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mercredi 30 novembre 2011

C'est ainsi

Comment peut-on s'identifier à quelque chose qui ne fait que passer?
Nous sommes un réceptacle, avec des qualités dont nous ne sommes pas propriétaires, juste responsables.
Découvrir tous les aspects de nous mêmes, les accueillir et les vivre. Il n'y a pas à faire semblant d'être ce que l'on n'est pas. Cela ne sert à rien non plus d'imiter quelqu'un qu'on admire, fusse t-il un maître. Etre vrai, authentique, vivre ce que la vie nous propose, jouer son rôle le mieux possible. Ce n'est qu'un rôle. Comme il est dit dans la Gita. C'est ainsi. Etre vrai avec tous nos aspects amène la détente parce qu'il n'y a plus de refus.

Laisser la vie enfin être. 
Plus personne pour s'identifier. 
Juste regarder la vie se dérouler, 
Etre en retrait.
Cela prend du temps,
C'est normal. 
L'essentiel prend du temps, 
Non pas pour y accéder, 
Mais pour y rester.
Lâchons le temps.
Qui peut le posséder?
Il est un rythme à tout.
Il n'y a rien à maintenir. 
Juste être d'accord 
Avec ce qui ne fait que passer.
Le voir vraiment,
Et y revenir.
Y revenir sans cesse. 
Se surprendre de sa tendance  
A la somnolence. 
Etre tolérant,
Mais apprendre la fermeté. 
Se laisser pénétrer par l'insondable. 
Ne plus chercher à comprendre, 
Et ne pas s'en faire.
Ni s'enfermer.
Peu importe l'idiot que l'on était, 
Et celui que l'on sera encore.
Garder le cap
 Du retour vers soi même
Ne plus désespérer
Puis découvrir le non espoir.
Quitter les certitudes,
Caresser le fragile,
Perdre toute notion d'ajout.
Marcher sur le fil de la transparence.
Devenir roseau
Aux racines invisibles
Frêle dans le vent
Mais le regard au ciel.
Ce qui restera
Est promis à la paix

mardi 29 novembre 2011

Habit or not habit


Il y a deux habits. L'habit en tissu, et l'habit de la possession.
Le matin on se réveille, la mémoire resurgit très vite, peut être un rêve, des choses du soir d'avant ou de la journée, on commence à prévoir, à ressasser, à penser. Comme ça, en un rien de temps, l'habit mental nous a recouvert. Ce n'est pas nous qui le mettons, c'est lui qui nous coiffe. Toujours en pleine forme, il démarre au quart de tour...
Puis on se lève et on met son habillement, son "habile ment", une façon de se cacher, une façon d'apparaître.  Puis c'est selon chacun, mettre les nouvelles pour couvrir celles des pensées, ou rester en silence, s'asseoir en silence, rester avec soi même, accueillir ce qui vient. Ne pas être dupe de ce qui nous couvre.
Combien de fois ai-je vu Arnaud Desjardins montrer son poing et l'ouvrir doucement, jusqu'à ce qu'il n'y ait plus de poing fermé, mais une paume ouverte. Ou parler de l'oignon que l'on pèle. Enlever les peaux multiples une à une. Se dénuder de ce qui n'est pas nous.
Le matin, il ne faut pas se laisser recouvrir mécaniquement.
C'est un jeu depuis le début. La règle du jeu, c'est de ne pas prendre le rôle trop au sérieux. Chacun est distribué dans un rôle, c'est ainsi. Philippe ne sera jamais Martine, qui ne sera jamais Jean. Est-ce qu'une rose refuse d'être une rose? Et une ortie d'être une ortie?
Le matin dans la glace, on a le choix : soit on se reconnait et on essaie de prendre la meilleure figure sur laquelle on met notre nom, soit on n'y prend pas plus garde que ça, et on reste dans le vide d'où part le regard.
Où est la conscience, où je me situe? Je continue à jouer un personnage qui me rend aveugle, ou je sais que je ne fais qu'emprunter des habits, un corps, une tête, mais qu'en réalité tout se passe ailleurs.
Je peux m'habiller en restant nu...
C'est un entrainement.
Le soir, je me déshabille. Mais les pensées s'arrêtent-elles?
Qui est nu? Qui est encombré?
Et l'oeil, voile t-il la réalité?...

I am That


découvert sur l'excellent site Vent d'Eveil
http://ventdeveil.blogspot.com/

lundi 28 novembre 2011

2 sortes de chercheurs


There seem to be two kinds of searchers : those who seek to make their ego something other than it is, i.e. holy, happy, unselfish (as though you could make a fish unfish), and those who understand that all such attempts are just gesticulation and play-acting, that there is only one thing that can be done, which is to disidentify themselves with the ego, by realising its unreality, and by becoming aware of their eternal identity with pure being.
(Wei Wu Wei)


Il semble y avoir deux sortes de chercheurs : ceux qui cherchent à rendre leur ego différent ce ce qu'il est, c'est à dire : sacré, heureux, non égoiste ( comme si vous pouviez faire un poisson non poisson), et ceux qui comprennent que toutes ces tentatives ne sont que gesticulations et jeux, qu'il n'y a qu'une seule chose qui puisse être faite, se désidentifier soi même de l'ego, en réalisant sa non réalité, et en devenant conscient de son identité éternelle avec le pur être.

