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lundi 31 décembre 2012

C'est pour bientôt


Cela fait cinq ans que le blog existe, plus une semaine puisque je l'avais commencé le jour de Noêl.
Il m'a permis de dire pas mal de choses, sans me douter jusqu'où cela pouvait aller. Il a permis aussi de me relier à d'autres blogs, de faire des rencontres, certaines virtuelles, d'autres bien réelles. Il a permis de faire quelques week ends sympathiques en des lieux assez particuliers.
Je remercie celles et ceux qui s'arrêtent avec moi auprès de l'horizon.

Pour cette année 2013, j'ai des envies de voyage dans la tête. Je vais déjà reproposer quelques idées de voyage en groupe. Je pense à un week end de 3 jours à Vézelay et Fontenay qui n'avait pu se faire l'an dernier, et organiser un circuit de 8 jours autour d'Assise. Je réfléchis aux dates, aux périodes.
Il y a les vacances de Pâques, les ponts du mois de mai, et les grandes vacances... Si vous êtes intéressés, merci de le faire savoir, cela aidera sans doute à la mise en place.

Je vous souhaite une année 2013 la plus paisible possible. 
Que votre coeur soit nourri.

dimanche 30 décembre 2012

Ce qui apparait peut être caché.

Parfois il y a des personnes qui viennent dans nos pensées, sans que l'on sache pourquoi. Ces derniers temps , c'était Nadège Amar. Curieusement, une amie vivant en Inde me parle d'elle, il y a 3 jours, dont elle a eu des nouvelles récemment.
Hier, dans ma librairie d'occasion préférée, je tombe sur quelques livres que je ne connais pas encore mais qui me tentent bien : "Une passion" de Christiane Singer, à propos de la relation entre une religieuse, Héloïse, et Abélard. Puis un livre de Richard Bach, l'auteur du célèbre Jonathan le goéland, qui s'intitule "Vole avec moi". Enfin un livre sur l'histoire romancée du Bouddha : le sourire du sage de Patricia Chendi.
A part Christiane Singer dont j'ai cherché des livres, les autres sont apparus devant moi, ce qui est un bon signe, en tout cas que je remarque comme tel.
Dans le rayon de spiritualité, rien ne me tente en particulier. Je trouve que j'en ai déjà un bon paquet à la maison, et puis j'ai trouvé récemment un livre d'Eric Barret sur l'abandon, pour Noêl, donc j'ai du pain sur la planche. Mais je fouille presque systématiquement, des fois que...
Vous savez, sur ces étagères, il y a parfois les livres qui sont devant, dont on lit les titres, et puis ceux qui sont derrière. Cela veut dire qu'il faut enlever ceux de devant pour regarder ceux du fond. Je me mets à l'ouvrage bien sur, puisque le simple fait de toucher les livres et de chercher me fait déjà plaisir. Le dernier qui reste, dans l'ordre que j'avais choisi, est celui de Nadège Amar : "Cheminer avec la méditation". Je l'avais feuilleté lors de sa sortie l'an dernier, mais pas acheté. Là, à moitié prix, je le prends en me disant qu'il n'y a pas de hasard, une fois encore.
Il était caché. Pourquoi l'ai-je cherché? Le mystère de la vie...


samedi 29 décembre 2012

de l'ordi au destin

"Dieu a implanté, si l'on peut dire, un ordinateur en chacun de nous, 
qui enregistre toutes nos pensées et nos actions. 
Notre destin est fait à partir de ces enregistrements."

Chandra Swami

vendredi 28 décembre 2012

Rencontre

Merci à Anne http://depierreetdeau.blogspot.fr/ grâce à qui j'ai pu découvrir ce film dont j'avais entendu parler.
Il s'agit de la rencontre entre Alexandre Jollien et Philippe Pozzo di Borgo qui a inspiré le film "Intouchables".
C'est passé récemment sur Arte et vous pouvez encore le voir sur le site : http://www.arte.tv/fr/de-chair-et-d-ame/7089442.html. C'est un bijou, mais il faut vous dépêcher.

Il y a aussi quelques perles à écouter...

mercredi 26 décembre 2012

dur, dur...


Dés qu'il y a un "pourvu que ça dure", nous voilà mal barrés!

Alexandre Jollien (Le philosophe nu)

mardi 25 décembre 2012

Noêl

NOEL CHALEUREUX
A CHACUN

Fermez les yeux et écoutez

Palais ou paille...

Comment se fait-il que Bouddha soit né dans un palais,
Alors que Jésus est né dans la nudité de la paille?
L'un est né hyper protégé, l'autre dans l'insécurité totale...
L'un chercha à comprendre le sens de la vie en quittant sa famille, sa demeure parentale,
N'est-ce pas ce qu'enseigna l'autre ?
"Si tu veux me suivre, abandonne tout ce que tu possèdes!"
Qui pourrait naître aussi pauvre et l'assumer?
Qui pourrait naître aussi riche et tout quitter?
Faut-il avoir la foi, faut-il être appelé.
Comment oser se plaindre d'un autre manque?
Ne sommes nous pas plus pauvre finalement
De ne pas avoir cette absolue confiance ?
Que la vie donne, que la vie prenne, 
Tenter l'au delà des extrêmes.
Se souvenir sans cesse d'être
En de-ça de toute apparence, 
Ou de toute circonstance.
Naître à ce qui n'est pas nous
Jour après jour, nuit après nuit,
Une flamme allumée dans le coeur.

lundi 24 décembre 2012

Notre Père

Y a t-il une étoile?

Il fait un temps printanier, et c'est la veille de Noêl. J'aimerais bien passer quelques jours d'hiver dans une cabane sous la neige. Un rêve personnel. Aller chercher du bois pour alimenter le feu. Sentir les pas crisser sur le sol blanc, immaculé. Hier soir passait le film "le dernier trappeur" de Nicolas Vanier. Je me demandais où existait un endroit pareil pour s'installer dans la nature. Assez loin des hommes, assez près de la beauté...
Je me sens une âme de vagabond, bien qu'amoureux des paysages. Un jour ici, un autre jour là, y a t-il un lieu qui n'en appelle pas d'autre?

