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mercredi 27 septembre 2017

Quand la vie s'occupe de tout

Le soir arriva bientôt, je le suivis au restaurant. C'était un grand hall, complètement ouvert sur l'extérieur, à l'entrée de grands tables couvertes de plats multicolores avec des mets de toutes sortes, une débauche de nourriture que je n'avais jamais vue de ma jeune vie. Je me servis et, assiette en main, cherchai des yeux mon amie et ses parents. Quelle ne fut pas leur surprise quand ils me virent arriver. Ils étaient avec un couple ami et leur fils. Je pris place près d'eux et leur racontai comment, au fil des rencontres, j'étais arrivé jusqu'à eux. Il ne s'agissait pas non plus de parler trop fort et de se faire remarquer. Tout à la joie de les retrouver, je me laissai aller doucement dans cette ambiance insouciante et un peu excitée. Je n'avais aucune idée sur la durée possible de ce séjour improvisé.
Le premier soir j'allai dormir dans la case du garçon qui m'avait fait rentrer. Puis, un homme arriva le lendemain, c'était des cases à deux lits, et je dus partir discrètement. Je suis allé dormir dans la case de mon amie, bien qu'elle la partagea aussi. On a du raconter des histoires un peu fausses à sa co-vacancière pour expliquer la situation. J'ai aussi dormi à la belle étoile, ce qui m'a permis de faire connaissance avec les pêcheurs sur leurs barques au petit matin. Je donnai un vieux pantalon à l'un d'entre eux, alors que j'allais le jeter.

C'est ainsi que je suis resté une semaine, mais sans m'inscrire  dans des activités avec un G.O. (Gentil Organisateur), afin de ne pas me faire remarquer. Cela m'a permis de voir la fameuse réputation "sea, sex and sun" de certains clubs à cette époque dont celui-ci. C'est vrai qu'il y a une certaine réussite dans le fait de se désinhiber, d'oublier un temps le contexte d'où l'on vient, de se lâcher. L'argent est remplacé par un collier à boules, plus ou moins grand, devenant bientôt bracelet. Ainsi on ne sort pas d'argent au bar, on enlève des boules au collier! La nourriture est énorme! Je me souviens de petits déjeuners pantagruéliques avec gâteaux divers, riz au lait, crèmes, ananas et fruits de touts sortes... Ne mangeant pas de viande je me limitais aux repas et investissais dans les salades composées. J'eus l'occasion de voir les poubelles en sortant, elles étaient pleines de nourriture, de fins de plats, bref la photographie classique du gaspillage néo-colonial dans un pays où la pauvreté se voyait couramment.
La majorité de ces touristes arrivaient en avion, prenaient un car climatisé jusqu'au club, s'amusaient et s'en mettaient plein la panse, avant de repartir de la même manière sans avoir rien vu du pays. Encore une découverte!

Je profitais des felouques pour sortir en mer. Je me sentais comme Robinson, comme un va nus pieds, riche du bois, du chanvre, du coton, du vent sur ma peau, de la brise sur mon visage, et de l'horizon infini vers où mon regard se perdait. Une fois nous embarquâmes un soir, destination une plage déserte de la côte tunisienne, les casseroles pleines de nourriture, je me souviens d'un couscous...
Arrivée au petit matin, fin de nuit sur la plage, puis baignade, préparation du repas, plage et mer jusqu'au soir où l'on termine aux bougies... Le bonheur si simple, bien loin des agitations et des fêtes théâtrales du club.
Une semaine après, quand mes amis partirent, je repris mon sac et la route. Je retrouvai les gens simples, vivant de peu, la vraie vie quoi! Je réalisai la prison dans laquelle je m'étais enfermé. L'insécurité revenait, mais elle avait goût de liberté...

lundi 25 septembre 2017

Quand la vie s'occupe de tout

Il allait dans le sud vers Tataouine, aux portes du désert, et me proposa de l'accompagner. Je déclinais l'invitation, voulant retrouver mon amie. Ainsi va la vie, des rencontres fluides et riches, puis chacun repart de son côté. Je pris la direction de Djerba. L'île est très proche du continent, quelques centaines de mètres, et prendre le bateau pour traverser est une petite aventure en soi, même s'il n'y a rien d'extraordinaire. L'odeur du bois, des cordages, la fumée du moteur, les hommes dans cette nonchalance désinvolte, la chaleur du soleil et la brise de la mer...