Shikantaza


Shikantaza signifie "seulement s'asseoir".
L'idée véhiculée par shikantaza est que zazen ne doit pas être pratiqué en s'interrogeant sur la pratique, ou en espérant en obtenir quelque bénéfice, mais simplement en s'asseyant et en laissant passer les pensées sans chercher à faire le vide.
Shikantaza ne désigne donc pas tant une technique à part entière que l'attitude mentale propre à la pratique de zazen, le lâcher prise. Il s'agit de se détacher, au sens de laisser les sensations et les pensées émerger et disparaître sans chercher à les maintenir ni à les évacuer. Ainsi, les pensées disparaissent d'elles-mêmes, par le fait que le méditant ne recherche rien de particulier.
Shikantaza pointe une réussite de la pratique, l'accomplissement de la nature éveillée présente en chacun, mais dont la manifestation s'avère entravée par l'attachement, y compris à la pratique de la méditation, là où le méditant qui pratique Shikantaza a renoncé à atteindre quoi que ce soit.

dimanche 27 novembre 2011

Villa d'Este




Située à Tivoli, près de Rome, la Villa d'Este est un palais connu pour ses jardins aux multiples fontaines et plans d'eau (il y en a plus de 100). Il fut commandé par un cardinal au XVI ème siècle, et servit de palais d'été pour les papes. Conçu dans le style maniériste, il fut une référence en Europe, et servit de modèle dans ses aménagements aquatiques. Il fait partie aujourd'hui du Patrimoine de l'UNESCO.

samedi 26 novembre 2011

Vous avez dit François?

Après cette huitaine de jours de pèlerinage sur les pas de François, j'allais poursuivre le voyage de manière disons plus touristique. Mon but était de rejoindre la région de Naples où je n'étais pas retourné depuis une trentaine d'années. La route pour y aller passait par Rome, que j'aime particulièrement, et puis par le bord de mer.
En fait au bout de quelques jours, j'ai senti le désir de retourner à l'eremo, comme si j'y avais laissé quelque chose, comme si le reste, tout en étant agréable, était accessoire.
Je m'étais fixé quelques buts, revoir la Villa d'Este et ses fontaines, faire du canoë sur la côte napolitaine, et descendre jusqu'aux ruines de Paestum...
En vérité, j'avais vécu un moment fort dans cette région d'Assise.
Je reviendrais sur quelques moments particuliers ou croustillants de la suite de ce voyage.
Toujours est-il que lorsque je suis rentré chez moi, hormis le fait qu'un orage avait détruit téléphone et répondeur et en partie l'ordinateur, ce dernier, avant qu'il ne s'éteigne définitivement, me transmit un mail parlant de la sauvegarde d'une église de Saint François d'Assise à Vandoeuvre.
Comment ce courrier est arrivé ici, je n'en sais rien, mais qu'il arrive juste après mon retour d'Italie et de ce pèlerinage, alors je me dis encore une fois que la vie est bien mystérieuse, mais que ses clins d'oeil sont vraiment extraordinaires...

vendredi 25 novembre 2011

le mental ment

LE QU'EN DIRA T-ON
C'EST D'ABORD LE MENTAL

Croire au possible

Je remets de plus en plus en cause les mots, qui peuvent avoir été vidés de leur sens, ou employés mécaniquement. Quand je dis "je", en vérité cela se fait en moi, je ne fais que constater.
Aller vers la profondeur, vers plus de sens, c'est inévitablement tout remettre en cause. Les "on dit", les habitudes mentales, les croyances, les appuis de toutes sortes...
Il ne s'agit plus de croire mais d'être sur, certain, convaincu comme dit Daniel Morin, et qu'il nomme les 3 C.
Vivre c'est vérifier progressivement ce que l'on sent comme ayant du sens. C'est s'appuyer sur du réel vérifiable.

Selon notre éducation on peut être amené à croire différentes choses, mais si on n'arrive pas à une certitude, ce n'est que la superstition.
Il y a aussi ce que l'on croit comme venant d'une perception directe, que l'on n'a pas encore vérifié. Il s'agit donc de se laisser pénétrer pour le digérer.
Croire est un mot galvaudé, qu'il faut apprendre à dépasser. Mûrir, c'est ne plus croire.

Croire au possible - ça fait joli - mais encore faut-il arriver au point de tenter ce possible, sinon cela restera un rêve.
Le possible est différent pour chacun, mais il reste possible s'il apparaît dans notre for intérieur. Où situe t-on le possible d'ailleurs? L'a t-on soupesé? S'y est-on frotté un jour? A t-il disparu, par lassitude, ou en est-il un qui sera toujours là? Celui qui est vraiment notre défi personnel.
Dans mon éparpillement, est-il une chose, véritablement une chose, que j'aurais jamais tenté?
Ne plus être dans le possible, mais passer un premier cap de la certitude. Avoir osé marcher, avoir osé prendre le risque de tomber, puis recommencer, puis savoir que l'on retombera mais prêt à se lever quand même pour avoir goûté petit à petit à l'univers de l'homme debout.
Le bébé qui marche n'a que des êtres debout autour de lui. Choisissons bien son entourage...

jeudi 24 novembre 2011

apprendre et persévérer

Dans son livre "Eloge de la faiblesse", Alexandre Jollien explique comment il a "quelque peine à coordonner ses mouvements, que sa démarche est hésitante et qu'il parle lentement", séquelles d'une asphyxie à la naissance. Termes mesurés pour parler de lui même. Il va commencer dès 4 ans de multiples thérapies.
Quand on le voit aujourd'hui, on est loin d'imaginer tout le chemin qu'il a pu faire.
Ainsi il explique le nombre d'exercices qu'il a du faire pour dépasser son handicap : apprendre à s'asseoir, à tenir  une fourchette, un couteau, sans se blesser. S'exercer à marcher, c'est à dire passer du quatre pattes au "bipède" comme il dit, ce qui lui a pris des années. D'abord s'appuyer sur une table, un truc qui roule ou que l'on déplace, puis sans rien.

