Membres

lundi 26 décembre 2016

Noir et blanc le jour de Noël ...

Sans doute est-ce une bonne chose que la guerre se soit arrêtée à Alep. Plus de bombardements, juste une ville en ruine, le plus grand souk couvert du monde détruit, des populations démunies de tout et marquées à vie, sans parler des enfants!
Pendant ce temps les petits garçons découvrent leurs cadeaux de Noël de riches avec, j'imagine, pas mal d'armes en plastique ou de jeux videos, avec si souvent l'apprentissage de tuer ou détruire pour gagner des points, tout ça dans la plus parfaite légalité. Là où j'étais, un petit homme de deux ans jouait avec un pistolet lumineux et bruyant et nous prenait pour cible!

Les présidents syrien et russe pouvaient se congratuler d'avoir mis fin à cinq années de guerre dans l'une des plus vieilles villes du monde. Combien de dizaines de milliers de morts? Combien de dizaines de milliers de tonnes de bâtiments en ruines?
"Bon travail!" a du dire le commandement russe à ses soldats et pilotes aux mains sales,
Allez, on va vous envoyer les Choeurs de l'Armée rouge en guise se reconnaissance!
Et de prendre un avion militaire chargé de 92 personnes qui va sombrer en mer après le décollage. Aucun survivant.
L'avion noie ses passagers en mer noire, alors qu'Alep, Halab en arabe, signifie blanc...

C'était le jour de Noël. Tout un symbole! Comme si la vie ne coopérait pas aux manigances russes... Il y avait aussi la responsable d'une association caritative apportant des médicaments. Trop tard.

Il est décrété une journée de deuil national.
Et en Syrie, y aura t-il quelque chose pour tous ces morts? Seul le Pape glisse quelques mots. Que Noël soit propre en quelque sorte. Mais qui propose d'apprendre la paix?

Je découvre dans un article que l'avion en question est un Tupolev Tu 154, avion vétuste des années 60, qui a eu de nombreux accidents avec des centaines de morts, dont le président polonais en 2010, qui a été interdit de vol il y a deux ans vus les risques, et finalement réutilisé...

Comme la vie est curieuse parfois! Mais qui en tire les leçons?

dimanche 25 décembre 2016

Faire naître le sauveur


Au niveau historique, on ne sait pas grand chose de Jésus. La plupart s'accordent pour dire qu'il serait né vers les années 7 à 5 avant 0 de notre ère. Mais le pire - façon de parler - serait que l'on ne connaît pas le jour, et que ce ne serait sans doute pas au milieu de l'hiver!
Mais alors Noël? C'est une catastrophe!
Au niveau symbolique, spirituel, tout colle! Alors, où est le problème?

Jésus, Yeshua en hébreu, signifie sauveur, forme abrégée de Yehoshua, qui signifie Dieu sauve. Dieu traduisant le mot hébreu Yahweh (YHWH) qui veut dire être, celui qui est.
Noël est donc relatif à la naissance de ce qui est (c'est à dire sans attribut) en nous même.
A partir de là, tout est porteur de sens dans la vie de Jésus, à travers les évangiles. La bonne nouvelle, sens du mot évangile, c'est qu'il est possible d'être sauvé en faisant croître l'être.

JOYEUX NOEL

vendredi 23 décembre 2016

De l'obscurité à la lumière


Le solstice d’hiver c’est le moment où l’énergie yin est la plus forte. Elle a pris de l’ampleur, et vient de passer un col, à partir de maintenant elle va décliner progressivement jusqu’à l’équinoxe, où ensuite c’est l’énergie yang qui va dominer. C’est donc le moment où les nuits sont les plus longues, dans l’hémisphère nord, mais où la lumière va réapparaître un peu plus chaque jour.
La lumière est un symbole fort. C’est avant tout le soleil qui en est l’emblème, soleil vénéré dans beaucoup de cultures anciennes. Il permet le passage de l’obscurité à la clarté. Aujourd’hui, on a un peu perdu cette notion avec l’éclairage omniprésent et le déni des cycles naturels, jour-nuit en particulier. Imaginons la joie du lever du jour quand il n’y avait pas de lumière artificielle, la joie du retour des jours qui s’allongent synonymes de plus de chaleur petit à petit, quand les gens ne se chauffaient même pas ou si peu…
Jésus né au solstice d’hiver, durant la nuit, et les rois mages guidés par une étoile, symbolisent bien cette naissance de la lumière au sein de l’obscurité. Je vous renvoie à mon livre sur les évangiles pour en savoir plus.

Dans les Upanishads il est dit :
De l’irréel, du mensonge, conduis-moi au réel, à la vérité,
De l’obscurité, conduis-moi à la lumière,
De la mort, conduis-moi à l’immortalité.

On comprend d’autant mieux l’importance et l’utilisation de ce symbole.
On peut dire tout simplement que la lumière permet de voir, voir la vérité à propos de soi-même avant tout, et donc le mensonge. Voir ses fonctionnements, ce qui se cache derrière les apparences, les mots, les attitudes. 

« Ce que tu es crie si fort que je n’entends pas ce que tu dis ! » 
Cette phrase terrible de Swami Prajnanpad m’avait tellement marqué. Il y a donc des gens qui voient la vérité au-delà des apparences. Grandir c’est devenir de plus en plus clair avec ça.
Cela ne sert pas à grand-chose de méditer, surtout si en plus on ne s’observe pas, si ensuite on dort le reste du temps. Ca déstresse un peu, c’est la mode, et il y a pléthore de livres sur le sujet, mais si on vise la paix, il faut apprendre à se connaître dans les moindres recoins, pour être de plus en plus d’accord avec tous ses aspects : braquer les projecteurs de la conscience neutre dans tous les détails de sa vie. 
La lumière, c’est ça, être clair avec ses parts d’ombre, qui du coup ne le sont plus et disparaissent, c’est reconnaître ce qui sonnait faux pour l’assumer en vérité. Et agir ensuite en conséquence.
La dénonciation du faux comme dit Yvan Amar.

Un être qui est clair avec tous ses aspects, et qui s’est suffisamment purifié, est une aide précieuse pour celui qui cherche à grandir. Sinon, il reste la relation de couple, adulte, qui est indéniablement une bonne râpe pour user l'ego. C'est un peu comme un adulte regarde la dictée d'un enfant, avec les fautes d'orthographe qui lui sautent aux yeux.
Plus la clarté s’installe dans la vision du monde, plus cette vision devient fine, dans des détails que l’on n’aurait jamais imaginé auparavant.

