Membres

Affichage des articles triés par pertinence pour la requête vijayananda. Trier par date Afficher tous les articles
Affichage des articles triés par pertinence pour la requête vijayananda. Trier par date Afficher tous les articles

mardi 20 avril 2010

Swami Vijayananda

Pour en revenir à Vijayananda, nous pouvons déjà écrire ce qui s'était passé depuis quelques mois. A Noël, il avait eu une forte grippe qui l'avait handicapé, et il avait manqué le satsang pendant quelques jours. Cependant, il l'avait repris comme d'habitude jusqu'au dimanche 4 avril au soir, qui aura été son dernier rendez-vous avec les fidèles. Mâ lui avait demandé de s'occuper des occidentaux, et il le faisait comme un seva, un service désintéressé. On peut mentionner en passant que cela me touche car c'était la date de mon anniversaire. Nous avions 51 ans de différence. Grâce à la Kumbha-Mela, où j'étais présent depuis début février, j'ai pu avoir pratiquement les deux derniers mois de satsangs de Swamiji continument, à part quelques jours dont les quatre derniers. Le dimanche soir, nous étions à Rishikesh avec le dernier groupe à avoir passé cinq jours avec Vijayananda à Kankhal. Nous avons participé à l'arati des bords du Gange à Paramarth Niketan en présence du Dalai Lama. Pour beaucoup des membres du groupe, c'était la première fois qu'ils rencontraient le Dalai Lama en personne, et ils ont été impressionnés.

Le lundi matin, Isou qui était proche de lui depuis plus de 20 ans, est montée dans sa chambre car il n'était pas bien. Il se tournait et retournait sur son lit en cherchant une position qui ne soit pas trop douloureuse, mais ne la trouvait pas. Il avait une forte douleur dans la nuque, à l'arrière de la tête, dans la poitrine aussi. Il a vomi plusieurs fois. On a appelé un médecin indien du village, qui a parlé de gastro-entérite, et a proposé des médicaments. Vijayananda ne les a pas pris, car il a bien vu que le diagnostic était erroné. En fait, il s'agissait très probablement des signes d'une hypertension intracrânienne avec un début d'engagement de la base du cerveau dans le canal rachidien : cela induit une compression des centres respiratoires qui rend la respiration de plus en plus faible, et mène à une issue fatale. Cela était probablement du chez Swamiji à sa déformation majeure de la nuque par l'arthrose et aux tassements vertébraux comprimant la moelle épinière, ceci ayant déjà entrainé une paralysie des membres inférieurs quand il s'agissait de faire plus que quelques pas. En fait, depuis plusieurs mois, on sentait son souffle de plus en plus court, ce qui fait qu'il parlait faiblement aux satsangs, et comme nous l'avons dit, depuis peut être deux ou trois semaines, il avait vraiment du mal à finir des phrases un peu longues. Auparavant on pouvait comprendre ce qu'il disait en s'approchant très près de sa bouche, mais depuis peu de temps, il y avait certaines fois, ou même dans ces conditions, on devait avouer qu'on n'entendait pas ce qu'il disait. Ceci m'avait amené à dire vers fin mars à mon voisin ermite à Dhaulchina, Swami Nirgunananda, et à un autre ami au téléphone, que Swamiji semblait ne plus en avoir pour longtemps à rester dans sa dépouille mortelle.

