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vendredi 31 janvier 2014

Perte et deuil

A un couple qui venait de perdre un enfant, Ma Anandamayi répondit :

"Tout arrive selon son karma. C'était votre karma de servir votre enfant pendant quelques années, et son karma d'accepter vos services. Parfois de grands saints doivent renaître pour quelque temps afin d'épuiser, dans une atmosphère propice, les karmas qu'il leur reste. Quand le processus est terminé, Dieu les reprend. C'est la lila divine. Certaines fleurs tombent sans porter de fruits. C'est la voie du monde. Il y a obligatoirement perte et deuil."

"Que votre vie soit une vie de consécration! Votre maison elle même peut être un ashram. Les souffrances viennent afin de vous rappeler d'orienter votre esprit vers la recherche des bénédictions divines."

mercredi 29 janvier 2014

Du rêve à l'éveil


Visages de sages et phrases sur l'éveil ...
Cliquez :
http://ubuntuone.com/1xpGWKM6R2X3bwVpcbdiTy

Merci à Yohan.

mardi 28 janvier 2014

Une fois passé le rêve

Une fois passé le rêve d'une spiritualité à bon compte
Une fois passé le fait d'être rassuré par un être lumineux
Une fois tombée l'attente d'un avenir meilleur
Il s'agit seulement de s'adapter à ce que présente la vie
Entre ce que je peux faire et ce qu'elle propose
Ce que je peux faire est le compromis entre ce dont j'ai envie et la réalité
Entre l'obligation et la lutte contre ma propre faiblesse
Il s'agit d'être plus malin que le malin
De composer avec ses propres composants
Pris entre ses attirances, ses pulsions, ses désirs, ses maladresses
Et la partie plus subtile, plus intelligente, plus paisible
Qui ne cherche que la paix du cœur
Donner la parole à chacun et faire le bon choix
Apaiser les criards pour tenter d'unifier l'ensemble
Et revenir au silence primordial
Que la profondeur désire, que la superficie renie
Tenter l'accueil de tout est le véritable secret
Ne rien exclure de ce qui dérange
Afin que meure progressivement cette notion :
Etre dérangé
Il n'y a pas d'autre chemin que ce qui se présente à chacun
Sans comparer, sans imiter, sans envier
Il n'y a que coexistence de différences
S'opposer à cette évidence n'est que source de tensions
Autant se rendre tout de suite
Et user ce qui résiste jusqu'au lâcher final
Comprendre vraiment, c'est faire confiance au vivant
La confiance c'est l'absence de tout autre
C'est le non choix total
C'est se fondre dans la vie
Ce n'est pas confortable tout de suite
C'est même assez fragile
Mais le goût ne s'oublie pas.

dimanche 26 janvier 2014

Faire des choses ensemble...




Alan Craig est un artiste californien spécialisé dans le "Human Pixel Art". Il s'agit d'un travail numérique à partir d'images de foules.
Pour en voir d'autres :
http://viningsgallery.com/featured-artists/craig-alan/

samedi 25 janvier 2014

Un chat à l'écoute


Des amis font la route en voiture entre le sud ouest atlantique et la méditerranée. Avec leur chat.
Le chat commence à miauler dés le départ : Miaou, miaou, miaou, miaou.... Ca va bien 5 minutes, au bout d'un quart d'heure c'est déjà trop, et au bout d'une heure cela devient insupportable. Comme ils pratiquent la Communication Non Violente, ils décident de s'arrêter pour faire le point avec le chat.
Elle prend un temps, puis se tourne vers le chat en lui expliquant la situation :
"On ne peut pas continuer à faire la route ainsi avec tes miaulements incessants. Je comprend que tu n'aimes pas la voiture, mais cela devient insupportable de continuer dans ces conditions. Je te propose une solution, on est près d'une ville où l'on connait quelqu'un. On peut t'y laisser et on te reprendra au retour, si c'est ce que tu préfères. Sinon je te demande de ne plus miauler comme ça si tu veux continuer avec nous. Qu'en penses-tu?"
Elle se tait et regarde le chat, attendant une réponse. Le chat ne dit plus rien. Elle considère que le chat a compris, et ils repartent.
Le chat n'a plus miaulé jusqu'à la fin du voyage à Toulon!