Que d'efforts, que de gestes répétés, que de recommencements, que de désillusions, que d'espérance repoussée... pour arriver à s'approcher d'une "normalité" vivable. Je n'imaginais pas tout ça en le voyant cet été à l'enterrement d'Arnaud Desjardins.
Il n'y a pas ce qui lui reste à faire pour être comme la plupart d'entre nous, ce qui n'est pas possible, mais tout ce qu'il a fait pour s'en sortir, et d'abord croire que c'est possible.

Je lisais dans un autre livre il y a quelque temps, l'explication d'un guide à un élève, sur le fait que le bébé qui se met à marcher tombe des centaines de fois, mais persiste jusqu'à ce qu'il arrive à se tenir debout, puis à marcher. Vous vous souvenez de ça? Moi pas.

Qu'est-ce à dire?
Un certain nombre de choses sont naturelles, comme de marcher par exemple, mais demandent en réalité efforts et persévérance. Et on l'oublie, parce que c'est quasiment inscrit en nous. Apprendre à manger sans ses doigts, à faire du vélo, à nager, ou je ne sais quoi, est sans doute moins difficile, car la motricité est lancée.
Qui a eu à se battre vraiment pour y arriver?

"Eloge de la faiblesse" me fait penser au livre de Boris Cyrulnik "Un merveilleux malheur". Au niveau du titre.
Rendre éloge à la faiblesse n'est pas conventionnel, de même que de dire d'un malheur qu'il est merveilleux semble incompréhensible.
Mais que cachent ces paradoxes? Quelle expérience? Unique, mais révélatrice...
Dépasser ses faiblesses, s'appuyer sur son "malheur" pour accéder à autre chose, est de la grandeur finalement, une grandeur d'âme qui fait croire au possible.
Et nous, qui pour la plupart n'avons pas vécu ce genre d'expérience, quel est notre possible?

mercredi 23 novembre 2011

du silence

Le silence n'est pas une absence de bruit extérieur. 
C'est un état de transparence où tout vit
 autour de notre propre absence.

L"amour est un état qui n'a pas besoin de quelqu'un 
ou de quelque chose pour s'épancher.
C'est une source qui s'écoule du coeur apaisé.

mardi 22 novembre 2011

Aung San Suu Kyi


The Lady est une histoire d’amour hors du commun, celle d’un homme, Michael Aris, et surtout d’une femme d’exception, Aung San Suu Kyi, qui sacrifiera son bonheur personnel pour celui de son peuple. Rien pourtant ne fera vaciller l’amour infini qui lie ces deux êtres, pas même la séparation, l’absence, l’isolement et l’inhumanité d’une junte politique toujours en place en Birmanie. The Lady est aussi l’histoire d’une femme devenue l’un des symboles contemporains de la lutte pour la démocratie. Ce film de Luc Besson, à l'initiative de Michelle Yeoh (l'actrice qui joue le rôle), sortira le 30 novembre.

Il est des êtres hors du commun qui tiennent tête à l'oppression. Elle fut mise en résidence surveillée en 1989, et a depuis le 13 novembre 2010 une certaine liberté. Cela fait penser à Nelson Mendela. Elle fut influencée par la philosophie non violente de Gandhi.
Elle reçut : le prix Rafto (pour les droits humains), le prix Sakharov (pour la liberté de pensée), le prix Nobel de la paix, la médaille présidentielle de la liberté, le prix Olof Palme, le prix "Free your mind"...

L’un de ses discours les plus connus, Libérez-nous de la peur (Freedom from Fear), commence ainsi :
« Ce n’est pas le pouvoir qui corrompt, mais la peur : la peur de perdre le pouvoir pour ceux qui l’exercent, et la peur des matraques pour ceux que le pouvoir opprime… »
« Dans sa forme la plus insidieuse, la peur prend le masque du bon sens, voire de la sagesse, en condamnant comme insensés, imprudents, inefficaces ou inutiles les petits gestes quotidiens de courage qui aident à préserver respect de soi et dignité humaine. (...) Dans un système qui dénie l’existence des droits humains fondamentaux, la peur tend à faire partie de l’ordre des choses. Mais aucune machinerie d’État, fût-elle la plus écrasante, ne peut empêcher le courage de ressurgir encore et toujours, car la peur n’est pas l’élément naturel de l’homme civilisé. »

lundi 21 novembre 2011

The Lady

Aung San Suu Kyi



Cliquer sur l'image. Ensuite laissez-vous guider. Vous pouvez aussi cliquer sur le nom en bas à côté de l'oiseau en fin du texte à gauche.

Rencontre

Quelques kilomètres après être reparti du sacro speco, dernier ermitage que j'avais prévu de voir, roulant lentement, je vois une tortue qui traverse la route en haut d'une côte. Je m'arrête aussitôt et la photographie au moment où elle retrouve l'herbe de l'autre côté.
C'est déjà rare de croiser une tortue, mais là je me dis que c'est encore un clin d'oeil de la vie. Aller lentement permet de se retrouver. Quel merveilleux symbole, quelle merveilleuse rencontre!
Le dernier jour de ce voyage, je croise une enseigne cette fois, avec encore une tortue...

dimanche 20 novembre 2011

Tout peut changer très vite

Plus tu as, plus tu peux perdre, et plus tu te protèges.
Tu peux avoir de l'argent, des biens, du pouvoir... C'est bien rare que ceux qui sont dans ce cas partagent.
Chaque élection nous montre la soif de pouvoir des uns et des autres, où tous les coups sont permis. Dans quelques années on apprendra les dessous de leurs histoires, les mensonges, les attaques organisées, les tricheries, les bassesses. On le sait de plus en vite d'ailleurs.