Y a t-il un à tout jamais, qui n'appelle pas autre chose?
Oui, nous disent les écritures,
Le caché qui se fond dans le reste,
Le tout petit qui se mêle à l'immense,
L'impersonnel qui n'exige plus rien,
L'ombre qui périt dans le lumineux.
Y a t-il une étoile qui veille sur notre destinée?
Qui nous dit : c'est par là, j'éclaire ton chemin.
Laisse toi faire, attend un peu,
Plus tu lâches, plus je t'aide...


dimanche 23 décembre 2012

apôtre

C'est la période de l'envoi des voeux...
Qu'est-ce qu'envoyer sinon que se démettre de quelque chose. Que ce soit un paquet, une parole, une pensée, ou une bise...
Le mot "apôtre" vient du grec apostolos qui signifie une mission, ou son accomplissement. C'est le fait de quelqu'un qui est envoyé en avant, un messager, un ambassadeur.
Il est composé de apo, l'idée de séparation, mais aussi d'origine, et de stello qui signifie : mettre en place, se préparer, arranger, mettre en ordre, mais aussi : diminuer, faire cesser, contracter, se déplacer, s'en aller.
Il y a plusieurs sens possibles.
L'apôtre est un envoyé de Dieu, quelqu'un qui est à la fois dans cette proximité du message qu'il délivre, et dans l'envoi de sa propre personne.
Le sens de stello peut nous faire comprendre que c'est quelqu'un qui s'est mis en ordre, qui s'est déjà arrangé, c'est à dire qui est dans l'ordre de ce qu'il délivre. Mais si on regarde le sens général de faire cesser, diminuer, on peut imaginer qu'il s'agit d'un état intérieur, peut être même d'un mouvement intérieur qui a cessé, ce qui revient à cette idée d'arrangement.
Il s'en va transmettre au loin ce qui est immobile en lui.
Un envoyé est aussi quelqu'un qui envoie, un rayonnant en quelque sorte.
Je ne sais si je peux vous envoyer quelque chose, peut être juste laisser quelques paroles.

samedi 22 décembre 2012

Courses de Noêl

Direction le centre ville pour faire les achats de Noël.
Je dois faire une course pour quelqu'un de la famille. Où? Chez Hermès! Il faut dire qu'Hermès Trimégiste me parle plus qu'Hermès tout court. C'est une marque de luxe dont je ne connaissais même pas le magasin bien qu'étant déjà passé devant.
Je rentre. Je vois une première personne derrière un comptoir de foulards. Venant pour récupérer une commande de parfum, elle me fait signe de m'adresser aux deux femmes derrière qui s'occupent du rayon. Je donne le nom du parfum en question et celui de mon beau frère qui l'a commandé. La jeune femme s'en va le chercher. Pendant ce temps je regarde un peu autour de moi, les gens dans un premier temps. J'ai l'impression qu'il y a plus de personnes pour servir que de clients. Tous habillés en noir, tirés à quatre épingles, coiffure impeccable, chaussures neuves, en tout cas étincelantes. Pas trop coincés. J'ouvre les yeux comme des assiettes. Il y a au moins dix personnes disponibles pour les clients. Je me dis alors qu'il faut faire un sacré chiffre d'affaires pour nourrir tout ce personnel.
C'est alors que je commence à regarder les prix. Le premier rayon à côté concerne les ceintures. La première que je vois est à 2 300 euros. Ah, d'accord, me dis-je. Ce n'est pas ici qu'on se serre la ceinture!
Du coup je m'avance et lorgne les étiquettes : quelques mocassins à 600 euros, des boutons de manchette à 2 ou 300 euros, des cravates au même prix. C'est le genre de magasin où l'on peut dépenser 10 000 euros pour s'habiller sans trop se forcer si je comprends bien.
Finalement, vu le personnel, c'est une démarche sociale que font les riches en venant consommer ici...
Je regarde la tête des clients. Certains sentent le riche, mais c'est loin d'être la majorité. Je m'aperçois dans une glace et vérifie mon habillement. Ca va, je dénature pas trop. Je n'ai pas de ceinture, ni de 4 x 4 garé sur le trottoir...
Le paquet est prêt. Il me reste à payer dans un endroit un peu à l'écart à l'autre bout de la porte d'entrée. Sans doute pour se protéger du vol.
Je fais le chèque. Le montant n'est pas dit. C'est en voyant le chiffre imprimé dessus avant de signer que je le découvre. Cela fait cher du litre, mais quand on pense au prix de l'essence et au temps que ça dure, cela reste assez relatif.

Tout cela m'apparaît comme un jeu. Chacun est déguisé dans un rôle particulier. C'est intéressant de voir comment on vit dans un milieu auquel on n'est pas habitué. Rester avec soi même, quelles que soient les circonstances. C'est Arnaud Desjardins qui changeait d'habit pour observer comment il se vivait avec une apparence différente. A quoi est-on identifié? Ou non d'ailleurs. Tout dépend de ce que l'on vit.

Le début du monde est pour demain...

A priori, il ne s'est rien passé. Qu'est-ce à dire?
Pourtant ce n'est pas le nombre d'émissions qui manquait : un véritable matraquage. Je n'ai pas pu suivre les infos, suite à des rendez-vous ou des dérangements aux moments opportuns.
Les files d'attente pour les expatriations en soucoupe volante ont du se dissiper. J'imagine que certains ont du sombrer dans des exercices particuliers pour faire remonter leur taux vibratoire. Peut être que la bêtise de beaucoup va se dématérialiser, qui sait? Que peut-il se passer dans la tête de ceux qui y croyaient dur comme fer?
Peut être sera-ce demain, ou dans 6 mois, ou pas du tout...
A force d'attendre on risque de rater le présent! Le présent ne nous attend pas, lui.
Vaut mieux vivre le présent que de craindre le futur ou de s'en faire une idée à l'avance.
Soyons d'accord pour mourir vivant quand le moment viendra, bien assez tôt assurément.

jeudi 20 décembre 2012

Le 21/12/12

Samedi, à la caisse de la FNAC, la caissière avait du parler avec une personne juste avant du 21 décembre...
"Avec tout ce qu'on dit sur la fin du monde, mon fils a peur maintenant. Vous en pensez quoi, vous?"
Je lui dis avec le sourire qu'il n'y a rien à craindre, et ajoute "Vous pouvez me croire, je suis au courant de tout!"
A priori je ne la rassure pas.
- "C'est quand exactement?
- C'est vendredi prochain!
- Oh, cela tombe bien, je ne travaille pas. Je vais rester à la cave, au cas où..."
Voilà comment les bruits qui courent et les commentaires simplistes créent des peurs et engendrent des comportements pour le moins étonnants.
Que va t-il se passer si rien ne se passe?
Il faudra bien que tous ceux qui s'attendaient à des phénomènes bizarres trouvent des explications...
Par contre il me semble qu'il y a de plus en plus de choses qui se dérèglent, mais j'en parlerais une autre fois.

Allez, je vous souhaite à tous une très bonne journée du 21 décembre 2012!

vendredi 14 décembre 2012

Témoigner ... t'es moins niais!