jeudi 23 janvier 2014

La vie commence à 60 ans

Bernard Ollivier
 
"La vie commence à 60 ans" est un livre de Bernard Ollivier.
Je connaissais l'auteur pour avoir lu ses livres sur la route de la soie qu'il a faite à pied. Très belle plume que je vous recommande si vous aimez les voyages et l'aventure.
Ce titre, découvert avant Noël, m'a interpelé. Il semble provocant, ou plein d'espoir, cela dépend.
Cet homme était journaliste. Il a perdu sa femme à 51 ans, et arrive à la retraite sans savoir comment l'organiser sinon que tout lui annonce que c'est une fin et que la société n'a plus besoin de lui. Du coup, à 60 ans, il s'élance sur les chemin de Saint Jacques pour réfléchir à ce qu'il pourrait faire de sa retraite. Je trouve l'idée pas mal déjà. Le long du parcours il va rencontrer des gens qui font marcher des jeunes délinquants pour les aider à s'en sortir (une association belge). Cela lui donne alors l'idée de faire la même chose en France.
C'est ainsi qu'il va créer l'association SEUIL (tout un symbole) l'année suivante pour lancer cette même idée : aider des délinquants par la marche. De la marche pour de bon, environ 2 000 Km ou plus... Voici le site : http://www.assoseuil.org/

Et puis il va s'élancer sur cette fameuse route de la soie, en quatre ans, marchant pendant 3 mois.
Il vit un véritable épanouissement, dans la découverte, dans la marche, dans les rencontres, dans l'écrit. Ses livres ont un succès réel, ce qui lui attire des conférences un peu partout. L'association fonctionne bien aussi.
Le retraité qu'il était, avec la peur du désoeuvrement, devient bientôt un homme occupé à son accomplissement et au don de lui même envers des jeunes.
D'où son livre : La vie commence à 60 ans.

Bien sûr on peut avoir l'impression que l'on vit pleinement avant, qu'on se réalise à travers ce que l'on fait déjà. Mais est-ce la cas de beaucoup? Je doute. Certains changent de cap à l'âge de la maturité en faisant de vrais choix. Certains se sentent prisonniers d'un système, voire de plusieurs systèmes.
La société, le travail, la famille, les enfants, les obligations....
Si je prends le cas des enfants, en parlant du fait que l'on se conduise en parent responsable, il y a d'abord les jeunes années où l'enfant n'est absolument pas autonome, ce qui nous demande pas mal de temps pour s'occuper de lui. Puis ensuite le temps de l'école, des devoirs, des sorties, de l'accompagnement à droite et à gauche.... Puis l'adolescence, le temps de choix, de la différence, de l'opposition.... Des études pour ceux qui en font, du coût que cela représente, etc, etc....
Il faut gérer aussi le reste de sa vie, le conjoint, ou la solitude, le boulot, ou le sans boulot, bref tout ce qui est le quotidien du monde moderne.

Qui n'a pas songé au temps de la retraite où enfin on se sentira un peu moins coincé par toutes ces obligations, ou aux longues vacances, qui semblent toujours trop courtes, ou imaginer gagner au loto pour faire tout ce qui nous passe par la tête?
Je ne doute pas que vous êtes épanouis dans votre situation, de par votre pratique de l'acceptation.
Cela n'empêche qu'il faut vivre ce que l'on porte en soi de vivre, et que pour certains il faut avoir du temps, sinon de l'argent.
J'ai envie de dire que pour ceux qui gagnent de l'argent, ils peuvent au moins acheter des choses qui leur font plaisir (si c'est leur cas bien sûr). Pour ceux qui veulent réaliser des choses qui demandent du temps, c'est un peu plus délicat, car le temps est souvent compté dans une vie active. Soit on attend la retraite, soit on arrête tout et on part, ce qui comporte aussi des risques, ou on prend une année sabbatique (pour ceux qui le peuvent).