Aujourd'hui grâce à Internet, aux portables, de moins en moins de choses peuvent êtres cachées et donc maîtrisées par les habituels possesseurs du pouvoir. Quelque part la technologie, qui accélère tout processus, participe à un certain bien être tout en profitant à la destruction de celui ci. Du coup tout peut changer très vite. Tout le monde est en relation avec tout le monde (ou presque). Des mots de travers de quelques politiques et c'est la bourse qui bascule, un micro qui traîne et les secrets se découvrent. C'est absolument incroyable, et cela montre toute la fragilité d'un système devenu trop compliqué.

Le bouclier est fissuré. Tout peut arriver, le meilleur et le pire, la non violence et les extrêmes... Et les médias de se délecter du plus grossier. Tout se rajoute à tout. Mais nourrit insidieusement un renversement de valeurs.
Puisqu'il ne faut pas s'attendre au soulèvement des nantis, ce sera par le bas que le changement se produira. Le bas ce sont les pauvres qui n'ont rien ou si peu, ce sont les idées humbles de ceux qui visent le partage et le respect de l'humain...

Et si c'était ça les fameuses prédictions de 2012?
On y arrive, c'est dans un an. Vu tout ce qui s'est déjà passé cette année, souvenez-vous : tsunami, nucléaire japonais, grandes réactions dans les pays l'utilisant, printemps arabe, je parle même pas de la sécheresse ou des inondations, fragilité de l'Europe et autre déstabilisation économique, chefs d'état foutus à la porte ou en fuite... Ca fait beaucoup en un an je trouve, et même très beaucoup! Ne m'accusez pas de pessimisme, c'est de la pure réalité objective! Avez-vous vu que les choses (de cet ordre j'entends) s'amélioraient doucement?
Rien que dans mon magasin d'alimentation habituelle, je peux vous lister des produits qui ont pris 20 % en un an. Faut pas se boucher les yeux quand même!
Le meilleur c'est que tout le monde se parle, bien plus qu'avant et à tous les niveaux. Les blogs en sont un témoignage, mais aussi les politiques entre eux. J'ai justement rencontré hier soir une amie au rayon spiritualité et développement personnel d'un magasin Cultura qui me disait combien les choses avaient changé en voyant la taille de ces rayons aujourd'hui.
Il y a une ouverture inévitable. Il y a une conscience plus grande. Il y a de plus en plus de gens "bien".
Dans cette période de trouble historique et à très grande échelle, cultivons le calme et offrons le en partage. Il n'y a que ça qui peut être utile au devenir qui nous dépasse.

samedi 19 novembre 2011

N'oublie pas

N'oublie pas
Quand tu te lèves le matin
N'oublie pas
Quand tu ne fais plus rien
Dans la journée
N'oublie pas
Quand le soir tombe
N'oublie pas
Quand tu t'endors
N'oublie pas
Quand tu t'éveilles la nuit
N'oublie pas
Si tu oublies
Insiste
Car Il ne t'oublie jamais

Quand tu auras grillé toutes tes allumettes
Il sera la dernière
Quand tu sentiras son ombre
C'est qu'il t'aura éclairé
Si tu vois la lumière
Il n'y aura que Lui

vendredi 18 novembre 2011

On y est

"- C'est pour bientôt!
- Quoi?
- Le changement!
- Le changement de quoi?
- De tout, du système, des mentalités, des priorités...
- Comment ça? Les gens manifestent et rien ne change vraiment.
- Oui, dans l'apparence, mais en profondeur les choses se font, le dessous de l'iceberg va apparaître, les nouveaux comportements sont là.
- Que va t-il se passer?
- Mais il se passe déjà!"

Fichier:Manifestations des indignés à Bastille 10.jpg
Cette forme de révolution comme le prophétise le livre de Stéphane Hessel "Indignez-vous" (vendu à plus d'un million d'exemplaires), est repris un peu partout, comme le printemps arabe, comme le mouvement des indignés en Espagne, mais aussi ailleurs en Europe, comme "Occupons Wall street"...
Ce qui est nouveau, c'est que ce n'est pas institutionnel, politique, syndical, c'est un raz le bol général, ça vient des tripes, c'est réactionnel, et en ce sens c'est naturel, humain, sain, et incontrôlable.

Il y a plein de mouvements autonomes du style "on vit d'une autre façon" initiés par un vrai sentiment écologiste, respectueux de la nature et des autres. Pierre Rabhi et d'autres y sont pour quelque chose, mais ils ne sont que révélateurs. En dehors de ceux qui y ont toujours cru et agissent, il y a ceux qui verdissent de peur et s'y mettent. Il y a les récupérateurs de première : les nantis, les politiques, les entreprises, les médias, qui n'y comprennent pas vraiment grand chose en fait, car ce n'est pas vécu de l'intérieur. Et puis il y a tous ceux qui freinent des 4 fers, ce sont les mêmes d'ailleurs...

Il y a tous ces mouvements spirituels, qui se comptent par centaines d'endroits ou groupements maintenant, rien qu'en France, bien plus nombreux que les monastères du Moyen âge. Bien sur nous ne sommes pas le même nombre, mais c'est en marche inéluctablement et cela se voit.
Partout on parle de faire des économies, de bien être, de relationnel, de recherche de sens, de respect, d'environnement.... c'est révélateur, même si par ailleurs les dégâts continuent.
Les solutions sont là, au niveau pratique et au niveau mental pour ne pas dire spirituel.

