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dimanche 11 octobre 2026

Exploration sur le libre-arbitre avec Didier Weiss (4)

Donc, pour en revenir au libre arbitre, peut-on envisager que considérer qu'une décision est une
décision prise directement en fonction d'un centre de contrôle placé dans ma tête, et que ma
décision est ce qui amène l'action suivante en dehors de tout contexte, est en fait une forme de
rêve que je me suis raconté toute une vie ?

Le simple fait d'y croire recrée en permanence et renforce cette personne que nous croyons
être avec son centre de contrôle placé dans notre tête entre les deux yeux. Mais existe-t-elle à
part entière ? Ou bien est-ce une simple croyance à laquelle on adhère par habitude ?

Je vous parle ici de déconstruire cette personne et surtout de cesser de la recréer et du coup, de
la croire vraie. C'est un mirage, comme le sol brûlant d'une route dans le désert nous fait croire
qu'elle est recouverte d'eau dans le lointain. L'eau paraît si réelle... Mais plus j’avance sur la
route, plus je s'aperçois qu'il n'y a pas et qu'il n'y a jamais eu d'eau. C'était uniquement un
phénomène optique.

Maintenant de la théorie à la pratique… Je vous propose, comme Ramesh Balsekar le proposait
à ses visiteurs, de passer en revue le soir venu les événements qui ont marqué votre journée du
réveil jusqu’au coucher (rencontre, panne, coup de téléphone, déjeuner, achat, film, etc.), de les
noter mentalement ou par écrit, puis de vérifier de manière systématique si chaque décision ou
choix que vous avez pris aujourd’hui a bien été le vôtre.

Je dis bien « entièrement le vôtre », pas à 50 ou 99% : ce qui contribuerait partiellement à
prouver l'existence de votre centre de contrôle, donc à renforcer la réalité d’une personne à
part entière que vous appelez « vous-même ».

Chaque décision, chaque choix n’a-t-il pas été le résultat d'un concours de circonstances ?

C'est une exploration à faire de nombreuses fois de suite pour arriver à un constat immanquable...
Vous allez vous rendre compte que la totalité de toutes vos décisions et actions ont découlé 
entièrement du torrent de la Vie telle qu'elle s'est présentée au moment où vous avez dû prendre 
une décision ou d'agir. Nos décisions, nos actions sont comme les molécules d'eau d'un torrent 
qui dévale la montagne, traverse la plaine pour se jeter dans la mer. Les interactions de ces molé-
cules d'eau sont infinies mais le flot suit toujours la plus grande pente jusqu'à rejoindre l'océan.

En général, nous croyons que nous existons en tant que personne indépendante : « Je suis celui
qui crée ma vie comme je l'entends. » Cette croyance est ce qui nous définit. Tant que tout va
bien, tout va bien, pas de souci. Je ne me remets pas en question. Mais quand la vie ne va pas
comme je le souhaite, je peux être amené à en douter. Un jour, je décide de tourner à gauche
au rond-point, le véhicule part à droite. Ou je décide de tourner à gauche, mais j’aurais dû tourner
à droite... Et il peut arriver un moment où je découvre la supercherie : cette indépendance  est un 
rêve, ce libre arbitre est un leurre. En fait, si je regarde vraiment bien, parfois ce n'est plus un mau-
vais rêve, c'est un vrai cauchemar ! C'est là que je dois me poser la question qui tue - métaphori-
quement parlant bien sûr…


vendredi 9 octobre 2026

Exploration sur le libre-arbitre avec Didier Weiss (3)

Lorsque surgit cette forme d'évidence que mon propos suivant, mon action suivante ne
viennent pas d'un contrôleur qui serait localisé quelque part dans ma tête, mais qui découle du
phénomène de « la plus grande pente », comme le flot d'un torrent qui dévale une montagne,
c'est un moment parfois difficile.

Le « moi » en prend un coup. Cela demande - dans un premier temps - une forme de courage
pour admettre cette impuissance. C'est pénible, très pénible tout d'un coup, de réaliser que toute
ma vie, j'ai été le jouet d'une l'illusion. Je me croyais aux commandes de ma vie, mais il n'en 
était rien ! J'avais l'impression d'avoir voix au chapitre, d'être indépendant, d'avoir les clefs du
camion et je découvre maintenant que je suis en fait complètement dépendant des circonstances,
qu'elles soient d'ailleurs positives ou négatives.

