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mercredi 30 avril 2014

Un lieu sacré raté...


"Un jour, à Mexico, un peu par provocation devant Ramirez Vazquez, l'architecte de l'admirable place des Trois Cultures, je cite un autre architecte célèbre, le créateur de Brasilia, Oscar Niemeyer. Ramirez Vazquez me demande :
- Tu as déjà été à Brasilia?
- Oui.
- Tu es entré dans la cathédrale?
- Oui.
- Tu te souviens de l'écriteau à droite en entrant?
- L'écriteau? Non.
- "Vous êtes dans un lieu sacré et vous êtes prié de respecter le silence." Ecoutez-moi bien : une cathédrale où il est nécessaire de rappeler que c'est un lieu sacré et qu'il faut respecter le silence est une cathédrale ratée!"

Jean François Deniau  "L'Atlantique est mon désert"


 

lundi 28 avril 2014

La couleur du mental

Le mental a t-il une couleur? Cela peut sembler incongru, et pourtant il y a bien des associations de couleurs à des états d'être.

Les idées noires par exemple, d'où cela vient-il?
Ce terme est associé à un état de déprime qui peut être passager ou devenir chronique, voire durer ce qui est alors une dépression. Dans le pire des cas cela peut conduire au suicide.
Je crois bien que tout le monde a eu des idées noires à un moment ou à un autre, et que cela peut même revenir de temps en temps. C'est le fait de voir la vie en noir, que l'horizon semble bouché, et donc qu'il n'y a pas d'horizon, pas de futur envisageable, intéressant. C'est une sorte de vague de débordement où le négatif l'emporte sur tout projet constructif. Pour certains c'est une sorte de noyade, d'autres arrivent à surnager et à assumer en attendant la suivante. D'où le noir. On ne voit plus rien, on est perdu, triste. On ne voit momentanément plus rien de positif. L'espoir, au sens positif du terme, est perdu. Ce qui se passe, c'est que nos ressources pour faire face sont plus faibles que la souffrance qui nous a envahie. Cela peut durer quelques dizaines de minutes lors d'un réveil difficile, ou suite à des mauvaises nouvelles ou à des difficultés qui semblent s'enchaîner, mais cela peut durer la matinée, ou des jours entiers, quand il y a une incapacité à affronter la réalité.
Réalité que l'on ne voit plus d'ailleurs, tant le mental, cette machine à penser, est capable de nous en éloigner de plus en plus et d'imaginer le pire. En ce sens le mental a bien une couleur : le noir.

Mais on parle aussi d'idées lumineuses, ce qui montre une autre réalité tout à l'opposé.
Pour être objectif dans cette analyse du langage, il y a une notion de temps qui est aussi utilisée. Ainsi on va dire brasser des idées noires, alors qu'une idée lumineuse va jaillir. Le noir est quelque chose qui s'installe, a une certaine durée, tandis que la lumière est fugace. Mais cette lumière suffit à changer l'ombre en clarté car elle est naturellement plus forte. Il ne faut pas l'oublier. En attendant que la lumière s'installe, il ne faut pas rater les moindres levers de soleil dans notre âme parfois perdue.

Une autre expression est : "une idée m'est venue!" ce qui voudrait dire que les idées ne sont pas notre propriété, mais qu'on peut les faire notre ensuite, voire oublier qu'elles nous viennent. Plus on se croit propriétaires des idées, plus on s'y identifie. Voilà le drame. Le chercheur croit qu'il a trouvé, et le déprimé croit que c'est inévitable, alors que tout se passe à notre insu.
"Notre insu" voilà encore un mot qui a un sens caché, et qui nous renvoie à un mystère quelque part. Qui peut dire qu'il sait tout? Sans parler de l'inconscient, et de ce que l'on peut connaître de soi même.
Il y a tellement de choses qui se passent que l'on ne perçoit pas. Une réussite, comme une guérison, peut tout à fait démarrer à notre insu. De même que le fait de se laisser aller, de flancher. Une suite de petits riens...

