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mercredi 14 octobre 2026

Exploration sur le libre-arbitre avec Didier Weiss (5)

Et c'est la deuxième partie de l'exploration qui doit être faite indépendamment, vraiment
indépendamment.
Si ce que j'ai cru être « moi » toute une vie, c'est-à-dire une personne
définie par le fait même d'avoir le libre arbitre, par le fait de pouvoir faire mes choix, par le fait
de prendre mes décisions indépendamment (c'est le mot clé : « indépendamment ») n'a en fait
aucune influence personnelle indépendante sur ma destinée... Et si tout événement, à chaque
instant, est le résultat d'un contexte infini d’éléments en présence, cela veut donc dire quoi ?

C'est là que cela devient encore plus intéressant. Je vais être amené à me demander si ma
personne qui avait été définie par le fait même que j’ai un contrôle indépendant sur ma vie
personnelle, mais aussi sur la vie en général, existe réellement ?

La conclusion s'impose : il n'y a donc ni marionnette impuissante, ni fantôme. Il n'y en a jamais
eu parce qu'en réalité, le contrôleur, cette personne qui était au centre, qui était celle qui
pensait avoir le pouvoir de prendre ses décisions « en son âme et conscience » et de faire ses
choix indépendamment tout au long de sa vie, et qui soudain croit avoir perdu ce pouvoir,
n'existe pas ! Non seulement elle n'existe pas mais elle n'a jamais existé. C'était juste un rêve.
De l’imagination à l’état pur…

Je reprends… Cette personne que je pensais être « moi » qui pensait prendre ses propres
décisions et faire ses propres choix, n’existe pas et, en plus, elle n’a jamais existé ! Cette
définition particulière de « mon existence séparée », indépendante, disparaît dans sa totalité.

Cette impression de libre arbitre a disparu, mais aussi la personne qui aurait - ou qui n'aurait
pas - le libre arbitre disparaît parce qu'elle n'a jamais réellement existé. En fait, c'est la fin d'un
rêve, c’est le rêve d'être une personne qui s’arrête. Mais l’histoire, elle, continue, comme si de
rien n’était. La personne qui rêvait ne peut pas disparaître puisqu'elle n'a jamais existé autre-
ment qu’en rêve... Donc au final, il ne se passe rien !

Alors, concrètement, ça veut dire quoi ? Ça veut dire que les décisions et les choix à venir vont
continuer d'apparaître, comme avant. Ce n'est pas que tout d'un coup, en cette découverte, je
deviens une personne prostrée qui ne ferait plus rien, avec l'idée que si « je » ne décide de rien,
il ne va rien se passer. Cela reviendrait à accorder encore de la croyance en une personne qui ne
pourrait rien faire. Or, c’est bien ce qui doit être vu, cette personne n'existe pas !

La vie n'est plus un casse-tête : le faire se fait, les décisions se prennent, les actions suivent. Le
personnage est bien là mais pas la personne. C'est simple. Le matin au réveil, il est impossible
de ne pas se lever du lit (en tout cas, pas trop longtemps !) Je vais à un moment ou à un autre
me lever pour aller mettre le café en route et commencer ma journée. Tout va continuer...

La différence - et c'est une différence énorme - c'est qu'il n'y a plus la croyance d'un quelqu'un
avec un centre de contrôle. Il n’y en a pas besoin, la vie se déroule selon le script de l'instant,
d'instant en instant, avec les éléments en présence dans l'instant. Tout comme le torrent dévale
la montagne suivant la plus grande pente dans l’instant... Il n’y a pas besoin de contrôleur pour
que la vie se déroule, et, en cette absence du rêve de ce contrôleur, en cette absence de quelque 
chose qui est irréel et générateur de souffrance, cette vie apparaît ainsi de façon infiniment plus harmonieuse.

Il s’agit ici d’une paix immuable qui est le résultat d'une absence totale de bataille de chaque
instant. Il n'y a plus de comparaison possible entre ce qui devrait se passer, ce qui ne devrait pas
se passer, ce qui aurait dû se passer ou ce qui aurait dû ne pas se passer. Tout ceci disparaît
instantanément. Il n'y a que « Ce qui est » et « Ce qui est » est juste un point de vue particulier
de la totalité de l'univers, de la totalité de la manifestation. C'est tout ce qui peut se dire.

Je n'y rajoute pas une personne, en fait l'idée même d’être une personne à part entière devient
saugrenue.




dimanche 11 octobre 2026

Exploration sur le libre-arbitre avec Didier Weiss (4)

Donc, pour en revenir au libre arbitre, peut-on envisager que considérer qu'une décision est une
décision prise directement en fonction d'un centre de contrôle placé dans ma tête, et que ma
décision est ce qui amène l'action suivante en dehors de tout contexte, est en fait une forme de
rêve que je me suis raconté toute une vie ?

Le simple fait d'y croire recrée en permanence et renforce cette personne que nous croyons
être avec son centre de contrôle placé dans notre tête entre les deux yeux. Mais existe-t-elle à
part entière ? Ou bien est-ce une simple croyance à laquelle on adhère par habitude ?

Je vous parle ici de déconstruire cette personne et surtout de cesser de la recréer et du coup, de
la croire vraie. C'est un mirage, comme le sol brûlant d'une route dans le désert nous fait croire
qu'elle est recouverte d'eau dans le lointain. L'eau paraît si réelle... Mais plus j’avance sur la
route, plus je s'aperçois qu'il n'y a pas et qu'il n'y a jamais eu d'eau. C'était uniquement un
phénomène optique.

Maintenant de la théorie à la pratique… Je vous propose, comme Ramesh Balsekar le proposait
à ses visiteurs, de passer en revue le soir venu les événements qui ont marqué votre journée du
réveil jusqu’au coucher (rencontre, panne, coup de téléphone, déjeuner, achat, film, etc.), de les
noter mentalement ou par écrit, puis de vérifier de manière systématique si chaque décision ou
choix que vous avez pris aujourd’hui a bien été le vôtre.

Je dis bien « entièrement le vôtre », pas à 50 ou 99% : ce qui contribuerait partiellement à
prouver l'existence de votre centre de contrôle, donc à renforcer la réalité d’une personne à
part entière que vous appelez « vous-même ».

Chaque décision, chaque choix n’a-t-il pas été le résultat d'un concours de circonstances ?