Déjà ça craque de partout, la crise est admise, pas dans son ampleur véritable car ceux qui en parlent ont peur de ce qu'ils ne maîtrisent plus, et croient qu'ils vont y remédier, mais c'est là. Le système économico-financier pour faire simple, ou du "moi d'abord les autres je m'en fous", est arrivé au bout, va mourir de sa belle mort. Puisque rien ne dure, puisqu'une énergie, aussi puissante soit - elle ne peut s'expandre indéfiniment, puisque les temps sont murs...
Même la terre se dérègle. Il fait chaud en novembre, mon cerisier a fait sa deuxième floraison en octobre, et tout un tas de records climatiques sont de plus en plus atteints.
Et les gens n'ont rien à perdre, ça c'est la force suprême!

A suivre...

jeudi 17 novembre 2011

Qui vive?

Parfois des mots me passent par la tête, ainsi : "Etre sur le qui vive".

Y associant l'idée d'une peur quelconque, d'un danger, je trouvai paradoxal de trouver le mot "vive" s' il y a le sentiment de peur. En même temps la peur peut nous rendre extrêmement attentif, donc vivant.
Allant regarder sur le dictionnaire, je trouve : être sur ses gardes, être en alerte.
C'est intéressant car on retrouve aussi, et au bout du compte, la notion d'une vigilance extrême.

Dans l'histoire de ce mot il y a la référence au garde qui sur - veille et demande l'identité d'un éventuel passant (ennemi). Il a donc un rôle important, comme le garde, gardien, veilleur, surveillant, dont le nom explique bien leur rôle, mais dont on a peut être un peu perdu le sens.
"Donner l'alerte" est ce que fait le garde qui risque de surprendre ce qui peut mettre en danger.
Etre en alerte, c'est être extrêmement attentif, vigilant, comme l'indique l'expression "tous sens en alerte". Quelqu'un d'alerte, c'est aussi une personne agile.

Cela viendrait de l'italien all'erta : sur ses gardes, erta signifiant : côte, hauteur, erto : escarpé, du verbe ergere : dresser, venant du latin erigere, qui a donné ériger en français. Initialement all'erta signifiait : sur la hauteur.
On sait bien que pour surveiller, regarder, il vaut mieux être un peu surélevé.


Découvrant que cela vient du latin erigere, avec le sens d'une hauteur, je pense au mot arabe erg qui est un ensemble de dunes dans le désert. Et erg ressemble à berg en allemand qui signifie la montagne. On retrouve la berge en français qui est une hauteur par rapport à l'eau.
Erg vient de la racine arabe irk qui signifie transpirer. Nul doute qu'affronter les dunes de sables en plein soleil fait transpirer.
Erg vient du grec ergon, signifiant : action, oeuvre, travail, venant de l' indo-européen wergom, qui a donné weorc en anglo-saxon, d'où work en anglais qui signifie travail, oeuvre. Ergon a donné ergonomie.

Si je relie tous ces mots, on voit que le fait d'être en alerte nous amène au fait d'être sur une certaine hauteur, que le lien avec ériger nous fait penser à la verticalité (l'homme vertical dans la spiritualité), que la montagne nous renvoie à Jésus qui enseigne sur la montagne ou va prier sur la montagne (j'en ai déjà parlé dans les commentaires de l'évangile, voir le lien), bref que tous ces mots sont en rapport, avec le dénominateur commun d'une profonde vigilance (alerte) et donc du "vrai" sens de la vie (qui vive).
Mais ce qui est intéressant c'est d'y voir associé la notion de travail.
En effet la vigilance n'est pas donnée, c'est un travail de tous les instants.

mercredi 16 novembre 2011

Lo sacro speco

Le matin, je reviens au sacro speco. La porte de l'église est ouverte. J'entre et assiste à la prière du matin, avec lecture de textes. Puis je m'assieds près de la porte du cloître en attendant son ouverture.
Quelques instants plus tard, j'entends un bruit de pas en contrebas avec celui d'un pic si caractéristique comme l'utilise certains marcheurs. Je vois arriver deux hommes d'environ mon âge, avec leurs sacs à dos. Des pèlerins, me dis-je. Ils posent leurs sacs sur le banc, et sortent leur gourde. Ils jettent un oeil par la grille du cloître, puis vont dans l'église. Finalement ils sortent leurs victuailles et se mettent à manger. Puis l'un des deux téléphone. Assez longtemps. Chacun sa façon de pèleriner...
De mon côté je lis Krishnamurti.
Avec quelque retard sur l'horaire indiqué d'ouverture, un frère vient ouvrir la grille. Je redécouvre le cloître à la lumière du matin. Après avoir fait quelques photos, je visite les lieux ouverts.  Il y a une salle avec une grande crèche, et un puits éclairé où l'on voit des pièces au fond. Le réfectoire avec sa table ancienne comme toutes celles des sanctuaires franciscains. Il y a une superbe icone.
Une porte reste fermée, mais je vois qu'elle est accessible. J'attends que les personnes qui viennent d'y entrer en ressortent, puis j'y vais. C'est une chapelle sans ouverture. Je referme la porte et reste dans la pénombre. Je vais m'asseoir. Il y a une qualité de silence comme j'ai rarement  senti. C'est palpable. Au bout d'un moment, quelqu'un rentre, et voyant que c'est sombre, allume la lumière. C'est le père de l'ermitage. Il dit à une personne d'entrer. Il me découvre alors et me demande de sortir, car il doit confesser la dame qui le suit.
- "Si vous voulez prier, allez dans l'église" me dit-il, sans s'excuser le moins du monde. Il parle fort. Je lui réponds qu'il n'y a pas le même silence dans l'église. Ce n'est pas son propos, et je n'ai pas l'impression qu'il m'écoute. Puis il se met à parler avec la dame assez âgée. Je ne vais pas dans l'église, et reste dans le cloître. J'entends le bruit de leur conversation. Cela me fait presque peine pour le lieu si paisible.
Comment un homme qui vit dans un endroit pareil ne peut-il pas être sensible à l'ambiance d'une telle chapelle? Mystère.
Cet endroit reste le plus beau que j'ai visité. Je reste jusqu'à ce que je sente que je peux partir sans regret. C'est le dernier ermitage du pèlerinage sur les pas de François.

mardi 15 novembre 2011

Oui aux noms

Au hasard des rues de Paris ce week end...


