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vendredi 21 septembre 2012

Vol en altitude



Après avoir monté un sentier pierreux, j'arrive à un premier sommet, assez plat en fait avec une vue sur un horizon très large. Je m'arrête, cherche un emplacement, puis décide de continuer, car je trouve que c'est trop exposé. Je croise un couple qui est en train de terminer leur deuxième étape dans la journée. Elle essaye vainement de téléphoner. Je repère à côté un endroit où je pourrais m'installer, mais rempli de crottes de mouton. Je demande au couple s'ils ont vu un endroit avec de l'herbe où je pourrais bivouaquer. Ils confirment. Je les laisse et continue plus haut.
Je finis par trouver un endroit magnifique.


Je plante ma tente à 1 800 m d'altitude environ. Un gros chouca noir me regarde. Je me dis que je le dérange peut être, et espère qu'il ne viendra pas farfouiller mes affaires. Je mange, puis vais faire des photos et contempler la vue au soleil couchant. C'est la première fois que je m'installe en haut d'un sommet pour passer la nuit, complètement seul. Ce n'est pas très haut, mais le ciel est immense et j'ai l'impression d'en être plus proche. La montagne, ce n'est plus vraiment la terre, le monde des hommes est bien plus bas. Bref une impression inhabituelle. Cela devient "chez moi" pour une soirée, une nuit. Je photographie les rochers, les bouts de bois, je marche pieds nus, je me sens bien.
Je refais le pansement, ce n'est pas beau à voir, et me couche. Vue l'étroitesse de la tente, je laisse le sac dehors à l'entrée, en gardant seulement de l'eau et ce à quoi je tiens à l'intérieur. Les bâtons sont sur le côté sous le double toit, et les chaussures dehors aussi, retournées.
Pendant la nuit le vent se lève et me réveille. Je sens la tente bouger. Puis cela se calme.


Aux premières lueurs de l'aube, je me lève. J'ouvre la fermeture éclair et écarte mon sac. C'est alors que je ne vois plus qu'une seule chaussure. Je n'en crois pas mes yeux! Je sors de la tente. Il y a bien une seule chaussure, l'autre a disparu.. Où est-elle passée?
Je pense au chouca, mais cela me semble un peu lourd. Un animal? Je n'en ai pas vu, bien qu'un troupeau de moutons est en train de paître un peu plus bas. Il n'y a pas de cochons sauvages à cette altitude. Un berger, qui n'a pas supporté que je bivouaque en pleine montagne, alors que c'est interdit, et qui vole une chaussure? Cela me semble invraisemblable. La chaussure s'est dématérialisée? Les autres solutions me semblent si peu croyables que j'y pense vraiment.
Je mets mes pieds nus et cherche aux alentours. Ce qui est curieux, c'est que je sens que je ne vais pas la trouver, que je ne suis pas en colère, ni même contrarié. Je ne trouve rien.
Je vais voir le lever du soleil sur l'autre versant, prend des photos, continue de profiter de ce que la nature offre comme si de rien n'était, puis prend le petit déjeuner et plie bagages.
La vraie chance, c'est que je peux continuer grâce à mes super pieds nus achetés exprès pour ça. Je comptais emporter mes tongues pour reposer les pieds le soir, qui ont l'avantage d'être légères sur le sac.
Marie m'a convaincu de prendre les pieds nus, au cas où. Merci Marie. Tu avais raison. Heureusement que je t'ai écoutée.

3 commentaires:

Laure a dit…

Comme c'est BEAU !!!
Bizzz Laure
http://ptitesphotosdelolo.blogspot.fr/

soisic a dit…

magnifique ce soleil levant...incroyable cette histoire de chaussure volante :) :)

yannick a dit…

Merci Laure je vais aller regarder tes photos.
C'est un soleil couchant Soisic, il rougit plus le ciel. Demain le lever je pense, et la suite...