J'entends frapper à la porte. Je vais ouvrir.
Il y a là un homme un peu âgé, vêtu d'un manteau noir, parapluie à la main, qui manifestement n'est pas un démarcheur. Après m'avoir salué poliment, il aborde très vite des questions importantes liés au sens de Noël, et me demande si je connais pourquoi Jésus est venu sur terre.
Je lui demande tout de suite s'il n'est pas témoin de Jéhovah.
-"Ce n'est pas très important", me répond-il. Voilà une réponse que j'apprécie! "Je ne suis pas là pour vous convaincre, mais juste pour parler de Jésus..."
Dehors il fait presque froid, et je n'ai pas vraiment le temps de discuter et de l'accueillir. Mais je ne peux lui dire au revoir au bout d'une minute. Je me dis que je vais lui répondre sans me laisser embarquer.

Il me parle essentiellement du monde qui va mal, des gens qui ont pris le mauvais chemin, et que le salut nous est promis. Il me demande si je suis croyant. Je lui répond que Jésus a dit que le royaume des cieux est à l'intérieur de nous, que si le monde est difficile, dur, il faut apprendre à cultiver la paix intérieure. Il me parle alors des proches qui meurent. Je lui dit que la mort est naturelle, que tout est un cycle, et qu'il faut l'accepter. Il revient sur la tournure du monde. Je lui parle de tolérance. Il ne peut aller contre. C'est comme s'il réalisait tout d'un coup que la tolérance est difficile concrètement. Je lui dit que c'est un travail, un chemin.
Dés qu'il s'éloigne pour parler matérialiste, ou du monde extérieur, je le remets sur les rails d'une dimension intérieure, avec le sourire.
Finalement il va me dire que je suis un homme tolérant.
Avec un peu de temps, je l'aurais bousculé dans ses croyances. Mais j'ai écourté, car je dois aussi travailler.
Il m'a remercié vivement. Je lui ai souhaité une bonne journée.
Je me suis dit en refermant la porte que si leur église m'appelait, je viendrais avec joie leur parler du message de Jésus...
Je me souviens qu'il m'a dit que le salut est dans la mort, mais physique bien entendu. Il y a tellement de personnes qui croient encore à ça!
Qui sait s'il ne repensera pas à ce que j'ai pu lui dire?

jeudi 13 décembre 2012

le silence

Le silence nous rapproche de nous-même.
Il nous rapproche des êtres éloignés qui sont près de notre coeur.
Il permet de capter les rencontres invisibles qui se font au-delà de l'espace.
Le silence est une mise en relation.
Il est un appelant qui s'impose.
Il ne transforme pas les choses en ce qu'elles ne sont pas.
Il ne demande rien, il attend juste d'être fréquenté.
Il s'offre quand plus personne ne l'attend.
Il est la récompense du non désir.
Il est dans les murs de prière, 
et dans l'ombre du vent qui balaie les déserts.
Il ne fait pas de bruit en s'approchant, 
mais résonne quand il est là.
Il est sans parure, 
mais enrichit le coeur.
Il est la plus haute rencontre pour celui qui n'en désire plus.
Il est la complète absence de tout autre.
O toi, qui n'a d'autre nom que la joyeuse perte de moi-même.

mardi 11 décembre 2012

manque

Le non manque me manque...

lundi 10 décembre 2012

Message de Noël



Je fais suivre un message de la part de Martine Cassou.
Il y a un site qui depuis 4 ans envoie des jouets aux enfants qui passent Noêl dans un hôpital.
Le principe est simple, vous allez sur le site www.messages-de-noel.net et vous envoyez un petit mot à un enfant. Chaque petit mot rajoute 1 euro au budget potentiel de 35 000 euros offerts par des entreprises.
Cela prend juste deux minutes. Je l'ai fait, s'est simple, et c'est un peu de chaleur envoyé à un enfant.
Cela ne coûte rien, sinon un petit bout de temps.
Il reste à peine deux semaines.
Merci pour eux.

samedi 8 décembre 2012

Renoncer

Quand j'ai songé à écrire sur ce mot, j'ai alors entendu : "re non c'est", ce qui pourrait être une suite de non, dont l'inverse serait "re oui c'est".
Dans l'absolu, le renonçant serait plutôt quelqu'un qui vit le oui. Je suis donc allé regarder l'étymologie.

Renoncer vient du latin renuntiare qui est composé de nuntiare qui signifie : annoncer, apporter une nouvelle, faire connaître. Le mot nuntius signifie message, messager.
An nuntiare signifie annoncer et re nuntiare serait annoncer la réponse. On a aussi : énoncer, prononcer, qui sont de la même famille.
Sans doute que si c'était lié au sens de "message" initialement, "renoncer à" était une annonce officielle.
Je lis que cela pourrait se rapporter à l'indo-européen neu qui signifie : appeler, faire l'éloge de.
Une autre possibilité serait que cela vienne de novus : neuf. Une autre encore indique nutus, nuere, signifiant faire un signe de tête, ce qui a donné numen.
Renoncer signifie arrêter, abdiquer, abandonner, lâcher. Un renonçant, en termes religieux, c'est celui qui a effectivement tout abandonné. Dans le processus des voeux qui sont prononcés, il y a bien une annonce officielle. C'est sans doute le seul lien que l'on puisse trouver.

Renoncer dans le cas du renonçant, n'est donc pas une perte, mais un acte de courage, de foi, c'est un engagement de tout l'être, une passivité active en quelque sorte. En cela aussi il délivre un message, une nouvelle, ce qui peut se rapprocher du sens du mot évangile : bonne nouvelle.
En effet évangile vient du grec (bon) et àngelos (messager). Ce mot message revient encore puisqu'il vient de mittere (envoyer) dont j'ai parlé il y a peu à propos de "Ite missa est".
Pour en finir, en tout cas aujourd'hui, je dirais qu'il y a l'aspect visible du message, l'aspect officiel, et l'aspect invisible, le messager intérieur qui peut être ressenti comme un ange. Le renonçant vit sans doute avec lui.

vendredi 7 décembre 2012

mardi 4 décembre 2012

Bridge over troubled water



Il y a 3 jours, traversant un pont à pied, et voyant le courant assez fort avec l'eau froide et vaseuse, je me disais : "Et si un enfant tombait maintenant, est-ce que tu sauterais?"
Je me suis dit que vue la hauteur, la marée basse, le froid, ce serait suicidaire.
Par une suite de hasards, dont la vie a le secret, je tombe sur cette vidéo aujourd'hui....
On cite en titre "ange gardien".

lundi 3 décembre 2012

rebelle

Puisque j'ai cité ce mot "rebelle", qui m'est cher à vrai dire et dont j'ai déjà parlé, allons faire un tour vers son étymologie.
"Belle" vient du latin bellum : la guerre. Le rebelle est quelqu'un qui recommence la guerre en quelque sorte, qui se soulève contre quelque chose qu'il n'admet pas, contre un ordre établi pourrait-on dire.
Bellum viendrait d'une forme archaïque : duellum, qui se rapproche de duo, c'est à dire deux. Cela viendrait peut être de la racine indo-européenne dau, deu, qui signifie : détruire, brûler.
Duellum a donné duel bien sur, qui est un combat à deux, et puis le mot : dualité.