La conscience semble infinie. Mais tout commence par un rayon de lumière. Notre propre demande de clarté attirera le lumineux d’une parole ou d’un être pour éclairer notre nuit.

jeudi 22 décembre 2016

En attendant le Père Noël

C'est un ami, dont l'humour est féroce, qui m'a envoyé ça. 
J'ai tellement ri...
Merci Jean Marc.

vendredi 16 décembre 2016

Un livre sur Jésus pour Noël


Il me reste encore quelques exemplaires de ce livre que vous risquez de ne plus trouver en vente suite au décès d'Alain René (l'éditeur) l'an dernier. Vous pouvez me joindre par mail (aller dans profil).

mardi 13 décembre 2016

dimanche 11 décembre 2016

Ame en paix et silence de Dieu

Hier il y avait une émission sur Arte à propos de Raspoutine, que je n'ai pas vue finalement, étant au téléphone. Comme souvent, l'esprit curieux, je file sur le net me renseigner à propos de Raspoutine, personnage très étonnant, controversé, mystique errant, guérisseur, qui se disait starets.
Je m'arrête sur ce mot, dont je veux vérifier le sens, et je trouve cette définition : le mot russe starets signifie vieillard. C'est en fait le patriarche d'un monastère orthodoxe russe, où il joue le rôle de conseiller et guide spirituel.
Cette définition me rappelle  celle de Lao Tseu ou Lao Zi,  qui signifie vieillard - enfant, le mot vieux, ancien, étant lié à la sagesse. La preuve historique de Lao Tseu n'est d'ailleurs pas démontrée, mais c'est une autre histoire.

Je poursuis ma lecture à propos des starets :
"L'ascétisme, la prière - selon l'Hésichasme - et la vertu, sont les règles de vie des starets. Ceux-ci sont supposés recevoir de l'Esprit Saint des dons spéciaux comme ceux de guérison ou de prophétie" (ce qui était le cas de Raspoutine).
Hésichasme vient du grec hesichia, et signifie : immobilité, repos, calme, silence. L'hésichasme vise l'âme en paix ou le silence de Dieu. Cela nous renvoie aux Pères du désert (ou Pères de l'Eglise), c'est à dire la naissance de la grande tradition spirituelle chrétienne.

Continuant mes recherches, je clique sur Séraphin de Sarov indiqué comme étant le starets le plus connu de la première moitié du 19ème siècle. Seraphim signifie flamboyant en hébreu.
Novice à dix neuf ans, puis moine, et prêtre, il devint ermite et partagea sa vie dans la forêt entre jeune, prière, solitude et lecture de la Bible.
Pendant un temps, il adopte le style de vie des Stylites et passe des heures à prier sur un rocher, cela pendant 1 000 jours; Cela semble impensable aujourd'hui.
Un jour, il est agressé dans son ermitage par trois brigands qui veulent le voler, alors qu'il ne possède rien! Ne trouvant rien, ils le battent et le laissent pour mort, avec une fracture du crâne et plusieurs côtes cassées. Les brigands sont retrouvés plus tard. Le père Séraphin, qui entretemps a été ramené au monastère, s'oppose formellement à ce qu'ils soient châtiés. Il leur a pardonné. Il finira sa vie dans le monastère de Sarov.

Séraphin sur son rocher

Cette histoire m'a touché. Comment est-il possible que des brigands attaquent un saint homme?
Je me souviens d'Arnaud Desjardins disant que les maîtres soufis qu'il avait rencontré avaient été tués lors de la guerre en Afghanistan.
Combien de massacres au Tibet, de tortures, de viols, y compris sur les moines et les nonnes.
On ne sait rien de ce qui peut arriver, et de saints hommes peuvent se faire attaquer ou tuer.
Depuis mon accident et l'handicap qui s'en suit, je remarque d'autant plus tout cela, comment la vie frappe.  
Il reste la paix de l'âme et le silence de Dieu.
Ce que dit Séraphin de ce qu'il vit est tout à fait extraordinaire, au delà de tout. 

vendredi 9 décembre 2016

Se rapprocher du coeur

S’approcher du sensible
Pas de loup sur un fil
Viser l’impénétrable
En restant vulnérable
Oser l’invraisemblable
Aux limites du scandale
Côtoyer l’infini
Fréquenter le petit
Avancer pas à pas
Apprenant sur le tas
Ne jamais être sûr
Rester dans l’ouverture
Etre prêt à donner
C’est moyen d’avancer
Oublier toute notion
Epuiser les passions
Observer les oiseaux
Qui enchantent le très haut
Rencontrer des amis
Faire confiance à la vie
S’amuser sur un rien
Voilà qui fait du bien
Se forcer à sourire
Ce pourrait être pire
Oublier le meilleur
Chaque chose a son heure
Rien garder tout lâcher
Ca paraît compliqué
Revenir en arrière
Avant d’être grand père
Jouer comme un enfant
Sans visée innocent
Se rapprocher du cœur

N’est-ce pas le bonheur ?

mardi 6 décembre 2016

Les 3 premiers mots


Petit jeu amusant et révélateur...

jeudi 1 décembre 2016

Carnet de voyage


https://lettresdumonde33.com/
Nous vous donnons rendez-vous le premier week-end de décembre, les 3 et 4 avec une inauguration le 2 décembre à partir de 18h30, pour la deuxième édition des Rencontres du carnet de voyage, une écriture du monde, salon du genre organisé avec les éditions Elytis au Marché des Douves à Bordeaux. Suivez l’événement sur Facebook ! https://www.facebook.com/rencontresducarnetdevoyage/

dimanche 27 novembre 2016

LIBERTE

IL N'EST POINT DE BONHEUR SANS LIBERTE,

NI DE LIBERTE SANS COURAGE.

Périclés


mercredi 23 novembre 2016

Lutter contre

Quand on lutte contre une chose, quelle qu'elle soit,
c'est la preuve que nous sommes conditionnés.

Krishnamurti


samedi 19 novembre 2016

A propos de l'espace

Il y a plein de domaines que je ne comprend pas, qui me dépassent complètement, et qui pourtant témoignent de la diversité des intérêts humains. Par exemple l'espace...
L'espace est par nature sans limites, non contenu, infini, et donc indéfinissable. C'est une zone en dehors de tout, qui sans doute attire, fait rêver...


