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dimanche 29 mars 2026

La chenille et le papillon (2)

Un jour, une chenille et un papillon se rencontrèrent au marché. La chenille se comparait au papillon, et elle se trouvait laide, petite, limitée. "Regardez ce beau papillon si libre" se disait-elle amèrement.

Le papillon réalisa ce qu'il se passait pour la chenille, et amicalement, il tint à restituer la réalité : 

- "Mon amie, je vois bien que vous n'êtes pas satisfaite de votre sort. Mais je peux vous garantir que vous allez bientôt vous transformer vous-même en ce papillon que vous êtes déjà."

- Vous dites ça pour me consoler, mais c'est impossible, grinça la chenille.

- Non, non, je vous assure. Croyez-le ou non, j'étais moi-même une chenille il y a peu de temps.

- Mais qu'avez-vous fait pour devenir un papillon?

- Rien, c'est notre nature, répondit le papillon.

- Vous prétendez que je vais me transformer en papillon sans le moindre effort de ma part? dit la chenille sur un ton sceptique.

- Absolument, et vous savez pourquoi? parce que nous sommes nés papillons, même si vous pensez être une chenille. Je n'ai rien fait du tout, j'ai juste vécu ma vie comme elle venait, et voilà! je me suis retrouvée papillon, à voler au-dessus des fleurs et à savourer cette liberté. Ne vous inquiétez pas, soyez assurée d'être un papillon, et tôt ou tard, cela sera votre réalité.

La chenille doutait encore un peu, mais quelque chose en elle semblait reconnaître la Vérité dans les paroles du papillon... Peu après, sans effort, elle fut papillon.

Marc Marciszewer : Voyages bers le Soi en Orient et en Occident

mardi 24 mars 2026

La chenille et le papillon

 


Un jour, une chenille entendit le son des ailes d’un papillon juste au dessus d’elle. Elle leva la tête, et elle aperçut un beau papillon qui virevoltait joyeusement dans les airs, opérant une sorte de grande spirale autour d’elle…
« Oh, comme j’aimerais être aussi libre de voler dans les airs » se dit-elle tristement. A ce moment précis, un rouge-gorge piqua à une allure folle et avala d’une bouchée le beau papillon.
« Finalement, je ne m’en sors pas si mal » se réjouit la chenille.
Un grive se tenait immobile juste derrière elle, et elle n’eut pas le temps de sentir qu’elle était engloutie dans le bec de l’oiseau.
L’arbre que rongeait la chenille se félicita de sa disparition, et se dit qu’il allait faire une belle fête avec ses amies les branches et les feuilles. « Quelle joie, s’exclamèrent feuilles et branches en un élan enthousiaste… enfin la paix ! »

Un homme qui passait par là, une hache sur l’épaule, jaugea l’arbre, et en se frottant le menton se dit que c’était exactement ce qu’il lui fallait. Il leva sa hache, et en quelques coups bien portés, le gaillard avait l’habitude, il coupa l’arbre, et il n’entendit pas les cris d’effroi et de douleur des branches et des feuilles. Un petit serpent avait été délogé dans la chute de l’arbre où il se reposait, et fort courroucé, il chercha le responsable de ce dérangement. Il ut vite fait de voir notre bûcheron, de se glisser jusqu’à lui, et de le mordre au mollet avant de s’échapper. Le bûcheron sentit la douleur de la morsure, mais il ne vit pas le serpent s’éloigner, alors il ne comprit pas qu’il avait été mordu, malgré les deux petites traces de crocs sur son mollet… Il eut le temps de retourner jusqu’à sa cabane en traînant l’arbre, et alors qu’il commençait à le débiter, il s’écroula, raide mort. Son vieux chien s’approcha, jappa, pleura, puis se coucha tout contre lui.