Commencer à vivre est donc quelque chose qui n'est pas si simple.
Racontant cette histoire à un homme de 80 ans (en pleine forme), il me répond du tac au tac : La vie commence à chaque instant! Il a certainement raison.
Pour ma part, les gens qui partent me font toujours rêver. Ce week end, je revoyais quelqu'un qui, à la retraite, venait de faire le chemin de Saint Jacques.
Le but n'est pas de partir bien sûr, mais de s'engager dans quelque chose où un certain accomplissement est possible, où l'on se sent unifié dans cette démarche. Certains se préparent des années avant de franchir le pas. L'important c'est de commencer.

mardi 21 janvier 2014

Dominic Barter et la résolution des conflits

Pour écouter cette vidéo, cliquez :
http://www.dailymotion.com/video/xf8aek_ils-font-autrement-4-humaniser-la-j_news&start=101

Lors de la conférence sur les Cercles Restauratifs, il nous a proposé de réfléchir à ce que l'on entendait par "justice". C'est vraiment intéressant.
Je ne m'étais jamais penché sur ce que cela pouvait être, sinon faire référence à un système en place. mais le système judiciaire actuel représente t-il vraiment une justice. La justice existe t-elle d'ailleurs?
Il nous a montré que beaucoup de systèmes pouvaient être remis en cause, car basé sur des acquis liés au pouvoir.
L'une des choses dont il parle, c'est l'idée de soutien. Seul on ne peut pas faire grand chose. Demander du soutien c'est quitter une forme d'arrogance. Il a lui même demandé du soutien lors de la préparation de cet événement à l'intérieur du groupe organisateur. Tout d'un coup on s'est senti responsable. Avoir besoin de quelqu'un qui lui donne à boire, lui met la main dans le dos, lui demande si ça va, s'il a besoin de quelque chose.
Jamais il n'a donné un ordre et s'est situé dans une position de supériorité.
A un moment de pause quelqu'un est venu me parler pour me dire qu'il n'avait jamais vu ça, un rassemblement où tout se passe dans la fluidité, où tout semble tranquille, bien organisé, et de façon naturelle. Pas d'histoire d'ego en quelque sorte. Et de me parler de son expérience dans des milieux "spirituels" où les gens se prennent au sérieux et se mettent en valeur....
C'est vrai que des personnes qui restent au niveau de ceux qui les écoutent, qui n'élèvent jamais la voix pour demander le silence, qui parlent en demandant d'abord "Comment ça va?", qui interpellent sa fille pour lui demander à travers la salle si ce qu'il dit est conforme à ce qu'il fait.... Ce n'est pas courant.
Développer l'écoute, cela n'a l'air de rien mais c'est un travail. C'est pour cela qu'un système est une aide. Mais cela demande de s'y consacrer aussi. Juste écouter, donner de l'attention à l'autre, être avec lui, pour qu'il se sente un être humain complet dans ce qu'il est à ce moment.
Des personnes sont même venues du Sénégal pour nous raconter des choses étonnantes. Dans ce cas, et parce que j'ai partagé avec l'un d'eux, on se sent vraiment frères.
Nous sommes tous pareils, avec un besoin de paix fondamental. Et mettre au jour les conflits pour les traiter, est du même ordre que d'aller voir ses propres conflits intérieurs, ses peurs, afin de s'en libérer.

lundi 20 janvier 2014

Du conflit à la réconciliation

Après la solitude, le tous ensemble.
Je viens de vivre un week end extraordinaire autour des cercles restauratifs avec son initiateur Dominic Barter. J'ai été touché au cœur par ce qu'il dit et fais passer, mais aussi par les exemples et les témoignages qui proviennent de ces fameux cercles restauratifs.
Je mets en lien une vidéo qui est sous titrée en français si vous voulez en savoir plus.

http://www.restorativecircles.org/


Parmi les exemples qu'il a cité en voici deux en particulier :

Un jeune attaque un magasin avec une arme. Je ne me souviens plus s'il s'est fait maîtriser ou attaper par la suite. Toujours est-il qu'il y a donc un cercle avec les participants à cette scène, donc le propriétaire du magasin et sans doute quelques personnes de sa communauté, ainsi que l'auteur de l'acte avec sans doute aussi une ou des personnes qui font partie de sa propre communauté. Au milieu le facilitateur. Résultat, le propriétaire engage dans son magasin le jeune qui venait le dévaliser...