Je parle de ça car depuis quelques jours les médias nous informent du départ d'une navette vers la station spatiale internationale, laquelle navette comporte un astronaute français (cocorico!). Elle est partie hier, et les images font fantasmer les uns et les autres qui se prennent à rêver de pouvoir les imiter un jour. Techniquement c'est tout à fait extraordinaire, c'est même vertigineux! 
A quoi cela sert-il vraiment est une autre question. Je laisse aux défenseurs du progrès à tout prix le soin d'y répondre. Le fait que ce soit international semble encourageant, comme le nom de la navette Soyouz, signifiant union, est un autre symbole fort, et après? La conquête spatiale, comme on l'appelle, empêche t-elle la guerre entre les peuples, la faim dans le monde? Quelles sont les priorités pour ces états à l'orgueil infini?
Aller dans l'espace, comme construire le plus haut gratte-ciel, donne bien la mesure de la prétention masculine, une façon d'être au dessus du monde entier, sur un gigantesque piédestal, montrant ainsi son incapacité au vivre ensemble, au partage concret, sur cette terre qui nous a vu naître.

Certains enseignants parlent d'un espace au delà de tout, à découvrir au plus profond de nous même. Nul besoin  de combinaison, navette, fusée et autre station orbitale. C'est atteignable sans bouger, c'est la paix infinie, aussi vaste que le ciel, ce ciel dont parle Jésus dans les évangiles...
Les hommes ont aussi construit des églises, des temples, des mosquées, toujours plus grands, toujours plus hauts, voulant atteindre le ciel à leur manière, ou se montrer.
Oser l'humilité, fréquenter le plus bas, garder les pieds sur terre, comme cet espace semble difficile à l'humain!       

mardi 15 novembre 2016

JOLIE LEGENDE SUR LA FEMME

Une légende raconte qu'au commencement du monde, 
quand Dieu décida de créer la femme,
 
il trouva qu'il avait épuisé tous les matériaux solides dans l'homme
 
et qu'il ne disposait plus de rien.
 
Devant le dilemme et après une profonde méditation, voilà ce qu'il fit :
Il prit la rondeur de la lune,
les suaves courbes des vagues,
la tendre adhérence du liseron,
le tremblant mouvement des feuilles,
la sveltesse du palmier,
la teinte délicate des fleurs,
l'amoureux regard du cerf,
la joie du rayon du soleil et
les gouttes des pleurs des nuages,
l'inconstance du vent et la fidélité du chien,
la timidité de la tourterelle et la vanité du paon,
la suavité de la plume du cygne et
la dureté du diamant,
la douceur de la colombe et la cruauté du tigre,
l'ardeur du feu et la froideur de la neige.
Il mélange ces ingrédients si divers, forme la femme et la donna à l'homme.
Une semaine après l'homme vint et lui dit :
Seigneur, la créature que tu m'as donnée me rend malheureux,
elle requiert toute mon attention,
ne me laisse jamais seul,
bavarde intensément,
pleure sans motif,
s'amuse à me faire souffrir
et je viens te la rendre car JE NE PEUX PLUS VIVRE AVEC ELLE.
Bien, répondit Dieu et il prit la femme.
Une semaine après, l'homme revint et lui dit :
Seigneur, je me sens très seul depuis que je t'ai rendu la créature que tu as faite pour moi,
elle chantait et jouait à mon côté,
elle me regardait avec tendresse et son regard était une caresse,
elle riait et son rire était musique,
elle était belle à voir et douce au toucher.

Rends-la-moi car JE NE PEUX PAS VIVRE SANS ELLE. 

Texte trouvé sur : www.lespasseurs.com

Voyager yeux fermés mais coeur ouvert



Samedi 19 novembre De 10h à 11h30


Deux hommes, un regard
Lilian Vezin et Jean-Pierre Brouillaud
Production Expéditions Vent du large
Lilian Vezin et Jean-Pierre Brouillaud ont ce même point commun qu’ils sont tous les deux de grands voyageurs, mais l’un est passionné par l’image via la photographie et la réalisation de film documentaire, l’autre est atteint de cécité depuis son adolescence. Ce film raconte leur rencontre, plusieurs jours d’errance entre l’Atlas marocain et Essaouira, un monde de sensations auditives et olfactives, entrecoupés de paysages magnifiques, de scènes de complicités et de dialogues au cœur de la nature, afin de faire passer des messages essentiels et démontrer qu’il n’y a pas de handicap, il n’y a que des différences.

dimanche 13 novembre 2016

A écouter

http://www.rggweb.fr/

vendredi 11 novembre 2016

Mort de Leonard Cohen



Leonard Cohen vient de mourir à 82 ans, quelques mois après la mort de cette fameuse amie : Marianne.
Il était un peu le spécialiste des chansons mélancoliques. Considéré comme un grand poète, mais dans une langue que nous ne maîtrisons pas pour la plupart, c'est surtout sa voix devenue de plus en plus grave qui nous touche dans une forme d'intériorité.
Amoureux, dépressif chronique, se posant des questions sur la relation homme - femme, un temps moine bouddiste, un être hyper sensible...

samedi 5 novembre 2016

Le grand départ

Ils sont tous prêts, ils sont tous là, ils vont partir...
Qui ça?
Ben les marins, les aventuriers du Vendée Globe!
Cette course en bateau autour du monde, qui a lieu tous les quatre ans. L'un, ou le, plus grand événement sportif du monde. Ils partent pour deux mois et demi pour les meilleurs, trois mois ou plus pour les autres... Ils n'ont aucune assistance, ils doivent être capables de tout réparer (mais ils ont droit à l'aide téléphonique de leur équipe à terre).

C'est forcément quelque chose d'énorme, des mois et des mois de préparation, voire un an ou deux pour la plupart. Ils sont 29 cette année. Jusqu'à présent les statistiques montrent que plus d'un tiers, voire presque la moitié, abandonne. Choc avec des bateaux de pêche, ou des Objets Non Identifiés (billes de bois, containers, etc), ou des cétacés, ou des growlers dans les mers du sud, casse du matériel (mât, safran, dérive, ou toute autre chose), blessure, etc...