Quelques jours plus tard, alors que le corps du bûcheron se décomposait et commençait à vraiment puer, le brave chien renonça à mourir près de son maître, après tout cette carcasse puante en décomposition n’avait pas grand-chose à voir avec son maître, alors il commença à le dévorer. Il faut dire qu’il n’avait plus rien à manger.
Tout la haut, des vautours planaient en cercles autour de la scène attendant que le chien veuille bien partager une part de son festin…
La femme et le fils du bûcheron rentraient d’une visite à la famille en ville, et quand ils virent ce qu’ils virent, leur sang ne fit qu’un tour : le fils alla chercher son fusil, et il commença par abattre le chien avant de viser les vautours.
La vermine qui grouillait dans le corps du bûcheron se délectait et proliférait…
Et ainsi va la vie phénoménale…

Un poète assis sous un arbre, une guitare dans les mains chantait :
« Il reste la morsure du rêve
Dernier rempart contre la mort. »

Marc Marciszewer : Voyage vers le soi en Orient et en Occident

jeudi 12 mars 2026

Vagues ou océan?


Sommes nous une vague, parmi des millions d'autres, ou l'océan?
Ce qui revient à dire, sommes nous séparés, ou la totalité?
D'ailleurs cette vague, peut-on la définir, la dessiner, l'unifier? Elle a mille formes, en un dixième de seconde elle est déjà différente, elle n'est que mouvement, changement, en dehors de tout concept.
Au large  c'est la houle, c'est à dire une ondulation plus ou moins creuse, créée par le vent, qui ne s'arrête jamais sur les grands océans. Il y a aussi les hauts fonds, qui avec les courants marins créent des vagues sorties de nulle part. Même chose au bord des plages. Le calme plat est encore autre chose, mer d'huile comme on dit en Méditerranée. Quand le vent revient, presque imperceptible, on le perçoit à la surface comme un frétillement microscopique. Douces ou abruptes, allongés ou déferlantes, les vagues sont l'exemple même de la multiplicité. En tant que formes, elles naissent et meurent. Elles n'existent pas par elles-mêmes, et dépendent d'un ensemble de circonstances pour apparaître. Leur nature véritable, c'est l'océan, l'eau.
Si on observe bien notre fonctionnement humain, c'est la même chose, il n'y a que changement et formes différentes. Il n'y a que des circonstances qui se présentent sur lesquelles nous n'avons aucun contrôle. Le non-mouvement de l'être qui observe ce qui est, sans être impliqué, impersonnel, est notre nature profonde, comme l'océan.

jeudi 19 février 2026

Jean Bouchart d'Orval


J'ai appris hier sa mort en tout début de semaine. Toujours prêt à rire du monde et des situations incongrues dans lesquelles nous nous mettons, il laisse nombre de videos et de livres pour notre plus grand bonheur : L'émerveillement d'être, Au coeur de l'instant, Brûlante clarté, ...

"Être spirituel c’est être pleinement vivant sans compromis, c’est-à-dire dans l’étonnement toujours frais de ce qui est. C’est aller au bout du cadeau de la vie, de la conscience."

mardi 17 février 2026

A propos de l'éveil

La vérité est que nous voulons nous éveiller sans abandonner notre rêve ; nous voulons nous éveiller dans le rêve. Nous voulons la liberté tout en gardant notre cage—ce sont des barreaux et des chaînes. Nous voulons conserver toutes nos attaches, nos récits, nos histoires, ainsi que notre domination et notre contrôle.

L’illumination n’est pas quelque chose d’extraordinaire ; c’est l’ordinaire, mais sans le commentateur constant. L’éveil n’est rien de plus que la vie qui coule, sans que le phénomène égoïque essaie de la pousser dans ses propres directions. Le seul problème est la croyance inébranlable qu’il y a un problème. Le soi-disant chercheur de vérité est le seul obstacle... seulement en ne poursuivant rien devient possible le silence dans lequel vous remarquerez que, en réalité, absolument rien ne manque... 

Prabhuji


Vu sur le blog Eveil impersonnel et approche non-duelle

dimanche 8 février 2026

L'éveil pour les paresseux


 Atteindre l'éveil

Si vous voulez être un bon joueur de football, vous devez beaucoup vous entraîner. Si vous voulez être un bon guitariste, vous devez prendre des leçons, vous entraîner assidûment et faire beaucoup d'efforts. En bref, de nombreuses choses dans la vie exigent des efforts pour être atteintes. Avec l'"illumination", cependant, cela marche différemment.