C'est une exploration à faire de nombreuses fois de suite pour arriver à un constat immanquable...
Vous allez vous rendre compte que la totalité de toutes vos décisions et actions ont découlé 
entièrement du torrent de la Vie telle qu'elle s'est présentée au moment où vous avez dû prendre 
une décision ou d'agir. Nos décisions, nos actions sont comme les molécules d'eau d'un torrent 
qui dévale la montagne, traverse la plaine pour se jeter dans la mer. Les interactions de ces molé-
cules d'eau sont infinies mais le flot suit toujours la plus grande pente jusqu'à rejoindre l'océan.

En général, nous croyons que nous existons en tant que personne indépendante : « Je suis celui
qui crée ma vie comme je l'entends. » Cette croyance est ce qui nous définit. Tant que tout va
bien, tout va bien, pas de souci. Je ne me remets pas en question. Mais quand la vie ne va pas
comme je le souhaite, je peux être amené à en douter. Un jour, je décide de tourner à gauche
au rond-point, le véhicule part à droite. Ou je décide de tourner à gauche, mais j’aurais dû tourner
à droite... Et il peut arriver un moment où je découvre la supercherie : cette indépendance  est un 
rêve, ce libre arbitre est un leurre. En fait, si je regarde vraiment bien, parfois ce n'est plus un mau-
vais rêve, c'est un vrai cauchemar ! C'est là que je dois me poser la question qui tue - métaphori-
quement parlant bien sûr…


vendredi 9 octobre 2026

Exploration sur le libre-arbitre avec Didier Weiss (3)

Lorsque surgit cette forme d'évidence que mon propos suivant, mon action suivante ne
viennent pas d'un contrôleur qui serait localisé quelque part dans ma tête, mais qui découle du
phénomène de « la plus grande pente », comme le flot d'un torrent qui dévale une montagne,
c'est un moment parfois difficile.

Le « moi » en prend un coup. Cela demande - dans un premier temps - une forme de courage
pour admettre cette impuissance. C'est pénible, très pénible tout d'un coup, de réaliser que toute
ma vie, j'ai été le jouet d'une l'illusion. Je me croyais aux commandes de ma vie, mais il n'en 
était rien ! J'avais l'impression d'avoir voix au chapitre, d'être indépendant, d'avoir les clefs du
camion et je découvre maintenant que je suis en fait complètement dépendant des circonstances,
qu'elles soient d'ailleurs positives ou négatives.

Je ne peux ni me glorifier ni me critiquer... Quand tout marche comme je l’entends, c’est parfait
et c’est un concours de circonstances, ce n’est rien de personnel. Quand tout marche de travers,
donc pas du tout comme je l’entends, c’est aussi un concours de l’instant, et ce n’est rien de
personnel. C’est à la fois incroyablement libérateur et incroyablement effrayant. Le vécu qui va
se vivre à partir de ce moment de clarté dépend de notre état d’esprit, de notre terrain également.

C'est ici qu'il est essentiel de ne tirer aucune conclusion finale et définitive. Il faut laisser
décanter, et refaire si besoin pour être sûr cette exploration encore et encore pour que
l'évidence s'installe tranquillement. Sinon, c'est la déprime assurée... un passage à vide digne
de la « nuit noire de l'âme » de Saint-Jean de la Croix : « Mais comment donc ? Je me sens
effectivement « déconnecté » mais pas de la manière que je croyais : je ne serais qu'une
marionnette ? Une sorte de fantôme qui se contente de faire partie de l'histoire qui se déroule,
sans que j’aie mon mot à dire sur quoique ce soit ? C'est-à-dire sans « moi !» Et le comble de
l'horreur : « Je - donc moi - n'ai jamais rien fait tout au long de ma vie ! »

Pour être tout à fait franc, je suis passé par là et me suis fourvoyé un pe@t moment... J'étais allé
bien trop vite dans mes conclusions. Ici, il s'agit donc de garder tout son courage et sa détermina-
tion pour la suite de l'exploration du libre arbitre. Car il y a une suite, comme dans Netflix !

Donc je remets la marionnette dans le tiroir – quitte à la ressortir éventuellement plus tard - et
j’y retourne, la joie au coeur ! Je reprends l'investigation et je prends une action. N'importe
laquelle de cette vie quotidienne, comme par exemple celle d'aller acheter une baguette de
pain à la boulangerie du coin - et pourquoi pas y rencontrer la femme de ma vie ou bien mon
pire ennemi ? Cette action est-elle le résultat d'une impulsion qui serait l'impulsion de « ma »
décision ? Ou bien cette action est le résultat d'une infinité de collaborations de l'univers
entier ? »

La question laisse pantois, n'est-ce pas ? Essayons d’en mesurer les implications. Quand
j'examine cette action sous toutes les coutures, je constate que s'il n'y avait pas eu la colla-
boration totale de la totalité de l'univers à travers l'espace et le temps - on pourrait retourner
jusqu'aux temps des dinosaures, et bien sûr au-delà encore - l'action d'aller à la boulangerie 
n'aurait jamais eu lieu ! Il a ainsi fallu une forme de « conspiration » pour que j'aille chercher 
du pain à la boulangerie qui se trouve dans ma rue, là où j'habite, à telle heure, minute, seconde, 
du jour  et non à une autre heure, et que j'y rencontre l'âme soeur, ou mon pire ennemi...

C'est en fait une forme de complot divin qui permet donc aux événements de se manifester ! 
Ce qui est renversant est que tout, mais vraiment tout, est comme ça. C'est toujours un complot
divin. Ce n'est pas parce que je suis spécial ou parce que qui que ce soit est spécial. La glace 
à la fraise qui fond dans ma bouche, c'est un complot divin. Le chant d'un oiseau, un muscle
douloureux, un envol de papillons, la vaisselle qui s'amoncelle dans l'évier, la perte de mes
lunettes de soleil, le linge qui flotte au vent, la couleur de mon canapé, la sonnette de ma
bicyclette, la peur des serpents quand la nuit tombe, le gaz à effet de serre, le réchauffement
climatique, la piqûre de moustique, le sourire d’un inconnu, la rage de dents, le vol de mon
porte-monnaie, un malentendu, une trahison, un accident, les poubelles à sortir les mercredis
et samedis matin, le soleil qui brille....

Vous voyez où je veux en venir : c’est le miracle permanent de l’instant ! Rien n'y échappe, c'est
toujours, toujours, un complot divin au final, un enchaînement de circonstances... Et donc une
possibilité de vivre une vie ordinaire en paix, sans y trouver rien de particulièrement perturbant,
puisqu'il s'agit d'un complot divin et non de l'oeuvre personnelle de quelqu'un de bien intentionné 
ou de mal intentionné. C'est bien l'effet de la plus grande pente... et l'histoire n'a rien de personnel.