Ils partent demain dimanche à 13 H. Là, ça doit stresser, car ce sont les dernières heures à terre.
Ces bateaux de 18 m vont de plus en plus vite, à chaque course il y a des innovations : dérives supplémentaires, quille pivotante, mât aile qui tourne avec la voile, foils...
Les foils sont comme des moustaches sur les côtés de la coque qui permettent de sustenter le bateau aux allures portantes. Résultat : le bateau part au planning et va plus vite, jusqu'à trois noeuds (5 km/H). L'incertitude c'est que ça tienne ou pas. Certains ont déjà cassé lors de courses précédentes ou d'essais. On verra...
La certitude c'est l'inconfort, le bruit, les chocs, l'humidité permanente, l'impossibilité de vraiment dormir (ils dorment par tranches d'une demi heure environ, cinq à six heures par jour), le stress.
Avant ils allaient à 10 - 15 noeuds, 20 ou un peu plus dans des conditions extrêmes, maintenant les "foilers" dépassent les 30  noeuds. C'est comme si vous passiez d'un moteur classique à un turbo. Sauf que cela va durer deux mois et demi!
Du coup ils vont porter des casques de protection, des systèmes anti-bruit, certains vêtements sont renforcés...



A ce niveau, personne ne parle plus de plaisir, ils partent plutôt la peur au ventre. 
Ils sont une petite dizaine à courir après la victoire, une revanche à prendre, l'esprit de compétition, ou l'esclavage d'une passion. Certains vendent leur maison, s'endettent jusqu'au cou pour vivre leur passion, même avec l'aide de sponsors. Les budgets vont de 400 - 500 mille euros pour les moins fortunés à 4 ou 5 millions d'euros pour les équipes les plus riches. 
Et dire que certains vont s'arrêter au bout de quelques jours, je ne leur souhaite pas, mais cela arrive régulièrement. On voit alors leurs visages rougis par les larmes, L'énorme tristesse de leur engagement brisé par le destin. L'un d'entre eux a démâté au bout de deux jours il y a huit ans. Il y a quatre ans il est heurté par un pêcheur au large du Portugal, abandon de nouveau au bout de trois jours. Imaginez la déprime! "Suis-je maudit?" pouvait se dire Kito de Pavant. Il en faut du courage, de l'énergie, pour repartir une troisième fois, à 55 ans! 



J'ai déjà assisté à un départ, à cet immense engouement populaire pour ces hommes qui partent seuls autour du monde, c'est très fort. Tous les marins en parlent. Il y a une reconnaissance du public comme nulle part au monde, au départ comme aux arrivées, y compris pour ceux qui abandonnent.
Les gens sont touchés par cette gigantesque aventure avec la violence des éléments, il y a eu des naufrages et des morts, et au bout d'eux mêmes. 
Aller au bout de soi même, jusqu'à ses limites, peut être même au delà... Même si la technologie domine, un homme reste un homme. Ha oui, il n'y a pas de femmes cette année!

lundi 31 octobre 2016

La terre tremble au pays de St Benoit.


 
On voit ici la façade de l'église romane et l'auvent attenant, 
seul endroit à l'ombre sur la place principale de Norcia.


Voici ce qu'il reste de l'église suite au tremblement de terre de ce week end en Italie, dont l'épicentre était à 6 km de Norcia.
Je connaissais bien cette ville pour m'y être rendu plusieurs fois, et y avoir emmené un groupe lors d'un voyage à Assise. Nous nous étions assis sur les marches de l'église...
Je rappelle que Norcia est la ville de naissance de Saint Benoit, dont on voit la statue sur la place. C'est à environ 80 km d'Assise.

Quelques amis du groupe d'Assise (c'est le cas de le dire) il y a deux ans.

dimanche 30 octobre 2016

dimanche 23 octobre 2016

mardi 18 octobre 2016

La politique spectacle


Le grand cirque des élections est donc commencé, à vrai dire depuis quelques mois déjà, mais maintenant la fête bat son plein. 
D'abord il faut être sélectionné pour les primaires (réunir les 500 signatures d'élus), où l'on apprend que si un élu signe pour un éventuel concurrent, il risque d'avoir des représailles, ce qui est une forme de lobbying. Cette primaire, nouvelle venue dans les élections françaises, permet à chaque concurrent de se faire entendre, de se montrer. Cela montre une forme de désunion au sein d'un mouvement, que personne ne s'impose ou fait l'unanimité, et en même temps que chacun peut y aller de sa différence. Le mot d'ordre étant de ne pas se taper dessus, ce que les journalistes nomment les petites phrases assassines, dont ils se délectent et jettent en pâture ensuite. Allons-y pour les dé-bats! En attendant le duel final...

Le poids des médias est devenu considérable, avec les chroniques, les moqueries organisées, les infos, les interviews, les émissions, et ces espèces de shows télévisés où les politiques doivent rentrer dans un cadre bien défini au service du ou des "soi-disant" journalistes.
Il y a aussi les émissions d'investigation où le politique a été suivi pendant des mois et se livre un peu plus. Enfin il y a les livres, ceux des politiques, qui leur permettent d'expliquer tout à loisirs leur démarche et leur programme, et ceux des journalistes, ou d'ex collaborateurs, qui sont plutôt faits pour casser l'image de tel ou tel. Je ne parle même pas des affaires et mises en examen...
Il faut avoir une soif de pouvoir démesurée pour passer à travers toute cette instrumentalisation.

Si le quidam moyen peut entendre un discours de base avec quelques promesses plus ou moins démagogiques, qui peut comprendre et vérifier un discours économique avec des chiffres? Alors même qu'il y a des désaccords entre les économistes sur certains points!
Y a-t-il quelqu'un qui a plus raison que d'autres, et peut-on le savoir? Y a-t-il une logique explicable, des certitudes, et une pédagogie de base ne serait-elle pas nécessaire?
Et de parler d'honneur, de respect, de promesses...
Alors que par derrière il y a manipulation, déstabilisation, y compris des médias qui cherchent le spectacle bien souvent.
Qui peut se faire une opinion objective dans ce vacarme audiovisuel?
C'est ce qu'on appelle la démocratie!
Pendant ce temps, le pays le plus puissant du monde, les Etats Unis, offre un débat pour les élections où les attaques les plus basses sur le comportement sexuel du concurrent ou du partenaire fusent..
Quel niveau!
Mais peut-être cela fait-il partie du grand nettoyage au niveau collectif, où la transparence fait ressortir tout le linge sale afin de grandir dans une ambiance plus saine et plus propre. Une crise est un processus actif d'une évolution.

