'accomplir sa Légende Personnelle, ce qui, d'après les anciens alchimistes, est notre vraie mission sur Terre.
Au début de la course, nous sommes ensemble, partageant camaraderie et enthousiasme. Mais à mesure que la course se développe, la joie initiale fait place aux vrais défis : la fatigue, la monotonie, les doutes sur nos capacités. Nous constatons que certains amis ont déjà abandonné au fond de leur coeur. Ils courent encore, mais seulement parce qu'ils ne peuvent pas s'arrêter au milieu de la route. Ils forment un groupe de plus en plus nombreux, ils pédalent tous près de la voiture des secours - qu'on appelle aussi Routine - où ils causent entre eux, accomplissant leurs obligations, mais oublient les beautés et les défis de la route.
Nous finissons par prendre nos distances avec eux; alors nous sommes obligés d'affronter la solitude, les surprises dans les virages inconnus, les problèmes avec la bicyclette. Et à un moment donné, après quelques chutes sans personne près de nous pour nous aider, nous nous demandons finalement si tous ces efforts valent la peine.

Paulo Coehlo (à suivre)

Vous avez dit paix

Pour qu'il y ait la paix dans le monde, il faut que les nations vivent en paix.
Pour qu'il y ait la paix entre les nations, les villes ne doivent pas se soulever l'une contre l'autre.
Pour qu'il y ait la paix entre les villes, les voisins doivent se comprendre.
Pour qu'il y ait la paix entre les voisins, il faut que l'harmonie règne au foyer.
Pour qu'il y ait la paix chez soi, il faut la trouver dans son propre coeur.

Lao Tseu

mercredi 2 décembre 2009

En pleine guerre

Le cinéaste Rui Guerra me raconte qu'il se trouvait un soir dans une maison dans l'intérieur du Mozambique, s'entretenant avec des amis. Le pays était en guerre, de sorte que tout manquait - de l'essentiel à l'éclairage.
Pour passer le temps, ils commencèrent à parler de ce qu'ils aimeraient manger. Chacun annonça son plat préféré, puis vint le tour de Rui.
"J'aimerais manger une pomme", dit-il, sachant qu'il était impossible de trouver des fruits à cause du rationnement.
A ce moment précis, on entendit un bruit. Et une belle pomme, brillante, succulente, entra en roulant dans la salle et s'arrêta devant lui!
Plus tard, Rui découvrit que l'une des filles qui vivaient dans cette maison était sortie pour chercher des fruits au marché noir. En montant l'escalier à son retour, elle s'était cognée et était tombée; le sac de pomme qu'elle avait acheté s'était ouvert, et l'une d'elles avait roulé à l'intérieur de la salle.
Coincidence? Eh bien, ce serait un mot très pauvre pour expliquer cette histoire.

Paulo Coelho "Le fleuve qui coule"

mardi 1 décembre 2009

une histoire de Sioux

Un ethnologue new yorkais reçoit un jour à Manhattan un de ses vieux amis sioux. Et comme à grand peine ils cheminent dans la cohue des gens, des voitures hurlantes, des gyrophares policiers, bref dans l'ordinaire boucan d'une avenue crépusculaire, à l'heure de pointe, le Sioux s'arrête soudain au coin d'une rue, tend l'oreille et dit :
- Tiens, j'entends un grillon!
Son ami s'étonne.
- Un grillon? Laisse tomber, mon vieux, tu rêves. Entendre un grillon à New York, dans ce vacarme?
- Attends, dit l'autre.
Il va droit à l'angle d'un mur. Dans une fente de béton poussent des touffes d'herbe grise. Il se penche, puis s'en revient. Au creux de sa main, un grillon.
- Alors ça, bafouille l'ami, abasourdi, c'est incroyable. Une ouïe fine à ce point là, c'est un truc de sorcier ou quoi?
- Pas du tout, répond le Sioux. Chacun entend ce qui l'habite et ce qui importe dans sa vie. Facile à démontrer. Regarde.
Il sort quelques sous de sa poche et les jette sur le trottoir. Tintements brefs, légers, fugaces. Dans la bousculade autour d'eux, tandis que les voitures, au feu du carrefour, klaxonnent, démarrent, rugissent, dix, quinze têtes se retournent et cherchent de l'oeil, un instant, ces pièces de monnaie qui viennent de tomber.
- Voilà, c'est tout, dit le Sioux.

Henri Gougaud
(envoyé par Marie)

lundi 30 novembre 2009

Loup



Au moment où les "grands" de ce monde vont essayer de calmer leur faim de loup, un film d'un amoureux de la nature sauvage montre son amour des loups, les vrais, ceux qui ne font que tuer pour manger, selon les lois éternelles de la nature...

samedi 28 novembre 2009

Rachmaninov



En fait cela dure à peine 5 minutes...

Tellement humain

Dis-moi si tu n'as vécu que des choses dures, difficiles, qui faisaient mal et te faisaient pleurer?
Dis-moi si tu n'as vécu que des choses belles, merveilleuses, qui te faisaient côtoyer les étoiles et vivre pleinement?
Quand tu es dans l'un, te souviens-tu de l'autre?
Vouloir que souffrance cesse est tellement humain.
Désirer que le bonheur dure est tellement humain.
Mais quand l'insupportable est là, que tu en veuilles à la vie que c'est à toi que cela arrive,
Et quand le bonheur déborde, que ton coeur éclate à ne plus pouvoir contenir,
Qu'est-ce qui est le plus fort?
Tes plaintes ou tes remerciements?

vendredi 27 novembre 2009

Pour Fish Fish

Elle ne voit que l'horizon!

un peu d'intimité

C'est d'abord ce bleu qui m'a arrêté, et puis il y avait ces mots sur la vitrine...

jeudi 26 novembre 2009

Moteur, on tourne...