Au revoir la souffrance émotionnelle et psychologique ! Il peut certes y avoir douleur, mais
jamais plus de souffrance. Et cela n’empêche bien sûr aucune action spécifique pour modifier et
améliorer de notre point de vue le cours de la vie, pour l’orienter. Mais il faut aussi admettre
que ces actions font aussi partie de ce même complot !

Pour une action particulière, il y a des ramifications incroyables et ses ramifications sont
toujours, toujours, toujours infinies. La vie est ce qu'elle est, une série d'existence et d'incidents
qui s'entrecroisent que personne ne peut maîtriser. On peut tout de suite voir que pour
qu'apparaisse chaque élément de l'histoire, il faut des ramifications infinies qui elles-mêmes
comportent des éléments qui ont des ramifications infinies, etc. C'est fascinant, n'est-ce pas ?

mardi 6 octobre 2026

Exploration sur le libre-arbitre avec Didier Weiss (2)

Il s'agit ici de mener une bataille sans pitié contre la forteresse de l’habitude, qui va résister de
toutes ses forces, car il est question de sa survie… Il s'agit donc de mener la dernière bataille, en
éliminant tout ce qui bouge, tout ce qui est passager, afin de « Voir » ce qui ne bouge pas, ce qui
ne change pas : ce qui était là il y a 10 minutes, hier, le mois dernier, il y a 2 ans, il y a 20 ans.

Cette bataille se fait sous forme de questions : « Suis-je donc celui qui décide ou choisit indépen-
damment quoi que ce soit ? Ou bien mes décisions ou mes choix sont-ils dictés par la totalité 
du contexte du moment ? »

Si je réponds avec certitude : « Oui, c'est bien moi qui décide indépendamment de faire ceci ou
cela, à ce moment-ci et pas à un autre, de cette manière-ci et pas d'une autre », je continue sur
cette voie.

Si je trouve ainsi que c'est « ma » décision, indépendante du contexte, je pousse l'investigation
un peu plus loin : « Si je suis le décideur en chef, où donc se trouve ce centre de contrôle qui
dicte ma conduite ? » Je me mets à chercher... Automatiquement, le focus va se faire « ici » et
pas « là-bas », mais où exactement ? Dans la pièce où je me trouve ? À l'intérieur de mon corps?
À l'intérieur de ma tête ? Dans la partie inférieure ou supérieure de ma tête ? Il y a fort à parier
que c'est là, entre mes deux yeux, que je vais le situer.

Ensuite, je passe aux choses sérieuses, et je me demande : « Y-a-il vraiment un petit contrôleur
dans ma tête entre les deux yeux qui déciderait de dire ce mot-ci, puis ce mot-là, puis encore un
autre, et un autre encore, etc, ou bien qui penserait cette pensée-ci ou cette pensée-là, ou qui se
mettrait à agiter les mains comme ceci ou comme cela ? Ou n’est-ce pas plutôt que les mots, les
pensées, les gestes surgissent spontanément ? »

Les répercussions de cette investigation sont profondes. Ce petit contrôleur supposé être localisé
dans ma tête existe-t-il réellement ?

Est-ce que ce n'est pas là une forme de définition d'une vie séparée, autrement dit LE mécanis-
me même de la séparation qui fait que je me sens souvent petit, déconnecté, incomplet, perturbé, 
au sein d'un monde vaste et menaçant contre lequel je dois me défendre pour survivre ?

Et si je suis ce contrôleur de mon corps, pour autant je ne suis pas le contrôleur d’autres corps
d'ailleurs ! Il en résulte une forme d'asymétrie, une sorte de limitation à quelque chose de
localisé en un point fixe.

Pour les apparents « autres » que moi, logiquement cela semble pareil, il y aura donc toujours
une forme d'asymétrie entre eux et moi. D'un côté, c'est-à-dire ici dans mon corps ou ma tête, il
y a « moi » et de l'autre côté-là-bas, il y a ce que je pourrais appeler « pas-moi », c’est-à-dire un
monde extérieur incluant les « autres que moi ».

C'est le mécanisme de la séparation et ce mécanisme va tourner en boucle toute une vie, tant
qu'il n'a pas été exploré et identifié... Et démystifié une fois pour toutes.

Je vous engage vraiment à faire cette exploration qui va vous mener à cette première
découverte, sans laquelle il n'y a aucune possibilité de résolution de l’énigme existentielle.


                          

   


dimanche 4 octobre 2026

Exploration sur le libre-arbitre avec Didier Weiss (1)

 


Le facteur le plus déterminant dans mon parcours est la rencontre avec Ramesh Balsekar de
Bombay en 1995.
Ramesh Balsekar a été mon guide pendant quelques années et son enseignement a constitué
un élément décisif en cette Compréhension. S'il y a bien un outil vraiment utile et pratique
d'utilisation, c'est-à-dire à la portée de tous, c'est bien l'exploration de ce concept de « libre
arbitre ». Ramesh l'utilisait presque à chaque rencontre car il en connaissait l'importance.
De mon point de vue, il est en effet infiniment puissant et révélateur !

L'essence du questionnement revient à ceci : « Suis-je donc l'auteur de mes actions ? »

Dans un tout premier temps, l'identification au corps par exemple est assez facile à mettre en
doute parce que je me rends très vite compte que mon corps est un assemblage d'éléments
disparates qui n'a cessé d'évoluer avec le temps depuis ma naissance jusqu'à maintenant.
Aucune cellule de mon corps présente le jour de ma naissance n'est présente aujourd'hui. Il y a vraiment un mouvement, c’est quelque chose qui change tout le temps. Mais j'ai aussi quelque part l'intuition diffuse d'une Présence invisible, inchangée, qui a toujours été là. Alors puis-je vraiment dire : « Ce corps, c'est « moi », c'est mon identité, c'est bien ce que je suis ? »

Puis je vais passer en revue tout ce qui est dans le « champ de conscience » : les pensées, les
émotions, les perceptions, tout ce qu'on peut appeler les « objets de conscience », visibles et invisibles. Tout au long d'une journée, je vois que les pensées vont dans un sens puis dans un autre, que parfois je me contredis, que je peux passer du rire aux larmes en quelques instants, que ce mal de tête qui me rendait marteau est parti et que je me sens maintenant libre et léger. Je ne peux que constater que toutes les pensées, émotions et sensations sont transitoires, qu’elles changent tout le temps. Elles ne peuvent donc pas vraiment me représenter, autrement que dans l’instant. Et déjà ce n’est plus !