Je ne peux ni me glorifier ni me critiquer... Quand tout marche comme je l’entends, c’est parfait
et c’est un concours de circonstances, ce n’est rien de personnel. Quand tout marche de travers,
donc pas du tout comme je l’entends, c’est aussi un concours de l’instant, et ce n’est rien de
personnel. C’est à la fois incroyablement libérateur et incroyablement effrayant. Le vécu qui va
se vivre à partir de ce moment de clarté dépend de notre état d’esprit, de notre terrain également.

C'est ici qu'il est essentiel de ne tirer aucune conclusion finale et définitive. Il faut laisser
décanter, et refaire si besoin pour être sûr cette exploration encore et encore pour que
l'évidence s'installe tranquillement. Sinon, c'est la déprime assurée... un passage à vide digne
de la « nuit noire de l'âme » de Saint-Jean de la Croix : « Mais comment donc ? Je me sens
effectivement « déconnecté » mais pas de la manière que je croyais : je ne serais qu'une
marionnette ? Une sorte de fantôme qui se contente de faire partie de l'histoire qui se déroule,
sans que j’aie mon mot à dire sur quoique ce soit ? C'est-à-dire sans « moi !» Et le comble de
l'horreur : « Je - donc moi - n'ai jamais rien fait tout au long de ma vie ! »

Pour être tout à fait franc, je suis passé par là et me suis fourvoyé un pe@t moment... J'étais allé
bien trop vite dans mes conclusions. Ici, il s'agit donc de garder tout son courage et sa détermina-
tion pour la suite de l'exploration du libre arbitre. Car il y a une suite, comme dans Netflix !

Donc je remets la marionnette dans le tiroir – quitte à la ressortir éventuellement plus tard - et
j’y retourne, la joie au coeur ! Je reprends l'investigation et je prends une action. N'importe
laquelle de cette vie quotidienne, comme par exemple celle d'aller acheter une baguette de
pain à la boulangerie du coin - et pourquoi pas y rencontrer la femme de ma vie ou bien mon
pire ennemi ? Cette action est-elle le résultat d'une impulsion qui serait l'impulsion de « ma »
décision ? Ou bien cette action est le résultat d'une infinité de collaborations de l'univers
entier ? »

La question laisse pantois, n'est-ce pas ? Essayons d’en mesurer les implications. Quand
j'examine cette action sous toutes les coutures, je constate que s'il n'y avait pas eu la colla-
boration totale de la totalité de l'univers à travers l'espace et le temps - on pourrait retourner
jusqu'aux temps des dinosaures, et bien sûr au-delà encore - l'action d'aller à la boulangerie 
n'aurait jamais eu lieu ! Il a ainsi fallu une forme de « conspiration » pour que j'aille chercher 
du pain à la boulangerie qui se trouve dans ma rue, là où j'habite, à telle heure, minute, seconde, 
du jour  et non à une autre heure, et que j'y rencontre l'âme soeur, ou mon pire ennemi...

C'est en fait une forme de complot divin qui permet donc aux événements de se manifester ! 
Ce qui est renversant est que tout, mais vraiment tout, est comme ça. C'est toujours un complot
divin. Ce n'est pas parce que je suis spécial ou parce que qui que ce soit est spécial. La glace 
à la fraise qui fond dans ma bouche, c'est un complot divin. Le chant d'un oiseau, un muscle
douloureux, un envol de papillons, la vaisselle qui s'amoncelle dans l'évier, la perte de mes
lunettes de soleil, le linge qui flotte au vent, la couleur de mon canapé, la sonnette de ma
bicyclette, la peur des serpents quand la nuit tombe, le gaz à effet de serre, le réchauffement
climatique, la piqûre de moustique, le sourire d’un inconnu, la rage de dents, le vol de mon
porte-monnaie, un malentendu, une trahison, un accident, les poubelles à sortir les mercredis
et samedis matin, le soleil qui brille....

Vous voyez où je veux en venir : c’est le miracle permanent de l’instant ! Rien n'y échappe, c'est
toujours, toujours, un complot divin au final, un enchaînement de circonstances... Et donc une
possibilité de vivre une vie ordinaire en paix, sans y trouver rien de particulièrement perturbant,
puisqu'il s'agit d'un complot divin et non de l'oeuvre personnelle de quelqu'un de bien intentionné 
ou de mal intentionné. C'est bien l'effet de la plus grande pente... et l'histoire n'a rien de personnel.