Vers midi le lundi, sa respiration est devenue encore plus difficile, cependant il pouvait communiquer avec l'entourage, et même se lever pour aller aux toilettes. A cinq heures, la respiration est devenue encore plus laborieuse, Gonzague était près de lui et Izou était en train d'appeler l'avion ambulance qu'ils avaient préparé pour le ramener d'urgence à Delhi, car il devenait évident que le diagnostic vital était en jeu. Izou est montée dans sa chambre, l'a veillé et au bout de 10 minutes il a rendu l'âme. Ce qu'il y a d'étonnant, c'est qu'il lui avait prédit qu'elle serait présente au moment où il partirait, alors que normalement la régle interdit strictement aux femmes de monter dans le sadhou kutir réservé aux ascètes hommes. Il a quitté son corps dans sa position habituelle de méditation, adossé à des coussins avec les mains jointes et les jambes plutôt étendues devant lui, car il avait depuis plusieurs années du mal à les croiser. Il était toujours plein d'encouragement pour son entourage. Quand Narayan est revenu des examens de fin d'année qu'il passait ce jour là, Vijayananda a été très heureux de le revoir. Il s'est exclamé : "Voilà Narayan!" et lui a demandé avec beaucoup d'intérêt comment s'était déroulé les épreuves. Narayan ne se rendait pas compte qu'il était à l'agonie, en fait, et qu'il n'avait plus qu'une heure à vivre. Izou, ainsi que Sonia à distance à partir de Delhi, s'étaient démenés pour affréter un avion ambulance afin de transférer Swamiji dans la capitale. Il a exprimé son appréciation pour leurs efforts en s'exclamant : "C'est formidable!" Cela a été pratiquement sa dernière parole, il s'est éteint peu après, Izou a pu ainsi prévenir l'avion qui était déjà sur la piste pour décoller et annuler sa venue. C'était mieux ainsi, Vijayananda vivait depuis 34 ans dans cette chambre où Mâ l'avait installé en lui disant "yahan baito!" "Assieds toi là!", et effectivement, il y est mort assis après des décennies de sadhana intense.

lundi 19 avril 2010

Swami Vijayananda : Les derniers jours.

par Jacques Vigne


Beaucoup d'entre vous ont sans doute déjà appris que Swami Vijayananda avait quitté son corps dans la sérénité le lundi de Pâques, 5 avril, à 17 H 10.
Il avait fait tous les satsangs très normalement jusqu'à la veille, soit dimanche soir inclus, malgré le fait que son souffle devenait de plus en plus courts et sa voix de plus en plus difficile à percevoir. Avant, en s'approchant de son oreille, on pouvait l'entendre, mais depuis une semaine ou deux, cela devenait de plus en plus difficile car sa respiration était de plus en plus courte.
Le jeu de Mâ est vraiment étonnant : au moment même où je commençais les premières lignes de ce message pour donner les détails de la manière dont Vijayananda s'est "fondu dans le Brahman" (Brama-lin dit-on en sanskrit et hindi pour le départ d'un sage), je reçois un coup de téléphone d'un jeune swami d'origine israélienne relié à Bhaskarananda et qui m'annonce qu'il a quitté son corps ce matin, mercredi 7, à 4 H 45, à l'ashram de Bhimpura, sur les bords de la Narmada au Goujarat. Il avait 94 ans et 3 mois selon le compte indien, c'est à dire 93 ans et 3 mois selon le compte occidental, donc 2 ans et 2 mois de moins que Swami Vijananda. Ils étaient arrivés à la même époque auprès de Mâ Anandamayi, et en étaient tous les deux très proches. Mâ avait confié à Bhaskarananda la charge de donner l'initiation en son nom. Quand ils s'asseyaient ensemble, ce qui arrivait de temps en temps dans la cour de l'ashram de Kankhal lors des célébrations, ils ne manifestaient pas de grandes émotions, mais on sentait qu'ils avaient un lien profond et communiaient dans une joie paisible et spontanée. Le fait que Swami Bhaskarananda se soit "fondu dans le Brahman" simplement deux jours et demi après Swami Vijayananda, alors qu'ils se connaissaient depuis 60 ans auprès de Mâ, est une bonne preuve de leur lien. On peut supposer qu'il a entendu, en émergeant partiellement de son coma, que Swami Vijayananda avait quitté son corps, et que cela l'a décidé à se détacher du sien aussi : en effet, l'état de coma n'est pas stable, il y a des périodes où le patient entend et comprend même s'il ne peut rien exprimer et reste les yeux fermés. Bhaskarananda avait eu un accident vasculaire cérébral et était plus ou moins dans le coma depuis le 24 janvier. Le 17 février, il avait été ramené de l'hôpital pour pouvoir quitter son corps à l'ashram de Bhimpura. Il n'avait jamais regagné une claire conscience depuis le 24 janvier, mais avait quand même émergé de temps en temps. On l'avait entendu faiblement prononcer des mots comme hare hari. De plus, il a fait pendant une période un geste automatique de bénédiction pour les gens qui venaient le visiter. Cela est touchant du point de vue symbolique, on pouvait interpréter cela comme le symbole de ce qu'il avait fait toute sa vie, c'est à dire donner de son énergie au service de Mâ, et donner, au nom de Mâ. Nous parlerons davantage de Swami Bhaskarananda dans le prochain numéro du "Jay Mâ".