L'autre histoire est celle d'un meurtre d'un jeune adolescent par une personne. Il y a un cercle restauratif avec la mère de l'adolescent et l'assassin, et de la même manière des membres de leur communauté respective. La mère demande à ce que l'assassin vienne prendre le thé chaque année avec elle le jour anniversaire de la mort de son fils et à l'heure exacte où cela s'est passé.

Et ainsi de suite.
Cette méthode peut aider un conflit de couple, de voisinage, professionnel, dans les écoles, etc..., mais aussi au niveau de la délinquance, dans les prisons.... Il n'y a pas de niveau, juste de la bonne volonté.
Il a expliqué entre autres que le plus difficile à changer c'est sans doute à l'intérieur même du système de justice, c'est à dire au niveau de ceux qi la rendent, car eux-mêmes sont pris dans un système si lourd, si enraciné dans le jugement et dans le fait de faire payer (ce que l'on appelle la justice rétributive), qu'ils ne peuvent imaginer une pratique différente.

Le changement est lié à notre propre bonne volonté. Les moyens existent. Sommes nous prêts à nous y ouvrir? A notre niveau.

A suivre...

jeudi 16 janvier 2014

Christian Bobin et la solitude

N’est-ce pas pour combler le temps ?

Il y a peut-être un peu de ça. C’est pour me rejoindre. C’est pour aller vers le moment où ce que vous appeliez une grâce va arriver. J’attends ça tous les jours. Et tous les jours ça arrive. Mais parfois ça arrive au bord, à l’extrême fin de la journée. Quand je peux penser que c’est perdu. Quand je peux penser que c’est une journée pâteuse, lourde, qui n’est pas née. Une journée où moi je ne suis pas né, où je n’étais pas là, du tout. Mais la plupart du temps – car il restera quand même des journées comme ça, comme des cailloux – il y a quelque chose qui est de l’ordre du miracle qui arrive. Il suffit de l’attendre. Il suffit de laisser passer la soudaine pesanteur du temps, et de soi-même dans le temps, cette pesanteur qu’on est à soi-même tout d’un coup. […] 
Et cet état peut justement m’être donné par tout ce qui est. Tout ce qui est là, tout, même ce que je peux connaître dans ce petit appartement. Mais seulement à certaines heures, à certains moments. Il faut juste que je prenne patience, que je traverse des zones mortes. Et pendant ces traversées je lis des articles de trois ou quatre pages très détaillés sur, par exemple, l’économie, l’étape du Tour cycliste, etc.

La solitude n’est-elle pas aussi un refuge ? Un refuge où persisterait encore une certaine forme de peur…

Je ne sais pas si la solitude est un refuge… Mais je suis frappé d’une parole qui peut souvent s’entendre sur la solitude comme qualifiée éthiquement d’égoïsme ou de protection, de refuge ! Il est vrai que je passe un temps considérable de ma vie dans une forme de protection, de préservation. Préservation de soi… ou peut-être de plus que soi… Et je serais effectivement malhonnête si je parlais de solitude en faisant l’impasse sur ce besoin animal de se retirer, d’éviter la rencontre. De préserver quelque chose. Oui, il y a une assez grande partie de ma vie comme cela… D’ailleurs si elle n’était pas contrebalancée par autre chose, on irait tout doucement vers une ligne de fuite autiste. Il y a une partie qui est – même en apparence de façon passive, silencieuse, non agissante – tournée vers la coupure. Ce qui ne m’empêche pas de vous avoir dit que, dans la solitude, je ne m’éprouve pas du tout comme séparé ; ce qui est vrai. Les deux choses sont vraies, et parfois simultanément vraies. Simplement, je suis relié autrement. Je suis relié autrement que par les liens consacrés, les liens de plein jour, les liens officiels. Je suis relié d’une façon qui serait difficile à exprimer. Une façon d’où viennent sans doute les livres, l’écriture. Oui… là, il y a sans doute un état paradoxal de la solitude telle que je peux l’éprouver. Cela dit, avec le temps, je ressens de moins en moins – et peut-être plus du tout – de culpabilité de ce versant de protection.
Dans les sociétés antiques, la solitude était indissociablement liée à la sagesse, alors qu’aujourd’hui le solitaire est regardé comme un marginal. Pourquoi une telle différence ?