Je pousse plus loin mon investigation. Tout au long d'une vie, j'ai changé de métier, de maison, de région, de pays, etc. (ou pas d'ailleurs !) Si quelque chose me dit que c'est moi - et personne d'autre - qui a bien fait tous ces choix de changement ou de non changement, c'est ici que je vais poser la question suivante : « Quel est ce mécanisme qui verrouille cette croyance que « Ce que je suis réellement » est « celui qui décide », et que je puisse même le pointer du doigt en désignant un corps ou une tête ? » Il faut voir que c'est un mécanisme très actif, infiniment puissant. Il a été à l'oeuvre pour la majorité d’entre nous toute notre vie, hormis bien sûr pendant la toute petite enfance. Alors il est même difficile de le détecter au début.

mardi 22 septembre 2026

vendredi 11 septembre 2026

L'éveil

 L'éveil est la disparition de l'idée d'un moi personnel, d'un moi séparé.

Didier Weiss

dimanche 16 août 2026

Une célébration du bizarre

Ne deviens pas un zombie spirituel, vide de passion et dépourvu des profonds sentiments humains.
Laisse la spiritualité devenir une célébration de ton caractère unique plutôt que de sa répression. Ne perd jamais ton excentricité, ton étrangeté, ta bizarrerie, ton parfum inné, unique, et irremplaçable. N'essaie pas de prétendre être "personne", "rien", ou une autre non-entité transcendante et impersonnelle "n'ayant pas de moi" ou "étant au delà de l'humain", c'est juste d'autres fixations conceptuelles et personne n'y croit plus.
Sois une célébration de ce qu'est ton expression unique et arrête de t'excuser. Tombe amoureux du gâchis parfaitement divin et très humain que tu es.
Il n'y a pas d'autorité ici, et il est impossible que la vie se passe mal. Donc foire tout.
Echoue avec panache.

Tomber amoureux de ce qui est (Jeff Foster)



lundi 3 août 2026

Ne rien faire

 

Aussi étrange que cela puisse paraître, il y a une condition pour ne rien faire : avoir du temps !

Si vous n’avez pas de temps, « pas le temps » comme on dit, il est alors impossible de vous lancer dans cette aventure qui est de s’arrêter et de ne rien faire du tout.

Comment prendre ce temps que vous n’avez pas ? Parce que bien sûr vous êtes occupé par plein de choses essentielles, importantes, obligatoires, ou futiles, voire inutiles. Vraisemblablement, vous ne vous rendez même pas compte que vous faites tout ce qu’il faut pour ne pas avoir de temps. Pris dans le rythme du faire, le temps s’écoule comme du sable entre nos mains, impossible à retenir. Restent les vacances où l’on où l’on rêve d’avoir enfin le temps de s’arrêter et de ne rien faire. Ok, regardons ce qu’il en est. Vous voyagez, vous faites du tourisme, vous visitez, vous vous cultivez, vous traînez en bord de mer, vous nagez, faites du jogging, de l’exercice, lisez, dormez, surveillez les enfants, regardez les gens, sortez le soir… Rien d’anormal, mais vous arrêtez-vous vraiment pour ne plus rien faire du tout ?

Il n’y a à priori pas d’apprentissage à ne rien faire. Ceux qui pratiquent le yoga, la méditation, sont dans cette démarche. Encore faut-il du temps pour découvrir vraiment le fait de s’arrêter et de ne rien faire. Oser être là avec soi-même, et juste observer ce qui se passe, sans but, sans attente, sans « et après », être dans le maintenant… Etre tranquille avec « ne rien faire du tout », être tranquille avec tout ce qui vient troubler « ne rien faire », comme les pensées, ce « faire » permanent dont on a plus ou moins conscience. Il n’est pas demandé de les arrêter, ce serait encore du faire, et mission impossible d’ailleurs. Juste regarder, sans prendre position, sans vouloir autre chose que ce qui est. Ne rien faire est impersonnel, c’est pour cela que c’est difficile au début de s’y adonner. Et à quoi ça sert d’ailleurs ? C’est choisir entre l’agitation et le tranquille, entre le bruit et la quiétude. C’est indéfinissable tant que l’on n’est pas rentré un tant soit peu dans l’expérience.

Autre point : si l’on se sent attiré par cette aventure, du temps va se libérer. C’est l’envie de ne rien faire qui va offrir du temps. C’est un processus subtil qui se met en place à notre insu. Ne rien faire c’est être à l’écoute de notre profondeur, c’est s’unir à la vie, c’est se défaire de celui pour qui on se prend.

mardi 28 juillet 2026

La Vérité

partagé par Didier et Cecilia Weiss

 

lundi 13 juillet 2026

Je dois avouer quelque chose

 Je dois avouer quelque chose.