Cela me plait bien de trouver cette notion de dualité qui est liée finalement au rebelle. Comme l'idée d'un combat envers le deux, pour retrouver l'unité.
Un rebelle à un système c'est quelqu'un qui est séparé de lui même s'il continue dans ce système. Il se bat pour retrouver son intégrité, son authenticité.
C'est un révolté qui fait face à l'essentiel. Révolte veut dire : retournement, ce qui n'a rien de violent en soi.
Ces deux mots vont bien ensemble d'ailleurs.

samedi 1 décembre 2012

Bouddha rebelle


Pour le Dzogchen Ponlop Rinpoché, maître tibétain atypique : être bouddhiste au XXIe siècle, c'est d'abord être un rebelle.
Ponlop Rinpoché vit sa fonction honorifique en parfaite adéquation avec son temps.


Depuis plus de vingt ans que je navigue dans le milieu bouddhiste, c'est la première fois que je rencontre un maître tibétain comme Ponlop Rinpoché. Fan de rock et de séries américaines, curieux et spontané, il possède une liberté de ton inattendue, que l'on peut découvrir dans Bouddha rebelle (éditions Belfond). Ses propos font voler en éclats les représentations naïves, teintées d'un exotisme désuet, de l'Occident sur le bouddhisme. Et montrent qu'il est possible de transmettre cette tradition tout en l'affranchissant de ses ornements cultuels et culturels. 
 
Catherine Barry : Rinpoché - littéralement "précieux" en tibétain - est un titre honorifique réservé aux grands maîtres qui se réincarnent pour poursuivre leur transmission des enseignements bouddhistes de vie en vie. Que cela signifie-t-il concrètement au XXIe siècle ? 
Dzogchen Ponlop Rinpoché : Les rinpoché ont, en général, dès leur naissance un destin tout tracé. Né en Inde, ordonné moine à neuf ans, élevé dans un monastère, le mien me destinait à assurer les devoirs liés à ma charge tout en profitant des avantages liés à ma fonction. Mais, en grandissant, il m'a semblé plus juste d'explorer la pertinence de ma tradition à l'aune de la modernité, et de remettre en question mon rôle et la manière dont est transmis le bouddhisme au XXIe siècle. Il y a tellement d'idées fausses véhiculées à son propos. Je ne me situe donc pas comme un rinpoché, mais comme un enseignant du bouddhisme, toujours en apprentissage. 
Quels sont les préceptes du bouddhisme qui vous semblent essentiels ? 
L'amour, la bienveillance et la sagesse. Ces principes permettent de dépasser nos insuffisances humaines. Nous pouvons tous apprendre à ouvrir notre esprit et à en finir avec nos attentes vaines et illusoires. La sagesse enseigne à mettre en perspective nos pensées, nos émotions, nos croyances. Cette forme de questionnement est créatrice. Dans un contexte de crises économiques et existentielles comme celles que nous connaissons actuellement, nous devons, plus que jamais, rester curieux, en éveil, et ouvrir notre coeur à l'inconnu qui se présente. Cela, quelles que soient les circonstances. 
Vous dites que, quand la souffrance est intolérable, elle peut être à l'origine d'une absolue remise en question de nos pensées...
Quand tout se passe bien, nous ne remettons pas en cause les relations que nous entretenons avec les autres. En revanche, dès que quelque chose cloche, nous commençons à douter de leur pertinence. Cela signifie que nous n'acceptons de modifier notre point de vue que lorsque nous souffrons. Le bouddhisme n'empêche pas de souffrir quand on le pratique, il nous pousse, au contraire, à nous confronter à la réalité de la souffrance, qui est indissociable de l'existence. La nier ne sert à rien. C'est ce qu'enseigne le bouddhisme : à l'accepter et à se remettre en question pour transformer le type de relation que nous entretenons avec elle. Pour cela, il montre comment mettre de la distance entre la douleur et nous en utilisant la raison. Comment éprouver un sentiment de bonté vis-à-vis de soi et de toutes les personnes concernées par la situation qui pose problème. C'est un changement radical d'attitude qui n'est ni fataliste ni masochiste, puisque ce comportement vise à ne plus subir la douleur, à ne plus s'identifier à elle. Cela s'apprend. C'est ce que j'essaye de transmettre.
En se démocratisant, le bouddhisme s'est aseptisé. En Occident, il est souvent associé à une thérapie, et non plus à une spiritualité. Ce qui est une hérésie pour les Asiatiques. Cela dit, la méditation présente de nombreux aspects et permet d'acquérir une meilleure connaissance de soi, qui aide à aller mieux, à être moins stressé et moins angoissé. 
Quel est le sens de la vie, selon vous ? 
D'un point de vue bouddhiste, la vie n'a ni sens ni objectif. Je sais bien que cette réponse, abrupte, risque de choquer vos lecteurs, mais, pour moi, elle est évidente et pragmatique. Elle prend en compte la réalité de l'impermanence, le fait que rien n'existe en soi, que rien ne dure, que tout change sans cesse. L'accepter m'autorise à me montrer lucide et m'empêche d'adhérer, une fois pour toutes, à des concepts et à des idées préconçues. Si nous considérons que nous naissons pour suivre des objectifs précis, nous sommes emprisonnés dans des schémas, des directions. C'est contraignant, sclérosant. Il est préférable de créer les buts que nous nous fixons au fur et à mesure que nous évoluons. Nous possédons tous la liberté de le faire. Le savoir nous encourage à devenir autonomes, à nous déconditionner de notre éducation, de nos peurs, de nos habitudes. Cela demande du courage, de faire preuve de discernement et de patience. Mais procéder ainsi, c'est vivre en cohérence avec la loi de l'impermanence. Tout bouge constamment. Le sens que nous donnons aux choses aussi. 
Votre définition du bonheur ? 
Nous courons tous après, mais c'est quelque chose qui demeure très mystérieux à mes yeux. Trop souvent, notre conception de ce que nous nommons, communément, le bonheur dépend de nos états mentaux, et de nos conditions extérieures et intérieures. Le bonheur authentique naît et réside dans notre esprit. C'est un sentiment de contentement, de plénitude, qui se découvre en questionnant sans cesse, avec enthousiasme et curiosité, ce que nous expérimentons. La plupart des gens ne sont pas heureux, car ils veulent posséder le bonheur, alors qu'il ne se consomme pas. Découvrir sa saveur suppose de faire preuve de persévérance, de discipline, de vigilance, de développer la conscience du moment présent, et de connaître la loi de cause à effet. Ce n'est qu'ainsi que, peu à peu, cet état de sérénité et de paix intérieure que l'on nomme bonheur devient stable. Nous sommes responsables du monde dans lequel nous vivons. 
Le titre de votre livre : Bouddha rebelle est provocant. Sommes-nous tous des bouddhas rebelles en puissance ?
Oui. Le Bouddha nous a enseigné il y a plus de 2 500 ans à remettre en question nos croyances. Cette forme de révolution intérieure, dirigée contre nos pensées et nos émotions, est destinée à nous permettre de découvrir qui nous sommes vraiment. Ce qui implique de prendre le risque de mieux se connaître, de laisser tomber les masques sociaux qui nous déterminent et nous spécifient. Le message essentiel du Bouddha rebelle est pour moi : comment devenir un être humain libre et responsable ? Cette exploration de la réalité, vers la liberté, est passionnante et amusante. C'est un voyage plein de surprises. Quand on avance, une sensation d'espace, de joie tranquille et d'ouverture grandit et s'épanouit en nous. Ce cheminement reste sans aucun doute l'une des dernières grandes aventures de notre époque.
Click here to find out more!Propos recueillis par Catherine Barry


