L'éveil est la disparition de l'idée d'un moi personnel, d'un moi séparé.
Didier Weiss
Partager des moments de vie, des petits riens, des grands tout, oser l'authentique...
Aussi étrange que cela puisse paraître, il y a une condition pour ne rien faire : avoir du temps !
Si vous n’avez pas de temps, « pas le temps » comme on dit, il est alors impossible de vous lancer dans cette aventure qui est de s’arrêter et de ne rien faire du tout.
Comment prendre ce temps que vous n’avez pas ? Parce que bien sûr vous êtes occupé par plein de choses essentielles, importantes, obligatoires, ou futiles, voire inutiles. Vraisemblablement, vous ne vous rendez même pas compte que vous faites tout ce qu’il faut pour ne pas avoir de temps. Pris dans le rythme du faire, le temps s’écoule comme du sable entre nos mains, impossible à retenir. Restent les vacances où l’on où l’on rêve d’avoir enfin le temps de s’arrêter et de ne rien faire. Ok, regardons ce qu’il en est. Vous voyagez, vous faites du tourisme, vous visitez, vous vous cultivez, vous traînez en bord de mer, vous nagez, faites du jogging, de l’exercice, lisez, dormez, surveillez les enfants, regardez les gens, sortez le soir… Rien d’anormal, mais vous arrêtez-vous vraiment pour ne plus rien faire du tout ?
Il n’y a à priori pas d’apprentissage à ne rien faire. Ceux qui pratiquent le yoga, la méditation, sont dans cette démarche. Encore faut-il du temps pour découvrir vraiment le fait de s’arrêter et de ne rien faire. Oser être là avec soi-même, et juste observer ce qui se passe, sans but, sans attente, sans « et après », être dans le maintenant… Etre tranquille avec « ne rien faire du tout », être tranquille avec tout ce qui vient troubler « ne rien faire », comme les pensées, ce « faire » permanent dont on a plus ou moins conscience. Il n’est pas demandé de les arrêter, ce serait encore du faire, et mission impossible d’ailleurs. Juste regarder, sans prendre position, sans vouloir autre chose que ce qui est. Ne rien faire est impersonnel, c’est pour cela que c’est difficile au début de s’y adonner. Et à quoi ça sert d’ailleurs ? C’est choisir entre l’agitation et le tranquille, entre le bruit et la quiétude. C’est indéfinissable tant que l’on n’est pas rentré un tant soit peu dans l’expérience.
Autre point : si l’on se sent attiré par cette aventure, du temps va se libérer. C’est l’envie de ne rien faire qui va offrir du temps. C’est un processus subtil qui se met en place à notre insu. Ne rien faire c’est être à l’écoute de notre profondeur, c’est s’unir à la vie, c’est se défaire de celui pour qui on se prend.
L'ESSENCE DE LA PRESENCE. Une perspective non-duelle
"Libre de toute lignée ou tradition, ces mots ne s’adressent pas au mental du chercheur, mais à la connaissance silencieuse déjà présente"
https://www.regardaupluriel.com
JE SUIS… C’est ÇA qui est ÇA.
Revenir dans cette intériorité encore, encore et encore.
C'est facile de sortir, d'aller à l'extérieur, de se raconter des histoires, d'oublier qui nous sommes véritablement. Qu'on puisse avoir cette énorme bienveillance envers soi de, parfois, oublier qui nous sommes.
Il n'est pas question de se taper sur les doigts, de se juger, de se culpabiliser, mais bien de dire Ah bon, j'étais ailleurs... et revenir Ici à chaque instant, revenir... revenir... Se poser là, c'est vraiment beau.
Qu'on puisse voir que c'est humain d'oublier, de se perdre dans dix mille choses, de se prendre pour ce personnage, pour ce corps, de s'identifier outre mesure.
Voir tout ÇA avec beaucoup d'Amour, de tendresse, c'est tout.
« Je Suis » est au-delà de toute identification, c'est ce que nous sommes AVANT tout ça.
ÇA, c'est intouchable, c'est toujours là. Même si on a oublié, même si on s'est pris pour d'autres choses, même si on a été étourdi, même si on a lâché ÇA... ÇA est là quand même. Est-ce qu'il y a un Amour plus grand que ÇA ?
Quelqu'un posait une question sur le karma. Pour moi, le karma fait partie des croyances et des histoires qu'on se raconte. Peut-être, peut-être pas. La seule chose qui m'intéresse maintenant, c'est de revenir Ici, à la maison.
Rentrer dans une histoire, c’est revenir à l'horizontal, c'est interminable. On retourne dans une histoire, dans une horizontalité qui nous prend la tête et on veut encore trouver des explications, des réponses quand, en fait, ÇA se produit, c’est tout.
Revenir Ici, revenir Ici encore, encore et encore parce qu'Ici-Maintenant, rien de tout « ça » n’existe. Ici-Maintenant, c'est la fraîcheur de l'instant. C’est vierge de tout, comme une page blanche. C'est frais, tout neuf.
À partir d'Ici, ÇA peut s'épanouir comme une fleur au Soleil.
Simplement être là, avec Ce qui est là.
Ginette Forget