Je voulais parler du moteur, ce système qui permet de faciliter n'importe quel travail, qui permet d'éviter de la fatigue physique, humaine ou animale...
Cette invention qui appelle à se complexifier, qui permet de faire tout sans plus rien faire, ou si peu, qui se cache derrière tout ce qui passe entre nos mains, ou presque...
Cette invention qui finit par nous rendre dépendant, paresseux, qui nargue le temps, nous fait oublier l'effort, le contact avec les éléments...
Cette invention qui permet la machine, qui a rendu notre monde mécanique, qui nous fait ressembler à des automates, qui nous fait fonctionner si machinalement...
J'arrête là, c'est facile. C'est toujours une question d'équilibre.

Moteur est lié au mot mouvoir du latin movere, motus.
Le sens est mouvement bien sur. En latin sont associés : motor, mobilis, momentum, motivus, et des composés avec des préfixes : amovere, emovere, commovere, promovere...
En français il y a énormément des mots associés à cette idée de mouvement :
Mouvoir, mouvant, émouvoir, émouvant, émotion, promouvoir.
Meuble (un terrain meuble est l'inverse d'un terrain mouvant), qui a donné immeuble, ameublir, et meuble au sens de mobilier. Mais aussi meute, émeute (émoi), mutin (porté à la révolte).
Tous les mots qui contiennent motion : commotion, locomotion, promotion, promoteur, émotion.
Puis moteur et ses dérivés, motrice, moto.
Motif, motivation. Enfin mobile et donc immobile, automobile... Et puis moment.

On peut dire que le mouvement nous éloigne forcément de quelque chose, ne serait-ce que de l'immobilité. Vous voyez que ça va loin (c'est normal puisqu'on s'éloigne)!
Et si on s'éloigne, il faudra bien revenir. Mais revenir où?
Peut-on jamais revenir?
Ne vaut-il pas mieux rester avec le mouvement?
Ne serait-ce qu'un moment?
Immobile...

mercredi 25 novembre 2009

Jésus à l'école

Jésus, qui est à l'école de Nazareth, rentre chez lui avec son bulletin scolaire. Franchement ce n'est pas très bon. Sa mère a déjà vu un mauvais bulletin, et elle n'a rien dit, méditant toutes ces choses dans son coeur. Mais aujourd'hui le plus difficile reste à faire : il faut le montrer à Joseph.
Expéditeur : Ecole Siméon de Nazareth.
Destinataires : Joseph et Marie David
Objet : Bulletin de Jésus
Mathématiques : Ne sait quasiment rien faire, à part multiplier les pains et les poissons.
Sens de l'addition : N'est pas acquis; affirme que son Père et lui ne font qu'un.
Ecriture : N'a jamais ses cahiers et ses crayons; est obligé d'écrire sur le sable.
Géographie : N'a aucun sens de l'orientation; affirme qu'il n'y a qu'un chemin, et qu'il conduit chez son Père.
Chimie : Ne fait pas les exercices demandés; dés qu'on a le dos tourné, transforme l'eau en vin pour faire rigoler ses camarades.
Education physique : Au lieu d'apprendre à nager comme tout le monde, marche sur l'eau.
Expression orale : Grosses difficultés à parler clairement, s'exprime en paraboles.
Ordre : A perdu toutes ses affaires à l'école et déclare, sans honte, qu'il n'a même pas une pierre comme oreiller.
Conduite : Facheuse tendance à fréquenter les étrangers, les pauvres, les galeux, et même les prostituées.
Joseph se dit vraiment que ça ne peut pas durer, qu'il doit prendre des mesures sévères : "Eh bien, Jésus, puisque c'est comme ça, tu peux faire une croix sur tes vacances de Pâques."

lundi 23 novembre 2009

vendredi 20 novembre 2009

Quand j'étais enfant

Quand j'étais enfant le bout de la plage me semblait loin
Aujourd'hui le monde me semble petit.
Quand j'étais enfant avoir trente ans me semblait vieux
Aujourd'hui c'est à peine la fin de la jeunesse.
Quand j'étais enfant je n'imaginais pas l'avenir
Aujourd'hui je considère le passé.
Quand j'étais enfant je passais des heures à jouer
Aujourd'hui je me demande à quoi sert de travailler.
Quand j'étais enfant je cherchais la compagnie des filles
Aujourd'hui je suis toujours sensible à l'allure d'une femme.
Quand j'étais enfant un rien me semblait tout
Aujourd'hui c'est tout qui me semble rien.
Quand j'étais enfant... C'était hier
Aujourd'hui... C'est maintenant.

jeudi 19 novembre 2009

Je voudrais...