Au revoir la souffrance émotionnelle et psychologique ! Il peut certes y avoir douleur, mais
jamais plus de souffrance. Et cela n’empêche bien sûr aucune action spécifique pour modifier et
améliorer de notre point de vue le cours de la vie, pour l’orienter. Mais il faut aussi admettre
que ces actions font aussi partie de ce même complot !

Pour une action particulière, il y a des ramifications incroyables et ses ramifications sont
toujours, toujours, toujours infinies. La vie est ce qu'elle est, une série d'existence et d'incidents
qui s'entrecroisent que personne ne peut maîtriser. On peut tout de suite voir que pour
qu'apparaisse chaque élément de l'histoire, il faut des ramifications infinies qui elles-mêmes
comportent des éléments qui ont des ramifications infinies, etc. C'est fascinant, n'est-ce pas ?

mardi 6 octobre 2026

Exploration sur le libre-arbitre avec Didier Weiss (2)

Il s'agit ici de mener une bataille sans pitié contre la forteresse de l’habitude, qui va résister de
toutes ses forces, car il est question de sa survie… Il s'agit donc de mener la dernière bataille, en
éliminant tout ce qui bouge, tout ce qui est passager, afin de « Voir » ce qui ne bouge pas, ce qui
ne change pas : ce qui était là il y a 10 minutes, hier, le mois dernier, il y a 2 ans, il y a 20 ans.

Cette bataille se fait sous forme de questions : « Suis-je donc celui qui décide ou choisit indépen-
damment quoi que ce soit ? Ou bien mes décisions ou mes choix sont-ils dictés par la totalité 
du contexte du moment ? »

Si je réponds avec certitude : « Oui, c'est bien moi qui décide indépendamment de faire ceci ou
cela, à ce moment-ci et pas à un autre, de cette manière-ci et pas d'une autre », je continue sur
cette voie.

Si je trouve ainsi que c'est « ma » décision, indépendante du contexte, je pousse l'investigation
un peu plus loin : « Si je suis le décideur en chef, où donc se trouve ce centre de contrôle qui
dicte ma conduite ? » Je me mets à chercher... Automatiquement, le focus va se faire « ici » et
pas « là-bas », mais où exactement ? Dans la pièce où je me trouve ? À l'intérieur de mon corps?
À l'intérieur de ma tête ? Dans la partie inférieure ou supérieure de ma tête ? Il y a fort à parier
que c'est là, entre mes deux yeux, que je vais le situer.

Ensuite, je passe aux choses sérieuses, et je me demande : « Y-a-il vraiment un petit contrôleur
dans ma tête entre les deux yeux qui déciderait de dire ce mot-ci, puis ce mot-là, puis encore un
autre, et un autre encore, etc, ou bien qui penserait cette pensée-ci ou cette pensée-là, ou qui se
mettrait à agiter les mains comme ceci ou comme cela ? Ou n’est-ce pas plutôt que les mots, les
pensées, les gestes surgissent spontanément ? »

Les répercussions de cette investigation sont profondes. Ce petit contrôleur supposé être localisé
dans ma tête existe-t-il réellement ?

Est-ce que ce n'est pas là une forme de définition d'une vie séparée, autrement dit LE mécanis-
me même de la séparation qui fait que je me sens souvent petit, déconnecté, incomplet, perturbé, 
au sein d'un monde vaste et menaçant contre lequel je dois me défendre pour survivre ?

Et si je suis ce contrôleur de mon corps, pour autant je ne suis pas le contrôleur d’autres corps
d'ailleurs ! Il en résulte une forme d'asymétrie, une sorte de limitation à quelque chose de
localisé en un point fixe.

Pour les apparents « autres » que moi, logiquement cela semble pareil, il y aura donc toujours
une forme d'asymétrie entre eux et moi. D'un côté, c'est-à-dire ici dans mon corps ou ma tête, il
y a « moi » et de l'autre côté-là-bas, il y a ce que je pourrais appeler « pas-moi », c’est-à-dire un
monde extérieur incluant les « autres que moi ».

C'est le mécanisme de la séparation et ce mécanisme va tourner en boucle toute une vie, tant
qu'il n'a pas été exploré et identifié... Et démystifié une fois pour toutes.