Pendant de nombreuses années, j'ai marché sur les scènes de conférences et de retraites spirituelles et j'ai parlé de présence, de conscience, des joies de l'éveil spirituel. J'ai parcouru le monde en tant que 
« professeur non-duel ». Celui avec le langage inspirant. Celui avec les "réponses". (Eh bien, au moins dans les yeux de certains ! )
Puis la vie m'a brisé. Dans son étrange et impitoyable compassion, elle m'a mis à genoux.
Je suis tombé malade. Plus malade que je ne l'avais jamais été. Plus malade que je ne pensais possible.
J'ai été écrasé par la maladie de Lyme. Humble au-delà de tout ce que j'aurais pu imaginer.
Il y a eu des moments où je pensais que je ne marcherais plus jamais, encore moins enseigner à nouveau.
Jour après jour, je ne me suis concentré que sur la survie. Sur la guérison. En mettant un pied devant l'autre. Je sais que beaucoup d'entre vous peuvent comprendre.
Heureusement, j'ai finalement trouvé le bon diagnostic et le bon traitement. Je suis éternellement reconnaissant à tous les anges qui sont venus à mes côtés et qui m'ont aidé à survivre et à guérir.
Puis quelque chose d'autre est arrivé.
Je suis tombé complètement amoureux. Je me suis marié. Je suis devenu un mari dévoué, puis un père.
La vie de famille est devenue ma priorité absolue. Se pointer et défendre ma femme et ma fille. Je me lave aussi. Payer les factures. Changement de Nappy. Nuits blanches. Des larmes. Du rire. Apprendre chaque jour à être un meilleur père et partenaire. Surpris et humilié, défié et renouvelé, encore et encore.
Responsabilité ordinaire et implacable.
La joie la plus profonde de ma vie n'était pas sur une scène. Ce n'était pas dans un beau paragraphe sur la sensibilisation. Pas dans un podcast ou une retraite. Pas dans l'approbation des autres.
Pas dans une brillante réalisation spirituelle.
Pas dans la « transcendance » elle-même.
C'était ici. Juste ici. Dans la cuisine. Dans le mess. Dans l'engagement féroce de la vie de famille.
Le « professeur spirituel » en moi est mort. Dieu merci.
Et ce qui est né à sa place est quelque chose de bien plus ancré et de bien plus humain.
Ce que j'ai enseigné dans le passé n'était pas faux. Il était tout simplement incomplet, car il n'avait pas encore été entièrement testé par le feu. Tout ce dont j'ai parlé et écrit à l'époque était profondément sincère. C'était la meilleure vérité que je pouvais exprimer à l'époque.
Je vis maintenant profondément ancré dans une spiritualité qui n'échappe pas au corps. Cela ne nie pas la colère, le chagrin, la confusion, le doute. Cela ne prétend pas être au-delà du besoin, au-delà de l'amour, au-delà de l'attachement, au-delà.
Je ne suis pas au-dessus de la vie. Je suis DANS la vie. Entièrement dedans. Je ne me soucie plus d'être spirituel ou spécial. Je ne veux plus être le sage. Je préférerais, un million de fois, être un mari qui se montre. Un père qui protège et soutient sa fille. Un homme qui reste présent quand c'est mal à l'aise.
La vie ordinaire n'est pas une distraction du réveil. C'est le four qui la forge. C'est le fruit de cela. L'alpha et l'oméga de ça.
Oui j'ai vécu l'enfer pour en arriver là. J'ai perdu les dernières lambeaux de ma personnalité spirituelle. J'ai perdu la certitude. J'ai perdu mon image. J'ai perdu tout intérêt à avoir raison. Ou être admiré. Ou être un "enseignant".
Toute cette identité est tombée.
Ce qui reste est plus simple, plus étranger, plus fort et plus joyeux que tout ce que j'ai jamais connu.
Je m'incline devant cette vie ordinaire. Je m'incline devant l'extraordinaire boue transcendante de celle-ci. Au sacré et à la grossièreté de tout ça. À la tendresse sauvage et hilarante et scandaleuse d'être pleinement humain.
Je m'incline chaque jour sacré devant l'amour qui m'a ouvert et refait moi.
Maintenant, enfin, je peux vraiment "enseigner".
Précisément parce que je n'en ai plus besoin.

•⁠  ⁠Jeff Foster


jeudi 9 juillet 2026

Une belle rencontre

Une belle rencontre...

Regard au Pluriel 

L'ESSENCE DE LA PRESENCE. Une perspective non-duelle 

"Libre de toute lignée ou tradition, ces mots ne s’adressent pas au mental du  chercheur, mais à la connaissance silencieuse déjà présente"

 https://www.regardaupluriel.com


jeudi 25 juin 2026

Je suis

 JE SUIS… C’est ÇA qui est ÇA.

Revenir dans cette intériorité encore, encore et encore.

C'est facile de sortir, d'aller à l'extérieur, de se raconter des histoires, d'oublier qui nous sommes véritablement. Qu'on puisse avoir cette énorme bienveillance envers soi de, parfois, oublier qui nous sommes.

Il n'est pas question de se taper sur les doigts, de se juger, de se culpabiliser, mais bien de dire Ah bon, j'étais ailleurs... et revenir Ici à chaque instant, revenir... revenir... Se poser là, c'est vraiment beau.

Qu'on puisse voir que c'est humain d'oublier, de se perdre dans dix mille choses, de se prendre pour ce personnage, pour ce corps, de s'identifier outre mesure.

Voir tout ÇA avec beaucoup d'Amour, de tendresse, c'est tout.

« Je Suis » est au-delà de toute identification, c'est ce que nous sommes AVANT tout ça.

ÇA, c'est intouchable, c'est toujours là. Même si on a oublié, même si on s'est pris pour d'autres choses, même si on a été étourdi, même si on a lâché ÇA... ÇA est là quand même. Est-ce qu'il y a un Amour plus grand que ÇA ?

Quelqu'un posait une question sur le karma. Pour moi, le karma fait partie des croyances et des histoires qu'on se raconte. Peut-être, peut-être pas. La seule chose qui m'intéresse maintenant, c'est de revenir Ici, à la maison.

Rentrer dans une histoire, c’est revenir à l'horizontal, c'est interminable. On retourne dans une histoire, dans une horizontalité qui nous prend la tête et on veut encore trouver des explications, des réponses quand, en fait, ÇA se produit, c’est tout.

Revenir Ici, revenir Ici encore, encore et encore parce qu'Ici-Maintenant, rien de tout « ça » n’existe. Ici-Maintenant, c'est la fraîcheur de l'instant. C’est vierge de tout, comme une page blanche. C'est frais, tout neuf.

À partir d'Ici, ÇA peut s'épanouir comme une fleur au Soleil.

Simplement être là, avec Ce qui est là.

Ginette Forget



lundi 22 juin 2026

Le cancer s'est invité chez moi

https://www.youtube.com/watch?v=nDFlImdrrqE

https://youtu.be/nDFlImdrrqE?si=Ys_D0_OeHXtpnowp


Un magnifique témoignage de Ginette Forget.

jeudi 18 juin 2026

L'éveil (suite)

 C'est l'authenticité qui s'exprime, sans plus aucune entrave.
Au coeur de cette authenticité se révèle la puissance de l'Amour.
Au coeur de cette authenticité prend fin la "densité souffrante" de la souffrance.
Car l'éveil, c'est un coeur totalement ouvert à l'investigation, à l'examen intime, profond et minutieux, des illusions, des croyances encore actives, de leur nature, leur réalité.
Etre avec les peurs, les colères, les jugements résiduels, les embrasser. 
Sous le feu du Regard, ils perdent peu à peu leur pouvoir de fascination, puis se résorbent, s'effacent et fondent.
C'est la Conscience qui se manifeste à travers l'humanité.
C'est la Conscience qui vient embrasser l'existence apparente.
C'est la Conscience qui vient transformer la "densité souffrante" en transparence immaculée.
C'est la Conscience éveillée en chacun de nous.
Cette Conscience est ce que nous sommes.
Unité, véritable Onde d'Amour.

Marion Renault

samedi 13 juin 2026

L'éveil

 L'éveil, c'est se montrer tel que l'on est, c'est être transparent instant après instant.

C'est "oser" mettre en plein jour tout ce qui nous semble inavouable au nom de tout un tas de croyances liées à la réalisation, à ce que l'on devrait être ou non après la reconnaissance de notre vraie nature.

