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lundi 25 juillet 2016

L'appel

Rester sensible à l'appel
Ne pas laisser s'éteindre 
La petite voix fragile
Qui nous relie au tout
Qui rend vivante la profondeur
Et nous éloigne du distrayant
Rester sensible au vivant
Frôler ce qui sépare
Mais choisir ce qui relie
Se taire devant l'inéluctable
Dans sa vulnérable petitesse
Choisir le non choix
Cette paix totale
Qui nourrit le sans nom
Prier dans le silence
Pour l'accomplissement
Du sans tâche en nous
De notre coeur immortel
Puisse le subtil nous entourer
Pour célébrer la vie
Et goûter le merci
Laisser vibrer ce qui reste
Quand tout vouloir s'absente
Que la présence demeure

jeudi 21 juillet 2016

Noyade ratée


La rééducation comprend, lorsque c'est possible, des séances de balnéothérapie. Le fait d'être dans l'eau, entre 31 et 33°, amène une détente qui permet d'améliorer d'environ 15% les latitudes de mouvement. Il y a tout un panel d'exercices selon les cas relatifs aux patients.
Pour ma part, je marche dans le bassin avec de l'eau jusqu'à la poitrine, parfois dans celui avec de l'eau jusqu'au menton. C'est une impression très agréable que de sentir son corps allégé dans l'eau alors qu'il semble lourd et maladroit dans l'air. Il y a des barrières en tubes métalliques qui permettent de se tenir en bordure de bassin ou au milieu, ce qui est d'une absolue nécessité quand on ne maîtrise pas complètement ses membres.
En général on me met des sortes de "bracelets" lestés aux pieds pour faire travailler les muscles des jambes, mais ce jour là la stagiaire kiné me propose des bracelets gonflables pour faire travailler les jambes différemment. Je fais plusieurs longueurs, puis m'arrête pour me reposer. Soudain je sens un pied qui se lève doucement et entraîne ma jambe. La seconde suivante, le déséquilibre fait que l'autre jambe se lève également. Me voici avec les pieds en l'air et la tête qui inévitablement s'enfonce. Je n'ai que le bras gauche qui fonctionne pour me maintenir, ce qui n'est pas suffisant pour faire la planche. J'adore l'eau, suis à l'aise dedans, et donc ne panique pas. Je peux rester la tête sous l'eau, je retiens ma respiration. Je m'accroche à la barrière avec une main, et essaie de descendre les pieds, mais je n'y arrive pas, mon corps tourne, j'ai la tête sous l'eau de nouveau, c'est difficile... J'essaie d'accrocher une barrière plus basse avec un pied pour prendre appui, j'y arrive presque, ça glisse, je recommence, je n'y arrive pas vraiment.
Soudain je vois le kiné responsable sauter dans l'eau pour me tirer d'affaire. Il me soulève tout de suite la tête avant que de me redescendre les jambes au fond de la piscine. Ca y est me voici debout. Je suis presque vexé qu'il soit venu m'aider! En fait c'est lui qui a eu peur, vue sa responsabilité.
En réalité, les trois personnes qui sont là pour nous aider, étaient en train de parler dans leur bureau, qui bien qu'ayant une grande baie vers le bassin, ne permet pas une vraie surveillance. Nous étions trois dans l'eau, sans surveillance aucune! Peut être qu'une personne a appelé, je ne sais pas, je n'ai rien entendu. Cela a bien duré dix ou quinze secondes avant que le kiné réagisse, j'aurais largement eu le temps de boire la tasse, ce qui est déjà arrivé avec une autre personne! Je comprend que ce soit eux qui aient paniqué, subitement, la réalité les rattrapant de leur manque de vigilance. Je leur dis que la moindres des choses serait d'avertir les gens en leur proposant ce genre d'exercice.
J'étais certain de m'en sortir, car j'ai toujours cette confiance en moi, même diminué, mais un début de noyade était aussi possible.
Le nombre d'erreurs que j'ai vécues dans ce centre de rééducation est incroyable, depuis les médecins, deux différents, les infirmières, les aide soignantes, et là les kinés, sans parler du secrétariat! Dire que cet endroit, La Tour de Gassies a soi-disant une bonne réputation, c'est n'importe quoi! Vaut mieux ne pas être malade!

lundi 18 juillet 2016

Persévérer


L'audace, c'est sortir de sa zone de confort.
Jean Louis Etienne

mardi 12 juillet 2016

L'inconnaissable mystère du simplement être

Vous ne saurez jamais qu'il n'y a pas de "vous".
"Vous" en tant que personne est une illusion.