Il se trouve que l’état de solitude est lié à cette chose effrayante de l’ennui. Bien sûr, moi j’ai du mal à entendre cela parce que, personnellement, là où je souffre le plus, c’est quand, par exemple, on me demande d’aller à Paris… !
Pourquoi la solitude est-elle vue dans cette misère-là ? Pourquoi suscite-t-elle une pensée de misère et un réflexe de fuite… ? Cela m’est d’autant plus difficile d’en parler que je la vis autrement, même si elle ne m’est pas toujours facile à vivre. 
De plus, le grand mystère pour moi dans la vie… c’est les couples ! Apparemment, c’est une chose que la majorité des gens vivent… ça ne doit donc pas être si compliqué… Mais pour moi, je me dis : « Oh ! là là… comment peut-on faire pour vivre à deux ! ? » Il s’agit peut-être d’un point de vue de célibataire, mais parfois je me suis demandé si la grande solitude – au sens d’une solitude souffrante, subie, passive – ne se trouve pas là, dans les couples, au milieu du couple. […] Je me demande si la solitude n’est pas parfois en plein milieu du monde. C’est pire.

Pensez-vous que, dans notre solitude, Dieu soit assis près de nous ? Qu’il y ait une présence, invisible mais se manifestant par différents petits épisodes, qui fait que cette solitude-là d’un seul coup peut prendre un sens ?
Je pense qu’on n’est jamais abandonné. Jamais, jamais, jamais… Jamais. Cependant, ce n’est pas quelque chose que je perçois. Ce que je perçois n’est que de l’humain. Tout le temps. Même si « ça » passe par de l’humain, c’est quand même de l’humain. Comme une parole qui me vient et qui est terrestre ; comme une occasion qui m’est donnée ou une surprise qui m’arrive et qui est aussi totalement incarnée, dont quelqu’un de réel est le porteur. Je n’ai pas ce sens-là, le sens de l’invisible dans le « presque-touché » de l’invisible. Cela dit – et c’est une croyance qui est chez moi indéracinable –, je crois que l’on n’est jamais, jamais, jamais abandonné. Jamais.

mercredi 15 janvier 2014

Christian Bobin et la solitude

Christian Bobin : Ma solitude est plus une grâce qu’une malédiction
L’aptitude à être seul est-elle l’expression d’une inadaptation au monde ou d’une réalisation de soi ? Pour Christian Bobin, auteur du Très-Bas, la question ne se pose pas : Il est un solitaire heureux qui ignore l’ennui et connaît la plénitude.

De Christian Bobin, on sait surtout qu’il fuit les mondanités et préfère explorer le silence. Il y consacre sa vie et son œuvre. Ses thèmes de prédilection : le vide, la nature, l’enfance, les « petites choses » comme il le dit lui-même. La solitude, il la connaît mieux que personne. Il la quête. Davantage encore depuis la perte brutale de son amie, en plein été 1995. Un deuil qu’il raconte dans La plus que vive (Gallimard, 1996). Récemment interviewé par Marie de Solemne dans La grâce de la solitude” (Dervy, coll. « A vive voix », 1998) , le poète s’interroge sur l’origine et les conséquences de ce sentiment qui, avec l’état amoureux, est sans doute le plus partagé au monde. Extraits.