Cela ne peut que nous amener à faire attention aux moindres choses de la vie, aux différentes couleurs. Tout change tout le temps. La vitesse n'est pas la même selon les saisons, selon les heures, selon les lois physiques ou psychologiques de ce qui est concerné, mais rien ne peut durer.
Le mental a toujours son lot d'idées, bonnes ou mauvaises, qui se transforment en croyances, en rigidité, si on n'y fait pas attention. C'est sans doute la plus grande maladie du monde ou de l'humain.
C'est cela l'enfer. Et s'il peut se transformer en un enfermement, il faut découvrir le plus vite possible que cet enfer me ment.
Très bonne journée!

vendredi 25 avril 2014

Ne garde rien

Ne garde rien des mauvais après-midi sombres
Oublie les heures difficiles
Où l'on découvre que l'on avait caché dans l'ombre
Des méchancetés inutiles
Ne garde rien des matins tristes où le coeur tremble
Ils furent si courts
Rappelle-toi seulement que l'on était toujours ensemble
La nuit le jour
Et ne garde rien d'autre, non
Ne garde rien
Car c'est une fragile ficelle qui nous retient
Un trait d'union minuscule
Si jamais la vie nous bouscule
Ne garde rien

Ne garde rien de nos promesses dans les décombres
Oublie les premières morsures
Elles n'ont laissé que des cicatrices peu profondes
Ce sont de lointaines blessures
Mais souviens-toi nous étions le bonheur même
Et ça ne l'oublie jamais
Pense au nombre des heures passées à s'dire je t'aime
Rappelle-toi seulement qu'on s'aimait

Et ne garde rien d'autre non
Ne garde rien
Car c'est une fragile ficelle
Qui nous retient
Et si jamais la ficelle casse
Si les circonstances nous dépassent
Ne garde rien

Non non non ne garde rien
Ne garde rien
oh non non non non non ne garde rien
Ne garde rien


Montée au ciel

jeudi 24 avril 2014

mercredi 23 avril 2014

Sable : entre rêve et réalité

Hier soir sur Arte, il y avait une émission sur le sable dont vous pouvez voir un extrait ou en entier.
http://www.dailymotion.com/video/x105701_le-sable-enquete-sur-une-disparition-extrait-1_tv
Pour visionner un extrait.

http://www.dailymotion.com/video/x1qn1gj_le-sable_tv
Pour visionner l'émission.

            
                           Jeux d'enfant                                                      Jeux de grand

Ce constat à propos du sable est absolument effarant.
L'avantage du sable c'est qu'il n'y a qu'à se baisser pour le prendre. Je veux dire par là qu'il existe un peu partout et qu'il est gratuit, enfin la cueillette, ou presque. Tout d'abord on a épuisé les carrières naturelles, puis les rivières, mais pas la mer, pas les plages! Des moyens gigantesques de bateaux pompes sont mis en œuvre pour racler le fond des mers, tandis que dans les pays pauvres, les hommes font disparaître les plages par sacs en plastique.
Tout ça pour construire des immeubles, des routes, des barrages, des infrastructures, toujours plus grands, toujours plus hauts. Plus de 45 000 barrages dans le monde, deux de plus chaque jour....Cela se chiffre en milliards de m3 par an de sable que l'on prend bien quelque part.
Sans parler du verre et de tous les produits de haute technologie ou de consommation courante, qui utilisent du sable.

On construit mais on n'habite pas forcément dans ces fameuses construction. Pourquoi? La spéculation immobilière (40 % des immeubles neufs à Bombay sont vides), la non demande (80 % des appartements de la fameuse tour de 800 m de Dubaï sont inoccupés), la crise (40 % des immeubles dédiés au tourisme en Espagne sont à la vente). Je dis ces chiffres de mémoire, vérifiez en écoutant l'émission. Le chantier "The world", ces îles en forme des continents, commencé à Dubaï est arrêté...