Direction Houmt Souk, la capitale de l'île, dans un bus usé par les années de service et le climat marin. Je fais un tour rapide et me renseigne pour aller au Club de Djerba la douce. Je prends un autre car, rempli de villageois avec leurs sacs. Je vois un jeune garçon avec un sac à dos et lie connaissance. Il est français et va justement au Club Med! Il y avait passé 24 heures (à l'époque cela devait être possible), était parti faire du tourisme à Houmt Souk, et avait finalement décidé d'y revenir.
Cela me semblait incroyable de rencontrer ces deux personnes qui me mettaient en lien avec ce fameux Club,  alors que j'y allais un peu en aveugle. Mais quand on a quelque chose en tête la vie s'occupe de nous. Je ne le voyais pas encore très bien à ce moment là.
Je lui expliquais donc que j'allais retrouver une amie et ses parents.
- Mais comment je vais faire pour rentrer?
- Ne t'inquiètes pas, tu me suis, ils ne diront rien, il n'y a pas de contrôle!
C'est ainsi que quelques minutes plus tard, nous descendîmes du bus devant l'entrée du fameux Club Med, avec nos sacs à dos, la tente par dessus pour le mien, et nous nous dirigeâmes vers l'entrée.
C'était ouvert, un tunisien gardait l'entrée, mais ne demanda rien. Le chemin était libre. Je suivis mon quasi faiseur de miracles, pas vraiment sûr de moi, imaginant que quelqu'un dans mon dos allait me rappeler. Mais non! Nous arrivâmes ainsi à la case qu'il avait quitté le matin.
Il y avait deux Clubs : Djerba la douce, avec des cases recouvertes en feuilles de palmiers ce qui leur donnait un aspect local, et puis Djerba la dure, par opposition, faite à l'occidentale, que j'ai seulement vu en photos.
Je pose mes affaires, prends une douche, et m'habille proprement. Lui m'explique les bases de fonctionnement du club.
- Tu retrouveras tes amis ce soir au moment du dîner. Repose toi en attendant.

Place de Houmt Souk

samedi 23 septembre 2017

Quand la vie s'occupe de tout

L'histoire se passe au début des années 70 alors que j'étais étudiant. Mon premier voyage estival avait été le tour de l'Espagne en stop avec une incursion à Ibiza. Cette année j'avais décidé d'aller en Tunisie. Une amie, qui habitait dans  une autre région, suivait ses parents qui avaient pour habitude de passer une ou deux semaines au Club Med, cette fois ci en Tunisie à Djerba. Je me suis dit que je pourrais faire d'une pierre deux coups.
Je pris le bateau à Marseille, baigné tout de suite dans l'ambiance musicale arabe et les tunisiens en djellaba. Vingt quatre heures de voyage permet déjà de se déconnecter de son propre monde pour mieux approcher celui que l'on va découvrir. J'avais un sac à dos avec tente et duvet, donc un peu encombrant quand même pour visiter. Après Tunis, je descendais tranquillement vers le sud, en stop ou en bus. Je me souviens en particulier de Sousse et de son souk où je fis quelques achats. Je longeais la côte, Monastir, Mahdia, et me sentais de mieux en mieux dans cette ambiance arabe, si différente du monde dont je sortais. La chaleur, la poussière du sud, les medinas, la blancheur des murs, la lenteur, les ânes chargés, les marchandises exposées à même le sol ou accrochées dans des échoppes minuscules, une telle vie si simple...
C'est après Sfax en poursuivant vers le sud que j'allais rencontrer un homme un peu plus âgé que moi, voyageur et un brin aventurier. Très vite le courant est passé. Il voyageait au plus proche de la vie des gens. Je lui disais que j'allais retrouver une amie à Djerba au Club Med, sans idée aucune de comment cela pouvait se passer, ayant un budget très limité. Il me raconta alors une aventure qui lui était arrivé quelques années auparavant. Il était en Corse avec un ami. Un jour en nageant, ils contournent un cap et se retrouvent sur une plage appartenant au Club Med. D'abord surpris, ils se demandent ce qu'ils vont faire. Ils y sont allés au culot, ont sympathisé avec deux filles et sont restés deux jours. Personne ne s'est aperçu de rien...
Cela semble tout à fait improbable aujourd'hui, mais cela m'a peut être aidé pour la suite.
Arrivés à Gabès, nous trouvâmes un hôtel à l'ancienne où nous pûmes dormir sur les toits en terrasse. Du pur bonheur que d'être sur un tapis, sous les étoiles.
Nous marchâmes jusqu'à la mer, je découvrais, les boutres, la douceur de la nuit dans le sud, les palmiers...
à suivre