Je voudrais me sentir comblé
du matin au soir me nourrir
de ce feu qui brûle au fond de mon coeur
et éteind toute attente à jamais.
Je voudrais être plein
rempli à ras bord de silence
de beauté contenue
de joie en sourdine
qui efface tout manque.
Je voudrais toucher ce qui brûle
me noyer dans l'immense infini
oublier tout souci tout ailleurs
me confondre à jamais
avec l'instant ami.
J'aimerais devenir léger
presque oublieux de manger
vivre enfin la présence
du seul chemin qui commence
par un retour à l'enfance.
J'aimerais m'arrêter
jusqu'à l'instant suivant
sur les bords de l'ouvert
au coeur du jaillissant
et mourir à hier.

mercredi 18 novembre 2009

Je veux savoir...

« Je ne m’intéresse pas à la façon dont tu gagnes ta vie,

Je veux savoir à quoi tu aspires,

Et si tu oses rêver de réaliser le désir ardent de ton cœur.

Je ne m’intéresse pas à ton âge,

Je veux savoir si, pour la quête de l’amour et de tes rêves,

Pour l’aventure de te sentir vivre,

Tu prendras le risque d’être considéré comme fou.

Je ne m’intéresse pas aux astres qui croisent ta lune.

Je veux savoir si tu as touché le centre de ta propre souffrance,

Si les trahisons vécues t’ont ouvert,

Ou si tu t’es fané et renfermé par crainte de blessures ultérieures.

Je veux savoir si tu peux vivre avec la douleur, la tienne ou la mienne,

Sans t’agiter pour la cacher, l’amoindrir ou la fixer.

Je veux savoir si tu peux vivre avec la joie, la tienne ou la mienne,

Si tu oses danser, envahi par l’extase, jusqu’au bout des doigts et des orteils

Sans être prudent ou réaliste et sans te souvenir des conventions du genre humain.

Je ne m’intéresse pas à la véracité de l’histoire que tu racontes.

Je veux savoir si tu es capable de décevoir quelqu’un pour rester fidèle à toi-même,

Si tu supportes l’accusation d’une trahison, sans pour autant devenir infidèle à ton âme.

Je veux savoir si tu sais faire confiance, et si tu es digne de confiance.

Je veux savoir si tu peux voir la beauté, même lors des jours sombres

Et si tu peux trouver la source de ta vie dans la présence de cette beauté.

Je veux savoir si tu peux vivre avec l’échec, le tien ou le mien,

Et malgré cela rester debout au bord du lac

Et crier : « Oui ! » au disque argenté de la lune.

Je ne m’intéresse pas à l’endroit où tu vis ni à la quantité d’argent que tu as.

Je veux savoir si après une nuit de chagrin et de désespoir,

Tu peux te lever et faire ce qui est nécessaire pour les enfants ?

Je ne m’intéresse pas à ce que tu es, ni comment tu es arrivé ici.

Je veux savoir si tu peux rester au centre du feu avec moi, sans reculer.

Je ne m’intéresse pas à ce que tu as étudié, ni où ni avec qui.

Je veux savoir ce qui te soutient à l’intérieur, lorsque tout le reste s’écroule.

Je veux savoir si tu peux être seul avec toi-même,

Et si tu aimes véritablement la compagnie de tes moments vides. »


Orish Mountain Dreamer (an Indian Elder)

mardi 17 novembre 2009

André Comte Sponville parle du temps


Si vous avez un peu de temps, vous découvrirez ne pas en avoir perdu en l'écoutant.
Vous pouvez sauter la première minute de présentation.

Kyudo

"Et voilà le grand moment! Entre un tout petit bonhomme portant un arc immense. Un vieillard tremblant... Au point qu'il était légitime de se demander ce que ça allait donner! Voilà que le vieux maître s'agenouille, s'incline, se redresse difficilement, prend la flèche, tend l'arc et dans un silence religieux la flèche part et tombe à moins de dix mètres... sur le plancher... mais au moment même, raconte mon ami, une vingtaine de personnes dans le public tombent dans le satori...
Ce qui émanait de ce vieil homme, de sa présence, avec son arc qui l'avait accompagné toute sa vie, suffisait pour toucher celui qui regarde en son Etre. Il lui suffisait d'être là, rien de plus que d'être là."

Durkheim

lundi 16 novembre 2009

Concours de présence

"Je me souviens d'une rencontre où les dojos avaient envoyé leurs meilleurs disciples. Ce qui était très intéressant c'est qu'autour de chaque tireur (à l'arc) il y avait trois juges. Le premier comptait les points sur la cible. Le second regardait la forme dans laquelle se trouvait l'homme qui tirait, sa façon d'être là. Le troisième ne regardait que le visage. Et si, au moment de lâcher la corde, ce visage exprimait le désir de réussir ou la crainte d'échouer, le tir ne comptait pas : même si la flèche touchait le centre de la cible! Parce que le tir était impur!"

Graf Durckheim

dimanche 15 novembre 2009

de JCC à JC, mais pas Jésus Christ!

En feuilletant ses carnets d'enfance, Jean Claude Carrière nous disait :
"Parfois j'ouvre ces livres au hasard et lis une page, et j'essaie de mettre en relation ce que je lis et ce que je vis. Souvent il y a une réponse, une corrélation." Ce ne sont pas ses termes exacts, mais c'est l'esprit.
J'aime beaucoup ce genre de jeux, et la vie m'en fait profiter.