Marie de Solemne : "Parleriez-vous plus volontiers de la solitude comme d’une grâce, ou comme d’une malédiction ?"

Christian Bobin : D’abord, j’en parlerais plutôt dans sa matérialité. Avant même d’être un état mental ou affectif, la solitude est une matière. Par exemple, c’est exactement la matière que j’ai sous les yeux en ce moment. Il est 22 heures, c’est l’obscurité. Le ciel n’est pas encore tout à fait noir, il y a du silence – c’est très matériel aussi le silence –, un petit appartement dans lequel je vis depuis une quinzaine d’années, des cigarettes – que je ne peux pas m’empêcher de fumer –, des livres – que je ne peux pas m’empêcher d’ouvrir. Au fond, de manière curieuse, c’est très vite peuplé la solitude. La solitude c’est d’abord ça : un état matériel. C’est que personne ne vienne. Que personne ne vienne là où vous êtes. Et peut-être même pas soi.

Mais pour répondre à votre question, la solitude est plus une grâce qu’une malédiction. Bien que beaucoup la vivent autrement. […] Il y a deux solitudes. […] Une mauvaise solitude. Une solitude noire, pesante. Une solitude d’abandon, où vous vous découvrez abandonné… peut-être depuis toujours. Cette solitude-là n’est pas celle dont je parle dans mes livres. Ce n’est pas celle que j’habite, et ce n’est pas dans celle-là que j’aime aller, même s’il m’est arrivé comme tout un chacun de la connaître. C’est l’autre solitude que j’aime. C’est l’autre solitude que je fréquente, et c’est de cette autre dont je parle presque en amoureux.
Existe-t-il vraiment deux formes de solitude, ou la solitude change-t-elle de visage en fonction du regard que l’on porte sur elle ?

Je crois que pour vivre – parce qu’on peut passer cette vie sans vivre, et c’est un état sans doute pire que la mort – […] il faut avoir été regardé au moins une fois, avoir été aimé au moins une fois, avoir été porté au moins une fois. Et après, quand cette chose-là a été donnée, vous pouvez être seul. La solitude n’est plus jamais mauvaise. Même si on ne vous porte plus, même si on ne vous aime plus, même si on ne vous regarde plus, ce qui a été donné, vraiment donné, une fois, l’a été pour toujours. A ce moment-là, vous pouvez aller vers la solitude comme une hirondelle peut aller vers le plein ciel.
Solitude et isolement sont deux termes non seulement confondus dans l’esprit de beaucoup, mais pour lesquels même les dictionnaires n’offrent pratiquement aucune différence de sens. Quelle nuance vous inspirent ces deux mots ?

Dans la solitude dont on parle ici, en ce moment, il n’y a plus d’isolement. Je crois ne pas être un barbare, mais j’ai une sauvagerie : je peux, et j’aime, rester des heures et des jours entiers en ne voyant personne. Or, je ressens la plupart de ces heures et de ces jours-là comme des heures et des jours de plénitude où je m’éprouve comme relié à, exactement, tout.
L’amour et la solitude ne sont pas si éloignés…

Si peu éloignés que l’un des plus beaux titres de poésie est celui d’Eluard : “l’Amour la solitude”. Ils ne sont même pas séparés par une virgule… C’est très juste car l’amour la solitude sont comme les deux yeux d’un même visage. Ce n’est pas séparé, et ce n’est pas séparable.
Mais moi je vous dis cela aujourd’hui, à 45 ans… Il m’a fallu beaucoup d’années, beaucoup de temps, pour que j’arrive à entendre un peu de ces choses-là. […] Curieusement, ce sont quelques personnes, quelques rencontres, qui m’ont donné la solitude. C’est un don, qui m’a été fait. […]

Pour vous, la solitude est-elle synonyme de paix ?