Vous n’avez pas à "faire" quelque chose pour être libéré !
Vous n'avez pas à appliquer une méthode.
Vous n'avez pas à apprendre une technique.
Vous n’avez pas à méditer.
Vous n'avez pas à devenir végétarien.
Vous n’avez pas à aller en Inde pour cela.
Vous n'avez pas à vous prosterner devant un gourou.
Vous n'avez pas à porter des vêtements spéciaux.
Vous n'avez pas besoin de suivre un cours.
Vous n'avez pas besoin de renaître.
Vous n'avez pas à faire attention à votre respiration.
Vous n'avez pas à vous transformer.
Vous n'avez pas à de devenir spirituel.
Vous n'avez pas à nettoyer vos chakras.
Vous n'avez même pas à lire des livres là-dessus.
Enfin... sauf celui-ci, bien sûr, mais une fois que vous l'aurez terminé, vous pourrez le jeter.

Table des matières

(1) La recherche
(2) La Non-dualité
(3) Le libre-arbitre
(4) Qui êtes-vous ?
(5) Tout est Conscience
(6) Dualité
(7) Mise au point
(8) Zoom arrière
(9) Éveil
(10) Illumination
Qui est Paul Smit ?

Un livre absolument génial, profond, drôle, et définitif. Je vous conseille vivement. Il ne fait que 31 pages, ce qui est parfait pour les paresseux.

dimanche 25 janvier 2026

samedi 17 janvier 2026

lundi 12 janvier 2026

Eveil et après...

 Une interrogation revient régulièrement: l’éveil spirituel s’accompagne-t-il nécessairement, dans la trame ordinaire des jours, d’une conduite qui reflète des vertus humaines élevées et irréprochables — à supposer même que l’on sache les définir ?

Voici un témoignage qui aborde le sujet : L’éveil n’est en rien le sceau d'une quelque forme de sainteté. (vu sur le site d'Olam). Il y a aussi Didier Weiss qui en parle dans Looking for Atman.


"Même l'éveil fait partie du jeu et ne garantit pas nécessairement que vous saurez comment développer de bonnes relations intimes, cela ne signifie pas non plus que vous ne serez pas capable de vous illusionner vous-même, cela ne signifie pas que vous ne serez pas séduit par le pouvoir ou le désir.

 

On peut toucher une grande liberté intérieure et continuer pourtant à se mentir, à se séduire soi-même, à répéter des schémas immatures dans l’intimité et dans la relation. Reconnaître cela est déjà un pas de lucidité : c’est en cessant de se croire arrivé que l’on peut vraiment prendre la responsabilité de ce qui reste à transformer.

 

La réalité n’est pas une surface plane, mais un diamant aux innombrables facettes. Certaines révèlent que tout est déjà parfait. D’autres que rien n’existe vraiment. D’autres encore que le monde est une illusion, ou un jeu de la conscience. Chacune de ces perspectives est authentique, profonde, et pourtant incomplète. Car chaque facette donne l’impression de contenir le tout, simplement parce qu’elle reflète une totalité sous un certain angle. Le piège est là : croire que ce que l’on voit est tout ce qui est.

 

C’est la vieille parabole des aveugles et de l’éléphant : l’un touche la queue et jure que l’éléphant est un fouet, l’autre saisit une patte et le décrit comme un tronc d’arbre. Aucun ne ment, mais aucun ne voit l’animal entier.

 

Les traditions spirituelles fonctionnent de la même manière. Chacune met en lumière certaines dimensions de la vérité, certaines profondeurs de la conscience, mais aucune ne peut contenir le diamant dans son intégralité. Pourtant, nous choisissons souvent nos croyances comme on choisit un camp, selon nos inclinations, nos blessures, nos espoirs.

Le véritable danger ne réside pas dans ces visions partielles, mais dans la confusion qu’elles peuvent engendrer au niveau humain.