Pendant ce temps le sable disparait. C'est à dire que des plages ont disparu (Maroc, Maldives, Indonésie...), des îles coulent ou vont disparaître. Un phénomène de régulation naturelle entre la mer et le sable disparait pour créer un déséquilibre qui n'est plus maîtrisable actuellement tant que les hommes continuent ainsi. Cela joue sur l'écosystème du fond des mers qui est la base de la chaîne alimentaire des poissons. Le sable disparait, on en rajoute à coups de pelleteuses, il disparait à nouveau, on recommence. Plus les tempêtes....
Il y a toujours plus de monde à vouloir le soleil, la mer, la plage.... Donc on construit toujours plus, et on détruit encore et encore.

Vraiment un documentaire fascinant.
Ce matin je découvre que l'on vient de commencer le chantier de la future plus haute tour du monde en Arabie Saoudite : 1 000 m de hauteur, 60 m de profondeur pour les fondations! Béton, béton....
Ce qui est incroyable, c'est que le sable du désert ne convient pas, il est trop rond, à cause du vent, il ne s'agglutine pas bien avec le ciment. Alors les constructions de Dubaï utilisent du sable venant d'Australie! Le pétrole rend intelligent il n'y a pas de doute...
Le sable de mer, s'il n'est pas lavé à l'eau douce, est corrosif, et donc entraînera des effondrements de construction un jour ou l'autre (ce qui est le cas au Maroc, en Inde...).

 
L'abus de béton va nous mettre sur la paille, si vous voyez ce que je veux dire... Mais la paille ça fait pas riche!

mardi 22 avril 2014

Voyage à Assise en aout

Sculpture de Saint François par Soisic
 
Il reste encore une place, éventuellement deux (pour un couple), pour le voyage à Assise cet été début aout. Voir les posts du 6 et 22 mars dernier. Si vous êtes intéressé, il suffit d'écrire (vite).
 
L'un des ermitages parmi tant d'autres que nous visiterons.


lundi 21 avril 2014

Merci Maman

livres
 
Ma mère est morte il y a 7 ans, mon père l'automne dernier.
Nous nous sommes retrouvés un week end avec ma sœur et mon frère, pour commencer ce tri gigantesque, entre ce qui serait jeté, ce que l'on gardait individuellement, ce qui pouvait être vendu ou donné.
Un bazar pas possible, car on ne jetait rien, même l'inutile certifié. La dernière guerre a fait des ravages dans beaucoup de familles. Les parents de ma mère ont du fuir leur maison, si je me souviens bien, et y ont laissé certainement des choses personnelles. Evènement traumatisant pour une enfant, dont le résultat fut la peur du manque, l'accumulation de boites de nourritures diverses, toutes marquées de la date d'achat, et surtout de boites, cartons, poches, dont le contenu n'a jamais servi pendant un demi siècle....

Je vais juste parler des livres.
Ma mère achetait des livres par abonnement. Sous prétexte de faire des affaires, l'entreprise commerçante vous propose  un engagement dans le temps à consommer des livres. OK, il faut juste le savoir.
Parmi les centaines de volumes, je lorgnais depuis des années une collection de livres sur la spiritualité. J'avais demandé à mon père, après la mort de ma mère, d'en prendre quelques uns. La réponse fut non. Ils devaient lui tenir compagnie sans doute, dans le souvenir figé d'une bibliothèque établie par sa femme, qui devait lui rappelait une ambiance, lorsque les livres arrivaient par la poste, qu'elle les ouvrait, l'œil pétillant, le cœur rassuré, puis les ajoutaient sur les étagères, que j'ai toujours connues surchargées. Un bon nombre, peut être la majorité ne furent jamais lus par elle. Quand à mon père, je ne l'ai jamais vu lire un livre. Mais je ne pouvais les emprunter. C'est comme ça!