Il y a quelques jours j'écrivais des posts sur les pyramides. Je suis tombé juste après sur un reportage à propos d'un architecte ayant tout arrêté pour se consacrer aux mystères de la construction des pyramides. Il a découvert, sur une intuition de son père, des choses que personnes n'avaient vues jusqu'à présent, qui offrent de nouvelles perspectives de compréhension. Je vais sur internet et découvre bien sur plein d'infos à son sujet. Hier après midi, dans la librairie d'occases ou je me rends occasionnellement, je trouve un livre de cet architecte sur le sujet!

En fait je trouve deux autres livres qui m'intéressent. N'ayant pas d'argent devant moi en ce moment, je dois faire un choix. Ce sera "Les leçons de Durckheim" de Jacques Castermane.
Comment peut-on se débarrasser d'un livre comme celui là?
Il nous explique dés le départ comment il rentre en relation avec Graf Durckheim. Une suite de hasard... C'est la vie qui a été le chercher à certains moments.

Pendant les vacances de la Toussaint, il rentre, uniquement parce qu'il pleut, dans une librairie. Il découvre un livre sur le Hara, mot qu'il connaissait à travers l'aikido qu'il pratiquait assidument, mais pas son auteur : Graf Durckheim. Il se met à lire. Quarante quatre pages avant que le libraire lui indique qu'il va fermer! Ce sera son livre de chevet.
La manière dont il va rencontrer Durckheim est encore du même ordre : un pur hasard. Une phrase anodine avec une cliente, un an et demi plus tard, et il apprendra sa venue.
La rencontre fut à la hauteur de ce qu'il ressentait au tréfonds de son être.
C'est le maître allemand qui lui propose de venir à Rütte.
Il s'y rendra deux ans jour pour jour après avoir découvert ce premier livre, c'est à dire le week end de la Toussaint.
La Toussaint c'est la fête des morts, et symboliquement ce n'est sans doute pas anodin que de démarrer cette aventure d'une éventuelle mort à soi même à un tel moment!

J'ai un peu de retard sur le calendrier puisque c'était il ya 15 jours. Mais la rencontre avec le précieux n'a pas d'heure. Et je remercie le ciel qu'une personne se soit débarrassée d'un tel livre.

samedi 14 novembre 2009

Jean Claude Carrière


"Si j'arrête de jouer un jour, je le sens,

Si j'arrête de jouer deux jours, mes amis le sentent,

Si j'arrête de jouer trois jours, le public le sent."

Arthur Rubinstein

J'ai entendu cette phrase hier soir dans une très belle émission sur Jean Claude Carrière, sur la cinq. J'apprécie beaucoup cet homme. Déjà sa voix chaude et calme nous invite à l'écoute. Son parcours est rare, et en découvrant son histoire, on se rend compte que c'est bien une destinée qui commença très jeune, alors qu'il remplissait des carnets d'écriture, d'impressions, de dessins, à peine agé de 12 ans.

Doué certainement mais aussi travailleur, enfin je veux dire curieux, passionné, cultivant son art sans cesse pour ne pas se rouiller. Il est persuadé que l'esprit est paresseux, et qu'il faut l'entrainer en permanence si l'on veut arriver à quelque chose. Bunuel lui proposa des exercices de création, d'observation, pour aiguiser ce potentiel. Il le côtoya 19 ans! Si l'on ne s'entraine plus, cela s'évanouit. D'où cette phrase d'Arthur Rubinstein qu'il a cité.

Tout le monde n'a pas la chance de trouver sa voie pour exprimer pleinement son potentiel, mais cela n'empêche pas de s'exercer à la présence. Rubinstein disait qu'il devait faire 3 heures de piano par jour, pour garder la forme...


Il disait aussi que rien n'est jamais acquis, que c'est toujours fragile.
Créer c'est désapprendre tous les acquis, les convenances, les habitudes, les peurs, disait-il aussi. C'est le message qu'il fait passer aux jeunes.

Ce monsieur a un nom prédestiné, mais il parle très bien, très juste.
Il vit entre Paris, sa maison d'enfance dans l'hérault, et l'Inde où il se rend souvent. Il fréquente le musée Guimet, a écrit un livre sur le Dalaï Lama, a repris le texte du Mahabharata avec Peter Brook. Il fut le scénariste de nombreux films connus. Une belle âme...
L'émission repasse demain matin à 8 H, je vous la conseille, ça fait du bien.

mardi 10 novembre 2009

Donner jusqu'au bout

Je me souviens de ce livre : Les raisins de la colère de Steinbeck...
A la fin, pauvre parmi les pauvres, que dis-je, misérable, après avoir subi les infamies de l'esclavage, de l'injustice, alors qu'il n'y a plus rien à manger, les habits déchirés, sâle, il y a à côté de cette femme qui a vu tant de choses difficiles, un bébé qui pleure et qui n'est pas le sien.
Elle, qui a tout perdu, le prend alors dans ses bras et lui donne le sein...
C'est l'image qui m'est restée. Alors qu'il n'y a plus rien à attendre, elle donne quand même son sein.

