Membres

lundi 12 janvier 2026

Eveil et après...

 Une interrogation revient régulièrement: l’éveil spirituel s’accompagne-t-il nécessairement, dans la trame ordinaire des jours, d’une conduite qui reflète des vertus humaines élevées et irréprochables — à supposer même que l’on sache les définir ?

Voici un témoignage qui aborde le sujet : L’éveil n’est en rien le sceau d'une quelque forme de sainteté. (vu sur le site d'Olam). Il y a aussi Didier Weiss qui en parle dans Looking for Atman.


"Même l'éveil fait partie du jeu et ne garantit pas nécessairement que vous saurez comment développer de bonnes relations intimes, cela ne signifie pas non plus que vous ne serez pas capable de vous illusionner vous-même, cela ne signifie pas que vous ne serez pas séduit par le pouvoir ou le désir.

 

On peut toucher une grande liberté intérieure et continuer pourtant à se mentir, à se séduire soi-même, à répéter des schémas immatures dans l’intimité et dans la relation. Reconnaître cela est déjà un pas de lucidité : c’est en cessant de se croire arrivé que l’on peut vraiment prendre la responsabilité de ce qui reste à transformer.

 

La réalité n’est pas une surface plane, mais un diamant aux innombrables facettes. Certaines révèlent que tout est déjà parfait. D’autres que rien n’existe vraiment. D’autres encore que le monde est une illusion, ou un jeu de la conscience. Chacune de ces perspectives est authentique, profonde, et pourtant incomplète. Car chaque facette donne l’impression de contenir le tout, simplement parce qu’elle reflète une totalité sous un certain angle. Le piège est là : croire que ce que l’on voit est tout ce qui est.

 

C’est la vieille parabole des aveugles et de l’éléphant : l’un touche la queue et jure que l’éléphant est un fouet, l’autre saisit une patte et le décrit comme un tronc d’arbre. Aucun ne ment, mais aucun ne voit l’animal entier.

 

Les traditions spirituelles fonctionnent de la même manière. Chacune met en lumière certaines dimensions de la vérité, certaines profondeurs de la conscience, mais aucune ne peut contenir le diamant dans son intégralité. Pourtant, nous choisissons souvent nos croyances comme on choisit un camp, selon nos inclinations, nos blessures, nos espoirs.

Le véritable danger ne réside pas dans ces visions partielles, mais dans la confusion qu’elles peuvent engendrer au niveau humain.

 

 Se dire que « tout est parfait » peut devenir une excuse pour ne pas regarder ses manques, ses blessures, sa manière de faire souffrir ou de se protéger. Or cela a toujours une importance. Chaque relation est un lieu où notre inconscience ou notre lucidité se manifestent concrètement. Et plus notre influence est grande, plus les répercussions de nos aveuglements le sont aussi.

 

L’éveil donne souvent une immense confiance, parfois même une impression d’infaillibilité. C’est précisément là qu’il demande à être accompagné d’humilité, de maturité et de travail intérieur.

 

Car au bout du compte, ce qui compte vraiment n’est pas ce que nous avons vu dans les hauteurs de la conscience, mais la façon dont nous marchons parmi les autres. La spiritualité ne prend sens que lorsqu’elle se laisse traverser par l’humain : dans la qualité de notre présence, dans notre capacité à aimer, à écouter, à répondre au monde avec justesse. C’est là, et seulement là, que nos réalisations deviennent vivantes."


Adyashanti




vendredi 9 janvier 2026

Une rencontre directe avec la mort


Tu choisis une seule vie,
et tu laisses toutes les autres mourir.

Tu cesses de fantasmer des versions parallèles de toi-même et des futurs qui ne verront jamais le jour.
Tu arrêtes de vivre à moitié, partagé entre mille vies imaginées.
Tu fais le deuil des vies que tu ne vivras jamais, des êtres que tu ne seras jamais.
Oui. Le deuil est au cœur même de l’engagement.
Tous les autres chemins.
Toutes les autres possibilités.
C’est une rencontre directe avec la mort.
Non pas avec l’idée de la mort, mais avec sa réalité, avec la façon dont elle imprègne la vie et ne fait qu’un avec elle.
L’engagement sacré, c’est l’effacement d’innombrables futurs possibles.
Et pourtant, dans ce deuil, quelque chose se dépose.
Quelque chose d’ancien, de profond.
À mesure que les vies fantasmées meurent,
tu peux enfin être pleinement présent à celle-ci.

Tu peux enfin… vivre.
Tu plantes ton drapeau ici.
Dans ce corps.
Dans cet instant.
Sur ce chemin.
Tu dis OUI à l’endroit où tu es !
Dans l’engagement sacré, tes pieds touchent enfin le sol.
Ce n’est ni une restriction ni une perte de liberté.
C’est un portail vers une grande joie.

Jeff Foster

samedi 3 janvier 2026

Il était une forêt


Francis Hallé vient de quitter le monde des hommes pour rejoindre celui des grands arbres qu'il nous contait si bien.