Il nous reste à prendre un ticket pour le spectacle!

mardi 4 octobre 2016

A propos de démocratie

En France il y a un jeu que les médias adorent, ce sont les élections. Je parlerai plus tard ou une autre fois du grand cirque d'une campagne électorale. A priori voter est une preuve de liberté, c'est la marque de la démocratie. Démocratie signifie littéralement pouvoir du peuple, ce qui veut dire que le peuple va choisir une personne parmi une liste d'inscrits. Sur le papier cela semble juste, mais qu'en est-il en réalité?
Tout le monde peut voter s'il est majeur, c'est à dire 18 ans dans notre pays. Est-on mature à 18 ans?Non bien sûr! A quel âge l'est-on alors? Impossible de donner une réponse, il est évident que la plupart des gens ne le sont jamais.
Voir clairement les faits qui se présentent à nous, ne pas se laisser impressionner, être franc, honnête, intègre, savoir écouter... Autant de qualités que je mettrais en avant pour définir la maturité, autant de qualités qui manquent la plupart du temps à ceux-là mêmes qui se présentent.

J'avais lu une phrase de Lanza del Vasto, il y a bien longtemps, qui disait qu'une grande loi sociologique était que le nombre des idiots dépassait le nombre des personnes intelligentes. Cela a l'air provocateur, mais c'est bien réel pourtant. Il n' y a aucune égalité, et le potentiel de chacun est différent. Déjà tous ceux qui se présentent ou accèdent au pouvoir ne sont pas forcément intelligents, alors que dire d'une masse populaire?
Le résultat d'un vote est donc lié au niveau de conscience des électeurs. Si cela tire vers le bas pour telle ou telle raison, on est en pleine démagogie, on parle de populisme. Le but n'est pas de faire grandir, d'expliquer objectivement une situation, mais de se faire élire.
Dans ce seul but, tout devient possible : manipulations, mensonges, promesses, intimidations, attaques personnelles... C'est bien pire dans un système totalitaire, et nous avons donc la chance de vivre dans une démocratie, fût elle imparfaite. Il est bien évident aussi qu'il ne faut pas croire à la résolution de tous les problèmes par un système quelconque, qu'il soit politique, économique ou plein de hic!
Plus les gens croient dans les discours démagogiques des politiques, plus ils risquent d'être déçus, ce qui montre par ailleurs leur infantilisme. Il en résulte que le gagnant d'une élection est bien dépendant du niveau moyen de ses électeurs.
Il n'est pas demandé aux politiques d'être sages, ni aux gens d'être adultes, donc ne rêvons pas non plus. C'est une vaste histoire qui nous dépasse complètement, et qui, comme tout le reste, demande un certain recul...
Apprendre à se gouverner soi-même n'est déjà pas si mal!

samedi 1 octobre 2016

On s'en va où?


Je viens de découvrir, merci Stéphane, un artiste sculpteur : Bruno Catalano.
brunocatalano.com

jeudi 29 septembre 2016

Enlever sa carapace

Enlever sa carapace, ce pour quoi on se prend, ce qui nous protège ou nous valorise, avec le risque de rester dans l'identification...
Il faut d'abord apprendre à se connaître soi même, des fonctionnements les plus évidents à ceux les plus subtils. Mieux on se connaît, plus on peut prendre de recul. C'est ce qui permet de ne plus être dans la réaction mécanique, et de découvrir une nouvelle liberté. La reconnaissance totale de sa manière de fonctionner permet l'acceptation de la réalité. On n'a pas besoin de mettre un filtre entre la réalité et nous même. 
Si on est touché dans notre fragilité par exemple, on le voit sans le subir, on est d'accord avec le fait d'être petit, faible, vulnérable, on est donc d'accord avec cette vérité, qui est la notre absolument. C'est faisable, puis facile, parce qu'il y a quelqu'un qui voit ce qui se passe en nous, celui qui veille, le témoin, ce qui n'est pas affecté. Si l'émotion est trop grande, il n'y a plus personne, et on est perdu. Il faut de l'entrainement.

Lorsque l'on est complètement d'accord avec tout ce qui se passe en nous, il n'y a plus besoin de se protéger, d'une carapace, d'une image à donner. On peut être fragile sans se sentir détruit. Il faut vivre sa fragilité pour la dépasser. Tout finit par s'user avec la pratique. C'est la non reconnaissance des différents personnages qui nous composent qui est le problème. L'enseignement d'Arnaud Desjardins est si explicite à ce propos. 
Ce qui nous bloque souvent, c'est la peur d'avoir peur, on évite ainsi l'expérience. mais il n'y a pas d'échappatoire possible, il faut passer par là. Bien sûr, il peut y avoir une souffrance trop grande, un "désordre" psychologique qui crée un empêchement à rester témoin du réel, auquel cas il faut faire un travail sur l'inconscient. Mais cela n'empêche pas la pratique.

"Quoi de plus difficile que le détachement quand notre coeur abrite du chaos?" dit Alexandre Jollien dans Le philosophe nu. D'abord être d'accord avec le chaos, c'est la seule pratique!
Oui, cela demande de l'audace de s'abandonner. A un moment il faut tout lâcher, devenir pauvre, nu. La liberté est à ce prix. 

mardi 27 septembre 2016

Rien de plus simple

Il n'y a rien de plus simple
qu'être d'accord avec la vérité que l'on porte en soi même,
à condition d'enlever sa carapace.

samedi 24 septembre 2016

Voilà la solution

A toi qui es trop beau, miroir pour seul ami,
Ou ne peut supporter, ce visage ennemi.
Toi qui n'as que tes muscles à montrer, tu le sais,
Tu haïras l'hiver quand les bras sont couverts.
Tu es intelligent, chercheras à briller,
Mais si ne l'étant pas, c'est l'ombre qu'il te faudrait.
Peut-être parles-tu toutes les langues du monde,
Mais sais-tu reconnaître un vrai coeur qui s'effondre?
Tu gagnes plein d'argent, n'es jamais satisfait,
Sans cesse comparer, besoin de dominer, 
Ou bien tu as trop peu, s'en suit la frustration,
Voici ton idéal, faire la révolution.
Où ton regard se pose, il n'y a qu'injustice,
La vie n'est pas un jeu, elle peut sembler supplice.
En un mot tout va mal, il faut changer tout çà,
Pas assez ou bien trop, l'équilibre ne va pas.
Il faut un responsable, un bureau où se plaindre,
Ton visage se durcit, c'est à force de geindre.
Regarde bien en fait, si bonheur est ton but,
Comment bien ajuster qui convient à ta vue.
Crois-tu que soit possible, que chacun ait son compte,
Sa demande entendue, son histoire devienne conte?
Un enfant qui croirait qu'il n'y a que cadeau,
Gautama qui a cru que le monde était beau.
Peu importe l'apparence, tout ce que tu possèdes,
Toujours plus est un frein, une chaîne pour le faible.
Ferme les yeux et ressens ce qui vit, qui tu es,
Accepte l'inévitable, c'est la réalité,
Si tu cherches le calme, lâche la volonté,
C'est simple, ne rien faire, tout mouvement arrêter.
Laisse agir le monde, ces pantins s'agiter,
Chacun pris dans sa ronde, prêts à se chamailler.
S'arrêter est facile, freiner un peu plus long,
Débrancher tous les fils, voilà la solution.
 Découvrir cette présence, cette absence de bruit,
Vivre enfin le silence, dans la paix, réuni.