Avec l'accord de ma sœur et de mon frère, je ramène trois cartons de livres. Je laisse un tas de livres de prières, de missels, bondieuseries, et autres auteurs catholiques, qui ont marqué une époque désormais révolue, celle du formalisme et de la morale chrétienne. Ma mère a baigné là dedans, mon père moins, mais il en fut marqué. C'est un sujet en soi.
Par contre je récupérais une grande Bible de Jérusalem illustrée par Dali, ainsi qu'un dictionnaire de la Bible. Des livres de et sur mère Teresa, de sœur Emmanuelle, un de Jean Yves Leloup, les œuvres de Saint François d'Assise, Saint Jean de la Croix, Sainte Thérèse d'Avila, Saint Augustin... Et cette fameuse collection reliée, comme une bonne partie des autres d'ailleurs, sur Lao Tseu et le Taoïsme, le Bouddha, Socrate, Zoroastre, Milarepa, les maîtres du zen, Moïse raconté par les sages, le Christ, la vie de Ramakrishna...
De quoi monter bientôt une bibliothèque de monastère, ou d'ashram, si j'ajoute les miens!
En tout cas je n'ai plus assez d'étagères. C'est ce qui m'avait fait les garder encore dans leurs cartons.
Je les regardais d'un oeil attendri chaque jour ou presque, en leur promettant de les sortir prochainement. Un lundi de Pâques pour les mettre au jour, n'est-ce pas l'idéal?

Je les étale dans le séjour, et commence à les classer. Entre temps, j'allume la radio pour écouter de la musique classique. En touchant ces livres, en enlevant quelques papiers laissés dans certains, en revoyant l'écriture de ma mère, je repense à elle, à tout ce monde de livres qu'elle s'est créé, qui m'a sans doute influencé aussi car j'ai une passion pour les livres et l'écriture. Je ne suis pas nostalgique, je suis juste dans un monde qui me nourrit, comme elle l'a sans doute nourri.
A ce moment exact, j'entends à la radio l'Ave Maria de Gounod. C'est le chant qu'avait demandé ma mère pour son enterrement, et que nous avons aussi écouté pour celui de mon père. J'ajoute qu'il fut aussi chanté par la petite fille d'Arnaud Desjardins lors de son enterrement.
Comme c'est étrange, une fois de plus, cette heureuse coïncidence au moment on ne peut plus exact où je pensais à elle. J'aurais pu rester dans le silence, j'aurais pu commencer à un autre moment à les sortir du carton, non ce fut juste là....
Je le prends comme un signe. C'est comme si elle se réjouissait de voir ses livres entre mes mains.
O merci maman!

dimanche 20 avril 2014

Le silence véritable


Le silence véritable
C’est une absence de tout autre
C’est la vie qui s’écoule dans sa pure innocence
C’est l’accord complet avec ce qui se vit
C’est l’absence de toute référence
C’est l’inconnu total dans la plénitude
C’est l’infini dans le simple
Qui se joue dans chaque instant
C’est cet éloignement de soi même
Qui permet d’être si proche de la vie
C’est le désir qui s’est arrêté
Cet état de manque permanent
Qui nous ronge l’esprit
Et fatigue le coeur
C’est la tranquillité du sans lieu
C’est l’indescriptible rencontré
Il surgit par surprise
Insaisissable mais prenant
Si je veux l’accueillir, il disparait
Que ma volonté se taise
Mais dire encore cela
Est de l’ordre du souhait
Il n’est pas à dire
Il est ou il n'est pas
Quand il a été
Il crée l'appel du manque absolu
Qui le cache à celui qui cherche
Il se révèle dans l'abandon 
De toute recherche

samedi 19 avril 2014

La notion de monde


La notion de "monde" signifie qu'il y a une ronde incessante de souffrances, un peu de bonheur, et des chagrins de nouveau; c'est pour expérimenter ceci que l'homme est né. Ne voyez-vous pas que le monde n'est rien d'autre que cela sous des formes infiniment variées?
Ainsi est la nature du monde. En vous ceignant de courage, comme un héros, vous devez essayer de vous calmer vous même. Il n'y a tout simplement aucun espoir de paix, si ce n'est dans la contemplation de Dieu. Que ce soit votre conviction ferme. C'est le devoir de l'être humain, en toutes circonstances, de chercher refuge en Lui, dont les lois régissent toutes choses.
Mettez votre confiance en Lui. Vous ne savez pas si, en vous imposant un malheur que vous pouvez supporter, il ne vous dégage pas la route d'un désastre plus grand.
Le monde est le lieu de la dualité et donc une source de douleur. Si l'on recherche la réussite mondaine, la souffrance est inévitable.