lundi 18 septembre 2017

Puisque tu pars



Puisque l'ombre gagne 
Puisqu'il n'est pas de montagne 
Au-delà des vents plus haute que les marches de l'oubli 
Puisqu'il faut apprendre 
À défaut de le comprendre 
À rêver nos désirs et vivre des Ainsi soit-il 

Et puisque tu penses 
Comme une intime évidence 
Que parfois même tout donner n'ait pas forcément suffit 
Puisque c'est ailleurs 
Qu'ira mieux battre ton coeur 
Et puisque nous t'aimons trop pour te retenir 

Puisque tu pars... 

Que les vents te mènent 
Où d'autres âmes plus belles 
Sauront t'aimer mieux que nous 
puisque l'on ne peut t'aimer plus 

Que la vie t'apprenne 
Mais que tu restes le même 
Si tu te trahissais nous t'aurions tout à fait perdu 

Garde cette chance 
Que nous t'envions en silence 
Cette force de penser que le plus beau reste à venir 
Et loin de nos villes 
Comme octobre l'est d'avril 
Sache qu'ici reste de toi comme une empreinte indélébile 

Sans drame, sans larme 
Pauvres et dérisoires armes 
Parce qu'il est des douleurs qui ne pleurent qu'à 
l'intérieur 
Puisque ta maison 
Aujourd'hui c'est l'horizon 
Dans ton exil essaie d'apprendre à revenir 

Mais pas trop tard... 

Dans ton histoire 

Garde en mémoire 
Notre au revoir 
Puisque tu pars 
Dans ton histoire 

Garde en mémoire 
Notre au revoir 
Puisque tu pars 
Dans ton histoire 

(Dans ton histoire) 

Garde en mémoire 
(Garde en mémoire) 
Notre au revoir 
(Notre au revoir) 
Puisque tu pars 
(Puisque tu pars) 
(Dans ton histoire) 
J'aurai pu fermer 
(Garde en mémoire) 

(Garde en mémoire) 
Oublier toutes ces portes 
(Notre au revoir) 
(Notre au revoir) 
Tout quitter sur un simple geste 
(Puisque tu pars) 
(Puisque tu pars) 
Mais tu ne l'as pas fait 
(Dans ton histoire) 
(Dans ton histoire) 
J'aurai pu donner 
(Garde en mémoire) 

(Garde en mémoire) 
Tant d'amour et tant de force 
(Notre au revoir) 
(Notre au revoir) 
Mais tout ce que je pouvais 
(Puisque tu pars) 
(Puisque tu pars) 
Ça n'était pas encore assez 
(Dans ton histoire) 
Pas assez 
(Dans ton histoire) 
(Garde en mémoire) 
Pas assez 
(Garde en mémoire) 
Pas assez 
(Notre au revoir) 
(Notre au revoir) 
eeeeeh! 
(Puisque tu pars) 
(Puisque tu pars) 
Pas assez

jeudi 14 septembre 2017

mercredi 13 septembre 2017

lundi 11 septembre 2017

Se sentir...


Se sentir petit
car l'immensité nous embrasse
Se sentir confiant
car la force de vie est en nous
Se sentir relié
car tout est possible dans le coeur
Quitter l'arrogance
de qui se croit tout permis
Sentir l'abondance
à qui se suffit de peu
Se sentir unique
car il n' a que différence
Se sentir totalement ouvert
pour que la vie réponde
Et totalement poreux
pour ne rien retenir
Apprendre à lâcher au plus vite
pour éviter de souffrir
Etre vulnérable à la peur
seul moyen de la laisser partir
Baisser subtilement la tête
plutôt que de bomber le torse
Ne pas se prendre pour quelqu'un
qui brille aujourd'hui et pâlira demain
Se sentir rebelle à la bêtise
et fidèle à sa profondeur
Oser quitter ce qui retient
pour trouver ce qui relie
Se sentir enfin vivre
dans le repos du simple

jeudi 7 septembre 2017

C'est pas du vent!