jeudi 22 septembre 2016

amants

Gnanarathe Gamage
artiste du Sri Lanka

mercredi 14 septembre 2016

Quitter son pays


Sujet délicat et sensible. Comment le sectarisme peut-il provoquer autant de drames? Etre obligé de fuir  vers les pays riches mais souvent égoistes... Ce film évoque quelques témoignages.

lundi 12 septembre 2016

Méditer

 Ceux qui méditent beaucoup développent souvent une forme subtile d'ego. Ils deviennent heureux avec l'idée qu'ils font des progrès; ils deviennent heureux avec les états de paix et de bonheur dont ils jouissent; ils deviennent heureux qu'ils aient appris à exercer un certain contrôle sur leur esprit capricieux; ou ils peuvent tirer une certaine satisfaction du fait qu'ils ont trouvé un bon gourou ou une bonne méthode de méditation.
Tous ces sentiments sont des sentiments de l’ego. Quand ces sentiments de l’ego sont présents, la conscience du Soi est absente. La pensée «je médite» est une pensée de l’ego. Si il y a réelle méditation en cours, cette pensée ne peut surgir.
Ne vous inquiétez pas de si vous faites des progrès ou non.
Il suffit de garder votre attention sur le Soi vingt-quatre heures par jour.
La méditation n'est pas quelque chose qui devrait être faite dans une position particulière à un moment particulier. Elle est une prise de conscience et une attitude qui doit persister tout au long de la journée. Pour être efficace, la méditation doit être continue.
Si vous voulez arroser un champ, vous creusez un canal sur le terrain et envoyez de l'eau continuellement pour une longue période de temps.
Si vous envoyez de l'eau pour seulement dix secondes, puis arrêtez, l'eau coule dans le sol avant même qu'il atteigne le champ. Vous ne serez pas en mesure d'atteindre le Soi et y rester sans un effort continu prolongé. Chaque fois que vous cessez d’essayer, ou êtes distrait, une partie de vos efforts précédents va se gaspiller.
L'inhalation continue et l'exhalation sont nécessaires pour la continuation de la vie. La méditation continue est nécessaire pour tous ceux qui veulent rester dans le Soi.
(je n'ai pas l'auteur)

mardi 6 septembre 2016

dimanche 4 septembre 2016

Prière et attente

Après avoir lu ce passage dans le livre d'Ingrid Bétancourt, relatant ses six années de captivité dans la jungle, des souvenirs remontaient à la surface. Des moments où je priais assez longtemps, et où des expériences s'étaient passées...
Je refermai le livre et me préparai à partir faire quelques courses au supermarché du village. Je me suis dit que j'allais réciter des "Je vous salue Marie" jusqu'au bout de la rue pour commencer. Bien sûr il y a un certain automatisme au début, mais ce n'est pas si simple de se concentrer sur une prière. Il est si facile de se laisser emporter par le flot des pensées. Arrivé au bout de la rue, je me dis que j'allais continuer jusqu'au bar un peu plus loin, puis finalement jusqu'au magasin.
Je marche avec une canne, et mon pas n'est pas très sûr, autant dire que je marche lentement. Ce petit périple prend environ un quart d'heure. Je me disais que je priais sans demande, juste pour calmer le mental.
Je fais les courses, pas trop à la fois pour pouvoir les porter. Arrivé à la caisse, il y a du monde partout. Je fais la queue derrière une dame qui déballe son caddie. La caissière semble bloquée avec une autre personne, je sens que ça va être long, regarde la file à côté, il y a deux personnes mais avec moins de choses, et la caissière a l'air de s'activer. Je change de file. La dame devant moi, qui venait d'arriver, et n'avait qu'une bouteille d'eau, me propose de passer. Puis le monsieur devant, qui avait tous ses articles posés sur le tapis, me propose aussi de passer en s'écartant. Je remercie, et demande en plus de soulever mon sac pour le poser. C'est déjà trop lourd pour mon bras valide. L'homme met le sac, puis sort chaque chose jusqu'à la dernière. Je remercie encore. Il garde le sac en main et me dit : "Je vais remettre les courses dedans après la caisse". Je n'avais plus qu'à laisser faire, à part payer. Une fois le sac plein, je demande comme d'habitude, qu'on me mette les sangles autour du cou. Il le fait aussi. Je cherche son regard et le remercie une dernière fois. Les gens à côté observent la scène. Je prend ma canne et me dirige vers la sortie. C'est la première fois que des personnes me laissent passer devant elles. Pour moi c'est un signe d'humanité. Parfois je demande de l'aide, mais pas pour gagner du temps devant une caisse. Je fais le lien avec les prières, même s'il n'y en a pas forcément,, c'est une coïncidence comme dit Ingrid.
On peut ressentir la vierge Marie comme une présence, un soutien, de même des photos de sages sur un mur peuvent être un rappel, une aide. Le but ne peut être un échange, un chantage. Prier est avant tout une attitude intérieure, le but ne peut être que favoriser l'être, pas l'avoir. Qu'il se passe quelque chose en retour est un clin d'oeil. Espérer ou se plaindre sont autant de moyens d'une certaine démission.

samedi 3 septembre 2016

Présence de Marie?