L'éveil s'inscrit au coeur de ce qui n'est pas encore vu, encore intégré.

L'éveil c'est l'humilité de reconnaître avec bienveillance ce qui, dans ce que nous vivons au quotidien, entraine encore une dualité apparente.

C'est s'ouvrir à nos imperfections, à nos tendances mentales latentes et récurrentes.

Il n'y a pas de problème avec les imperfections. Elles sont simplement ce qui se manifeste dans le champ de la Conscience. 

L'éveil c'est cette pleine liberté de se montrer dans sa vulnérabilité la plus intime, sans plus aucune protection.

On croit souvent que la vulnérabilité est faiblesse, elle est en réalité à la fois douceur et la véritable puissance de l'éveil.

Elle s'inscrit dans une absence de "moi". Il n'y a ainsi plus rien à défendre, plus rien à protéger, c'est simplement ce qui est là, décorrélé de toute histoire, de toute appartenance, de tout lien, de toute critique, de toute attente dans le regard de l'autre.

Marion Renault

dimanche 31 mai 2026

Qui sommes-nous vraiment? (2)

De même on ne décide ni de rire, ni de pleurer. 
En observant son comportement, on découvre nos mécanismes, nos réactions, notre passivité. C'est cette observation qui peut entraîner un changement.
Il est intéressant de remonter en arrière pour voir comment telle ou telle chose est arrivée. En réalité c'est toute une suite de circonstances, qui remonte à très loin, à la nuit des temps. On a juste été emporté par le courant de la vie. Quand cela ne nous plait pas (on s'attendait à autre chose), on lutte contre, car on croit à sa toute puissance, et il est hors de question que la vie nous en impose. Quelle arrogance! 
Quand on réalise qu'on ne maîtrise pas grand chose, on laisse faire, on ne s'offusque pas. 
On fait sa part, mais surtout on laisse la vie faire la sienne.?
C'est plus reposant. 
Lorsque je dis cela, ce n'est pas non plus un "je" qui décide de lâcher, ça se fait en fait, ça émane de notre être qui est de plus en plus en phase avec la vie. 
L'être, dans sa profondeur, est la totalité de la vie, sans séparation. 
Il y a une union avec plus grand que nous, avec ce qui nous dépasse. 
Quand on a intégré qu'il n'y a absolument rien à quoi s'identifier, que reste t-il? 
L'Etre, le Je suis, Cela qui est, la Présence, le Silence. 
Cela qui nous enveloppe est la paix sans rien d'autre, sans question. 
Il n'y a plus personne, plus de chercheur, plus de moi. 
Ce n'est pas quelqu'un qui trouve quelque chose, ce serait encore un objet, qui pourrait disparaître, et donc la dualité. 
C'est la disparition de tout ce que l'on peut s'attribuer, le sans-manque total. 
L'être n'a besoin de rien pour être. 
C'est incompréhensible pour l'ego, pour la personne habituelle, c'est vertigineux. 
Dans un non-faire absolu quelque chose se dévoile, et en même temps ce n'est pas quelque chose. 
Ce n'est pas quelque part, c'est partout. 
Ainsi le nomme t'on l'indicible, l'ineffable, le sans-nom, l'au delà de tout...

vendredi 29 mai 2026

Qui sommes-nous vraiment?

 Trouver l'enseignement qui nous convient est primordial. Si on est persévérant dans la démarche proposée, et surtout si elle est sérieuse, on va arriver un jour ou l'autre à une remise en cause de tout ce que l'on prenait pour acquis, absolument tout, et donc de la personne pour qui on se prenait, à qui on s'identifiait. Si avoir moins d'émotions, être de plus en plus calme, est un confort dans la vie d'un chercheur spirituel, ce n'est pas le but. Le but pour qui? Le chercheur ne peut trouver que ce qu'il connaît, ou croit connaître, c'est à dire à partir de lui-même. Un travail de connaissance de soi, comme on dit, est sans doute nécessaire, mais une vraie lucidité ne peut que nous amener à voir qu'en fait il n'y a personne qui peut dire moi ou je. Le fameux "qui suis-je?", ou qui est ce moi pour qui je me prends, est la question à affronter un jour ou l'autre. Question sans réponse tant qu'on se la pose. Il vaut mieux s'intéresser à ce que l'on n'est pas, le fameux "neti - neti", ni ceci - ni cela. 

नेति नेति) 

Suis-je le corps? Suis-je les pensées? Suis-je un savoir acquis? Qui dirige ma vie? Où se situe celui qui se pose ces questions? Qui a décidé de se poser ces questions?
Il est intéressant de se poser vraiment ces questions, avec sa vérité profonde, son vécu, pas en trouvant une réponse ici ou là, et répétée. 

Le corps, à quel âge, sain, malade, pétant la forme, fatigué, accidenté, diminué (j'en sais quelque chose)? Ce corps, né d'un ovule et d'un spermatozoïde, qui devient foetus, bébé, enfant, adolescent, adulte, vieillard, en avons-nous la maîtrise? Qui a faim, soif, ou pas, qui évacue, transpire? Ca se fait tout seul. Avons-nous un quelconque pouvoir dans ce quotidien? Décidons-nous de l'heure de notre mort? Il  n'y a aucune maîtrise.

Les pensées, à quel âge nous apercevons-nous que ça pense en continu, que nous n'y pouvons rien sur le moment? D'où viennent-elles, comment viennent-elles, y a t-il un je qui pense et où se situe t-il? Elles témoignent d'un inconscient en ébullition. Quelle va être notre prochaine pensée, l'avons-nous décidée, choisie? 

D'où viennent les désirs, les attirances, les pulsions? Les choisissons-nous? Les relations, le travail, les capacités (et incapacités), le caractère, les passions?

Y a t-il une tête pensante qui gère tout ça en amont, une tour de contrôle, et où? Sommes-nous acteurs ou spectateurs?