Il était une forêt est un documentaire français réalisé par Luc Jacquet et sorti en 2013. Il s'agit du troisième long métrage cinématographique de Luc Jacquet après La Marche de l'empereur et Le Renard et l'Enfant. Dans le cadre de l'association Wild-Touch qu'il a créée en 2010, Luc Jacquet a écrit et réalisé ce documentaire en étroite collaboration avec le botaniste Francis Hallé, qui avait depuis longtemps le projet de faire un film de grande ampleur sur les forêts primaires. Synopsis Pour la première fois, une forêt tropicale va naître sous nos yeux. De la première pousse à l’épanouissement des arbres géants, de la canopée en passant par le développement des liens cachés entre plantes et animaux, ce ne sont pas moins de sept siècles qui vont s’écouler sous nos yeux. Depuis des années, le cinéaste Luc Jacquet filme la nature, pour émouvoir et émerveiller les spectateurs à travers des histoires uniques et passionnantes. Sa rencontre avec le botaniste Francis Hallé a donné naissance à ce film patrimonial sur les ultimes grandes forêts primaires des tropiques, sanctuaires de la biodiversité planétaire. Il était une forêt offre une plongée exceptionnelle dans ce monde sauvage resté dans son état originel, en parfait équilibre, où chaque organisme – du plus petit au plus grand – joue un rôle essentiel.

jeudi 1 janvier 2026

mardi 23 décembre 2025

Bethléem






Lorsque j'ai commencé à écrire sur la Bible et les évangiles, je m'étais appuyé sur le véritable sens des mots en hébreu. Relisant des notes, j'ai découvert quelque chose qu'il me semble ne pas avoir noté à l'époque.
Noël approchant, je relisais la signification de Bethléem, village où est né Jésus, mais aussi David.
Bethléem (Bayth-leh-em : maison du pain) vient de l'hébreu Beith le- Aphrah.
Bayth ou Bayith signifie maison, famille, intérieur, au delà, chez soi, demeure, chambre, tombeau, cachot.
L'origine de ce mot vient de Banah qui signifie bâtir, former, avoir des enfants, élever, construire, fonder.
Aphrah vient de Aphar qui signifie poussière, poudre, cendre, terre, sol. 
Lechem signifie pain, manger, nourrir, repas, aliment, provisions, festin, vivres, abondance, blé, fruits.
L'origine de ce mot est Lacham qui veut dire combattre, faire la guerre, livrer bataille, assiéger.
C'est ce mot, Lacham, qui m'interpelle, en effet on passe de maison du pain, symbole de l'enseignement (pensons à la Cène quand Jésus bénit le pain), à maison du combat, de la guerre.
Par opposition à la naissance de Jésus à Bethléem, on a la mort de Jésus à Jérusalem. Jérusalem veut dire état de paix, c'est à dire l'aboutissement d'un chemin de transformation. Un chemin qui passe par des combats (contre soi-même), il faut affronter ses peurs, ses mensonges, on parle de l'esprit guerrier, c'est le sens du djihad, mot hébreu qui signifie abnégation, effort, lutte, résistance, que l'on traduit souvent par guerre sainte. Cela nous rapproche du sens de Lacham : faire la guerre, livrer bataille.
La vie de Jésus serait ainsi le symbole du chemin, commençant à Bethléem avec le combat intérieur, l'affrontement avec Satan, le diviseur, pour finir à Jérusalem par l'état de paix (intérieur aussi).
Cette interprétation me parle bien.

Je vous souhaite un joyeux Noël.

samedi 13 décembre 2025

Ces fameuses pratiques dites spirituelles

JLW : Eh bien, cette question de l’action personnelle nous amène à la question suivante… Les pratiques spirituelles aident-elles à reconnaître cet état naturel de tout être humain ?

SUZANNE : Je n'en ai pas encore trouvé ! Certaines personnes ont été très contrariées par mes propos selon lesquels je ne vois aucune technique ni pratique à suivre. Elles pensent que je sous-entends qu'il est équivalent pour quelqu'un d'aller assassiner cinquante personnes ou de s'asseoir et de méditer. Ce n'est absolument pas ce que je dis. Je connais Ce que chacun est, et l'Immensité est parfaitement digne de confiance dans ses actions. Je ne sais pas comment cela m'est arrivé ; j'attendais à un arrêt de bus. Oui, j'ai pratiqué la méditation transcendantale pendant huit ans, à partir de l'âge de dix-sept ans. Mais je pratiquais aussi, enfant, de m'asseoir et de dire mon nom jusqu'à ce que je réalise que ce nom ne désignait personne et que mon moi personnel disparaisse. Je faisais cela à cinq, six, sept ans. Je ne sais pas si ces pratiques ont eu un effet ou non. Je ne sais pas s'il existe une technique pour y parvenir. Cela sous-entend qu'une technique est nécessaire pour obtenir un résultat qui ne se produirait pas sans cette technique. Ce n'est pas ainsi que je conçois les choses. Je vois cela comme une constante : personne ne change lorsque ce qui est est perçu comme tel. Je pense aussi que la méditation est une bonne chose, mais qui pourrait arrêter le mental ? Et arrêter le mental n'est pas nécessaire, car l'Immensité ne se perçoit pas par le mental. De plus, le « je » que l'on invoquerait pour tenter de faire taire le mental n'existe pas vraiment. S'il est évident de méditer, alors c'est ce que vous ferez. S'il est évident de ne pas le faire, alors il est évident de ne pas le faire. Encore une fois, je vois combien l'Immensité est digne de confiance, et elle se manifeste constamment dans cette évidence. Vous n'avez pas besoin de raisons pour vivre selon l'évidence. C'est simplement ce que vous faites. Vous méditez, vous ne méditez pas. Si vous travaillez à votre développement personnel, vous le faites. Bien sûr, le voir tel qu'il est serait agréable.

LML : Il semblerait que le désir impersonnel que l’Immensité se connaisse elle-même rende évident pour chacun d’accomplir certaines choses qui, d’une manière ou d’une autre, font partie du déploiement – ​​et cela pourrait être n’importe quoi.

SUZANNE : C'est exact. Cela peut être n'importe quoi, et cela peut être différent pour chaque personne.

Interview de Suzanne Segal tiré d'un livre "L'éveil de l'occident" à découvrir sur spiritualteachers.org.
Suzanne Segal est l'autrice de Collision avec l'infini (Une vie au-delà du moi) chez Almora.