Je m'étais tournée vers Marie, car j'imaginais que Dieu serait bien difficile à atteindre. Je priai longtemps, avec la force du désespoir. "Ma  Marie, je t'en supplie, toi aussi tu es mère, tu connais le vide qui me brûle les entrailles. Il faut que j'aille voir mes enfants. Aujourd'hui, c'est encore possible, demain, ce sera  fini. Je sais que tu m'écoutes. Je voudrais te demander quelque chose de plus spirituel, que tu m'aides à devenir meilleure, plus patiente, plus humble. Tout cela, je te le demande aussi. Mais là, je t'en prie, viens me chercher."
Maman me racontait qu'un samedi, folle de douleur, elle s'était révoltée contre Marie : on lui annonça le jour même que la guérilla lui avait remis ma seconde preuve de survie.
Je ne croyais plus aux coïncidences. Depuis mon enlèvement, dans cet espace de vie hors du temps, j'avais eu la possibilité de réviser les événements de ma vie avec la distance et la sérénité propres à ceux qui ont des jours en trop. J'en avais conclu que la coïncidence n'était que l'aveu de l'ignorance du futur. Il fallait être patient, attendre, pour que la raison d'être des choses devienne visible. Avec le temps les événements prenaient place dans une certaine logique et sortaient du chaos. Alors la coïncidence cessait d'exister.
J'avais parlé avec elle, comme une folle, pendant des heures, utilisant le chantage affectif le plus bas pour venir à bout de son indifférence, la boudant, me mettant en colère, et me jetant à ses pieds à nouveau. Marie, celle à qui je m'adressais, n'était pas une image d'Epinal. Ce n'était pas non plus un être surnaturel. C'était une femme qui avait vécu deux mille ans avant moi, mais qui, par une grâce exceptionnelle, pouvait m'aider. Frustrée et exténuée par ma plaidoierie, je m'étais effondrée dans un sommeil sans rêves. Mon esprit planait; convaincu qu'il continuait à veiller. Je croyais que j'étais assise, toujours aux aguets. Je sentis alors qu'on me touchait l'épaule, puis, devant mon absence de réponse, on me secoua. C'est alors que je compris que je dormais  profondément, car le retour à la surface fut lourd et douloureux, et je me retrouvai d'un bond, décalée dans mon temps, assise, les yeux grands ouverts, le coeur battant la chamade. "Merci", dis-je par politesse. Rien de divin, juste cette sensation d'une présence.

Même le silence a une fin.  
Ingrid Betancourt

mercredi 31 août 2016

Juste ou injuste?


Qu'est-ce qui est juste, ou, car c'est bien la même chose, qu'est-ce qui est injuste?
Je ne parle pas des choses qui semblent évidentes comme par exemple la réussite liée au travail, un accident suite à une conduite dangereuse, peu de résultat par manque d'engagement... Non, des choses qui semblent nous tomber sur la tête, complètement inattendues, comme un accident de voiture grave, ou de transport, dans lequel on n'y est pour rien, un incendie, une perte d'enfant ou de parent jeune, une erreur médicale conséquente, un cancer avancé qui se découvre, sans parler des viols, guerres, etc...

Pour le commun des mortels, on parle beaucoup plus d'injustice. Mais qu'en est-il pour ceux qui s'intéressent à la sagesse? Il est vrai que s'intéresser à est une chose, y consacrer toute son énergie en est une autre. 
Il y a de nombreuses années, touché par une situation déstabilisante, je demandais de l'aide auprès de celui qui me guidait. Il me répondit : "Tout ce qui arrive vient de Dieu!" La réponse de l'absolu. 
Que la vie donne on est d'accord, que la vie prenne on l'est beaucoup moins ou pas du tout. Tout d'un coup le monde semble injuste, cruel, on ne mérite pas ça! L'arrogance de la toute puissance en nous, inconscience ou infantilisme en vérité.

Quelqu'un d'engagé ne peut discuter un fait, il peut souffrir par contre. Il n'y a rien de juste ou d'injuste, les choses arrivent. C'est si facile de l'oublier.
Après on peut chercher des raisons, le sens, c'est encore autre chose. Dire que c'est le karma, pour purifier quelque chose en nous, peut aider selon chacun. On peut toujours dire, croire, imaginer, se rassurer quelque peu. Ce n'est jamais facile d'être sérieusement bousculé par la vie, mais tout dépend de l'attitude avec laquelle on va vivre l'événement. Dire que c'est injuste, c'est se considérer comme victime.

Voici quelques "victimes de l'injustice" sinon :
Saint Jean Baptiste est mort décapité suite à un caprice de femme.
Jésus qui est mort crucifié à 33 ans.
Saint François d'Assise qui souffrait de plaies, perdait la vue, mort à 44 ans.
Saint Jean de la Croix meurt calomnié et souffrant d'abcès dans sa chair à 49 ans.
Saint Thérèse de Lisieux meurt malade à 24 ans.
Plus proches de nous, le pasteur Dietrich Bonhoeffer mort déporté à 39 ans, Etty Hillesum morte déportée à 29 ans, Yvan Amar souffrant d'insuffisance respiratoire meurt à 49 ans.
D'autres sages ou guides sont morts de cancer ou ont été particulièrement touché (Ramana, Tagore...).
Aucun n'a parlé d'injustice ou ne s'est plaint!

samedi 27 août 2016

La terre tremble

Ayant vécu en Italie, y étant allé régulièrement, je suis sensible à ce qui s'y passe, en particulier à ce récent tremblement de terre. L'épicentre est à une dizaine de kilomètres au sud est de Norcia, ville où est né Saint Benoit, ville où j'ai emmené un groupe il y a deux ans.
La terre a tremblé deux minutes, parait-il, ce qui doit sembler interminable, ce qui permet surtout une destruction impitoyable des constructions. Le village d'Amatrice détruit, et d'autres certainement. Un amoncellement de ruines, un enchevêtrements de pierres de poutres, de gravats. Et sans doute des centaines de corps ensevelis... A cela s'ajoutent des secousses sporadiques rendant les lieux dangereux.
Il faut une délicatesse incroyable pour déblayer les débris et sortir un corps, parfois vivant, comme par miracle.
Regardant les images à la télévision, avec un désir d'aller aider, bien qu'invalide, je me disais qu'outre les chiens pour chercher des survivants, il faudrait utiliser la radiesthésie. 

Il y a quelques années, un ami a fait une chute grave en Corse. Il faisait une randonnée de quelques heures, en tee shirt. Il s'était pris dans une racine avec une cheville sérieusement abîmée. Impossible de marcher. Personne ne savait dans quelle direction il était parti, et pas de téléphone comme aujourd'hui. Une première nuit sans abri, c'était en automne, une deuxième, il rampe pour retrouver un chemin, il perd des forces.
Entretemps sa femme, restée sur le continent, appelle un radiesthésiste, qui à l'aide d'une photo et d'une carte va guider les secours. Cet ami sera sauvé, à bout de forces, le troisième jour.