Oui… Oui, mais elle n’est pas toujours facile. Elle a ses langueurs. Elle a ses terrains vagues. Pour en parler très concrètement, et même de manière un peu drolatique – où c’est moi qui tiens le rôle du personnage comique –, un exemple : je n’ai pas la télévision, et je ne veux pas en avoir, j’ai même l’impression que c’est un luxe. Vivre dans la solitude est un luxe, vivre dans le silence est un luxe. Je ne souhaite donc pas avoir d’images ici, pour avoir la paix, mais c’est tout sauf une ignorance du monde car je lis beaucoup de journaux, j’écoute beaucoup les radios.
Interview qui date un peu (il a aujourd'hui 62 ans). A suivre...

samedi 11 janvier 2014

VOYAGE A ASSISE ...

L'été dernier, j'ai proposé un voyage à Assise avec la visite d'une dizaine d'ermitages. C'était une grande première que d'emmener un groupe vers ces lieux que j'affectionne et connais bien. Je m'étais préparé de façon à offrir le meilleur. Ce fut une semaine magique, entre ces petits monastères porteurs de silence, l'ambiance du groupe, les moments de détente, le partage des repas... Je remercie encore la vie pour ce que l'on a vécu ensemble, et les mots du dernier soir qui touchent le cœur. La plupart sont près à repartir...
Je vais proposer plusieurs voyages cette année.


Une semaine autour d'Assise comme l'an dernier, c'est à dire que l'on rayonne dans divers ermitages à partir du lieu d'hébergement (un endroit superbe avec piscine et spa). On fait un peu de marche, on visite Assise, et l'on se rend entre autres dans un ermitage peu connu avec des sœurs adorables.

 
Une semaine de marche en Ombrie autour de deux villes : Assise et Norcia. Assise est la ville de Saint François, Norcia est la ville de Saint Benoit. A côté de Norcia se trouve un endroit sauvage de toute beauté qui est dit comme l'un des plus beaux d'Italie. Il s'agit d'un plateau en altitude entouré de montagnes. L'idée est de passer 3 jours en autonomie dans la nature en marchant. Ce sera donc un peu plus "sportif" et rustique, mais l'émerveillement est au rendez-vous je vous le promets.
Il y aura aussi Assise, l'eremo francescano qui a été tant apprécié, et une autre abbaye romane que je garde en réserve.

L'autre voyage serait en Grèce autour des Météores. Ce sont des monastères situés sur des pitons rocheux. Le site est unique, extraordinaire, l'un des plus marquants que j'ai pu voir en Europe.
Cette visite serait associée à une randonnée autour du mont Olympe et à la découverte d'églises byzantines.

 
En attendant plus d'information, vous pouvez déjà me dire si vous êtes intéressé et par quoi. Ces voyages seraient au mois d'aout, à priori dans la deuxième quinzaine. Le voyage à Assise sera peut être proposé fin juin. Cela va dépendre de la demande et des disponibilités.
Ces voyages sur des lieux spirituels sont aussi liés à une démarche vers la simplicité et le silence intérieur.

mardi 7 janvier 2014

Se jeter dans les flammes

Vouloir connaître ce que la vie nous réserve, cela peut être une aide bien sûr. Quand on se sent perdu, oublié, sans idée où aller, et avec ce besoin lancinant d'être rassuré.
Quand de nouveau la vie s'éclaire, l'énergie revient, la confiance s'installe, une sorte de renouveau en quelque sorte.
Il y a des tempéraments à ça, des souffrances derrière, des angoisses, que sais-je...

Le grand but c'est de vivre dans la confiance et l'incertitude du futur. Comment mettre ces deux mots côte à côte? Il s'agit de la confiance intérieure, cette sécurité  qui fait que l'on sent que rien ne peut être fondamentalement détruit en nous. On ne sait jamais ce qui peut arriver, c'est ça l'incertitude, mais ultimement dans cette profondeur à laquelle on peut revenir, rien ne pèse vraiment.
Avant que d'y être on peut y avoir goûté, ce qui aide à y revenir. On peut avoir à traverser des épreuves humaines, encore difficiles à vivre pour certains aspects de nous même, mais avec une confiance en arrière plan.