Le Bonheur

Ce soir sur la 2, une nouvelle émission de Frédéric LOPEZ : 

LEURS SECRETS DU BONHEUR

Frédéric Lopez produit déjà une émission qui connait un grand succès depuis environ 5 ans : Rendez-vous en terre inconnue. Il emmène une personne célèbre, sans lui dire à l'avance où elle part, dans un endroit souvent complètement inconnu. Ce sont des gens qui vivent plutôt en tribu, dans un univers on ne peut plus différent du notre. Des liens forts vont se créer dans le partage du quotidien, véritables leçons de vie, qui font qu'au bout de 10 ou 15 jours, un attachement réel s'est créé, ce qui rend les adieux très touchants. On y trouve les valeurs humaines telles que la simplicité, le partage, le respect, et le sourire.

Il semble que Frédéric Lopez, qui a suivi une psychanalyse pendant plusieurs années, ait été touché par ces personnes qui se disent heureuses avec moins que rien. Dans cette même démarche, il propose une nouvelle émission mensuelle sur le thème du bonheur, avec des constats scientifiques, des conseils, des témoignages de gens heureux. Qu'est-ce qui nous rend heureux, qu'est-ce qui nous empêche d'être heureux, la peur.... seront les thèmes abordés ce soir.

jeudi 10 novembre 2011

Pas de "pubelle" pour la pub

C'eut été en ville, je ne l'aurais pas remarqué. Mais là, sur le chemin qui descendait de la chapelle et de la grotte au monastère, je me suis penché pour le ramasser. C'est alors que je vis sur ce sac en plastique, contenant sans doute des gâteaux, le nom de Saint François. Décidément, le monde moderne récupère tout. C'est quand même fantastique de trouver cet emballage jeté sur le sentier d'un ermitage franciscain....

mercredi 9 novembre 2011

Détails

Je trouve que l'alignement irrégulier des fenêtres amène de la poésie, tout comme les arcades.

Bien sur il y a une pente, et c'est justement l'intérêt, d'avoir composé avec. Mais au final...Si on revient aux photos d'avant, c'est l'ambiance qui domine. Et sans doute qu'une composition trop régulière, trop rigide, eut été vraiment choquant.

Lo sacro speco

Au dessus de l'ermitage, un chemin mène à une chapelle ainsi qu'à deux grottes. Le sentier est ponctué de citations bibliques et des prières de Saint François. Comme souvent dans ces lieux retirés, on peut sentir que l'on a quitté "le monde d'en bas".


Cette vue montre la chapelle un peu plus haut.
Lorsqu'on regarde avec attention les ouvertures en plein cintre donnant sur le cloître, on découvre que pas une seule n'a la même taille, la même hauteur. Il en est de même pour les fenêtres des cellules à l'étage. Une régularité parfaite serait presque choquante à l'oeil, où plutôt dans ce que le cerveau enregistre inconsciemment et transmet dans l'appréciation du vivant en nous. Le manque de moyens, de spécialistes, et une certaine poésie je dirais, avec l'adaptation au lieu sans vrais plans préconçus comme aujourd'hui, donnent à mon avis encore plus de charme et de vie à l'ensemble. On sent la main de l'artisan. Beaucoup d'oeuvres religieuses, apparemment parfaites, ont des rattrapages, des "irrégularités", qui pris dans un ensemble ne se voient pas toujours.
L'esprit de l'ensemble est compréhensible, mais le détail est humain, vivant, simple. La beauté n'est pas du domaine du parfait. C'est comme un visage, qui n'est jamais régulier, symétrique, et en cela unique.

mardi 8 novembre 2011

Lo Sacro speco

Ce lieu est à l'écart des autres sanctuaires de la vallée du Rieti. Pas facile à trouver par la route que je prends. Il faut changer de vallée. Route en zig zag à travers ces petites montagnes. Je découvre un ermitage abandonné, en bordure de route, et fait une petite halte. Le nombre de lieux de retraite dans cette région est incroyable, c'est sans doute le coeur de la spiritualité en Italie. Je découvre des hameaux accrochés aux collines avec toujours un clocher au milieu. Il n'y avait pas de chômage pour les bâtisseurs d'église à cette époque...

Je m'engage sur une petite route qui s'élève en lacets à travers une forêt, et qui se termine par un parking.
Je prends le chemin qui conduit vers l'ermitage. Avant de passer l'entrée, je découvre l'église, ouverte à tous, comme souvent. Son style ne me branche pas trop, et je ressors pour visiter le cloître avant qu'il ne ferme. C'est un enchantement. Le cloître a trois côtés couverts, mais le reste est complètement ouvert sur la vallée qu'il domine nettement. C'est tout à fait unique. Le soir tombe, et si le petit monastère est dans l'ombre, les collines au loin sont dans la lumière du couchant.
Il ne reste plus beaucoup de temps pour profiter de ce lieu, et je me promets de revenir demain matin à l'aube.

lundi 7 novembre 2011

Attendre que ça passe

Attendre que ça passe!
Voilà un exercice pas banal. Qu'est-ce à dire?