Je vous engage vraiment à faire cette exploration qui va vous mener à cette première
découverte, sans laquelle il n'y a aucune possibilité de résolution de l’énigme existentielle.


                          

   


dimanche 4 octobre 2026

Exploration sur le libre-arbitre avec Didier Weiss (1)

 


Le facteur le plus déterminant dans mon parcours est la rencontre avec Ramesh Balsekar de
Bombay en 1995.
Ramesh Balsekar a été mon guide pendant quelques années et son enseignement a constitué
un élément décisif en cette Compréhension. S'il y a bien un outil vraiment utile et pratique
d'utilisation, c'est-à-dire à la portée de tous, c'est bien l'exploration de ce concept de « libre
arbitre ». Ramesh l'utilisait presque à chaque rencontre car il en connaissait l'importance.
De mon point de vue, il est en effet infiniment puissant et révélateur !

L'essence du questionnement revient à ceci : « Suis-je donc l'auteur de mes actions ? »

Dans un tout premier temps, l'identification au corps par exemple est assez facile à mettre en
doute parce que je me rends très vite compte que mon corps est un assemblage d'éléments
disparates qui n'a cessé d'évoluer avec le temps depuis ma naissance jusqu'à maintenant.
Aucune cellule de mon corps présente le jour de ma naissance n'est présente aujourd'hui. Il y a vraiment un mouvement, c’est quelque chose qui change tout le temps. Mais j'ai aussi quelque part l'intuition diffuse d'une Présence invisible, inchangée, qui a toujours été là. Alors puis-je vraiment dire : « Ce corps, c'est « moi », c'est mon identité, c'est bien ce que je suis ? »

Puis je vais passer en revue tout ce qui est dans le « champ de conscience » : les pensées, les
émotions, les perceptions, tout ce qu'on peut appeler les « objets de conscience », visibles et invisibles. Tout au long d'une journée, je vois que les pensées vont dans un sens puis dans un autre, que parfois je me contredis, que je peux passer du rire aux larmes en quelques instants, que ce mal de tête qui me rendait marteau est parti et que je me sens maintenant libre et léger. Je ne peux que constater que toutes les pensées, émotions et sensations sont transitoires, qu’elles changent tout le temps. Elles ne peuvent donc pas vraiment me représenter, autrement que dans l’instant. Et déjà ce n’est plus !

Je pousse plus loin mon investigation. Tout au long d'une vie, j'ai changé de métier, de maison, de région, de pays, etc. (ou pas d'ailleurs !) Si quelque chose me dit que c'est moi - et personne d'autre - qui a bien fait tous ces choix de changement ou de non changement, c'est ici que je vais poser la question suivante : « Quel est ce mécanisme qui verrouille cette croyance que « Ce que je suis réellement » est « celui qui décide », et que je puisse même le pointer du doigt en désignant un corps ou une tête ? » Il faut voir que c'est un mécanisme très actif, infiniment puissant. Il a été à l'oeuvre pour la majorité d’entre nous toute notre vie, hormis bien sûr pendant la toute petite enfance. Alors il est même difficile de le détecter au début.

mardi 22 septembre 2026

vendredi 11 septembre 2026

L'éveil

 L'éveil est la disparition de l'idée d'un moi personnel, d'un moi séparé.

Didier Weiss

dimanche 16 août 2026

Une célébration du bizarre

Ne deviens pas un zombie spirituel, vide de passion et dépourvu des profonds sentiments humains.
Laisse la spiritualité devenir une célébration de ton caractère unique plutôt que de sa répression. Ne perd jamais ton excentricité, ton étrangeté, ta bizarrerie, ton parfum inné, unique, et irremplaçable. N'essaie pas de prétendre être "personne", "rien", ou une autre non-entité transcendante et impersonnelle "n'ayant pas de moi" ou "étant au delà de l'humain", c'est juste d'autres fixations conceptuelles et personne n'y croit plus.
Sois une célébration de ce qu'est ton expression unique et arrête de t'excuser. Tombe amoureux du gâchis parfaitement divin et très humain que tu es.
Il n'y a pas d'autorité ici, et il est impossible que la vie se passe mal. Donc foire tout.
Echoue avec panache.

Tomber amoureux de ce qui est (Jeff Foster)