Si on se préoccupe de savoir ce qui arrivera après, ou quand ça ira mieux, c'est un aspect de l'enfant en nous qui parle. Ce qu'il veut, c'est éviter la coupe qui s'offre à lui en ce moment.
On ne peut éviter quoique ce soit si on veut grandir. Il n'y a pas de pont pour traverser, ou alors le pont c'est la désidentification. Mais quand on n'en est pas là, il faut mouiller la chemise, il faut passer par le désagréable, le manque, la peur, la solitude.... Quand cela semble trop difficile il est toujours possible de prendre une voie détournée vers un oasis quelconque, mais on risque de tomber dans l'évitement. Il y a un juste milieu entre vivre vraiment ce qui se présente et se protéger, tout dépend de l'état de maturité de la personne concernée en nous.

Après l'épreuve, lorsqu'on se retourne sur sa vie, on peut sourire parfois de la façon dont on a vécu certains évènements marquants. On se souviendra de ces peurs, de ces refus, mais on saura combien ils ont été salutaires pour devenir ce que l'on est aujourd'hui. On découvrira que certaines choses s'arrêtent de frapper à notre porte quand elles ont été vues et reconnues en nous.

"Cherchez premièrement le royaume et la justice de Dieu, et toutes ces choses vous seront données par dessus. Ne vous inquiétez donc pas du lendemain, car le lendemain aura soin de lui même. A chaque jour suffit sa peine."
Matthieu 6 : 33

A un moment donné on sait qu'il n'y a pas d'autre choix possible :
Pour sortir de l'enfer il faut se jeter là où les flammes sont les plus hautes comme disait Ma AnandamaYi (il me semble).
Etre dans la vie c'est éviter d'éviter.

dimanche 5 janvier 2014

Ma AnandamaYi

Description de l'image  Ma ananda moyi.jpg.
 
Je viens de trouver il y a deux jours un livre qui s'intitule : "En compagnie de Ma AnandamaYi" écrit par une indienne Bithika Mukerji qui fut proche de Ma depuis son enfance.
C'est un livre qui raconte la vie au quotidien de Ma, avec des histoires qui permettent d'entrevoir comment cette femme considérée comme la grande sainte du 20ème siècle en Inde vivait avec les gens qui l'approchaient, comment elle partageait l'amour, la compassion, qui la caractérisait.

Au tout début du livre, je lis :
"J'avais remarqué que Bhaïji (le premier grand disciple de Ma et celui qui lui a donné le nom d'"Anandamayi") se retirait de la présence de Shri Ma en allant à reculons comme certaines personnes  font dans les temples (en signe de grand respect)."

Je pense aussitôt à Arnaud Desjardins, qui connut Ma et passa beaucoup de temps auprès d'elle, et qui avait pour habitude de se retirer, à la fin des causeries, en faisant marche arrière, tout en continuant de regarder intensément les personnes venues l'écouter.
J'ai toujours vécu ces moments comme une bénédiction. Voilà sans doute où il trouva l'inspiration.
Ses dernières paroles furent en hommage à Ma AnandamaYi.

vendredi 3 janvier 2014

Marilyn


Il vaut mieux être absolument ridicule
 qu'absolument ennuyeux.
 
Marilyn Monroe

jeudi 2 janvier 2014

Pas assez de présence

“All negativity is caused by an accumulation of psychological time and denial of the present. Unease, anxiety, tension, stress, worry - all forms of fear - are caused by too much future, and not enough presence. Guilt, regret, resentment, grievances, sadness, bitterness, and all forms of non-forgiveness are caused by too much past, and not enough presence.”
 
"Toute la négativité vient d'un cumul d'aspect psychologique et de déni du présent. Malaise, anxiété, tension, stress, inquiétude - toutes formes de crainte - sont causés par trop de projections vers le futur, et pas assez de présence. Culpabilité, regret, ressentiment, chagrin, tristesse, amertume, et toutes formes d'absence de pardon sont causés par trop de retour sur le passé, et pas assez de présence."
 
Eckhart Tolle

mercredi 1 janvier 2014

2014 n'existe pas

Marcher...

Vers où?

Sinon pour revenir à ça!