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samedi 19 janvier 2008

Un exploit


Francis Joyon va terminer cette nuit un tour du monde à la voile en solitaire, et exploser le record en l'abaissant de 71 jours à 57 jours.
Ils sont très peu à tenter le tour du monde, qui les fait partir d'Ouessant, passer par les 3 caps (Bonne Espèrance, Leuwin, et le fameux Cap Horn), et remonter sur Ouessant. Il faut affronter les tempêtes, les icebergs, la solitude, la casse...
Pour aller vite il faut un trimaran (3 coques). Le premier l'a fait en plus de 5 mois (c'était en 1974). Aujourd'hui c'est à peine 2 mois. Derrière ces exploits, il y a des sponsors, de la technologie, énormément de recherche et d'expèrience, un routeur (quelqu'un à terre qui envoit la météo, en fait l'analyse, et conseille la route).
Les bateaux sont devenus plus grands, plus légers, plus toilés, plus performants. On les nomme les F1 de la voile, sauf que cela ne dure pas 2 ou 3 heures.
Il faut donc une équipe et un grand marin, un très grand.
Francis Joyon dénote dans le monde de la voile. Il n'est pas homme à se montrer, encore moins à se vanter.
Il a acquis une expèrience énorme au fil des années, souvent avec des bateaux récupérés, plus anciens, modifiés avec des moyens modestes. Mais il est costaud, fiable, rustique.
Après avoir gagné la Transat anglaise (qui avait révélé Tabarly en 64), puis battu le record de l'Atlantique, et celui du tour du monde il y a 4 ans, il est reparti à 51 ans sur le premier bateau qu'il a pu commanditer.
Cet homme, brave et simple, étonne par son calme et sa gentillesse.
Il préfère éviter les solutions compliquées, onéreuses. Il est le premier à faire un tour du monde propre (juste une éolienne et 10 panneaux solaires, pas de moteur pour recharger les batteries des appareils). Et donc le minimum d'électronique, pas de chauffage non plus. Bref le plus autonome possible.
Il faut tenir pendant 26 000 miles, environ 50 000 km. Les marins en course dorment environ 4 à 5 heures par 24 H. C'est du hors norme. Il faut être fort, avoir de la volonté, et de la réserve. Et de la chance aussi.
"La marque des grands solitaires, c'est la régularité dans la cadence". Ce genre de phrase pourrait s'appliquer au chemin.
Francis Joyon, qui dit chercher l'harmonie avec la nature et le bateau, est inconnu du grand public. Il est sans doute trop simple pour les médias qui préfèrent ce qui brille.
Pourtant il a réalisé les plus grands exploits dans le monde de la voile.
Monsieur Joyon, je vous trouve admirable.


2 commentaires:

Anonyme a dit…

C"est donc les qualités qi'il faut avoir .(non,etre)

martine a dit…

La voile. La connection avec autre chose, avec un élément indomptable, un élément avec lequel on est, qu'on le veuille ou non, PETIT, RIEN...
La nature à l'état pur, le silence, l'eau (symboliquement parlant de la mère...),la force, le courage, la peur, le surpassement de soi.
Attirée depuis toujours.... sans savoir pourquoi (pas encore...), sans avoir pratiqué (pas encore), une drôle de vibration intérieure.
Merci pour ce post.