Ma Anandamayi

dimanche 13 avril 2014

Comme un animal

"Seigneur, qu'il est bon de vivre comme un animal,
je veux dire juste dans le présent."
 
Bernard Moitessier

jeudi 10 avril 2014

Nous n'y sommes pour rien

Y a t-il des choses pour lesquelles nous sommes responsables, et d'autres non? Et lesquelles?
Il y a toujours des moyens de se cacher derrière une situation dont on ne veut pas assumer la responsabilité. C'est si facile de se démettre. Mais où commencent la responsabilité, et la non responsabilité?
La vie est bien de passer de l'état d'enfant, sans responsabilité, à celui d'adulte, c'est à dire responsable. Responsable, c'est à dire en état de répondre à une situation donnée en toute connaissance de cause. Il est vrai que l'on ne connaît pas toujours les répercussions d'un acte. On peut donc essayer de faire au mieux selon la conscience que l'on a.
C'est est une chose quand cela n'engage que nous, dans une sorte de solitude ou l'autre n'existe quasiment pas. Par exemple, je crie sur la plage déserte, il est évident que je ne dérange quiconque. Autre exemple, je passe en moto dans une rue la nuit, en faisant du bruit, et j'emmerde les gens qui dorment chez eux dont je me fous royalement. Deux exemples opposés, mais qui montrent que tout est possible à tous les niveaux.

Dans une société, nous sommes à la fois responsables de nous mêmes mais aussi de tous les autres en commençant par ceux qui nous sont le plus proches. La responsabilité est quelque part liée à la morale, au fait que la conscience du grandir en maturité nous oblige à l'autre.
Arnaud Desjardins parle d'aider à soigner, c'est à dire prendre soin, ou de contribuer à la maladie, non seulement de la terre ou du monde, mais de l'autre au bout du compte.
Il est évident que cultiver chimiquement va dans le sens de la destruction du vivant, et cultiver en biologie le respecte. Il est évident qu'un médecin soigne, et qu'un soldat apprend à tuer. Cela semble extrême, mais c'est à tellement de niveaux. Car pour que le soldat soit armé, encore faut-il qu'il ait du matériel. Et qui fabrique ce matériel? Qui fabrique les armes, les chaussures, les casques, toute la technologie qui va avec? Où commence la responsabilité? Chez celui qui appuie sur la gâchette, celui qui aligne les projectiles dans l'usine, celui qui livre, celui qui commande, celui qui vérifie la conformité, celui qui a inventé le procédé ou l'a perfectionné, celui qui prend la décision d'attaquer?
Cela en fait du monde! Faut bien travailler répondront certains. Oui, oui, on peut dire ça!
Brassard Securite INCENDIE Orange Elastique
Je reviens sur ce qui me fait écrire cet article.
Samedi dernier, je faisais donc la queue pour assister à la présentation de son dernier livre par Christian Bobin. La salle faisait seulement 120 places alors qu'il y avait certainement 200 personnes de plus qui voulaient rentrer. Mauvaise appréciation de l'organisation vraisemblablement.
Donc pas mal de gens qui ont attendu près d'une heure pour rien se mettent en colère et invectivent les personnes de la sécurité.
Imaginez la scène : la salle doit avoir 120 places assises, mais on peut certainement mettre des gens assis dans les allées ou debout, et cela en grand nombre. Mais le réglemente est le règlement, et en France les administratifs sont très forts dans le genre. S'il y a un incendie, on sauve 120 personnes, mais s'il y en a plus, non. Malheureusement il n'y a pas eu d'incendie, et donc la sécurité n'a rien prouvé du tout. Par contre elle a fait des frustrés en mettant ses barrières. Je ne parle pas pour moi. Mais j'en ai vu et entendu.
Certaines personnes se sont donc permises d'exprimer leur colère vis à vis de ces gens habillés en bleu, avec une étiquette marquée "Sécurité". Le problème c'est qu'on ne discute pas avec ce genre de personne, ce sont des exécutants, des chiens de garde. Par contre ayant reçus les invectives de colère de certains qui avaient besoin d'un bouc émissaire, ils disaient par la suite, je l'ai entendu : "On n'y est pour rien!" Effectivement ils appliquent le règlement, et ne font donc que leur boulot d'applicateur de règlement, quelque soit la raison derrière.
C'est alors que j'ai réalisé que sans doute, en agissant ainsi, ils aimeraient qu'on leur sourit, que les gens restent aimables envers eux, alors que certains se sentent tellement frustrés. C'est tout bonnement pas possible! Il faut faire autre chose messieurs.
Il y a des métiers qui ne seront pas reconnus dans le sens d'une appréciation. Il faut de tout, c'est un fait, mais il y a des acteurs qui auront tellement moins de reconnaissance que d'autres. Si on espère des sourires, des remerciements, il faut travailler dans le don, dans l'échange humanisant, dans le constructif du vivant, et encore ce n'est pas forcément gagné. Mais les chiens de garde d'un système qui sépare, qui opprime, qui enlève, qui met de la tension, ne peuvent clairement pas s'attendre à autre chose que de la colère, de l'incompréhension...