A propos des pyramides


La pyramide de Chéops fait 440 coudées de côté, soit 230,50 m avec plus ou moins 20 cm de différence entre chaque côté ce qui est négligeable. La coudée royale égyptienne fait 52,4 cm.
Sa hauteur originelle est de 280 coudées soit 146 m, et l'angle de ses faces ou apothème, est de 51°50.
Ses 4 côtés sont rigoureusement alignés sur les 4 orientations cardinales avec une erreur de 3 minutes c'est à dire quasiment rien à cette échelle.
Enfin la base est entièrement plane à quelques centimètres près.
Déjà on peut admettre la difficulté de cette rigueur constructive, surtout à cette époque, mais on peut se demander s'il n'y a pas des raisons derrière.
Je le dis tout de suite : certains systèmes basés sur les ondes de forme, doivent être orientés rigoureusement et posés à plat pour avoir des effets qui peuvent être mesurés (j'ai eu l'occasion de le vérifier par des tests en aveugle).
Quand on commence à mettre les chiffres en parallèle, on découvre alors pas mal de coincidences :
Le rapport entre l'angle et la demi longueur de la base est égal au nombre d'or : 1,618.
Le rapport entre le demi périmètre et la hauteur est pi : 3,14.
L'aire du niveau de la chambre du roi est égale à la moitié de l'aire de la base.
Le périmètre de la base est égal à la circonférence du cercle dont le rayon est la hauteur de la pyramide.
L'aire de chacune des faces de la pyramide est égale au carré de la hauteur.
Travailler sur ces harmoniques induit des répercussions vibratoires.
Sans aller plus loin sur l'emplacement de ces pyamides par rapport à des axes de la terre en fonction des terres immergées ou de certains liens avec des étoiles, on peut quand même s'étonner de la précision de ces mesures surtout lorsqu'il faut imaginer le poids des blocs de pierre et leur manipulation pour les mettre en oeuvre.
A moins qu'ils aient eu d'autres moyens...

lundi 9 novembre 2009

Une histoire de pierres


Voyage au pays des pharaons, parmi les temples égyptiens, et navigation sur le Nil...
Sans doute l'un des lieux touristiques les plus courus au monde.
Nous étions partis avec un groupe de personnes intéressées par l'aspect énergétique de ces lieux, autant dire un voyage à la carte entre personnes "branchées".
Il est vrai que les constructeurs égyptiens de l'époque avaient des connaissances sur l'énergie des lieux et des formes.
Les niveaux vibratoires qui montent ou qui baissent, à quelques mètres près. A certains endroits on se sent attiré vers le ciel, à d'autres s'enfoncer dans la terre. Les courants telluriques sont manipulés, et l'on voit sur les colonnes des signes qui ne laissent aucun doute. Ils avaient des connaissances qui ont été oubliées.
Dans la pyramide de Chéops, après avoir traversé, quasiment rampé par moments, à travers un long couloir étroit, on arrive dans la fameuse chambre du roi. Briefé par notre ami organisateur hyper sensible, j'ai pu sentir l'énergie au dessus du tombeau. J'ai encore les souvenirs de frissons et de froid qui ont saisi mon bras...
Il a été écrit des livres et des livres sur les secrets et les mystères de ces fameuses pyramides. Aujourd'hui je me méfie de tout ça surtout quand c'est de l'à peu près, mais je peux témoigner que ce que l'on appelle les ondes de formes, une énergie lié à la forme et à l'emplacement de cette forme en un lieu précis, a un impact bien réel sur le vivant. Je ne l'ai pas vérifié qu'en Egypte.
Le soir de cette visite peu banale, rentré à l'hôtel, j'allume la télé pour la première fois depuis le début du voyage, et tombe abasourdi sur la nouvelle de la démolition du mur de Berlin. C'était il y a vingt ans exactement. Encore une histoire de pierres...

dimanche 8 novembre 2009

Architecture organique

Ouverture en ogive avec bardage rayonnant.
Même esprit que la photo suivante, mais sur un détail.
On sent un jaillissement et un rayonnement.

Maison créée pour un couple d'artistes dans un petit village hongrois au dessus du Danube. Je trouve qu'il y a à la fois une douceur et de l'élévation. Des fenêtres sur le côté avaient été faites en fonction du lever du soleil selon les solstice et équinoxes.

vendredi 6 novembre 2009

Architecture organique

Comme un feu d'artifice

Les poteaux deviennent arbres

Les arbres deviennent forêt

L'architecture organique a été initiée par Rudolph Steiner.
Cet homme visionnaire, en avance sur son temps, fut inspiré dans différents domaines : l'éducation, la médecine, l'agriculture, l'architecture...

L'idée de base était de laisser passer l'énergie du vivant, au niveau des rythmes, des formes, et même dans le plan. Regarder, écouter, pour reproduire.
La vie est souplesse, mouvement, fluidité. Cette énergie s'écoule selon des principes, des lois que l'on peut observer dans la nature notamment.
Il y a une graine qui germe, qui donne une tige, un tronc, qui donne des rameaux, des branches, des feuilles, des fleurs. A partir d'un centre, il y a un développement qui va s'épanouissant.
A la base l'énergie est concentrée, en s'élevant elle éclate et se disperse.
Les racines sont reliées à la terre, comme nos pieds, les troncs en tirent leur force comme nos jambes, les branches cherchent le ciel comme nos bras.
Dans l'architecture organique on va retrouver ces notions. Gaudi en fut un précurseur.
Ces photos viennent de Hongrie, où ont été construites plusieurs églises, maisons de la culture, écoles, salles de sport, etc... dans cet esprit. Esprit c'est vraiment le mot!
En effet l'énergie à l'intérieur de ces lieux est plus élevée qu'ailleurs. On se sent porté, envouté...
La forme informe!

jeudi 5 novembre 2009

Hongrie 89

Chapelle funéraire d'Imre Makowecz

On parle actuellement des 20 ans de la démolition du mur de Berlin.
Il se trouve qu'en septembre 89 je suis allé en Hongrie.