A suivre...

jeudi 14 mai 2026

Vivre l'exceptionnel

 

Vivre l'exceptionnel


Ne vouloir que l’extraordinaire
Vivre l’exceptionnel
Désirer l’excitant
Transformer la banalité
Imaginer l’idéal
N’est-ce pas se faire du mal ?
N’est-ce pas le poison
Que l’on prend trop souvent ?
Que choisis-tu de vivre ?
L’imaginaire irréel
L’impossibilité non acceptée
Le rêve permanent
Ou le réel assumé
La difficulté quotidienne
Le seul fait d’être là
La présence à soi-même

Vise l’intraordinaire
Exerce-toi à l’incitant
Mets ton talent
A l’usage du possible
N’ajoute pas sans cesse
Des demandes impossibles
Ne surestime pas tes forces
Reconnais tes faiblesses
N’aie pas honte du petit
Ne prétend pas être plus grand
Ce qui n’a vu le jour
Ne pouvait exister
Ce qui peut advenir
Se construit maintenant
Tout est possible
Pour celui qui tente
Devenir audacieux
C’est vaincre ses peurs
Agis à ton niveau
Mets-toi en chemin
Ne t’arrête pas
Voilà le difficile
Mais pas l’impossible


mardi 28 avril 2026

La spiritualité ne nous épargne pas

 LA SPIRITUALITÉ NE NOUS ÉPARGNE PAS. ELLE NOUS APPREND À CHOISIR

Il y a une attente sourde chez beaucoup de cheminants spirituels : que comprendre suffise à alléger. Que voir les choses clairement permette de ne plus les subir. Que l'éveil soit une sorte de sortie de secours.
Mais ce qui se passe est plus étrange et plus exigeant.
La pratique ne désamorce pas les obstacles.
Elle modifie le terrain sur lequel on les rencontre. Et progressivement, elle rend visible quelque chose qu'on préférait ne pas voir : une grande partie de nos souffrances ne nous tombent pas dessus. Nous les reconduisons.
Pas par masochisme. Par habitude. Par familiarité avec ce qui nous épuise.
Il y a des difficultés qui ne mènent nulle part. Les disputes qu'on rejoue pour ne pas affronter quelque chose de plus profond.
Les liens qu'on maintient parce que les rompre engendrerait des conséquences, souvent supposées, que nous ne sommes pas prêts à assumer.
Les résistances qu'on appelle des principes. On s'y abîme, mais elles ont la forme rassurante du connu.
Et les autres difficultés. Celles qui demandent quelque chose de réel : un renoncement, un positionnement, une rupture avec une image de nous-mêmes. Elles ne sont pas douces. Souvent, elles sont bien plus déstabilisantes que les premières. Mais elles ont une orientation. Quelque chose se transforme pour de bon dans celui ou celle qui les traverse.
La tradition taoïste parlerait ici de 辨 (biàn) — le discernement, la capacité à distinguer. Non pas le bien du mal, mais le fécond du stérile. Ce qui nourrit le mouvement, le vivant en nous, de ce qui l'entrave sous des apparences de profondeur.
Ce déplacement-là ne se fait pas une fois pour toutes. Il se refait, à chaque carrefour.
Choisir l'inconfort qui structure plutôt que celui qui disperse.
Tenir une direction même quand elle coûte.
Cesser de spiritualiser ou de rationaliser ce qui demande simplement du... courage.
Le critère change. Ce n'est plus "est-ce difficile ?", parce que de toute façon, tout finit par l'être.
C'est "est-ce que cette difficulté nous engage dans quelque chose de vivant ?". Ou à minima, fait à nouveau renaître une étincelle?
La spiritualité ne simplifie pas la vie, au contraire.
Elle nous rend simplement moins disponibles pour ce qui nous consume sans nous nourrir.
Et après de nombreuses années de pratiques, souvent plusieurs dizaines, plus disponibles du tout pour autre chose que ce qui nous nourrit, tout en servant l'ensemble, et l'indicible.
Fabrice Jordan

lundi 6 avril 2026

La métaphore de la cocotte avec Denis Marie

https://youtu.be/Ul3MtSgFbwY?si=brD4mFXKtbDIo8IL

Désolé, je n'arrive pas à le partager normalement. Vous copiez le lien et vous visionnez.



dimanche 29 mars 2026

La chenille et le papillon (2)

Un jour, une chenille et un papillon se rencontrèrent au marché. La chenille se comparait au papillon, et elle se trouvait laide, petite, limitée. "Regardez ce beau papillon si libre" se disait-elle amèrement.

Le papillon réalisa ce qu'il se passait pour la chenille, et amicalement, il tint à restituer la réalité : 

- "Mon amie, je vois bien que vous n'êtes pas satisfaite de votre sort. Mais je peux vous garantir que vous allez bientôt vous transformer vous-même en ce papillon que vous êtes déjà."

- Vous dites ça pour me consoler, mais c'est impossible, grinça la chenille.

- Non, non, je vous assure. Croyez-le ou non, j'étais moi-même une chenille il y a peu de temps.

- Mais qu'avez-vous fait pour devenir un papillon?

- Rien, c'est notre nature, répondit le papillon.

- Vous prétendez que je vais me transformer en papillon sans le moindre effort de ma part? dit la chenille sur un ton sceptique.

- Absolument, et vous savez pourquoi? parce que nous sommes nés papillons, même si vous pensez être une chenille. Je n'ai rien fait du tout, j'ai juste vécu ma vie comme elle venait, et voilà! je me suis retrouvée papillon, à voler au-dessus des fleurs et à savourer cette liberté. Ne vous inquiétez pas, soyez assurée d'être un papillon, et tôt ou tard, cela sera votre réalité.

La chenille doutait encore un peu, mais quelque chose en elle semblait reconnaître la Vérité dans les paroles du papillon... Peu après, sans effort, elle fut papillon.

Marc Marciszewer : Voyages bers le Soi en Orient et en Occident

mardi 24 mars 2026

La chenille et le papillon

 


Un jour, une chenille entendit le son des ailes d’un papillon juste au dessus d’elle. Elle leva la tête, et elle aperçut un beau papillon qui virevoltait joyeusement dans les airs, opérant une sorte de grande spirale autour d’elle…
« Oh, comme j’aimerais être aussi libre de voler dans les airs » se dit-elle tristement. A ce moment précis, un rouge-gorge piqua à une allure folle et avala d’une bouchée le beau papillon.
« Finalement, je ne m’en sors pas si mal » se réjouit la chenille.
Un grive se tenait immobile juste derrière elle, et elle n’eut pas le temps de sentir qu’elle était engloutie dans le bec de l’oiseau.
L’arbre que rongeait la chenille se félicita de sa disparition, et se dit qu’il allait faire une belle fête avec ses amies les branches et les feuilles. « Quelle joie, s’exclamèrent feuilles et branches en un élan enthousiaste… enfin la paix ! »

Un homme qui passait par là, une hache sur l’épaule, jaugea l’arbre, et en se frottant le menton se dit que c’était exactement ce qu’il lui fallait. Il leva sa hache, et en quelques coups bien portés, le gaillard avait l’habitude, il coupa l’arbre, et il n’entendit pas les cris d’effroi et de douleur des branches et des feuilles. Un petit serpent avait été délogé dans la chute de l’arbre où il se reposait, et fort courroucé, il chercha le responsable de ce dérangement. Il ut vite fait de voir notre bûcheron, de se glisser jusqu’à lui, et de le mordre au mollet avant de s’échapper. Le bûcheron sentit la douleur de la morsure, mais il ne vit pas le serpent s’éloigner, alors il ne comprit pas qu’il avait été mordu, malgré les deux petites traces de crocs sur son mollet… Il eut le temps de retourner jusqu’à sa cabane en traînant l’arbre, et alors qu’il commençait à le débiter, il s’écroula, raide mort. Son vieux chien s’approcha, jappa, pleura, puis se coucha tout contre lui.