La responsabilité et l'irresponsabilité se cachent  parfois bien plus loin que derrière les apparences. Il est bien sûr facile de se cacher derrière un règlement d'une administration ou d'une société que l'on n'a pas mis en place, mais en y participant on est inévitablement solidaire du système.
C'est d'un autre engagement que d'être autonome dans la plupart de ses choix de vie.

J'ai un faible pour l'insécurité, vous l'avez deviné....

lundi 7 avril 2014

S'abandonner à vivre

S'abandonner à vivre
En attendant Bobin, mes yeux se penchèrent vers ce titre merveilleux : S'abandonner à vivre, le dernier ouvrage de Sylvain Tesson. Le titre me suffit. Chapeau!

dimanche 6 avril 2014

Rencontre avec Christian Bobin

Faire la queue pour approcher un homme.
Un homme qui écoute, qui regarde, qui sourit.
Deux heures parce que l'on s'était dit que si l'on s'y mettait trop tôt, il y aurait peut être la pression de tous ceux qui derrière attendent leur dédicace, que l'on n'aurait pas osé prendre son temps, le temps d'une rencontre.
Chistian Bobin est quelqu'un qui s'est mis le temps de son côté depuis longtemps déjà.  Il se laisse rencontrer.
La file n'avance pas, car il est disponible envers chacun. Comme si à chaque fois un ami de l'écrit est accueilli par celui qui écrit. Un ami ne précipite rien. Il est un ami.
L'homme est plus à l'aise dans cette rencontre avec l'humain que sur un plateau ou devant une assistance. Cette simplicité amicale donne des regards de complicité. Dans la simplicité le rire fuse, et l'intuition lâche les mots qui touchent. Chaque dédicace est unique. Comme tout ce qui se vit vraiment. La grande vie...
Le temps passé, deux heures, vécu sans impatience, est le temps de l'approche, de la nécessaire décantation pour vivre pleinement l'émerveillement de quelques minutes improvisées au bord d'une table.
Il tient son stylo comme un pinceau, il écrit comme un calligraphe, il sourit comme la bonté frémissante, il retient un mot particulier qu'il demande de préciser, il est comme une rareté longtemps attendue, il est comme il écrit...
A propos d'un auteur poète, Jean Grosjean, il note une citation : "Le passé est imprévisible". On éclate de rire. Sandra, qui avait fait le déplacement pour cette rencontre, est touchée. L'impalpable flotte, et nous sommes au bout de l'hameçon.
Quelle belle rencontre.

Pour les parisiens, il sera à La Procure jeudi prochain, près de l'église Saint Sulpice.

