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samedi 15 octobre 2022

Tout est la vie

 Par sécurité je décide de ne plus bouger en voiture et d'attendre lundi pour aller au garage. Je décide même de ne pas assister au dernier satsang le lundi matin, puisque je suis à 25 km du lieu en question. Cela dit j'envoie un mail pour demander s'il n'y a pas quelqu'un dans le coin qui pourrait m'emmener. On me renseigne un bus.
Le samedi après midi la banque me confirme que ma demande est acceptée. Voila une chose de réglée.
Je me dis que j'irai au garage lundi et demanderai à dormir dans la voiture puisqu'il y en a pour deux jours.
Le lundi matin je vais à l'arrêt présumé du bus. Il y a un jeune, avec casquette et écouteurs, le nez dans son portable. Je lui demande de confirmer le bus. Il ne parle pas anglais, mais après recherche me dit que le prochain est vers midi. Je ne sais pas s'il a bien compris, et décide finalement d'y aller en voiture en roulant doucement. J'en appelle au ciel pour me protéger. Tout se passe bien. L'ambiance du satsang est nourrissante. J'ai bien fait de venir.

Je prend la direction de Portimao, où se trouve le garage, passe à la banque d'abord, la voiture tient toujours. Quand j'explique au mécano la situation, le problème de carte, et que je voudrai dormir dans la voiture, il finit par refuser (ce que je comprends), et me propose de venir le lendemain matin, il devrait faire le travail dans la journée. Je me trouve un endroit au bord de l'eau pour finir la journée et dormir. Le lendemain je dépose la voiture, prends un petit sac, et repars à pied vers un village au bord de la mer qui a l'air sympa, à 3 km. Je reviens le soir. Le garagiste m'annonce que la pièce livrée n'était pas la bonne, qu'il a fallu en commander une autre, qu'il fera le travail demain. Contretemps. Je reste calme. Qu'y puis-je? Encore une nuit dans la voiture. Le mercredi matin je dépose à nouveau la voiture. On convient de s'appeler quand le travail sera prêt d'être fini, pour que je prévois mon retour à pied. Je vais marcher ces deux jours plus que je ne l'ai jamais fait jusque là.

J'envoie un sms vers 17 H. Réponse : je ne sais pas quand ce sera fini. Je rentre à mon rythme. Quand j'arrive au garage, les roues sont sur les côtés, des pièces, des boulons, des outils disséminés... Je me dis que parfois il vaut mieux arriver juste pour payer, et ne pas voir entretemps comment ça se passe. 
C'est un garage à l'ancienne, il n'y a pas de pont pour lever la voiture, ou de trou dans le sol pour travailler par dessous. Elle est surélevée par des crics et semble flotter au dessus du ciment. Le mécano et son ouvrier travaillent à même le sol sur un carton ou allongé sur un support à roulettes. Le temps passe, puis la nuit tombe. Il est 21 H quand tout semble remonté. Il va faire un essai pour vérifier que tout marche bien. Il revient, c'est ok. Je paye et pars enfin.

Vue la distance à faire, 1 400 km, je voulais m'avancer suffisamment le soir pour ne pas tout faire dans une même journée. En plus je dois rouler sans excès pour tenir le plus loin possible sans remettre de l'essence. Il me reste 30 euros. Cela ne m'inquiète pas plus que ça. Si je fais attention, il n'y a pas de raison de ne pas y arriver. La vie m'a déjà bien chargé, j'ai droit à un peu de répit il me semble.
Je vais rouler jusqu'à 2 H 30 (nouveau changement d'heure en passant la frontière). Je trouve une station où m'arrêter parmi des camions, en évitant que ce soit trop lumineux. Je repars à 6 H 30, ne dormant plus. Je m'arrêterai dans la matinée faire une sieste. 
Paysage d'autoroute parsemé de stations service, de vastes étendues souffrant de la sécheresse. A un moment, après Valence, un moment d'inattention, des panneaux aux mêmes noms m'induisent en erreur, et je quitte la bonne voie. Le temps de pouvoir m'arrêter, voir comment retrouver la bonne route, douter, re m'arrêter, mettre le GPS par sécurité (c'est pas mon truc), faire un détour, je vais perdre une vingtaine de minutes. Je remets 20 euros d'essence avant Barcelone, fais une pause, et repars pour le dernier tronçon. Les autoroutes qui contournent Barcelone sont bondés, la ville et ses banlieues s'étalent sur des dizaines de kilomètres, comment peut-on vivre là? Un accident dans l'autre sens crée un embouteillage sur près de 3 km...
Je termine le voyage dans une grosse pluie sur 50 km, avec une vue limitée car il fait nuit. J'ai des tensions à la jambe droite. Il est temps d'arriver.

Quand des difficultés arrivent, il faut faire face. N'étant pas du genre à me plaindre ou à m'effondrer, j'ai fait ce que j'ai pu avec mes moyens. Au début mes hôtes m'ont dit qu'ils connaissaient quelqu'un, mécano, qui travaillait bien, pas cher, et pouvait sans doute se déplacer. Je me suis dit que ce serait trop beau, trop facile. Effectivement la personne était absente. Trouver un garage à l'étranger quand on n'y connaît rien me semblait la difficulté majeure. Mais en fait cela s'est plutôt vite réglé. 
Il n'y a pas d'étranger en soi, c'est une question d'attitude. Aide toi, le ciel t'aidera! Agir avec l'énergie que l'on a. On n'est pas tout seul. On est dans un champ d'énergies subtiles qui nous entourent sans que l'on s'en rende compte. Agir dans le but de s'en sortir fait résonnance avec ces énergies. Si on part négatif, ça ne viendra pas. Tout vient de nous. Il faut garder confiance. 
Alors je remercie la vie de son aide.

2 commentaires:

Anonyme a dit…

Merci de ce témoignage qui nous permet de faire notre part et laisser la Vie s’en charger du reste lorsqu’on demande qu’elle nous aide selon nos limites.
Mais des fois la barre est bien haute pour la franchir.

Philippe.

yannick a dit…

Oui Philippe, apparemment. En fait toute appréciation avant que les choses ne se fassent est du mental. On ne sait rien du possible et du futur.
Bien amicalement
Yannick