vendredi 30 novembre 2012

entrer ou rentrer...

Le soir se couche
La pierre est rose
La robe est bleue

mercredi 28 novembre 2012

NOEL

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Bientôt Noël.
Les magasins ont déjà rempli leurs étalages de décorations, de cadeaux en tous genres, de jouets pour les enfants, de nourriture à faire saliver les gourmands. La magie de Noël!
Le mot même a une connotation particulière à l'oreille tant il est chargé de sens.
Noël, juste le mot, n'a pas d'autre signification pour la plupart des gens que ce que l'on peut projeter dessus.
Ce qui est typique de la langue française.

En fait le mot vient du latin natalis qui a donné nael en ancien français, puis noël. Le sens est relié à la naissance. En italien on dit Natale, et Nadal en occitan. Donc on a conservé la racine du mot, et en le disant on sent la référence à cette naissance particulière de Jésus.
Pour la langue française, ce n'est pas évident de sentir le lien entre Noël et naissance, ou natal, même si on parle aussi de la nativité. J'imagine que petit à petit, le sens profond se perd avec la prédominance d'une réalité festive.

Si on prend le mot anglais Christmas, qui vient de Christ's mass, on retrouve le mot Christ qui est une référence directe, ainsi que mass qui signifie messe. Le mot messe vient de ce qui concluait cet office religieux quand en latin on prononçait "Ite missa est", ce qui veut dire "allez, c'est envoyé".
Quand j'étais gosse et que j'entendais ce mot, c'était plutôt un soulagement...
Missa vient du latin mittere qui veut dire : envoyer, lancer. Mais cela a aussi un autre sens qui est plus intéressant : laisser aller, laisser partir. Sens que l'on retrouve dans le mot : permission, "père - mission".
Avoir la permission de, c'est agir avec une liberté intérieure.
Bien sur mittere, missus, a donné mission, missionnaire, missel... Les missionnaires qui sont des colons déguisés, et lorsque l'église catholique, mais aussi les autres religions, se donne pour mission de répandre la parole de Dieu, qu'est-ce que cela veut dire au juste?
Messe ou mas, nous renvoie aussi au mot hébreu Messiah qui a donné Messie, nom donné à Jésus. Ce mot signifie : oint, c'est à dire celui qui a reçu l'onction de l'huile (sacrée). C'est un très ancien rite qui vient de l'Inde et du Tibet, où l'on voit encore aujourd'hui cette offrande faite aux déités avec du beurre ou du lait.
Cette huile est aussi appelée "chrism", appelée aussi myrrhe... (Notons au passage que chrism a donné crème). La myrrhe était l'équivalent de l'or dans l'antiquité. Or il est dit dans la Bible que cette myrrhe a été apportée à Jésus par les rois mages. Huile, parfum, que l'on retrouve plusieurs fois dans certains passages des évangiles. Qu'est-ce à dire?
Il est clair qu'il y a un lien entre tous ces mots : Christ, messie, messe, et donc myrrhe.

Si le rite est antique et a la dimension d'un geste sacré, il ne peut être fait que par quelqu'un qui en a la permission, qui est autorisé. Il transmet certainement quelque chose. L'huile, l'encens, sont aussi des moyens d'adoucir, de délier... Est-ce un symbole physique d'un vécu intérieur? Auquel cas la traduction de "laisser aller, laisser partir" prend tout son sens, et ressemble d'autant plus au fameux "lâcher prise". Une douceur intérieure qui émet des ondes alentour comme le regard du sage qui apaise...
Dans le déroulement de la messe, la communion, symbole de la communion intérieure, devient alors ce lâcher prise qui vient clôturer cette cérémonie, ce qui semble tout à fait logique.
"Allez, c'est envoyé" peut aussi signifier que les prières sont envoyées, dans le monde du visible et de l'invisible.
Je crois bien que c'est d'une réalité intérieure dont il s'agit, et que cette énergie naissante n'a pas besoin de missionnaire. Elle attire plutôt qu'elle cherche quoique ce soit. C'est une mission intérieure qui se transmet d'elle même par le vécu de celui qui vit l'onction.

Pour revenir à Noël, on voit dès lors que le sens est d'une richesse infinie.

lundi 26 novembre 2012

se protéger


La protection est une chose essentielle depuis la nuit des temps.
Se protéger du froid, de la nuit, de l'agression, de l'autre, de l'inconnu...
Loin de nous le temps des grottes, du feu qui réchauffait ou éloignait les animaux sauvages.
Aujourd'hui dans nos maisons plutôt douillettes, on aurait du mal à imaginer comment était la vie des siècles en arrière. Pourtant si les protections ne sont plus les mêmes, il y en a tant d'autres que l'on ne voit même plus...

Une maison, une hutte en branchage, ou un igloo sont autant de moyens de se protéger, de se reconstituer un dos fermé et protecteur. Une autre façon  de se protéger est de dominer, d'être en hauteur, ou de s'entourer de barrières, de remparts, séparés par des tours, des tours de guets pour surveiller un éventuel attaquant.
Le château-fort est le type même de l'habitat autoprotégé, parfois entouré d'eau.
La ville s'entoure de murailles, avec des portes, des points de passage, murs repoussées lorsque la ville s'agrandit. Aujourd'hui on retrouve la vieille ville dans la ville moderne. Les portes sont toujours là. Les murs sont devenus rocades, périphériques. Les portes sont les péages, ou les gares, les aéroports.
Les veilleurs qui faisaient le guet sont devenus gens d'armes ou soldats.
La surveillance est différente mais toujours bien là, ce sont les radars, les caméras, quand ce ne sont pas les satellites, les espions. L'échelle a changé.