Quelques jours plus tard, alors que le corps du bûcheron se décomposait et commençait à vraiment puer, le brave chien renonça à mourir près de son maître, après tout cette carcasse puante en décomposition n’avait pas grand-chose à voir avec son maître, alors il commença à le dévorer. Il faut dire qu’il n’avait plus rien à manger.
Tout la haut, des vautours planaient en cercles autour de la scène attendant que le chien veuille bien partager une part de son festin…
La femme et le fils du bûcheron rentraient d’une visite à la famille en ville, et quand ils virent ce qu’ils virent, leur sang ne fit qu’un tour : le fils alla chercher son fusil, et il commença par abattre le chien avant de viser les vautours.
La vermine qui grouillait dans le corps du bûcheron se délectait et proliférait…
Et ainsi va la vie phénoménale…

Un poète assis sous un arbre, une guitare dans les mains chantait :
« Il reste la morsure du rêve
Dernier rempart contre la mort. »

Marc Marciszewer : Voyage vers le soi en Orient et en Occident

jeudi 12 mars 2026

Vagues ou océan?


Sommes nous une vague, parmi des millions d'autres, ou l'océan?
Ce qui revient à dire, sommes nous séparés, ou la totalité?
D'ailleurs cette vague, peut-on la définir, la dessiner, l'unifier? Elle a mille formes, en un dixième de seconde elle est déjà différente, elle n'est que mouvement, changement, en dehors de tout concept.
Au large  c'est la houle, c'est à dire une ondulation plus ou moins creuse, créée par le vent, qui ne s'arrête jamais sur les grands océans. Il y a aussi les hauts fonds, qui avec les courants marins créent des vagues sorties de nulle part. Même chose au bord des plages. Le calme plat est encore autre chose, mer d'huile comme on dit en Méditerranée. Quand le vent revient, presque imperceptible, on le perçoit à la surface comme un frétillement microscopique. Douces ou abruptes, allongés ou déferlantes, les vagues sont l'exemple même de la multiplicité. En tant que formes, elles naissent et meurent. Elles n'existent pas par elles-mêmes, et dépendent d'un ensemble de circonstances pour apparaître. Leur nature véritable, c'est l'océan, l'eau.
Si on observe bien notre fonctionnement humain, c'est la même chose, il n'y a que changement et formes différentes. Il n'y a que des circonstances qui se présentent sur lesquelles nous n'avons aucun contrôle. Le non-mouvement de l'être qui observe ce qui est, sans être impliqué, impersonnel, est notre nature profonde, comme l'océan.

jeudi 19 février 2026

Jean Bouchart d'Orval


J'ai appris hier sa mort en tout début de semaine. Toujours prêt à rire du monde et des situations incongrues dans lesquelles nous nous mettons, il laisse nombre de videos et de livres pour notre plus grand bonheur : L'émerveillement d'être, Au coeur de l'instant, Brûlante clarté, ...

"Être spirituel c’est être pleinement vivant sans compromis, c’est-à-dire dans l’étonnement toujours frais de ce qui est. C’est aller au bout du cadeau de la vie, de la conscience."

mardi 17 février 2026

A propos de l'éveil

La vérité est que nous voulons nous éveiller sans abandonner notre rêve ; nous voulons nous éveiller dans le rêve. Nous voulons la liberté tout en gardant notre cage—ce sont des barreaux et des chaînes. Nous voulons conserver toutes nos attaches, nos récits, nos histoires, ainsi que notre domination et notre contrôle.

L’illumination n’est pas quelque chose d’extraordinaire ; c’est l’ordinaire, mais sans le commentateur constant. L’éveil n’est rien de plus que la vie qui coule, sans que le phénomène égoïque essaie de la pousser dans ses propres directions. Le seul problème est la croyance inébranlable qu’il y a un problème. Le soi-disant chercheur de vérité est le seul obstacle... seulement en ne poursuivant rien devient possible le silence dans lequel vous remarquerez que, en réalité, absolument rien ne manque... 

Prabhuji


Vu sur le blog Eveil impersonnel et approche non-duelle

dimanche 8 février 2026

L'éveil pour les paresseux


 Atteindre l'éveil

Si vous voulez être un bon joueur de football, vous devez beaucoup vous entraîner. Si vous voulez être un bon guitariste, vous devez prendre des leçons, vous entraîner assidûment et faire beaucoup d'efforts. En bref, de nombreuses choses dans la vie exigent des efforts pour être atteintes. Avec l'"illumination", cependant, cela marche différemment.

Vous n’avez pas à "faire" quelque chose pour être libéré !
Vous n'avez pas à appliquer une méthode.
Vous n'avez pas à apprendre une technique.
Vous n’avez pas à méditer.
Vous n'avez pas à devenir végétarien.
Vous n’avez pas à aller en Inde pour cela.
Vous n'avez pas à vous prosterner devant un gourou.
Vous n'avez pas à porter des vêtements spéciaux.
Vous n'avez pas besoin de suivre un cours.
Vous n'avez pas besoin de renaître.
Vous n'avez pas à faire attention à votre respiration.
Vous n'avez pas à vous transformer.
Vous n'avez pas à de devenir spirituel.
Vous n'avez pas à nettoyer vos chakras.
Vous n'avez même pas à lire des livres là-dessus.
Enfin... sauf celui-ci, bien sûr, mais une fois que vous l'aurez terminé, vous pourrez le jeter.

Table des matières

(1) La recherche
(2) La Non-dualité
(3) Le libre-arbitre
(4) Qui êtes-vous ?
(5) Tout est Conscience
(6) Dualité
(7) Mise au point
(8) Zoom arrière
(9) Éveil
(10) Illumination
Qui est Paul Smit ?

Un livre absolument génial, profond, drôle, et définitif. Je vous conseille vivement. Il ne fait que 31 pages, ce qui est parfait pour les paresseux.