Si on attend le train, par exemple, on sait qu'il doit venir, donc on est d'accord pour attendre. Si c'est 10 minutes, il y a une programmation interne qui se met en place pour nous envoyer le message : "je suis d'accord pour attendre 10 minutes". Si le train est en retard, disons 20 minutes, on peut observer la réaction de ceux qui attendent, qui elle ne se fait pas attendre. Regardons pour soi même en même temps. Et de vérifier l'heure touts les 3 minutes, puis deux fois par minute, au cas où le temps passerait plus vite. Une incapacité à attendre en vérité.
Fichier:Arrival of the Normandy Train, Gare Saint-Lazare 1877 Claude Monet.jpg
Le jeu est d'attendre que le sentiment d'attente passe. Vous pensez peut être : c'est vicieux!
Attendre, c'est quelque part un constat d'impuissance. Ce que nous fuyons souvent, pour ne pas dire systématiquement. On n'aime pas attendre car on est pris dans un sentiment d'inutilité, d'incapacité de rester avec soi même. Vite une cigarette, vite une lecture, vite un coup de sans fil (elle est drôle celle là!), vite une compensation...

Attendre que le sentiment d'attendre passe. Ce n'est pas évident. Il faut s'exercer. On sait que tout passe, par nature, que rien ne dure. Donc on fait le test. On se regarde en train d'attendre. Il n' y a rien d'autre à faire, on a le temps. C'est juste histoire de voir combien de temps on va tenir. S'il n'y a pas de limites, c'est très difficile. Si c'est pour attendre le retard du train, on peut essayer. Sinon on essaie, on fait ce qu'on peut, et on passe à autre chose. Ou peut être que la vie va proposer quelque chose, qui sait?

Qu'est-ce que la méditation, en tant qu'assise silencieuse, sinon apprendre à attendre d'une certaine manière?
Combien de fois attendons nous la fin?  Parce que c'est très difficile de ne rien faire. Juste observer ce qui se passe dans la tête, pas en rêvant, en étant vraiment présent. Chaque fois qu'il y a rien à faire, au lieu d'attendre impatiemment, on peut transformer l'attente en présence, en observation. Plus on s'entraîne, plus c'est facile, bien sur.
Du coup, expérience aidant, on va découvrir que l'on n'attend plus que ça passe.

Un autre exemple c'est l'émotion. Ce n'est pas comme le train, il n'y a pas une heure d'arrivée et une heure de départ. C'est vraiment un travail que de l'accueillir pour que son énergie s'épanche, puis qu'elle s'en aille car elle a vécu son temps, surtout si rien ne la retient. On la laisse vivre et on attend que ça passe.
Bien sur ce genre d'attente n'est plus de l'attente. L'attente est passive. L'attente consciente est active. Dès que l'observateur est là, il y a une action véritable.
L'attente fait apparaître le temps long, puisque que désir d'un résultat qui n'est pas là, tandis que la présence fait disparaître le temps.

dimanche 6 novembre 2011

ici ou ailleurs

Dernières nouvelles d'ailleurs : 
"Aucun accord n'a pu être trouvé. 
Le conflit continue."

Bonne nouvelle d'ici :
"Je ne discute pas ce qui arrive. 
Je ressens une certaine paix."

Greccio

La solitude oblige au silence. Visiter un lieu à deux est une possibilité de parler, d'échanger. En groupe cela n'a plus rien à voir. Le risque est le brouhaha. Dans un ermitage, le contraste est parfois brutal.
Le car a vidé son contenu de visiteurs, des Espagnols, que j'essaie d'éviter.
Le message est clair...

L'endroit est étroit, fait de couloirs, de chapelles minuscules, d'une grotte, et d'un dortoir. Il n'y a pas de cloître. Cela donne vraiment l'impression d'un enfermement. Par contre il y a un petit balcon qui permet la vue sur le paysage, plein sud, que l'on domine. Ce lieu est toujours habité par quelques frères. Le passage de l'intérieur, confiné et peu éclairé, à l'extérieur, ensoleillé, est surprenant. L'église principale, beaucoup plus récente, est donc à l'extérieur. Il y a une musique religieuse en continu, ce qui est sans doute une très bonne chose pour aider au recueillement. L'endroit vibre bien, et je m'y attarde.
Je redescends sans avoir croisé Daniela. Je les retrouve dans le gite. Nous décidons de déjeuner ensemble. Ils vont faire rapidement quelques courses, puis nous nous installons sur une table de pique nique à l'ombre d'un arbre.
Daniela me demande de parler un peu de mon parcours. On devient plus familiers, avec quelques notes d'humour. J'apprends qu'elle écrit aussi des chansons pour les enfants, en ce moment sur les éléments, comme  en parle Saint François.
Son père nous fait rire, car il ne voit pas les choses tout à fait pareil. Il a 75 ans et en paraît nettement moins.
Il croit que je suis encore jeune (pour lui), entre 45 et 50 ans, ce qui me fait sourire... Je lui dis ce qu'il en est.
Ils m'invitent à venir les voir chez eux, près de Turin, en fait près de la Sacra San Michele, où je suis déjà passé il y a bien longtemps. Ils vont voir une cascade ensuite, avant de reprendre la route vers le nord. Ma prochaine étape est un autre ermitage, qui n'est pas dans la même direction. On se quitte donc, après ce partage chaleureux.

jeudi 3 novembre 2011

Retrouvailles


Greccio est le dernier sanctuaire franciscain de cette vallée. L'un des plus connus sans doute à cause de son histoire. C'est dans ce lieu qui lui est cher, que François demande et obtient l'autorisation de célébrer Noël en 1223. Malgré sa maladie, il est dans une joie intérieure de plus en plus grande, et Noël est pour lui une fête particulière : symbole de la pauvreté dans laquelle est né Jésus, symbole de la lumière dans l'obscurité. Il demande au seigneur du lieu d'installer dans une grotte, une mangeoire avec du foin, et d'y conduire un boeuf et un âne. C'est ainsi qu'il va célébrer la messe avec le prêtre, les frères, les bergers, les paysans, comme s'ils se trouvaient à Bethléem 1200 ans en arrière.
Ainsi dans l'église, il y a une exposition de dizaines de crèches très originales.