Lorsque l'on rentre chez soi, il y a plusieurs niveaux de protection : la barrière d'abord manuelle, puis électrique avec le bip. La sonnette ou l'interphone marquent aussi la frontière entre le monde extérieur et le monde privé. Ou le code à la porte des immeubles, comme un pont levis qui s'ouvre pour ceux qui ont le laisser-passer. Certaines portes ont un judas, mais les riches, tellement apeurés, ont des caméras de surveillance, quand ce ne sont pas des gardiens.
On ferme les volets, pour préserver l'intimité du soir et se protéger des voleurs.
On ferme à clé à double tour (de guet). On branche le radar.
On a le téléphone mais on sélectionne les appels.
On a des cartes innombrables, avec des codes secrets.
Partout pour rentrer quelque part, y compris dans le virtuel, il faut un code.

On se croit tellement plus libre qu'avant, mais la surprotection est synonyme d'enfermement.
Un 4 X 4 est comme une tour qui domine le piéton et les autres voitures. Certains se cachent même derrière des vitres fumées, comme des lunettes noires. Dominer et ne pas se montrer, comme les archers derrière les meurtrières.
L'enrichissement crée la peur et par suite le besoin de protection. On peut aussi mettre ses bijoux et autres possessions dans un coffre fort, dernier symbole du château-fort.
Quant aux vêtements, ils peuvent aussi traduire une barrière sociale.

A force on ne voit même plus où tout cela commence...
Le miroir fait même partie de tous ces accessoires. Situé près de la porte il nous renvoie l'image que l'on désire montrer, afin de rester dans une certaine sécurité...

dimanche 25 novembre 2012

nudité


Je reviens sur les commentaires à propos de Patrick Edlinger et de sa nudité sur la falaise.
Il  disait qu'il cherchait à être en osmose avec la nature, à vivre une communion entre son corps et son esprit dans le cadre de sa passion.
Vivre avec son corps provoque des sensations que je dirais "justes". Lorsque l'on fait un travail physique, on sent ses muscles travailler, lorsque l'on pratique un sport aussi. Cela entraîne une certaine pacification de l'esprit, et un certain bien être. Sans doute faut-il un minimum d'amour pour son propre corps, c'est possible. Le corps a sa propre vie, car il fait partie de la nature : il peut avoir froid, chaud, transpirer, être fatigué, plein d'énergie, on sent le coeur battre, sa respiration qui navigue toute seule.... bref plein de choses se passent et se régulent d'elles mêmes sans que le mental interfère. En rejoignant ce rythme, il y a un bien être qui s'installe.
Les sensations nous ramènent au seul vivant. Plus on est dans ce contact avec cet aspect naturel, plus la sensation de vivre dans un sentiment de liberté apparaît.
La nudité nous confronte encore plus à cette sensation, car il n'y a plus de barrière entre la nature extérieure et notre propre nature sous nos protections vestimentaires.
Vivre nu dans la nature est une expérience en soi : sentir le vent sur son corps, l'eau glisser contre sa peau, le sol, la terre, le sable se dérouler sous la plante des pieds. Pour ceux qui ne l'ont jamais vraiment senti, je vous assure que c'est quelque chose. Ce contact particulier pacifie le mental.
Se frotter nu à la nature, c'est être complètement avec elle, c'est côtoyer une simplicité extrême, c'est oser un dépouillement qui offre un équilibre. C'est inexplicable, c'est très enfantin quelque part...
Quelqu'un qui a un beau corps peut tirer de la fierté d'en jouer et de l'exhiber, mais ce n'est pas, bien sur, de cet ordre là.
Je trouve cette nudité simple très émouvante, très pure, très animale... Il y a une liberté, une virginité, complètement magique.
Un danseur ou une danseuse qui s'expriment parfois très dénudés font passer ce même message. Il y a bien sur une liberté corporelle qui est très attirante, comme Edlinger le fait sentir, mais qui alliée à la nudité, nous transmet un message sans doute très archaïque, dont on est issu.
Se dénuder est très symbolique, surtout si c'est pour communier.

mercredi 21 novembre 2012

Par la fenêtre

Deux hommes gravement malades sont dans la même chambre d'hôpital. L'un d'eux peut se lever, péniblement, mais le fait chaque après midi pendant une heure. Son lit est placé à côté de la fenêtre de la chambre. L'autre est près de la porte, et ne peut bouger. Tous deux passent leurs journées couchés. Ils parlent beaucoup, de leur famille, de leur épouse, de leurs enfants, de leur maison, de leur travail, bref de ce qu'ils ont vécu...
L'après midi quand l'homme pouvait s'asseoir sur son lit, il décrivait à l'autre ce qui se passait par la fenêtre, ce qu'il pouvait voir. Ainsi l'homme qui restait sur le dos pouvait imaginer le spectacle du dehors : les branches des arbres qui bougeaient avec le vent, les nuages dans le ciel, les oiseaux qui passaient. Il y avait aussi un parc avec des enfants qui jouaient, des canards et des cygnes dans l'eau, des promeneurs... Son visage s'éclairait par le pouvoir de son imagination à l'écoute de ce que lui disait celui qui était assis. Les jours passaient.
Un jour l'infirmière entra et découvrit le corps sans vie de l'homme près de la fenêtre, mort paisiblement dans son sommeil. Elle appela les personnes préposées pour enlever cet homme. L'autre, au bout d'un moment, demanda s'il était possible de mettre son lit près de la fenêtre. L'infirmière, heureuse de rendre ce service, le mit à la place de celui qui venait de partir, puis le laissa seul. Alors, lentement, péniblement, il essaya de se hisser sur un coude pour tenter d'apercevoir par la fenêtre ce que son compagnon lui avait décrit. Mais il ne découvrit qu'un grand mur gris en face. Ne comprenant pas il demanda à l'infirmière pourquoi son ami lui avait décrit cette nature si merveilleuse. 
Celle ci  lui répondit : "Oh, il était aveugle, il ne pouvait même pas voir le mur. Sans doute a t-il simplement voulu vous encourager."

Histoire découverte sur le net.

lundi 19 novembre 2012

Vieillir

Cet interview que j'ai cité hier pose bien le problème du vieillissement, et en filigrane celui de l'identification aux "belles années de la jeunesse".
On peut comprendre que ceux qui ont vécu des moments forts, intenses, de façon régulière, un peu comme une drogue, se retrouvent dans un certain désarroi quand cette énergie s'atténue peu à peu avec l'âge. On ne peut pas être au top niveau toute sa vie. Cela est d'autant plus difficile si on reste identifié à cette excellence dans un domaine, quand elle est  due au physique pour l'essentiel.
Tout va vers un pic, puis retombe. Que ce soit la force, la beauté, la résistance, l'énergie vitale de la jeunesse.

