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vendredi 26 décembre 2008

Revenir à la maison


Il y a des maîtres, des guides, qui semblent intriguants voire dérangeants, à propos desquels on se pose des questions, suite à ce que l'on a pu entendre, lire ou même voir, (ce n'est pas la peine d'aller chercher très loin pour certains d'entre nous...).
Les bruits courrent vite, le mental adore ça, et l'on peut passer à côté de véritables perles.

Aujourd'hui je me propose de parler de Chögyam Trungpa, ou plutôt de son épouse, en fait du livre de son épouse "Ma vie avec Chögyam Trungpa".
J'ai déjà lu Trungpa, notamment à propos du matérialisme spirituel, et j'ai aussi entendu parler à son propos de sexe et d'alcool. J'ai aussi rencontré quelqu'un qui, l'ayant connu, m'a dit que c'était un grand maître.
Toujours est-il que tombant "par hasard" sur ce livre, que je ne cherchais pas, je l'ai de suite pris.
Je me suis dit que lire la vie d'un maître racontée par son épouse était certainement un éclairage sur la façon de mettre en pratique.
Je m'étais déjà posé la question sur le fait qu'un moine tibétain, reconnu comme tulkou, ait pu épouser une anglaise (issue d'une "grande" famille). En voici l'explication :

"Bien qu'il ne soit resté sur scène que quelques minutes, je savais que j'avais avec lui un lien très ancien et profond et m'en trouvai très émue. Je ne puis décrire cette expérience que comme le sentiment de revenir à la maison. Jamais rien dans ma vie ne m'avait atteinte avec une telle puissance. Je me dis : "Voilà ce qui m'a manqué toute mon existence. Il est de retour." Il ne s'agissait pas simplement d'une expérience forte et excitante. Je l'avais reconnu. A peine l'avais-je vu que j'avais réalisé à quel point il m'avait manqué. A partir de là, je désirai désespérément le rencontrer."

Elle raconte ensuite comment elle a fait vers 13 ans, après la mort de son père, des rêves de vies antérieures au Tibet. En voyant Rimpoché, elle sut qu'il était relié au monde rencontré dans ses rêves. Ce que lui confirma Trungpa par la suite.
Ce passage m'a fait une forte impression, entre autre suite à l'expression : revenir à la maison.
J'ai eu l'occasion de vivre ce genre de sentiment intérieur, où une certitude apparait sans que l'on sache d'où (même si j'ai eu des explications par la suite).
Les vies antérieures sont un vaste sujet qui peuvent expliquer beaucoup de choses, et je laisse à chacun d'y confronter son expérience.
Dans le déroulement de cette histoire, on voit une jeune fille de 15 ans mue par un désir irrésistible de rencontrer l'auteur de "né au Tibet", qu'elle avait déjà lu, et on découvre comment les évènements se mettent en place pour la rapprocher de cet homme, que tout éloignait, au prix de combats avec sa mère, de fugue de l'école, de centaines de kilomètres en stop...

Cela me renvoit aux intuitions que l'on peut avoir, aux folies que l'on peut faire, au déraisonnable qui nous attire, bref à cet inexplicable qui se meut en nous.
C'est essentiel de laisser vivre ces parcelles qui nous entrainent vers un inconnu de sérénité ressentie, pour un revenir à la maison.

Diana J. Mukpo "Ma vie avec Chögyam Trungpa" (La Table Ronde).

4 commentaires:

soisic a dit…

on ne tombe pas par hasard sur un livre yannick,quelquefois il nous aide à "rentrer à la maison "
A ce propos j'ai réussi à me procurer hiéroglyphes français et langue des Oiseaux "passionnant"

Anonyme a dit…

Bien sur Soisic, ces fameux hasards sont des clins d'oeil du ciel. Bonne lecture avec les oiseaux.

Julie a dit…

Tout ça me parle beaucoup de mon vécu aussi...
Merci pour le partage... j'ai envie de lire ce livre...

Daniel a dit…

Revenir à la maison, c'est aller à la rencontre de soi-même, mû par une force intérieure qui vous conduit vers votre destin. "Notre être attire notre vie" (cf la dernière lettre d'Hauteville). Merci Yannick.