Je me souviens d'avoir passé la frontière sur une petite route, dans une forêt. Il y avait des militaires, une guérite, une lourde barrière en bois. J'avais l'impression de pénêtrer dans une zone inconnue, pas franchement accueillante, qui me faisait toucher du doigt un pan de l'histoire du communisme soviétique.

C'est une chose de voir des images assis confortablement dans son fauteuil, c'en est une autre que d'y être confronté. Ainsi je découvrais les murs des immeubles de Budapest percé des balles tirées par l'armée lors de manifestations contre le régime, les campagnes où l'on croisait des charrettes tirées par des boeufs, les immeubles cages à poules au milieu de rien, spécialité de l'architecture soviétique...
On savait qu'il y avait une ouverture en train de se faire et l'on voyait des gens en voiture fuyant la RDA.
Un autre monde par rapport à celui que je connaissais. Je n'imaginais pas tant de disparités dans l'Europe dont je pouvais me sentir proche puisque c'était une partie de notre culture, de notre histoire.

Le but de ce voyage, organisé avec un ami architecte hongrois, était en fait d'aller découvrir l'architecture organique, mouvement très vivant dans ce pays. Imre Makowecz en était le porte parole, et nous expliqua que ses oeuvres étaient une rébellion silencieuse à l'invasion soviétique.

mardi 3 novembre 2009

Impressions au musée...


Je n'avais jamais visité le musée d'Orsay... Voilà qui est fait depuis ce week end.
On y trouve plusieurs impressionnistes dont Van Gogh, mais pour ceux qui apprécient cet artiste torturé mais si sensible, allez voir ses toiles à Amsterdam.
C'est passionnant de découvrir combien d'artistes à la fin du dix neuvième siècle révolutionnèrent la peinture. Il me semble que l'on passe d'une période où tout semble figé sur les toiles à un monde où la vie apparait vraiment, avec le mouvement, les couleurs vibrantes, les variations du temps, les gens de tous les jours, l'expression d'un ressenti...

Par contre, ce qui m'impressionna, ce fut le nombre de gens avec un appareil photo. Je pensais que c'était interdit. J'ai vraiment découvert l'esclavage que confère cet appareil.
L'immense majorité de ces gens prenant ces toiles célèbres en photo, regardaient à peine ces oeuvres alors qu'ils étaient devant.
Ils se plantent devant, de façon souvent irrespectueuse, et mettent en boite, certains allant jusqu'à se faire prendre en photo devant la toile!
Le pire c'est quand une personne prend un tableau et que une ou deux autres attendent pour regarder la photo ensuite. Le reste, le vrai, ne les intéresse même pas. C'est tragique.
Je comprends que l'on prenne des photos, mais en prenant aussi son temps pour observer les peintures, cela semble la moindre des choses. Surtout que question qualité il vaut mieux acheter un bon livre, ou des reproductions qui sont superbes.
Il y a derrière cette attitude une sorte de dédain de l'artiste, une incapacité à s'arrêter pour sentir ce qu'il a voulu dire, une consommation toujours plus aveugle...
Sans parler de l'ambiance que cela suscite!
Et pourtant Dieu sait si j'aime la photo...

jeudi 29 octobre 2009

tango



Le tango est très varié, en particulier au niveau musical. Dans cette scène de film la musique est de Gotan Project, c'est du tango nuevo.
Si vous regardez bien, vous verrez que c'est elle qui commande, alors que normalement c'est l'homme qui guide la femme dans le Tango. Dans le film elle est prof de danse, mais j'ai l'impression qu'elle a plus de tempérament aussi...

mercredi 28 octobre 2009

Rencontre annoncée

Cet été, en bateau avec Marie, nous arrivons dans un petit port charmant de Bretagne sud.
Sans savoir pourquoi, j'ai l'impression que je vais rencontrer quelqu'un que je connais.
On se ballade sur les quais, avant de choisir un restaurant.
Tout d'un coup je dis à Marie : "Il me semble que je connais cet homme!" Il était attablé à quelques mètres, le nez dans un journal, si bien que je n'arrivais pas à voir son visage. Au bout d'un moment, poussé par elle, je m'avançais vers sa table pour le saluer.
C'était bien lui. Skipper d'un bateau, proposant des croisières et de la formation, je l'avais connu il y a deux ans en allant de Brest vers le Portugal.
On se mit à parler.
On aurait pu être dans un autre restaurant, j'aurais pu avoir un autre angle de vue... La vie a fait que cela se combine ainsi.
Je suis toujours étonné de ces pressentiments, de ces coincidences, au delà de tout raisonnement, de toute volonté. D'où ça vient, comment ça marche? Peu importe finalement. Le fait que ça arrive nous relie à un fil invisible de la grande vie, qui passe à travers nous.

mardi 27 octobre 2009

Les Orients de l'Etre


Ramesh Balsekar, qui vient de mourir il y a quelques semaines, a écrit un livre que je relis actuellement : Nisargadatta Maharaj ou Les Orients de l'Etre.

Je n'ai pas pu m'empêcher de penser à : "Les Occidents de l'Avoir"... sans mettre de nom devant bien sur.