Si philosopher c'est apprendre à mourir, c'est un exercice qui semble indispensable pour ne pas sombrer dans les regrets d'une énergie définitivement disparue.
Rester en adéquation avec ses capacités, quelles qu'elles soient, est un véritable apprentissage. C'est juste l'acceptation de ce qui est, et donc de ce qui change.
Vieillir est très dur si on ne mûrit pas.
Accepter que les muscles diminuent, ou que les seins tombent, que la peau flétrisse, que les rides apparaissent, que les cheveux blanchissent, que la mémoire fasse défaut....
Nous vieillissons tous, autant l'accepter le plus vite possible, et surtout mettre en place ce qui ne vieillit pas.
S'occuper de l'esprit, prendre conscience, prendre du recul petit à petit.

Cependant c'est tellement humain de vouloir être beau, jeune, intelligent, de plaire. Mais on ne peut courir éternellement après ce qui s'en va. Il faut peut être se préparer des portes de sortie.
Cela dit qui n'a pas essayé, une fois la jeunesse passée, de faire comme avant, c'est à dire avec la même énergie, sauf que le corps ne suit plus?
Reste le coeur. Pas le coeur qui flanche, celui qui s'ouvre...

Patrick, tu nous as fait rêver par ton élégance au delà de toute pesanteur. 

dimanche 18 novembre 2012

Patrick Edlinger



Patrick Edlinger fut le pionnier de la grimpe aux mains nues au début des années 80. Un corps musclé, une souplesse étonnante, un bandeau dans les cheveux, il dansait littéralement le long des parois verticales sans aucune sécurité, en solo intégral. Cela devint une façon de vivre dont les maîtres mots sont : le respect et l'amour de la nature, le dépassement de soi (physique et moral), le gout du risque.
"Je suis un homme libre" aimait-il à dire. Un homme sans concession.
Des films le rendirent célèbre, ce qui  permit de populariser cette discipline. Il devint un mythe.
Un jour, âgé de 35 ans, il fit une chute grave, de 18 m. En arrêt cardiaque, il fut réanimé, et s'en tira avec quelques déchirures musculaires. Il arrête alors l'escalade à haut niveau.

Je gardais de lui cette image d'un corps magnifique se jouant des difficultés des falaises qu'il escaladait.
Il y a un ou deux ans, je tombais sur un interview ou je découvrais une autre image, celle d'un homme de 50 ans, qui avait vieilli certes, mais dont je sentais des tourments intérieurs à travers son visage. Je n'en revenais pas. Cette liberté, cette aisance, cette fluidité, que son corps exprimait 25 ans plus tôt, avait disparue, car son esprit n'avait pas suivi.

Apprenant sa mort hier soir, à l'âge de 52 ans, je trouve un très bon commentaire ce matin d'un spécialiste de la montagne Gilles Chappaz, qui devait tourner un film sur Edlinger prochainement.


«Oui, il avait reconnu ses difficultés. La vérité, c’est qu’il était dépressif, l’alcool n’était qu’une conséquence de cette maladie, et il voulait désormais bien s’en ouvrir, ce qui modifiait le projet. 
A quoi attribuez-vous ce moral déclinant ?
«C’est le basculement des gens de l’extrême lorsqu’ils reviennent sur terre et qu’ils se rendent compte de leur vieillissement. Ils ont vécu des choses tellement pleines, des émotions si pures que l’angoisse de ne plus les revivre est forte. Patrick se mettait toujours en compétition à 52 ans avec les autres, notamment les jeunes. Mais même en s’entretenant, il savait qu’on ne peut pas être et avoir été. C’est propre au haut niveau, qu’il soit sportif ou artistique. C’est un peu le sens de sa mort».
Je reviendrais sur le sujet...
Regardez juste les premières minutes de la vidéo. C'est vraiment fascinant...

samedi 17 novembre 2012

gauche et droite


Il y a toujours des détails à observer au niveau de l'architecture.Mais ici c'est loin d'être un détail.
Comment se fait-il qu'une série d'arcades ait été commencée en haut à droite, et qu'il n'y ait pas eu de continuité? Problème d'argent sans doute. De même à gauche, le mur en bas vient-il boucher les arcades évidées ou a t-il été bâti ainsi, ce que l'on peut penser quand on voit l'homogénéité des pierres avec l'ensemble?
On a donc une façade complètement dissymétrique. Une partie gauche fermée, plus pauvre, et une partie droite ouverte, travaillée. En Feng Shui, la partie droite représente l'aspect masculin, la partie gauche l'aspect féminin. De même qu'auparavant les hommes se tenaient à droite et les femmes à gauche dans une église.
Ce n'est peut être qu'une coïncidence mais l'église, dans son histoire, est quand même connue pour son sexisme.
Il y a aussi une tour qui se trouve à droite de la façade contre le mur extérieur, ce qui vient renforcer ce que je viens de dire. Pourtant au niveau du paysage, il y a un déséquilibre, car cette fameuse partie droite est en creux. Je ne connais pas l'histoire de ce lieu, mais une telle configuration ne peut amener de prospérité.
Curieusement il reste une ruine de ce côté et un escalier.
Toujours est-il que si les moines sont partis depuis longtemps, C'est une femme qui m'a accueilli, et fait visiter les lieux. Son visage s'éclaira lorsque je lui dis que j'avais étudié les abbayes cisterciennes. Après ses explications, elle me laissa seul dans la nef, où régnait un silence vibrant.
Quelque temps après, je suis revenu dans la maisonnette qui servait d'accueil, sur la gauche justement, pour prendre une boisson fraiche. Elle était là avec un jeune archéologue qui travaillait sur cette église. Ils me firent don de plusieurs documents sur les lieux intéressants à voir dans la région.
J'ai rarement connu un accueil aussi chaleureux dans un lieu semblable.

vendredi 16 novembre 2012

jeudi 15 novembre 2012

En marche


Sur le chemin de Saint Jacques de Compostelle, on voit la coquille comme signature de la trace à suivre.
Ici en Sardaigne, c'est carrément une trace de pas qui est gravé sur la pierre.

Yvan Amar rappelle, avec Chouraki, que la véritable traduction du mot hébreu ashreï au début du sermon sur la Montagne, n'est pas "heureux", mais "en marche". Non pas "heureux les simples", mais "en marche les simples". Et le mot heber désigne entre autres l' "homme qui marche".

