Et c'est la deuxième partie de l'exploration qui doit être faite indépendamment, vraiment
indépendamment. Si ce que j'ai cru être « moi » toute une vie, c'est-à-dire une personne
définie par le fait même d'avoir le libre arbitre, par le fait de pouvoir faire mes choix, par le fait
de prendre mes décisions indépendamment (c'est le mot clé : « indépendamment ») n'a en fait
aucune influence personnelle indépendante sur ma destinée... Et si tout événement, à chaque
instant, est le résultat d'un contexte infini d’éléments en présence, cela veut donc dire quoi ?
indépendamment. Si ce que j'ai cru être « moi » toute une vie, c'est-à-dire une personne
définie par le fait même d'avoir le libre arbitre, par le fait de pouvoir faire mes choix, par le fait
de prendre mes décisions indépendamment (c'est le mot clé : « indépendamment ») n'a en fait
aucune influence personnelle indépendante sur ma destinée... Et si tout événement, à chaque
instant, est le résultat d'un contexte infini d’éléments en présence, cela veut donc dire quoi ?
C'est là que cela devient encore plus intéressant. Je vais être amené à me demander si ma
personne qui avait été définie par le fait même que j’ai un contrôle indépendant sur ma vie
personnelle, mais aussi sur la vie en général, existe réellement ?
La conclusion s'impose : il n'y a donc ni marionnette impuissante, ni fantôme. Il n'y en a jamais
eu parce qu'en réalité, le contrôleur, cette personne qui était au centre, qui était celle qui
pensait avoir le pouvoir de prendre ses décisions « en son âme et conscience » et de faire ses
choix indépendamment tout au long de sa vie, et qui soudain croit avoir perdu ce pouvoir,
n'existe pas ! Non seulement elle n'existe pas mais elle n'a jamais existé. C'était juste un rêve.
De l’imagination à l’état pur…
Je reprends… Cette personne que je pensais être « moi » qui pensait prendre ses propres
décisions et faire ses propres choix, n’existe pas et, en plus, elle n’a jamais existé ! Cette
définition particulière de « mon existence séparée », indépendante, disparaît dans sa totalité.
Cette impression de libre arbitre a disparu, mais aussi la personne qui aurait - ou qui n'aurait
pas - le libre arbitre disparaît parce qu'elle n'a jamais réellement existé. En fait, c'est la fin d'un
rêve, c’est le rêve d'être une personne qui s’arrête. Mais l’histoire, elle, continue, comme si de
rien n’était. La personne qui rêvait ne peut pas disparaître puisqu'elle n'a jamais existé autre-
ment qu’en rêve... Donc au final, il ne se passe rien !
Alors, concrètement, ça veut dire quoi ? Ça veut dire que les décisions et les choix à venir vont
continuer d'apparaître, comme avant. Ce n'est pas que tout d'un coup, en cette découverte, je
deviens une personne prostrée qui ne ferait plus rien, avec l'idée que si « je » ne décide de rien,
il ne va rien se passer. Cela reviendrait à accorder encore de la croyance en une personne qui ne
pourrait rien faire. Or, c’est bien ce qui doit être vu, cette personne n'existe pas !
La vie n'est plus un casse-tête : le faire se fait, les décisions se prennent, les actions suivent. Le
personnage est bien là mais pas la personne. C'est simple. Le matin au réveil, il est impossible
de ne pas se lever du lit (en tout cas, pas trop longtemps !) Je vais à un moment ou à un autre
me lever pour aller mettre le café en route et commencer ma journée. Tout va continuer...
La différence - et c'est une différence énorme - c'est qu'il n'y a plus la croyance d'un quelqu'un
avec un centre de contrôle. Il n’y en a pas besoin, la vie se déroule selon le script de l'instant,
d'instant en instant, avec les éléments en présence dans l'instant. Tout comme le torrent dévale
la montagne suivant la plus grande pente dans l’instant... Il n’y a pas besoin de contrôleur pour
que la vie se déroule, et, en cette absence du rêve de ce contrôleur, en cette absence de quelque
chose qui est irréel et générateur de souffrance, cette vie apparaît ainsi de façon infiniment plus harmonieuse.
Il s’agit ici d’une paix immuable qui est le résultat d'une absence totale de bataille de chaque
instant. Il n'y a plus de comparaison possible entre ce qui devrait se passer, ce qui ne devrait pas
se passer, ce qui aurait dû se passer ou ce qui aurait dû ne pas se passer. Tout ceci disparaît
instantanément. Il n'y a que « Ce qui est » et « Ce qui est » est juste un point de vue particulier
de la totalité de l'univers, de la totalité de la manifestation. C'est tout ce qui peut se dire.
Je n'y rajoute pas une personne, en fait l'idée même d’être une personne à part entière devient
saugrenue.

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