 
Le poète d'inspiration chrétienne Jean Grosjean aurait eu 100 ans cette année (en 2012). Pour La Vie, l’écrivain Christian Bobin revient sur cette figure, dont il fut l'ami.
Pour le centenaire de la naissance de Jean Grosjean (1912-2006), ses proches organisent un colloque au collège des Bernardins, à Paris. Christian Bobin a été l’ami de ce poète considéré comme une figure majeure de la littérature. Pour lui, "parler de Grosjean est la plus grande réjouissance et l’expression d’une gratitude".
Christian Bobin, comment avez-vous rencontré Jean Grosjean ? 
La poétesse Lydie Dattas m’a fait découvrir ses récits – Samson, Samuel –  puis son œuvre maîtresse : l’Ironie christique. Quand je l’ai rencontré, il m’est apparu comme un pêcheur à la ligne sorti du livre du Tao. Il avait une maigreur ascétique à quoi l’on reconnaît les gens que la pensée a brûlés et simplifiés. Ses yeux et son sourire amenaient des nuances infinies et délicates à la moindre parole. Son trajet intellectuel est celui d’un homme, qui est "de son Occident", comme dit Rimbaud, et même romain puisque membre de l’Église catholique. Puis il s’en éloigne, devient peu à peu galiléen et dans les dix dernières années de sa vie, il a la transparence, l’humour et la malice d’un sage japonais. Juste une anecdote : j’échange quelques propos avec lui autour de la table couverte d’une toile cirée, dans sa maison d’Avant-lès-Marcilly. Entre nous deux, un bouquet de roses du jardin. Un pétale tombe. Le doigt de Jean Grosjean le montre et il dit en souriant : "Tiens, un ange !"

Vous dites qu’il est non pas derrière nous mais devant nous... 
Ses livres nous proposent une aide puissante pour séparer ce qui dans la vie appartient au cœur (l’âme) et ce qui appartient au monde (comme somme d’obligations et de bassesses à laquelle chacun est soumis). Ses phrases ne perdent pas une seconde la boussole christique. L’axe premier de son écriture est un axe araméen.
Il consiste en ceci : ce qui compte, ce n’est pas ce que je sais, pas même ce que je crois, encore moins ce que je possède. Ce qui compte, c’est la personne singulière qui me fait face. Son travail est un travail d’avenir dans ce monde qui a durci ses coutumes et s’est encore plus épaissi.

Quels livres recommandez-vous pour entrer dans son œuvre ? 
Le mieux est de commencer par lire le Messie. Dans ce récit bouleversant, le Christ est un homme d’aujourd’hui. Nous venons de le congédier dans la mort et il revient sur la pointe des pieds. Tout se passe entre la Résurrection et le grand envol. Sa poésie ?
On peut y entrer par la Lueur des jours. Chaque page est baignée d’une lumière lunaire et traversée par tous les oiseaux du songe. J’ai parfois l’impression, tant cette poésie est limpide, qu’il ne s’y passe rien. Mais pour ce rien je donne toutes les bibliothèques.

vendredi 4 avril 2014

Devenir soi même

Enfin devenir soi même...
 et bien il y a une adresse : celle ci!

Apprendre à se dépasser, je sens que je vais adhérer...
 
Ah oui, je n'avais pas pensé que l'armée s'y mettait aussi!
 
Là le visage est un peu plus doux, ça me parle déjà plus...
 
D'ici à ce que soit accroché dans les dortoirs :
"Découvrez votre vraie nature"

jeudi 3 avril 2014

Le maintenant s'enfuit


Le maintenant s’enfuit
Ne cours pas après lui
Ne cherche pas là bas
Celui qui est ici
Si tu veux l’approcher
Assied toi tranquillement
Reste dans cet espace
Du non attendre
Laisse venir et partir
Tout ce qui se présente
Observe seulement
Que tu ne peux retenir
Le mouvement de la vie
Incessant même infime
Coupe toi les mains du saisir
Voile toi les yeux du désir
Ce qui est à vivre vient
Ce qui n’est pas là
N’est pas là
Au plus grand lâcher
Les plus belles surprises
Lâche l’idée de lâcher
Marche sans savoir
Vers l’absence de toi
Dans la présence
Du sans refuge
Ce là bas infini
Si lointain et si proche
Que seul le silence
En indique la porte

mardi 1 avril 2014

Christian Bobin


Christian Bobin sera à Bordeaux le samedi 5 avril à l'occasion de L'Escale du Livre.
Pour tout renseignement : www.escaledulivre.com