Ca bouge

Si on regarde un peu le monde de la spiritualité, que de changements en quelques décennies!
Dans la première moitié du vingtième siècle, rares étaient les personnes à partir pour l'Asie en quête d'un autre chose que n'offrait plus les religions occidentales.
Après la deuxième guerre mondiale, qui sans doute dans son bouleversement souleva aussi des questions existentielles, on commença à voir des écrits, des témoignages, de personnes qui sont aujourd'hui disparues ou très agées.
L'invasion du Tibet par la Chine provoqua certainement l'expansion du Boudhisme à travers le monde. Si l'Inde attira de nombreux hippies dans les années 60 - 70, il y eut progressivement de vrais chercheurs spirituels, dont certains revinrent après avoir stabilisé un vraie expérience.
Depuis pas mal d'années, on peut découvrir tellement de livres, tellement d'enseignants, tellement de lieux de retraites, que l'on peut dire incontestablement qu'un mouvement est en marche, non seulement bien visible, mais aussi en profondeur.
Bien sur il y a de tout et il faut être exigeant, faire attention.
Cependant avec près de 40 ans de recul, il s'est bien passé quelque chose d'énorme.
Les livres, les rencontres, les guides, les lieux, ne sont plus cachés et difficiles à trouver. Il n'est plus indispensable de prendre un billet pour l'Inde ou le Japon afin de trouver un enseignement traditionnel.
La demande doit être énorme aujourd'hui. Vraiment ça bouge.
Quant à s'y donner complètement, c'est une autre affaire!

lundi 26 octobre 2009

Vivre la dualité

Tant qu'on est dans la dualité, il faut la vivre à fond.
Croire qu'il faut arriver à se détacher peut nous empêcher de faire complètement ou de vivre vraiment les choses. Je l'ai fait.
Il n'y a aucune honte à être ce que l'on est ici et maintenant, au contraire c'est là que tout commence comme dit Pema Chodron.
Etre ce que l'on est peut paraître risqué, ou faire des envieux.
Si on se juge, c'est qu'il y a encore du chemin à faire. Si on a peur du jugement des autres, c'est pareil. On ne peut exister vraiment que pour soi. Nul ne peut savoir ce que l'on est au fond et ce qu'il nous est nécessaire de vivre.
Oser être soi même n'est pas évident. Mais on n'a pas le choix pour avancer.

dimanche 25 octobre 2009

La dualité est partout



La dualité est évidente, les opposés sont partout, n'en retenir qu'un c'est nier l'autre.
Tout a deux aspects comme les deux cotés d'une pièce, pile et face. Un coup c'est l'un, un coup c'est l'autre.
Le soleil un moment puis la pluie, la chaleur puis le frais, le jour puis la nuit, la faim puis le fait d'être rassasié, le beau et le laid, la naissance et la mort, le bruit et le silence, le grand et le petit, le fort et le faible...
Vouloir retenir le meilleur, ce qui nous plait, est impossible, idiot, immature.

On parle beaucoup de la terre en ce moment. J'ai vu deux émissions à deux jours d'intervalle montrant des opposés. L'extrème beauté des images de nature encore vierge dans Ushuaia, et les excés de la surconsommation des pays riches détruisant et polluant tout sur son passage, dans Vu du ciel. Des constats hallucinants.
On ne peut pas préserver un seul aspect, un jour l'autre aspect nous interpelle.

Qui n'a que des qualités, ou que des défauts? Et ne dit-on pas : il a les qualités de ses défauts ou les défauts de ses qualités ?
Quelqu'un de très actif fera avancer les choses autour de lui, mais n'arrivera peut être pas à s'arrêter et à trouver le calme, ou stressera son entourage. Un intellectuel sera sans doute brillant, mais n'arrivera peut être pas à ressentir la vie au fond de lui. Quelqu'un de trop réfléchi aura peut être du mal à entreprendre et à s'épanouir. Un égoiste vivra peut être plein de choses à l'extérieur, mais il lui manquera le partage du coeur. Une personne très ordonnée aura du mal à tolérer le désordre, et une autre bohème aura du mal avec la loi...
Quand on regarde il n'y a que ça. Qui est le plus heureux?

Il y a toujours deux aspects, si bien symbolisés par le yin et le yang. C'est la base de la vie.
Fondamentalement cela ne pourra changer.

samedi 24 octobre 2009

Désir

Photo de la coupole de la cathédarle de Sienne par Michel Corboz

Franchement, si l'on n'avait pas de désirs, il n'y aurait plus de problèmes, non? C'est pour cela que l'on parle de l'éveil comme étant un état sans désirs.
Mais qu'en est-il du désir exactement?

Il semble que le propre de l'homme soit un état d'insatisfaction plus ou moins permanent qui l'entraine à vouloir toujours quelque chose, un ailleurs d'une certaine manière.
Le désir est une quête perpétuelle d'un autre, différent de ce qui est là.
Quand cet autre est atteint, la satisfaction est là mais elle ne dure pas, et le processus continue.
Le désir est à la fois moteur et esclavage.