mercredi 14 avril 2010

Swami Vijayananda



Je viens de découvrir sur le blog "L'espace du dedans" et "just'attitude" que Swami Vijayananda est mort le 5 avril dernier. Il avait 96 ans, a renconté Ma à 36 ans et ne l'a plus quittée. Je l'avais rencontré en 81 auprès de Ma Anandamayi.
Discrétion et humilité.

vendredi 16 avril 2010

Swami Vijayananda

Martine vient de me signaler, par le biais d'une amie étant restée auprès de Swami Vijayananda jusqu'à la fin, que ce dernier sera inhumé à Paris au cimetière du Père Lachaise lundi 19 avril à 11H15.
La sépulture sera située : division 41, ligne 14/40, numéro 12/42, près de l'angle de l'avenue transversale n°2 et de l'avenue Greffulhe.

Pour ceux que ça intéresse et qui sont sur Paris.

mercredi 14 avril 2010

mercredi 21 avril 2010

Swami Vijayananda

Il est certainement signifiant de relever le fait qu'au moment où Swamiji quittait son corps à Kankhal, notre groupe de français redescendait juste du pélerinage de Surkandadevi à 3000 m dans l'Himalaya. parmi les 52 pélerinages à la déesse qui représentent 52 parties du corps de la Mahadevi disséminées sur la terre de "Mère l'Inde", celui-ci correspond au plus élevé, "au bulbe, kanda, de la tête, sur". Cela évoque donc cette zone où l'âme quitte le corps.

Swamijie disait souvent que le rôle d'un gourou, ce n'est pas de donner un enseignement intellectuel, mais de transmettre une énergie. C'est ce qu'il faisait à sa manière par de multiples canaux parfois très directs, mais le plus souvent subtils. Ceux qui ont passé quelques temps à Kankhal en particulier depuis un an peuvent en témoigner de façon personnelle. Lui même ne manquait pas d'énergie, depuis plusieurs mois il dormait très peu. Malgré cela il était présent très régulièrement aux satsangs, et n'hésitait pas à donner de son temps. Quand il voyait qu'il y avait des questions importantes pour les gens et une demande intense pour être davantage avec lui, il pouvait même dépasser les deux heures habituelles, malgré son grand âge et l'ablation de sa prostate qui faisait qu'il devait aller souvent uriner. Il ne se plaignait pas de sa santé. C'est pour cela que nous avons certainement sous estimé l'imminence de son départ. Quand on lui demandait comment il allait, il ne pouvait pas mentir en disant qu'il allait bien, alors il répondait : "comme d'habitude!" Il ne prenait pratiquement pas de médicaments. Il avait souvent dit que vivre très vieux n'était pas forcément une bénédiction, mais pouvait être une malédiction. Il entendait sans doute par là que le handicap était un poids pour soi même et pour les autres. Narayan, le neveu de Pushpara, qui a été élevé à l'ashram d'Almora, s'est occupé de Swamiji quotidiennement pendant les deux ou trois dernières années