Dans un post récent daté du 21 aout je parlais de l'éclipse totale qui devait traverser les Etats Unis. Si certains sites prévoyaient le pire comme la déstabilisation dudit pays, on ne peut que constater une série de violences climatiques, météorologiques ou tout bonnement terrestres.
En effet le 25 aout un typhon énorme se déploie sur Hong Kong et Macao, l'empire des casinos et jeux d'argent, avant de poursuivre ses dégats dans le sud de la Chine. La veille un petit tremblement de terre à Ischia, près de Naples en Italie. Puis c'est la tempête Harvey au Texas et en Louisiane, avec des pluies diluviennes et des inondations gigantesques. Enfin hier le cyclone Irma, d'une violence extrême, a saccagé les îles de la Barbade, Saint Barthélémy et Saint Martin, et continue son chemin vers les Caraïbes. Des vents jusqu'à 360 km/h parait-il, comment résister?
Pendant ce temps la Corée du nord joue avec la bombe atomique...
Je trouve que ça fait beaucoup en peu de temps quand même!


La surface représente l'équivalent d'une bonne partie de la France!
On est vraiment tout petit...

vendredi 1 septembre 2017

Où est le problème? de Daniel MORIN


« Ce livre pourrait être résumé en une seule phrase : L’être humain n’a qu’un seul problème apparent,
vouloir autre chose à la place de ce qui est déjà là. Ce qu’on appelle la pratique va consister à voir cette méprise, et rien d’autre. Chaque fois qu’une personne veut autre chose à la place de ce qui est –
ce qui est absolument impossible – ça crée automatiquement un moi fantôme qui se croit autonome, ayant une volonté personnelle, une histoire personnelle etc., ce qui entretient un sentiment de séparation et une grande espérance pour le futur. (…) 
Chacun espère être un avec plus tard, dans le futur, lorsque ça ira mieux, lorsque la vie sera plus conforme à ses désirs personnels. C’est un énorme malentendu de base issu d’une confusion dans les attentes.

Il est capital de voir que rien n’est séparé et que tout est simultanément intriqué, car les implications de cette vision sont effroyables : ça annule toute notion de progression personnelle vers un but ultime imaginé et idéalisé par l’ego, par le moi séparé. (…) L’absence d’un objectif clair va générer un désordre dans les actions concrètes au quotidien et la confusion ne va faire que croître dans une course au tourisme spirituel, une fréquentation assidue de divers centres, maîtres, un mélange des pratiques psychologiques et spirituelles. (…)

Beaucoup supposent que la vérité est comme une chose détenue par certaines personnes, avec en arrière-pensée non formulée : Si l’autre détient cet état, il est en mesure de me le donner… Or, je suis certain que personne ne peut transmettre quoi que ce soit par la parole ou par l’écrit. Les tentatives de partage restent limitées, donc incomplètes, et sont l’expression de la vie sans intention personnelle. (…)
Tout aspect de la vie vécu comme désagréable est immédiatement transformé en problème : le désagréable ne devrait pas exister, autrement dit : je ne devrais pas vivre du désagréable. Beaucoup pensent que tant qu’ils n’auront pas atteint une amélioration de leur vie, ils ne pourront pas accéder à un état idéal promis par beaucoup d’enseignements ou d’idéologies. (…)

Pour sortir de la confusion et de la limite de la compréhension intellectuelle, il n’y a qu’un seul outil : la soumission à l’évidence présente, concrète, indiscutable pour tous. L’évidence dont je parle, le déjà-là, est impersonnelle et n’a pas besoin d’explications complexes pour être vécue. Ce qui est déjà là n’a pas besoin d’être validé par la pensée moi : la vision apparaît avant que la pensée affirme « c’est moi qui vois ».
Seule cette évidence peut nous ramener au Mystère et à l’humilité. Je ne propose donc aucune solution qui ne ferait que créer un faux problème. »