J'ai trouvé une explication intéressante sur l'étymologie de ce mot :
Désir vient de deux mots latins : desiderare et considerare. Siderare vient de sidus qui signifie astre et a donné sidéral.
Considerare voulait dire contempler les astres pour savoir si la destinée était favorable. On allait voir l'augure afin de savoir l'opportunité de telle ou telle action concernant un projet. L'augure observait les astres, consultait le ciel d'une certaine manière, et donnait la réponse favorable ou pas. Il reste dans le langage "de bon augure" ce qui veut dire favorable, et que l'on retrouve en italien dans "Auguri" c'est à dire un souhait de bonne chance, de bonne année. Cela a donné le mot inauguration qui est en réalité un jour faste déterminé par l'astrologue ou l'augure pour démarrer quelque chose, en général une construction. Ces calculs existent toujours.
Desiderare signifiait regretter l'absence de l'astre, du signe favorable de la destinée.

"Le désir implique donc une attente qui doit être satisfaite. Tout désir est la nostalgie d'une étoile. Tout désir est en quête de l'apparition qui sera capable d'illuminer le ciel de la conscience pour la ravir et lui apporter la satisfaction qu'elle réclame. Il y a donc dans le désir la marque d'un manque, mais en même temps la dimension d'un projet. C'est aussi le désir qui pose la dimension d'une quête, d'une recherche. Comme l'indique bien l'étymologie, le désir rencontre cependant les aléas des événements du monde. A l'état de veille, la satisfaction du désir suppose la patience du temps, elle n'est pas aussi immédiate qu'en rêve. Le désir rencontre nécessairement et est en constante lutte avec l'ordre de la réalité, ce qui implique qu'il pose des exigences qui passent les limites de ce que la réalité actuelle présente. Le désir veut transformer la réalité en autre chose qu'elle n'est pas, mais qu'elle doit devenir." (trouvé sur philosophie-spiritualité.com).

L'astrologie est un moyen d'y voir plus clair et de coordonner son potentiel avec le ciel justement, "potentiel personnel et pouvoir du ciel impersonnel," ai-je envie de dire.
Il faut quand même remarquer que le ciel est bien en situation dans pas mal de religions. En plus des paroles comme "Notre père qui est aux cieux", on retouve des chevets d'églises, des voutes, des coupoles qui étaient peints en bleu avec des étoiles.
Si vivre ses désirs semble "est sans ciel" ou "les cent ciels", il s'agit en fait d'aller au delà du mécanisme.

vendredi 23 octobre 2009

Pour réussir une chose difficile, il faut faire des efforts
et il faut de la chance.













Sans doute chacun de nous a vécu ce moment de dépassement de soi, où l'on a dépassé ses limites habituelles, où l'on rentre dans une nouvelle dimension, qui peut laisser quelques traces. Ce n'est quand même pas si courant.
Le but n'est pas forcément de triompher, mais de s'être dépassé, d'avoir tout donné.

Je parle de ça parce qu'il se passe actuellement la plus grande course de petits bateaux qui existe. Ils font 6,50 m de long. On les appelle les mini 6,50. C'est une taille pour rester plutôt le long des côtes, pas trop loin d'un abri, car dès qu'il y a de la mer cela devient assez scabreux et même impressionnant.
En plus ces bateaux sont très légers et très toilés, ils peuvent donc aller très vite.
Comme ils sont dessinés pour la course, ils sont quand même capables d'affronter du gros temps. Toujours est-il qu'ils traversent l'Atlantique, cette course se nomme la mini transat.

Ils partent de La Rochelle et vont d'abord vers Madère (au large du sud du Portugal). Puis c'est la grande traversée jusqu'à Bahia au Brésil, 20 jours de solitude.
Ces bateaux sont très sophistiqués, il y a pas mal d'innovations, ce qui veut dire pas mal de pépins aussi, de casse, de déconvenue. Le compliqué est fragile!
Cette course, qui a une trentaine d'années, devait permettre à des passionnés de se lancer avec un budget modeste. Au début c'était vrai, et cela bricolait jusqu'au moment du départ. Maintenant cela coûte pas mal d'argent, et il faut des sponsors.

Pour bien se placer il faut bien se préparer, le bateau et le bonhomme. Beaucoup d'efforts, financiers, de travail, d'entrainement, des sacrifices... sur deux ou trois ans!
Alors quand ça casse, quand il faut abandonner, faire demi tour, on peut imaginer la déception.
Certains percutent des billes de bois ou se font attaquer par un requin...

Les tous premiers viennent d'arriver. Lorsqu'on regarde les têtes qu'ils font, c'est extraordinaire, surtout s'ils ont dépassé leurs espérances. Ils ont été au bout, pas seulement traversé l'Atlantique seuls, sans radio, sans savoir où sont les autres, mais traversé le pot au noir (une zone de transition entre les alizés des hémisphères nord et sud où il n'y a pas de vent ou alors des orages très brutaux), ils ont passé des heures à barrer pour gagner jour après jour un peu plus que le voisin (certains ont barré jusqu'à 48 H presque sans dormir avant l'arrivée), mangeant du liophylisé (pour gagner du poids), dormant peu de toute façon, réparant comme ils peuvent quand quelque chose casse, se faisant peur parfois, donnant le maximum...

Ils arrivent avec un visage lavé par les efforts, mais rempli d'une joie indicible.
C'est ça que je trouve extraordinaire, ces efforts démesurés qui amènent à la joie, ce dépassement qui nourrit au delà de tout.
Dès qu'il y en a un qui arrive, celui ou ceux déjà arrivés vont l'accueillir, parce qu'ils savent...
C'est tout simplement beau.