"Nous sommes faits non seulement pour être debout, mais aussi et surtout pour être en marche, poussés et 
habités par cette force du plein qui est bonté, compassion en action" (Yvan Amar).

Cet extrait est tiré du livre Mourir les yeux ouverts de Marie de Hennezel

mercredi 14 novembre 2012

En tête à tête

A l'extérieur de cette église romane sarde, des visages contemplent les visiteurs. Peut être faits par des sculpteurs différents. Avaient-ils une orientation quant à la représentation? Qui est cette jeune fille? Qui sont ces personnages? Etait-ce explicite pour les gens à l'époque?
Parfois j'aimerais revivre cette époque, dans la peau de ceux qui y ont participé, quand les villes ou les campagnes résonnaient de l'oeuvre en devenir des bâtisseurs...

  

mardi 13 novembre 2012

En un instant

C'est l'heure du repas et je mange au soleil dans la véranda.
Soudain une détonation, alors que la radio parlait de terrorisme, et un bruit de clochettes (le carillon près de la porte). Je me tourne vers la porte, me demandant ce qui se passe. Je me lève et vais voir. Rien! Dans le même temps j'imagine un voisin ou un gosse ayant lancé un pétard vers la maison pour faire un bruit pareil. Je vérifie la gazinière, mais elle est éteinte.
Finalement en regardant par la vitre, je vois un gros merle noir par terre sur le dos. Je réalise alors qu'il a foncé vers une vitre, pensant traverser, et qu'il s'est assommé. Son oeil est vivant, son coeur bat, mais je doute qu'il s'en sorte. Je me rassieds, rassuré de la compréhension de ce bruit comme une détonation. Puis quelque chose me fait me relever. Je me dis que peut être je peux le sauver. J'ouvre la porte. Son coeur bat déjà moins, ses pattes se recroquevillent, son regard s'absente. Je le prends dans une main. Sa tête reste en arrière. Son corps est tout chaud, mais c'est fini. Ce merle vient de se tuer en fonçant tête baissée, bec en avant plutôt, vers un vitrage. Ce n'est pas le premier, ni le dernier. Je me sens tellement proche de lui que je côtoie la mort aussi. Je suis troublé. En un instant la mort peut frapper. Il suffit d'un instant pour que le vie cesse. J'ai vu son regard, incompréhensif, s'éteindre. J'ai vu les dernières crispations nerveuses. Et j'ai senti cette chaleur frêle qui va s'en aller aussi.
Ce n'est pas grand chose un oiseau, mais c'est autant la vie que tout autre être vivant.
Ah tous ces films qui ne se lassent pas de tuer par dizaines des personnes comme si c'étaient juste des pantins. Mais peut-on décrire seulement la mort d'un oiseau comme je viens de la vivre?

Le carillon près de la porte porte ce mot : Bienvenue! Au paradis des oiseaux... pour ce merle.

Très curieusement je suis en train de relire le livre de Marie de Hennezel : Mourir les yeux ouverts, à propos de la mort d'Yvan Amar.

lundi 12 novembre 2012

quel choix?

S'il y a une chose à propos de laquelle on n'a pas le choix,
c'est bien l'acceptation, 
ou la reconnaissance de ce qui est.

samedi 10 novembre 2012

Le grand départ

emporté par la houle...

Ils partent aujourd'hui. Ils sont parmi les derniers héros de nos temps modernes. Qui sont-ils? Des marins. Que vont-ils faire? Le tour du monde à la voile en solitaire, sans escale et sans assistance.
Pourquoi? Pour l'aventure ultime, pour les sensations, par passion, par esprit de compétition, pour se dépasser, pour s'accomplir... Et tout un tas de raisons personnelles ou inconscientes.
J'ai lu un livre, écrit par une femme psychologue et responsable dans le monde du sport, qui après avoir étudié plusieurs cas et dialogué avec des aventuriers extrêmes (mer, montagne, traversée antarctique), met en avant le fait qu'il y a souvent quelque chose qui a à voir avec le père (Tiens donc!).

Souvent les personnes qui ont fait des exploits, ou des choses assez exceptionnelles, disent qu'il suffit d'oser, d'aller jusqu'au bout de ses rêves, que c'est possible même si ce n'est pas facile... Comme cette phrase célèbre : "Ils ne savaient pas que c'était impossible, alors ils l'ont fait!"
Même si je reprends ce genre d'argument pour me secouer moi même, ce n'est pas si simple. Tout le monde n'a pas la même volonté, ou le même désespoir, ou la même souffrance, ou l'incapacité à s'adapter à une vie "normalisée", sans parler du gout du risque, de la tendance à s'opposer, à être rebelle, à s'éprouver, etc...
Il ne suffit pas de prendre des pinceaux pour être un artiste. On porte en nous un potentiel.
Quelque soit le domaine, ceux qui sont au dessus du lot sont rares, y compris en ce qui concerne la spiritualité (mais c'est une autre histoire).
De toute façon, il faut se secouer. On n'ose pas sur la pointe des pieds.

Ils vont donc partir sur leurs bolides de course en carbone, ultra performants, ultra puissants, ultra bruyants.
La moyenne a été augmenté de moitié en un peu plus de 20 ans. Oublié le "confort" des débuts. Aujourd'hui tout est fait pour la performance, pour gagner du poids, pour aller le plus vite possible. C'est devenu une sorte d'usine bruyante dédiée à la vitesse. C'est donc devenu plus dangereux, et aussi plus fragile. Non seulement le parcours dans les mers du sud avec ses tempêtes et ses mers énormes, mais la pression qu'ils se mettent dans leur course au rendement maximum et continuel, et la prise de risque qui va avec. Il y a pour certains la notion de "ça passe ou ça casse". Et la casse concerne la moitié, voire plus, quand on regarde les statistiques. Certains reviennent justement parce qu'ils ont cassé plusieurs fois dans les courses précédentes.
Ils ont la météo plusieurs fois par jour, tout est régi par l'électronique, et ils passent des heures devant l'ordinateur. Ils savent calculer, en mettant toutes les données dans la boite magique, quelle est la meilleure route à prendre en fonction du potentiel du bateau, et quelles voiles utiliser... Ils dorment en moyenne 5 à 6 heures par jour.

Pure folie? Certains qui l'ont vécu ne veulent plus suivre. La raison invoquée : la pression, l'angoisse, dépassent le plaisir.
C'est une sacrée phrase. On peut la ramener à notre propre vie.
A l'inverse, le manque de prise de risque peut éteindre le gout du vivant...
S'il y a toujours eu des héros à toutes les époques, ce mythe éternel n'existe pas pour rien. Je reste persuadé qu'il faut tenter de se dépasser d'une façon ou d'une autre, chacun en fonction de ce qu'il est.