Après avoir garé la voiture sur le parking, non loin d'un bus, ce qui indique bien la célébrité d'un endroit, je commence à monter les marches qui conduisent au monastère.
Et là, après quelques pas, je rencontre David et son beau père qui descendent. Ils me disent qu'ils ont dormi là dans une maison dortoir. Daniela est encore dans le sanctuaire. Ils me proposent de nous retrouver quand j'en descendrais. Quelle bonne nouvelle, car je les croyais partis. A 30 secondes près, je ne les aurais pas croisé.
J'aime bien ce genre d'anecdote, où parfois, pour quelques secondes, une rencontre se fait ou pas. On pourrait imaginer un film où, en suivant deux personnes dans leur cheminement, on voit qu'elles se rencontrent à un moment précis, et que tout ce qui les a mis en retard ou en avance avant, n'a fait qu'à contribuer à cette rencontre.
Je me réjouis donc de les revoir, ici à Greccio...

Retour à La Foresta

Après avoir mangé, je retourne à La Foresta. Le même homme vient m'ouvrir, et me conduit à la chambre. Il me montre les toilettes communes. Il y a une salle à manger où une famille est en train de manger.
Je m'installe dans ce qui m'apparaît comme bien confortable. Il y a même un lavabo dans la chambre. Douche, lessive, et promenade dans le jardin. Par une fenêtre donnant sur le jardin, j'entends les voix de ces hommes accueillant quelques jeunes.
Le lendemain matin, la cloche sonne à 6 H 15. Je prends le petit déjeuner avec un homme, et nous parlons de la culture italienne, de l'art, de l'architecture, de Rome, de l'antiquité...
Après un dernier regard à la grotte et au jardin, je pars pour Rieti, visiter le centre, puis direction Le Greccio.



Ce n'est pas si courant de voir des fleurs partout dans un monastère, mais cela donne une vie bien réelle à l'ambiance du lieu, et ajoute de la couleur.

mercredi 2 novembre 2011

Du lourd et du léger

Je ne sais plus si c'est Ramdas ou Ramana qui compare l'homme à un voyageur dans le train qui garde son sac à dos ou ses bagages sur lui. Au lieu de les poser, il les porte continuellement....
C'est ce que l'on fait. On porte ses problèmes, ceux des autres, avec nous, et on y tient même. On se fait du souci pour telle ou telle chose, parce que l'on voudrait que tout se passe à notre idée, selon notre compréhension du monde, de la vie. C'est fatigant, non? On se lève le matin et on endosse tout. Le sac n'est jamais trop petit. Mais il est toujours trop lourd!

La solution est pourtant simple : gérer le mieux possible ce qui est à notre niveau, et laisser la vie s'occuper du reste. Pourquoi vouloir s'occuper de tout ce qui ne dépend pas de nous? Sans doute par fuite de s'occuper de soi même. Du coup on porte le monde non idéal et notre propre incapacité...
Lorsque l'on s'aperçoit que ce n'est pas possible, on se tourne vers soi. Plutôt que de s'alourdir un peu plus chaque jour, on apprend le délestage. C'est comme les mongolfières, dont on jette les sacs de sable pour monter plus haut.
Voir ses comportements, améliorer ce qui est possible, et s'alléger du reste. Qu'est-ce qui entrave ma liberté d'être? Quelles sont mes dépendances nécessaires, et quelles sont celles dont je suis tributaire mais qui ne sont que des entraves?

C'est toujours une histoire de voir. Voir clair. Voir sans jugement. Ne pas juger, c'est être neutre. C'est être d'accord finalement. Ma propre expérience me fait dire que pour être d'accord, il ne faut pas saisir, il ne faut pas s'emparer de. Pour être libre, moins dépendant, il faut laisser les choses de la vie indépendantes, laisser les autres libres d'être tels qu'ils sont, y compris soi même. Et donc apprendre à se laisser libre de juger. Si on le voit, c'est gagné. Le fait de voir vraiment déclenche un mécanisme neuf qui ne dépend pas de notre volonté. Le véritable changement vient de là.
C'est comme pleurer, cela soulage, on est plus léger après. On a tous connu ça, enfin pour ceux qui se laissent pleurer. La vérité allège. C'est le propre du chemin : se débarrasser du lourd en dénonçant le faux.
En s'allégeant soi même, on peut porter les autres, mais sans que cela ne pèse en rien en vérité, car on ne prend plus rien. Voir en quelque sorte, c'est apprendre à ne plus prendre...

mardi 1 novembre 2011

Toussaint

The Saint is a man who disciplines his ego. 
The Sage is a man who rids himself of his ego.

Le saint est un homme qui discipline son ego.
Le sage est un homme qui se débarrasse de son ego.

Wei Wu Wei


"Sois sage à la Toussaint"

Bibi

Pas de temps à perdre

En ce jour de la Toussaint, il ne s'agit pas d'oublier celui ci...
Je ne sais pas s'il est monté au ciel rapidement, ni s'il était régulièrement invité, encore moins si les gens du village sont pressés. Je n'ai fait que passer...