Dans le cas d'un tremblement de terre, je suis persuadé que la radiesthésie pourrait aider, mais resterait le déblaiement qui est problématique vu l'ampleur des dégâts.

vendredi 26 août 2016

Manger avec...

Manger avec ses doigts est courant en Afrique, en Inde et autres régions de tradition.
C'est très convivial de partager un couscous par exemple.

En Chine, au Japon, l'usage des baguettes est la norme.
Aujourd'hui, elles sont jetables ce qui entraîne un gaspillage gigantesque.
Les morceaux sont découpés en cuisine, d'où l'absence de couteaux.
Il faut une certaine habileté, le contact avec la nourriture n'est pas agressif.

En Occident nous utilisons des couverts pour piquer, couper, et mettre dans la bouche.
L'utilisation du métal symbolise un outil ou une arme.
Le rapport à la nourriture est beaucoup plus agressif et séparé que les autres formes.
Il s'en est suivi une éducation, des "bonnes" manières, 
qui nous font considérer que manger avec les doigts est sale!

mardi 23 août 2016

Visions du monde à travers les jardins


Jardin du chateau de Villandry
Dans le jardin dit à la française, tout est ordonné, géométrique, symétrique, mis en perspective.
C'est l'expression de la maîtrise de la nature, et par là du monde.
Les grands axes, la ligne droite, la rigueur dominent.
C'est la toute puissance.

Jardin chinois de Pairi Daiza
Le jardin chinois est une représentation idéale de la nature, 
où l'on va d'abord retrouver la montagne (des rochers) et l'eau, soit le yang et le yin.
Tout est conçu à partir de courbes.
Nous sommes conviés à une promenade où des points de vue sans cesse nouveau apparaissent.
L'homme ne domine rien, il fait partie des éléments.

dimanche 21 août 2016

Bodybuilding ou Tai Chi...

En Occident, on cherche à développer son corps, ses muscles, son apparence...

En Asie, en Chine en particulier, on travaille sur l'énergie, le chi, le souffle...

lundi 25 juillet 2016

L'appel

Rester sensible à l'appel
Ne pas laisser s'éteindre 
La petite voix fragile
Qui nous relie au tout
Qui rend vivante la profondeur
Et nous éloigne du distrayant
Rester sensible au vivant
Frôler ce qui sépare
Mais choisir ce qui relie
Se taire devant l'inéluctable
Dans sa vulnérable petitesse
Choisir le non choix
Cette paix totale
Qui nourrit le sans nom
Prier dans le silence
Pour l'accomplissement
Du sans tâche en nous
De notre coeur immortel
Puisse le subtil nous entourer
Pour célébrer la vie
Et goûter le merci
Laisser vibrer ce qui reste
Quand tout vouloir s'absente
Que la présence demeure

jeudi 21 juillet 2016

Noyade ratée


La rééducation comprend, lorsque c'est possible, des séances de balnéothérapie. Le fait d'être dans l'eau, entre 31 et 33°, amène une détente qui permet d'améliorer d'environ 15% les latitudes de mouvement. Il y a tout un panel d'exercices selon les cas relatifs aux patients.
Pour ma part, je marche dans le bassin avec de l'eau jusqu'à la poitrine, parfois dans celui avec de l'eau jusqu'au menton. C'est une impression très agréable que de sentir son corps allégé dans l'eau alors qu'il semble lourd et maladroit dans l'air. Il y a des barrières en tubes métalliques qui permettent de se tenir en bordure de bassin ou au milieu, ce qui est d'une absolue nécessité quand on ne maîtrise pas complètement ses membres.
En général on me met des sortes de "bracelets" lestés aux pieds pour faire travailler les muscles des jambes, mais ce jour là la stagiaire kiné me propose des bracelets gonflables pour faire travailler les jambes différemment. Je fais plusieurs longueurs, puis m'arrête pour me reposer. Soudain je sens un pied qui se lève doucement et entraîne ma jambe. La seconde suivante, le déséquilibre fait que l'autre jambe se lève également. Me voici avec les pieds en l'air et la tête qui inévitablement s'enfonce. Je n'ai que le bras gauche qui fonctionne pour me maintenir, ce qui n'est pas suffisant pour faire la planche. J'adore l'eau, suis à l'aise dedans, et donc ne panique pas. Je peux rester la tête sous l'eau, je retiens ma respiration. Je m'accroche à la barrière avec une main, et essaie de descendre les pieds, mais je n'y arrive pas, mon corps tourne, j'ai la tête sous l'eau de nouveau, c'est difficile... J'essaie d'accrocher une barrière plus basse avec un pied pour prendre appui, j'y arrive presque, ça glisse, je recommence, je n'y arrive pas vraiment.
Soudain je vois le kiné responsable sauter dans l'eau pour me tirer d'affaire. Il me soulève tout de suite la tête avant que de me redescendre les jambes au fond de la piscine. Ca y est me voici debout. Je suis presque vexé qu'il soit venu m'aider! En fait c'est lui qui a eu peur, vue sa responsabilité.
En réalité, les trois personnes qui sont là pour nous aider, étaient en train de parler dans leur bureau, qui bien qu'ayant une grande baie vers le bassin, ne permet pas une vraie surveillance. Nous étions trois dans l'eau, sans surveillance aucune! Peut être qu'une personne a appelé, je ne sais pas, je n'ai rien entendu. Cela a bien duré dix ou quinze secondes avant que le kiné réagisse, j'aurais largement eu le temps de boire la tasse, ce qui est déjà arrivé avec une autre personne! Je comprend que ce soit eux qui aient paniqué, subitement, la réalité les rattrapant de leur manque de vigilance. Je leur dis que la moindres des choses serait d'avertir les gens en leur proposant ce genre d'exercice.
J'étais certain de m'en sortir, car j'ai toujours cette confiance en moi, même diminué, mais un début de noyade était aussi possible.
Le nombre d'erreurs que j'ai vécues dans ce centre de rééducation est incroyable, depuis les médecins, deux différents, les infirmières, les aide soignantes, et là les kinés, sans parler du secrétariat! Dire que cet endroit, La Tour de Gassies a soi-disant une bonne réputation, c'est n'importe quoi! Vaut mieux ne pas être malade!