 

 Se dire que « tout est parfait » peut devenir une excuse pour ne pas regarder ses manques, ses blessures, sa manière de faire souffrir ou de se protéger. Or cela a toujours une importance. Chaque relation est un lieu où notre inconscience ou notre lucidité se manifestent concrètement. Et plus notre influence est grande, plus les répercussions de nos aveuglements le sont aussi.

 

L’éveil donne souvent une immense confiance, parfois même une impression d’infaillibilité. C’est précisément là qu’il demande à être accompagné d’humilité, de maturité et de travail intérieur.

 

Car au bout du compte, ce qui compte vraiment n’est pas ce que nous avons vu dans les hauteurs de la conscience, mais la façon dont nous marchons parmi les autres. La spiritualité ne prend sens que lorsqu’elle se laisse traverser par l’humain : dans la qualité de notre présence, dans notre capacité à aimer, à écouter, à répondre au monde avec justesse. C’est là, et seulement là, que nos réalisations deviennent vivantes."


Adyashanti




vendredi 9 janvier 2026

Une rencontre directe avec la mort


Tu choisis une seule vie,
et tu laisses toutes les autres mourir.

Tu cesses de fantasmer des versions parallèles de toi-même et des futurs qui ne verront jamais le jour.
Tu arrêtes de vivre à moitié, partagé entre mille vies imaginées.
Tu fais le deuil des vies que tu ne vivras jamais, des êtres que tu ne seras jamais.
Oui. Le deuil est au cœur même de l’engagement.
Tous les autres chemins.
Toutes les autres possibilités.
C’est une rencontre directe avec la mort.
Non pas avec l’idée de la mort, mais avec sa réalité, avec la façon dont elle imprègne la vie et ne fait qu’un avec elle.
L’engagement sacré, c’est l’effacement d’innombrables futurs possibles.
Et pourtant, dans ce deuil, quelque chose se dépose.
Quelque chose d’ancien, de profond.
À mesure que les vies fantasmées meurent,
tu peux enfin être pleinement présent à celle-ci.

Tu peux enfin… vivre.
Tu plantes ton drapeau ici.
Dans ce corps.
Dans cet instant.
Sur ce chemin.
Tu dis OUI à l’endroit où tu es !
Dans l’engagement sacré, tes pieds touchent enfin le sol.
Ce n’est ni une restriction ni une perte de liberté.
C’est un portail vers une grande joie.

Jeff Foster

samedi 3 janvier 2026

Il était une forêt


Francis Hallé vient de quitter le monde des hommes pour rejoindre celui des grands arbres qu'il nous contait si bien.

Il était une forêt est un documentaire français réalisé par Luc Jacquet et sorti en 2013. Il s'agit du troisième long métrage cinématographique de Luc Jacquet après La Marche de l'empereur et Le Renard et l'Enfant. Dans le cadre de l'association Wild-Touch qu'il a créée en 2010, Luc Jacquet a écrit et réalisé ce documentaire en étroite collaboration avec le botaniste Francis Hallé, qui avait depuis longtemps le projet de faire un film de grande ampleur sur les forêts primaires. Synopsis Pour la première fois, une forêt tropicale va naître sous nos yeux. De la première pousse à l’épanouissement des arbres géants, de la canopée en passant par le développement des liens cachés entre plantes et animaux, ce ne sont pas moins de sept siècles qui vont s’écouler sous nos yeux. Depuis des années, le cinéaste Luc Jacquet filme la nature, pour émouvoir et émerveiller les spectateurs à travers des histoires uniques et passionnantes. Sa rencontre avec le botaniste Francis Hallé a donné naissance à ce film patrimonial sur les ultimes grandes forêts primaires des tropiques, sanctuaires de la biodiversité planétaire. Il était une forêt offre une plongée exceptionnelle dans ce monde sauvage resté dans son état originel, en parfait équilibre, où chaque organisme – du plus petit au plus grand – joue un rôle essentiel.

jeudi 1 janvier 2026