L'illusion du "moi" peut simplement s'effondrer
et il ne reste plus rien pour savoir
que le moi s'est effondré.

C'est un message radical qui ne peut être compris.
Il n'y a rien ici qui comprend cela
et je sais que vous êtes perplexe
mais j'ai bien peur qu'il en soit ainsi.

C'est une communication au sujet de quelque chose
qui ne peut être connue par le "moi".

Le paradoxe c'est qu'il n'y a jamais un "moi"
cherchant l'illumination, c'est une illusion.

Le "moi" est une illusion,
soudain cette illusion s'effondre,
mais personne ne s'en charge.

Elle s'effondre simplement
et la réalité naturelle est ce qui surgit alors.

Tony Parsons


samedi 9 juillet 2016

Du courage

Depuis l'accident, un certain nombre de personnes m'ont souhaité du courage pour la suite de ce qu'il me reste à vivre, ils m'ont juste dit "courage", comme ça, au moment de l'au revoir, mais c'est ce que ça voulait dire. Une autre me l'a dit par mail en faisant un rapport avec la difficulté de l'acceptation...
Je me suis dit qu'il fallait éclaircir le sujet car je ne me sens pas particulièrement courageux, mais plutôt déterminé.

Que dit Internet sur le sujet?

COURAGE :

- Fermeté, force morale face aux épreuves, au danger et à la souffrance. Synonyme : bravoure.

- Ardeur, énergie, zèle.

Le mot lui même vient de coeur, et pour moi cela supprime toute idée de force, de volonté, d'effort. La bravoure renvoie à l'héroïsme quelque part, au sur-homme. C'est autre chose.
Le mot vertu me plait bien, Je regarde l'étymologie, et trouve : force virile (vir), homme, mais avec l'idée de valeur, discipline... Le mot vertu est complexe, il touche la morale, la philosophie.

Je garde la notion d'une énergie particulière dans l'adversité, il y a l'idée de dépassement dans une situation difficile. Mais d'où vient le courage, est-il déjà là en potentiel, va t-on le chercher quelque part, nous tombe t-il dessus comme une grâce soudaine? Je lis qu'en psychologie, le courage est considéré comme un trait de caractère. Si c'est un acquis, il n'y a pas d'effort, pas de mérite. Pas si simple en vérité. Si on cherche le contraire de courage, on pense à lâcheté, ce qui est très fort comme notion. Effectivement, où se situe t-on?

Confucius dit à peu près ceci à savoir que le courage consiste à faire ce qui est juste. J'aime bien cette notion qui fait appel à une certaine maturité.

Chögyam Trungpa dit que dans la tradition Shambhala, c'est en travaillant la vulnérabilité du coeur humain qu'on découvre le courage.

Tout cela reste subtil, qu'est-ce qui relève de nous, qu'est-ce qui n'en relève pas? Oui, du courage demande de l'énergie, un esprit guerrier finalement, ne pas baisser les bras en fait... Mais à situation exceptionnelle, mesure exceptionnelle, on n'a pas idée de ce qui est possible tant qu'on n'y est pas confronté.
Je sais que je ne baisserai pas les bras, j'aime bien ce que disent Confucius et Trungpa. Je ne parlerai pas de courage à mon égard, tout en remerciant ceux qui m'en souhaitent, mais je sais que je me sens plus proche de mon coeur, et qu'il est vulnérable. Je fais des efforts aussi pour aller de l'avant, tout en me sentant fragile, c'est tout...